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On en a tous un. 

Pour beaucoup d’entre nous ici, c’est l’herpès. 

Certains le voient comme une palissade infranchissable, une muraille de pierre qui nous condamne à vivre en périphérie de la vie. 

Pour d’autres, c’est un petit muret qui se dresse à certains moments sur notre chemin et que nous traversons, péniblement ou sereinement.  C’est selon.

Nous en sommes les artisans et nous le forgeons de la matière dont nous voulons, consciemment ou inconsciemment.

Le mur.  Ce sacré mur.  C’est ma copine Loulou qui l’a baptisé ainsi. 

Lorsqu’on rencontre quelqu’un, on a tendance à se barricader derrière, ce grand mur en forme de H, convaincus qu’il n’en existe pas de plus laid, de plus infranchissable.  Tellement tournés sur sa petite misère qu’on oublie qu’un mur peut prendre bien d’autres visages. 

C’est les histoires combinées de May et de Loulou qui m’ont fait réfléchir au mur. 

Terrifiée à l’idée d’être rejetée, May a choisi d’annuler un rendez-vous.  Elle s’est emmurée derrière le grand H.

Loulou quant à elle, a eu une date avec un gentil garçon.  Il lui plaisait drôlement et il semblait partager cet engouement.  Pourtant, Loulou a senti la muraille qui se dressait tout autour de lui.  Une muraille qu’il n’a pas franchie.  Une muraille que Loulou a sagement décidé de ne pas percer.

Il est disparu et on a jamais su pourquoi. 

Il existe 100, 1000, 10 000 raisons de se voir comme une marchandise avariée.  Et l’herpès n’est pas la moindre. Quel était son mur?  Lui seul le sait. 

Notre mur semble toujours à nos yeux, le plus infranchissable, le plus hideux.  Et pourtant.

J’ai connu quelqu’un qui refusait de rencontrer, convaincue qu’elle était qu’aucun homme ne voudrait d’une femme monoparentale avec 3 enfants à charge à temps plein.  C’était son mur.  Elle le voyait de béton armé.

J’ai connu également une maman débordée par les soins que demande un enfant trisomique alors que le papa est disparu du portrait, qui se refusait à toute avance puisqu’elle se jugeait non aimable.

Loulou quant à elle, a connu un type qui croulait sous les dettes, incapable de gérer son trouble compulsif qui le poussait à acheter constamment et qui l’empêchait de créer des liens véritables avec une amoureuse.

J’ai aussi connu quelqu’un qui croyait qu’il n’existait pas de plus grand obstacle que sa phobie sociale, ce secret qu’il arrivait à révéler mais toujours rongé par la peur d’être rejeté.  On connait n’est-ce pas?

Et que dire de cette jeune fille magnifique qui s’est vendue à rabais à un idiot, convaincue de ne pouvoir mériter mieux tellement elle était envahie par sa phobie d’avoir mauvaise haleine.

Qu’on soit gros, malade, désorganisé, les raisons sont infinies lorsque vient le temps de se convaincre qu’on ne peut être aimé. 

Et pourtant. 

Imaginez un instant :  et si le gentil garçon que Loulou a rencontré avait en fait été terrifié à l’idée de lui annoncer qu’il avait l’herpès?  Et s’il avait préféré couper les ponts avec elle plutôt que de faire face à la musique? 

Vous saisissez l’ironie de la chose?  Dans cette perspective, quelle belle occasion il a laissé passer.  Quelle tristesse aussi.

Et si le prétendant de May avait également eu l’herpès?  Ou n’importe quel autre mur qui l’aurait rendu sensible à sa réalité?

Mais on ne saura pas.

Combien d’occasions avons-nous ainsi manquées dans notre vie, coincés derrière le mur qu’on s’est construit?

___________________________________

Je cite May ici (et elle me pardonnera j’espère) mais ça aurait pu être moi, Bobette, Amétys et beaucoup d’entre vous j’en suis convaincue.

Je vous raconte.  Parce qu’il n’y a qu’à vous que je puisse le faire.  Parce que l’herpès, même asymptomatique, même relativement bien accepté et vécu, est pourtant toujours présent, comme une petite roche dans un soulier qui revient parfois se planter droit sous la plante.

Vous le savez j’ai un amoureux.  Un amoureux à qui j’ai du annoncer que je partageais ma culotte avec un petit copain.  Un amoureux qui a d’emblée accepté la situation et avec qui je vis une belle histoire depuis.

Lorsque je lui avais fait ma douloureuse annonce, mon amoureux m’avait raconté que son meilleur ami avait eu une relation avec une fille qui avait également l’herpès.  Cet ami, aux dires de mon amoureux, n’avait jamais été très à l’aise avec la situation parce qu’au final, il n’était pas vraiment amoureux de la fille.

Bref, avec mon accord, il a discuté de ma situation avec cet ami et bien que l’on n’en ait jamais reparlé, je présume depuis que l’ami en question connaît mon petit secret.

J’imagine aussi qu’il n’a pas réfléchi.  Peut-être même n’a-t-il même pas fait le lien.  Qu’il a oublié. Parce que pour lui je ne suis pas l’herpès.  Je suis l’amoureuse de son meilleur ami.  Mon amoureux lui a relevé la bévue, j’en suis convaincue.

Alors qu’on se baignait dans une rivière gelé, l’ami offre à l’amoureux de lui prêter son wet suit.  Devant l’amoureux hésitant l’ami lui lance :  j’ai pas l’herpès t’es correct!

Ouch!

Et l’amoureux, soucieux sans doute de minimiser l’affront (parce qu’on n’a jamais discuté de cet événement par la suite) de répondre :  moi j’en ai parfois, sur la bouche!

Gentil choux!

Je ne lui en veux pas à l’ami.  J’aurais pu faire une telle connerie.  J’en suis capable.  Mais malgré tout je n’y peux rien, je me suis sentie mal.  Je me suis sentie comme un gros bouton.  Une lépreuse indésirable.  Et j’avais vachement envie qu’on change de sujet et pas du tout envie de me faire la défenderesse des herpétiques de ce monde!

Comme quoi, c’est jamais gagné!

J’étais invitée à souper chez un couple de mes amis moldus du cul Bob et Mimie qui me connaissent depuis des lunes. On s’aime beaucoup et ce qui suit n’en changera pas un iota!

Nous discutions de tout et de rien. Coco, le fils de 22 ans de Mimie, prenait part à la conversation…

J’avais les yeux rivés sur mon cellulaire, je lisais un courriel que je venais tout juste de recevoir.

– C’est d’un gars que je viens de rencontrer…

– Ah oui et puis???

– Faut que je vous lise la fin, c’est trop mignon! Dis-je en m’exécutant aussitôt.

– Bien c’est clair que ce gars là éprouve quelque chose pour toi Bobette… Je suis vraiment contente. De me dire Mimie.

– Oui! Mais il ne sais pas encore!

– Quoi? Tu ne lui as pas dit?

– …… Mais nous ne sommes qu’aux préliminaires !?!

– Ostie! S’élance BOB. Moi je ne comprends pas pourquoi tu niaises avec ça… Tu devrais le dire la première fois que tu le rencontres! C’est pas correct ça pour le gars, c’est comme si tu lui donnais de faux espoirs!

– Bien voyons donc Bob… Je suis aussi bien de me l’écrire dans le front!  Puis toi lààààà qui fait des feux sauvages s’l’bord d’la bouche!  Bien tabarnak toi aussi t’as l’herpès! C’est juste que le tient est à la bonne place!….

– Ouin bien moi j’aimerais ça le savoir quand même tout de suite avant de fréquenter une fille!

– Crisse Bob, quand t’étais célibataire, disais-tu à une fille « Bien, faut que j’te dise que j’ai déjà fait des feux sauvages sur la bouche quand j’étais jeune » quand tu la rencontrais????  BOB LE FAISAIS-TU???? Le ferais-tu aujourd’hui maintenant que tu es plus informé??????

Bref, j’étais en beau calvaire…

– Fuck, t’as la même ostie d’affaire que moi!  Réalises-tu ce que t’me dis???

– Oui mais c’est juste que j’aimerais ça le savoir avant. Bon!

– ……

Puis là y’a Coco qui en rajoute en me disant :

– Bien si je comprends bien, le gars astheure qu’il tripe sur toi, tu lui donnes le choix de continuer au risque d’attraper une maladie pour le restant de ses jours… Bien… c’est pas vraiment un choix ça!

– ……

– Coco? Si tu tripes sur une fille qui a déjà eu des feux sauvages, est-ce que tu coucherais avec pareil?

– Bien oui!

– BIEN C’EST LA MÊME AFFAIRE !!!!!

– ……

Mimie me regarde avec un air un peu déconfit. Ça fait tellement longtemps qu’on se connait elle et moi.

– T’as pas l’air d’être dans ton assiette là Bobette hein ?

– Pas vraiment non, je suis désolée d’être frustrée là mais votre réaction me fait royalement chier!

– T’as raison Bobette… Ça doit pas être facile. Veux-tu un peu de vin?

Mlle YX nous a envoyé ce texte en nous laissant libre arbitre de le publier ou non………  Mais c’est certain qu’on va le publier pardi!!  Non seulement parce qu’il est très bien écrit mais également et surtout parce que c’est tellement ça!  Ce que nous vivons tous, ce que nous appréhendons.  Le temps.  Le temps avant et le temps après.  Cette marque laissée par l’herpès.  Comme une lame sur le poignet de l’âme!  Merci Mlle YX.  Vous êtes bienvenue quand vous voulez!

C’est en me retapant la lecture quasi complète de tous les textes de ce blogue, le but étant de tenter d’équilibrer ma pression sanguine (si je me coupe par inadvertance, je vous garantis que le sang va gicler jusque dans la cour du troisième voisin) dans un moment d’angoisse intense (qui dure depuis une semaine) que j’ai décidé de me rejeter sur une page blanche virtuelle.  J’implose.  Respirer dans un sac brun ne suffit plus.  Me tenir loin de tout objet contondant non plus.

Mise en contexte rapide.  J’ai eu mon diagnostic d’herpès il y a un an, j’ai suivi le même chemin de croix que tout le monde ici.  Envers et contre tous ces raisonnements rationnels et irrationnels avec lesquels j’ai dû me débattre en bonne nouvelle stigmate digne de ce nom, j’ai croisé un charmant prince dernièrement, un puceau de l’herpès et le premier qui m’a mis assez en confiance pour lui donner la clé de mon identité et de mon secret.  Le premier qui sait « tout » sur moi.  Je l’ai informé, éduqué, et je crois que j’ai accompli cette tache tâche comme une grande fille.  Je lui ai ensuite donné l’espace nécessaire pour sa réflexion.  Et là, maintenant, j’attends patiemment depuis une semaine, depuis 10080 minutes, son verdict à savoir s’il y aura une suite à notre relation.   

Dans le dernier mois, mes contacts avec lui étaient aux deux jours environ.  Pas évident d’être maintenant assourdie par le silence…parsemé du chant d’un criquet au mois d’août…à l’aube du mois de décembre.  Je fais présentement le piquet à cette lumière rouge, dans ce « twilight zone » qu’on redoute tous et celui qui risque de faire le plus mal dans toute cette aventure que l’on vit; la peur du rejet.  La peur de passer à côté du bonheur à deux.

Oui, je me suis raisonnée un million de fois depuis ces 10082 minutes.  « S’il me rejette, ce n’est pas à cause de ce que je suis, ce n’est pas ma personne qui est en cause…je dois garder confiance en moi et en la vie…ce n’est pas la fin du monde…s’il disparaît, c’est seulement qu’il n’était pas le bon pour moi…etc ».  N’en reste pas moins que, même si on a trouvé le moyen de ne pas prendre ce possible rejet de façon personnelle, il fait tout aussi mal aux sentiments et aux émotions.  Il ecchymose la confiance, il grafigne l’espoir.  Il joue au yo-yo avec le petit lac qui se forme dans la rangée du bas de nos cils.  Il ravale difficilement la salive.  Il nous donne un aperçu de ce que ce doit être de vivre avec de l’asthme, sans pompe à portée de la main.  Il donne une volée à nos besoins fondamentaux :   manger et dormir.  Il siphonne le seul neurone de logique qu’il nous reste.  Et on accumule, sans trop s’en rendre compte, trop je dis, beaucoup trop…10094 minutes de sourde souffrance.  Preuve que les dommages psychologiques sont à des années lumières plus importants que les impacts physiques de cette condition tellement humaine, et qui pourrait être d’une banalité digne d’un barreau de chaise, si ce n’était justement de la présence de ces dommages psychologiques.

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai l’impression de vivre et revivre les étapes du deuil, en boucle et en accéléré :

Le choc :   à chaque matin, lorsque je me réveille et que je reprends conscience de ma position dans l’univers de ma vie.  Des dizaines de fois par jour, c’est-à-dire chaque fois que je reviens sur le sujet dans ma tête après l’avoir laissé tombé un instant pour faire avancer les autres domaines de ma vie.

Le déni :   je pèse sur « snooze » et retombe endormie de facto durant 8 minutes, car j’ai passé le plus clair de ma nuit à faire de l’insomnie.

La colère :   POURQUOI EST-CE QUE JE N’AI PAS ENCORE REÇU DE SES NOUVELLES ?!?!?!?! 

L’abattement, la tristesse, la dépression :   Nettoyage des glandes lacrymales en cours.  Douche de joues.

La résignation :   Ouin…pis ? 

L’acceptation :   NEXT !!!

Et là, je reprends conscience qu’il ne m’a pas encore donné sa réponse définitive malgré tous les scénarios que j’ai pu me farcir en réponse à l’interprétation de son silence.  Je n’ai pas entendu SA réponse à lui, son verdict final.  Sagement, j’attendrai la voie voix de mon charmant prince.  L’espoir grafigné lève timidement la main.  Je lui tends la mienne pour qu’il se relève.  Et le petit manège recommence.

Tout ça est normal et vous n’êtes pas seul(e).  Mais ça fait mal.  Mais vous n’êtes pas seul(e).  Tout ça est ma compréhension de cette petite phrase que j’ai lue souvent ici :   « on vous comprend !».

Un site comme celui-ci m’aidera cependant à passer l’étape la plus importante, celle que je n’ai pas encore atteinte :   la résilience.  Cette étape que les fondatrices du lieu virtuel de réconfort  dans lequel vous vous situez présentement ont dépassée et apprivoisée.

Bon, je retourne à mes 10151 minutes d’attente.  Merci d’être là.

Mlle YX

Ma copine Loulou m’appelle pratiquement tous les matins.  On se raconte tout et rien et on partage nos idées sur la vie.  Il arrive parfois qu’une de nous deux ait un fait marquant à raconter.   Ce matin là, Loulou n’en pouvait plus de ne pas me dire.

Loulou dans un souffle:   Aaaaaaah!  Faut que je te dise.

Nitouchka sentant le potin croustillant:   Raconte!

Loulou embarrassée:  Ben……. j’voulais pas te le dire………  J’ai hooooonte

Nitouchka assurée d’un potin croustillant:  BEN LÀ!!!  Raconte!!

Loulou:  J’ai un amant!

Nitouchka:  Oh!  Ça on aime ça!  Je suis toute ouïe!

Loulou:  Il y a un mois,  j’ai eu une soirée avec ma gang de ….  J’avais du fun, le vin coulait pis toute la soirée, ce gars là tournait autour mais rien ne semblait vouloir vraiment se dessiner.  J’avais aucune attente d’ailleurs.  Je prévoyais rentrer sagement chez moi.  Au moment de partir, il m’a offert de partager un taxi.  Premier arrêt chez lui.  Deuxième chez moi.

Nitouchka:  Et? 

Loulou:  Je ne me suis jamais rendue chez moi.

Nitouchka:  Ohhhh!!  T’as couché avec? 

Loulou:  Beeeen…… oui!

Nitouchka:  Et………….?  Tu lui as dit?

Loulou:  Ben……… Noooon!

Nitouchka:  Condom?

Loulou:  Ben là!  Franchement………

Nitouchka:  J’sais ben mais tsé comment chus mère poule!  Ça valait la peine au moins?

Loulou:  Franchement?  Super!!  Gentleman le monsieur.  J’ai rien à dire!  Il m’a collée toute la nuit, m’a fait le café le matin, a soigné ma gueule de bois aux aspirin et est venu me reconduire chez moi.   C’était cool, relax et je suis rentrée chez moi prête à ranger ce moment dans le tiroir des bons souvenirs.

Nitouchka:  Cool.  Mais pourquoi t’as honte?

Loulou:  Ben……… j’y ai pas dit.

Nitouchka:  Ben là!!!  Penses-tu franchement que je te jugerais là-dessus.  Tu as fait ce que tu devais faire:  t’as mis un condom, tu n’étais pas en crise, tu prends du Valtrex et en plus, il est un homme (il faut savoir que le risque de transmission de la femme vers l’homme est beaucoup plus faible que l’inverse).  Tu connais ma position là-dessus!  Il a plus de chance de gagner au 6/49 que d’avoir attraper l’herpès.  Vous étiez chauds, c’est sans lendemain.  Des risques tu en cours autant que lui.  Voilà!  No reason to be ashamed!

Loulou:  Je le sais et je partage ton opinion aussi.  Mais l’affaire c’est que je ne pensais pas qu’il me rappellerait.  Mais il l’a fait.  Et j’avais envie de le revoir.  Et on s’est revu.  Hier.

Nitouchka:  oh!?…….

Loulou:  ……….

Nitouchka:  Tu as recouché avec sans lui dire.

Loulou piteuse:  Hum! hum!  ……… J’ai ben essayé de lui dire.  Je passais mon temps à aller au toilette pour me faire des meetings de motivation mais chaque fois que je sortais de la salle de bain, le  courage que je pensais avoir rassemblé arrivait même pas à passer le cadre de porte.  Misèèèère!!!   Là je pense rien qu’à ça.  Je sais qu’il va rappeler.  Je sais qu’on va se revoir.  J’ai le goût de le revoir mais…….Pffff!   Je suis épouvantable. 

Nitouchka:  Loulou rassure-toi.   Je te comprends tellement.  Mais TELLEMENT!!  Ça fait toujours mal de devoir dévoiler notre petit secret!  Ça coûte cher.  Je le sais, tu le sais!  C’est comme se lancer d’un avion, sans parachute, en sachant que la seule chose qui peut atténuer la chute c’est un tas de marde!!  L’enfer mon p’tit minou!  N’importe qui hésiterait à sauter!  Par contre, dès que tu en as l’occasion, décharge toi de ton petit singe.  Plus tu attends pour lui dire, plus ce sera difficile.  Faut que tu lui dises!

Loulou:   Je sais.  Je le sais tellement.  Mais avec déjà deux strikes, j’ai l’impression que le bout de la manche vient de me pogner dans l’engrenage mortel du scénario d’horreur!

Mon amie Loulou et moi on s’est fait un petit peptalk mutuel pour l’aider à plonger la prochaine fois que Monsieur Gentleman lui ferait signe.  D’une part, on s’est entendues sur le fait que c’est bien pire d’être pris avec son secret que de le partager.  Et plus on attend, pire c’est.  Une rage de dent multipliée par 10 chaque fois qu’on remet ça à plus tard.  Un court bilan de toutes les fois où on a eu à le dire a suffit pour conclure qu’on se sent tellement plus légère après. 

D’autre part, M. Gentleman, on en était convaincues, n’était pas pour  lui faire une scène et la traiter de tous les noms.  Pas un gars qui te coule un café et te grille deux aspirines le lendemain de ce qui a tous les traits d’un one night. 

Monsieur Gentleman a rappelé.  Loulou avait eu le temps de mémoriser la Bible, de solidifier son courage et de faire la preuve qu’il ne sert absolument à rien de cacher quoi que ce soit à ses amies.  L’union fait la force qu’ils disaient et c’est tellement vrai. 

Devant une tasse de thé Loulou a dévoilé son secret comme on régurgite une livre de clous.  Ça faisait mal et elle lui a dit. Monsieur Gentleman a été surpris bien entendu mais fidèle à ce qu’on attendait de lui.  Il a posé des questions et cherché à comprendre ce qui lui était inconnu.  Il a remercié Loulou de sa franchise, l’a saluée pour son courage et a reçu sa vulnérabilité comme une marque de confiance.

 Ils ont eu une conversation très sincère, une conversation qui dépassait le niveau superficiel, comme rarement on peut en avoir avec des gens qu’on connait si peu.  Loulou lui a dit que c’était sa réalité, qu’elle vivait relativement bien avec mais que le choix de l’accepter ou non, lui revenait à lui et qu’elle le respecterait, quel qu’il soit.  M. Gentleman a été soulagé, elle l’a bien vu. 

Même si elle aimerait bien qu’il le fasse, Loulou ne s’attend pas à ce qu’il rappelle.   Elle le sait.  Ça se sent ce genre de truc.   Monsieur Gentleman, c’était implicitement clair depuis le début, ne cherchait pas une relation sérieuse. 

Mais ce qui est bien dans cette histoire c’est que Loulou a réalisé que, quoi qu’il puisse décider, Monsieur Gentleman n’a pas le pouvoir de la rejeter.  Quoi qu’il arrive, son choix se limite à accepter ou non l’herpès.  Il n’a pas le pouvoir de changer qui elle est et ce qu’elle vaut.  Ce choix, lui appartient à elle.

Et j’ai pensé à cette citation d’Eleanor Roosevelt et je me suis presque réconciliée avec l’herpès:   « No one can make you feel inferior without your consent. »

Bon je me sens un peu mal à l’aise de vous entretenir de sujets puérils et insignifiants après ce que nous racontait Bobette, mais en même temps, ça prend parfois plus con pour nous faire oublier les vacheries de la vie.  Et moi, dans la futilité et la connerie, je peux donner tant qu’on veut.  Un puit sans fond, une fontaine intarrissable.   Alors permettez-moi.

J’avais rendez-vous avec cet inconnu.  Filet d’espoir dans l’océan déchaîné du célibat.  Un espoir malingre, anémique, quasi fantoche.  En fait, tout ce que j’espérais était de ne pas me retrouver avec la facture à payer et encore, parfois vaut mieux payer pour mieux se pousser.  En terme d’attentes,  je ne suis pas très exigeante vous voyez bien.  Pour le reste messieurs, je sais m’accomoder avec bonhommie de vos plus vils propos et travers, quitte à en rire comme une démone avec les copines ou en garnir les pages de ce virtuel journal.

Parfois, je n’en doute pas, vous faites les gorges chaudes avec les miens.  J’accepte de bonne grâce cet échange de bassesses.

Pour faire une histoire courte donc d’un événement qui ne saurait de toute façon se targuer de plus, la soirée se déroule finalement plutôt correctement.  Rien à marquer d’une croix le calendrier, ni pour les papillons, ni pour le titre de champion de l’idiotie, mais assez agréable pour prendre le temps de savourer le narcissisme grandissant de mon interlocuteur.

Le prétendant numéro 438 est pilote de ligne et semble bien heureux de me faire part de son statut particulier.  Bien lui en prit mais pour une raison que j’ignore complètement,  j’ai un peu de difficulté avec les uniformes.  Peut-être celà trouve-t-il son origine au souvenir d’une soirée bien arrosée ou j’avais osé l’aventure d’un soir avec un militaire – pilote également de surcroit- qui s’était avéré bien piètrement membré. 

M’enfin bref, mon fier-heureux pilote n’allume rien qui vaille dans l’antre frigorifié de mes espoirs amoureux mais la soirée va bon train et j’écoute les yeux débordant d’admiration vachement bien simulée, mon prétendant me vanter les mérites de son statut d’ange-ailé.

On jase de tout et de rien et le vin aidant, je lui raconte le jour ou j’avais passé une soirée mémorable dans un bar à apprendre l’alphabet phonétique de l’OTAN auprès d’un contrôleur aérien:

Le pilote:  Et tu t’en rappelles?

Nitouchka:  Ben oui je crois bien.  Ça fait quand même un bail.  Attends……… Alpha – Beta….

Le pilote:  Bravo.

Nitouchka:  Ah oui!  Alpha – Bravo – Charlie – Delta …….euhhhh……….merde!!

Le pilote:  Allez!  E…….  E comme dans…….!  E comme dans…. dans….dans……dans….

Nitouchka:  Eeeee……………

Le pilote:  Echo!!

Nitouchka:  ouiiii!!  Echo!  F………  Misère c’est loin.  Je t’assure à la fin de la soirée je savais tout très bien.

Le pilote:  Fox trot!  G tu te rappelles?

Nitouchka:  Niet!  C’est bête!

Le pilote:  Golf.  Et H?

Nitouchka:  Ah facile!!  HERPÈS!

Le pilote les yeux écarquillés:  ……….

Nitouchka les yeux et le sourire écarquillés: ………….

Le serveur:  Prendriez-vous autre chose?

Le Pilote:  Non merci ce sera tout pour moi.  Toi?

Nitouchka:  Non, merci!

Le pilote:  L’addition svp.

Nitouchka dotée d’un mauvaise foi flagrante et s’amusant ferme:  Ben quoi?  Ça dit ce que ça dit non?  H comme Herpès.  Alpha – Bravo – Charlie – Delta – Echo – Foxtrot – Golf – Herpès!  Tu sais que 80% de la population est porteur de ce virus alors ce serait tout à fait normal qu’il se retrouve dans l’alphabet non?  Moi je trouve que ça va de soi mais c’est pas grave.  Rien n’est parfait non?!   Et les gens ont tellement de préjugés de toute façon.  C’est fou.  Tu as envie d’aller te balader?

Le pilote:  Hotel

Nitouchka:  HEIN???  Tu ne trouves pas ça un peu prématuré?  En ce qui me concerne le premier soir……………

Le pilote:  H c’est hotel, pas herpès.

Nitouchka:  Ah!  Bien oui, c’est bête.  Pourquoi je croyais que c’était herpès!?! hi! hi! 

Le pilote:  Je sais pas.  C’est toi qui pourrait le dire…… Tu sembles en connaître un bail. 

Nitouchka:  Oui en effet.  J’en connais un peu.  C’est la vie qui veut ça hein!  Que veux-tu.  Alors on se la fait cette ballade?

Le pilote:  En fait ce ne sera pas possible.

Nitouchka se bidonnant solide:  Une autre fois alors?

Le pilote pressé de lever les feutres soudainement:  Oui pourquoi pas.

N’empêche que si c’était moi qui avait choisi, j’aurais d’emblée opté pour Herpès.  C’est vachement plus efficace qu’hotel.  Surtout lorsque vient le temps de se sauver d’un prétendant inintéressant et d’une adition.  Allez!  Je lui en dois encore une à cet infâme herpès.

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

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