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Vraiment y’a des fois où je sortirais littéralement de mes gonds !

L’autre jour par exemple, j’avais un rendez-vous chez le dentiste.

Nous aimerions que vous remplissiez notre petit questionnaire me dit la réceptionniste.

Bien sûr, avec plaisir que je lui réponds tout innocemment !

En gros, il s’agissait d’un questionnaire enquiquineur voulant tout découvrir de votre état de santé.

Souffrez-vous d’allergies? [] Oui? [] Non? Si oui à quoi?

Avez-vous un médecin de famille? [] Oui? [] Non? Si oui son nom : _______

Êtes-vous porteur du virus du sida? [] Oui? [] Non? Si oui… (j’ose même pas y penser)

et… Je vous le donne dans le mille : Avez-vous une its ? [] Merde

(Je réponds quoi làààà ???)

Puis les feux sauvages ? Ça ne vous intéresse pas ça ? [] Non ????

Me semble que c’est pas dans le derrière que je me fais fouiller quand je vais chez le dentiste et qu’une question sur l’herpès buccal serait bien pertinente !

En tout cas. J’ai répondu NON à toutes ces questions, je suis allée porter mon questionnaire les dents bien serrées et je suis retournée à ma chaise en repensant à la fois où j’ai voulu faire un emprunt hypothécaire assorti d’une assurance prêt.  Je m’étais sentie obligée de cocher [] oui-si-oui-quoi j’ai l’herpès génitallllll à la case its afin de m’assurer que mes enfants reçoivent leur dû à ma mort parce qu’on le sait tous : une fausse déclaration peut entrainer un non paiement.

Bref, cette fois là, j’ai coché oui…. [] Merde

Vous auriez dû voir la suite !  Ils ont demandé à consulter mon dossier médical, m’ont fait repasser un questionnaire débile du genre quels médicaments? Combien? Depuis quand etc, etc, etc… et ont soumis mon dossier à leurs décideurs…

Shiiiiit…. C’est dans ces moments là que je trouve qu’avoir l’herpès dans le visage comporte plus d’avantages que de l’avoir dans le popotin…  Je trouve ça tellement con et triste de voir les torts psychologique causé par la coche [] its alors que presque tout le monde est porteur de notre charmant p’tit bobo!

Oui, ça doit être ça qui cause mon grinchage de dents et j’ai bien peur que j’aurai des rages tant et aussi longtemps que l’herpès génital ne sera pas dédramatisé et considéré aussi bénin qu’un feu sauvage…

On ne vous l’a pas raconté.  En fait, on ne s’en est même pas reparlé entre nous.   Bobette me le pardonnera sans doute.  Même si c’est son histoire, c’est un peu aussi la nôtre parce qu’à ce moment précis, on voguait toutes sur le même bateau.  Et croyez-moi, on ramait en sale!!

Bobette vous en a soufflé un mot:  elle a une nouvelle flamme.  Nous avons d’ailleurs eu la chance Amétys et moi, de le rencontrer.  Charmant garçon et on l’aime d’autant plus que celui là, il ne s’effraie pas devant deux petites mouettes!

N’empêche, nous n’avions pas pris de chance.  Bien qu’avec le recul on puisse maintenant affirmer que M. Mouette n’en valait franchement pas la peine, on ne voulait quand même pas risquer de souffler sur cette flamme naissante.  Alors Amétys et moi avions promis à Bobette de bien nous comporter devant la nouvelle prise.

Bobette et son prétendant sont donc arrivés à la maison au moment où Amétys et moi portions la dernière touche à la tarte d’anniversaire de Bobette.  C’était le prétexte choisi pour nous introduire à M. Presque Parfait.

La soirée se déroulait plutôt bien.  On s’amusait, la tension se relâchait, le courant passait .  On l’aimait et on lui donnait notre bénédiction.  Pour ce qu’elle vaut bien entendu…..  Et on se comportait presque comme des anges.

M. Presque Parfait sentait la complicité qui nous unissait.  Il semblait même tranquillement s’y installer, tout naturellement.  On voguait tous ensemble sur les eaux bleus du bonheur lorsque tout à coup, M. Presque Parfait (d’où le Presque) a lâché une bombe.

Celle qu’on hait.  Celle qui pue.  Celle qui fait s’installer un nuage vert malaisant que nous avons tant bien que mal,  tenté de dissiper sans qu’il n’en paraisse trop.  Je ne sais pas s’il a détecté quelque chose mais moi, je trouvais que ça transpirait le gros embarras mal camouflé.

LA BOMBE :  Dites-moi les filles, comment vous êtes vous connues?

LA question! 

Il me faut ici faire un petit retour en arrière.  Pour ceux qui ont lu notre blog depuis le début, on ne vous a pas dit toute la vérité, rien que la vérité, dites je le jure.  En réalité ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça

En fait, Amétys Bobette et moi avons fait la connaissance l’une de l’autre, dans un groupe de soutien/social/rencontre-ou-pas-rencontre-c’est-selon, pour gens souffrant…………vous l’aurez deviné……….. d’herpès. 

Hé oui.   Chacune de notre côté, se sentant seules au monde avec notre petit coloc (comme certains parmi vous sans doute) on a tapé herpès/rencontre/soutien/etc…. sur un moteur de recherche  et on est tombé, pour faire une histoire très courte, sur l’une l’autre.  Béni ait été l’herpès ce jour parce qu’on s’aime depuis.

MAIS (car bien entendu il y a un mais) on assume difficilement.  Oui oui!  Vous avez bien lu.  On assume mal le fait de s’être connues dans un groupe de soutien pour gens souffrant d’herpès.  C’est bête nous direz-vous.  On devrait au contraire se sentir chanceuses et choyées.  Et nous le sommes, ne vous méprenez pas.  Seulement, prenez quelques secondes pour imaginer.  Et nous juger si le coeur vous en dit:

Lorsqu’un Monsieur Hommedemavie débarque c’est déjà très, mais alors là, TRÈS pénible de lui balancer la bonne nouvelle.  Vous en connaissez un bail là-dessus.  On se sent plus près du sac de vidange que de la Miss Populaire de l’école. 

Alors lorsque vient le temps de lui raconter que nos meilleures amies ont été rencontrées dans un groupe d’herpétiques, tout à coup on a l’impression d’avoir le gros L du looser tatoué dans le front.  Par conséquent, on a tendance à s’éviter ce deuxième affront et à raconter des bobards sur les circonstances de notre rencontre. 

Cette question s’est présentée plus d’une fois.   Et on s’embrouille tout le temps.  Vraiment.   Ne me demandez pas pourquoi, on a jamais eu la présence d’esprit de mettre au point une stratégie collective pour y répondre.  Chaque fois, on bafouille et on s’enfarge.

Or donc, où en étais-je??  Ah oui, M. Parfait qui balance sa fameuse bombe à cafouillage.

Silence. 

Amétys et moi on se plante, une les yeux au plafond, l’autre le nez dans ses chaudrons, bien décidées à laisser Bobette se démener avec SON problème.  C’est SON chum après tout.

Sa réponse donnait l’impression qu’elle mettait en pratique son cours de berbère 101 ou encore qu’elle s’était mise au mongol la semaine d’avant et qu’elle mélangeait les deux.

–          Blwwou…….oualllw…………mmircc kwonn………boff…….crouuinchhh…….

En bref, je crois qu’elle a parlé de rencontres amicales, d’amis communs peut-être, je ne sais plus.  Je ne me souviens plus également qui d’entre moi ou Amétys nous a sorties de l’embarras mais j’aurais tendance à penser que j’ai proposé à mes invités un petit refill de vin.   Bacchus ce grand sauveur.

On croyait bien avoir encore une fois échappé de justesse à l’odieux de devoir révéler qu’on s’était fait des amies herpétiques sur internet. 

MAIS NON!!!  Le berbère/mongol bancale de Bobette ne l’avait pas convaincu!  Et il a fait quoi le Monsieur pour avoir sa réponse?  Il s’est tourné vers Nitouchka à la fin du repas, alors qu’Amétys était aux toilettes et que Bobette se payait ma gueule.

–          Comment vous vous êtes rencontrées déjà Nitouchka?

Pas con le monsieur.  Juste un peu trop insistant.

–          Ben on s’est rencontré dans le cadre de….genre….heu….. d’activités sportives.  Oui c’est ça, des sorties genre Détour Nature, tu connais?

Et là j’ai l’air allumée mais croyez-moi, je n’aurais pas gagné d’Oscar pour cette prestation.  Même pas un Métrostar.  Exit ma carrière d’actrice/improvisatrice. 

Finalement, comme on a une bonne étoile ou encore qu’on fréquente des gens respectueux, il n’a pas insisté et la soirée s’est gentiment poursuivie.

L’incident s’est relégué de lui-même et on n’en a jamais reparlé entre nous.

Jusqu’à ce que me vienne l’idée d’écrire ce texte.  Je me suis dit qu’il fallait que j’en parle à Bobette.  Non mais rigoler qu’on a fait toutes les deux, je vous dis pas.

Et on s’est dit que c’était con d’être gênées.  Pour une fois que quelque chose de bon sortait d’une expérience négative, pourquoi le cacher.  Pourquoi en être embarassées? 

Lorsque le coloc a frappé, on a pris les moyens pour se sortir de notre misère, de notre isolement.   Au lieu de se replier, on a pianoté sur nos claviers, on a cherché des ressources, et non seulement on les a trouvées mais en plus, on les a utilisées.

On a fait fi de notre gêne, de nos peurs, de nos angoisses, on a enfilé notre courage et on s’est présenté à un groupe d’inconnus qui pour la plupart, n’avait en commun avec nous que le coloc.  Et dans ce groupe, trois petites étoiles qui brillaient du même éclat se sont reconnues. 

Et on voudrait le cacher?

Ben oui!

Que voulez-vous.

Bien que je les aime, bien qu’elles m’aient procuré de la lumière les jours de noirceur et qu’elles m’en procurent encore aujourd’hui, j’aurais préféré pouvoir dire que je les ai connues au cégep. 

Elle est tellement imparfaite la fille de MPB.  Dieu merci!

Je vous raconte.  Parce qu’il n’y a qu’à vous que je puisse le faire.  Parce que l’herpès, même asymptomatique, même relativement bien accepté et vécu, est pourtant toujours présent, comme une petite roche dans un soulier qui revient parfois se planter droit sous la plante.

Vous le savez j’ai un amoureux.  Un amoureux à qui j’ai du annoncer que je partageais ma culotte avec un petit copain.  Un amoureux qui a d’emblée accepté la situation et avec qui je vis une belle histoire depuis.

Lorsque je lui avais fait ma douloureuse annonce, mon amoureux m’avait raconté que son meilleur ami avait eu une relation avec une fille qui avait également l’herpès.  Cet ami, aux dires de mon amoureux, n’avait jamais été très à l’aise avec la situation parce qu’au final, il n’était pas vraiment amoureux de la fille.

Bref, avec mon accord, il a discuté de ma situation avec cet ami et bien que l’on n’en ait jamais reparlé, je présume depuis que l’ami en question connaît mon petit secret.

J’imagine aussi qu’il n’a pas réfléchi.  Peut-être même n’a-t-il même pas fait le lien.  Qu’il a oublié. Parce que pour lui je ne suis pas l’herpès.  Je suis l’amoureuse de son meilleur ami.  Mon amoureux lui a relevé la bévue, j’en suis convaincue.

Alors qu’on se baignait dans une rivière gelé, l’ami offre à l’amoureux de lui prêter son wet suit.  Devant l’amoureux hésitant l’ami lui lance :  j’ai pas l’herpès t’es correct!

Ouch!

Et l’amoureux, soucieux sans doute de minimiser l’affront (parce qu’on n’a jamais discuté de cet événement par la suite) de répondre :  moi j’en ai parfois, sur la bouche!

Gentil choux!

Je ne lui en veux pas à l’ami.  J’aurais pu faire une telle connerie.  J’en suis capable.  Mais malgré tout je n’y peux rien, je me suis sentie mal.  Je me suis sentie comme un gros bouton.  Une lépreuse indésirable.  Et j’avais vachement envie qu’on change de sujet et pas du tout envie de me faire la défenderesse des herpétiques de ce monde!

Comme quoi, c’est jamais gagné!

J’étais invitée à souper chez un couple de mes amis moldus du cul Bob et Mimie qui me connaissent depuis des lunes. On s’aime beaucoup et ce qui suit n’en changera pas un iota!

Nous discutions de tout et de rien. Coco, le fils de 22 ans de Mimie, prenait part à la conversation…

J’avais les yeux rivés sur mon cellulaire, je lisais un courriel que je venais tout juste de recevoir.

– C’est d’un gars que je viens de rencontrer…

– Ah oui et puis???

– Faut que je vous lise la fin, c’est trop mignon! Dis-je en m’exécutant aussitôt.

– Bien c’est clair que ce gars là éprouve quelque chose pour toi Bobette… Je suis vraiment contente. De me dire Mimie.

– Oui! Mais il ne sais pas encore!

– Quoi? Tu ne lui as pas dit?

– …… Mais nous ne sommes qu’aux préliminaires !?!

– Ostie! S’élance BOB. Moi je ne comprends pas pourquoi tu niaises avec ça… Tu devrais le dire la première fois que tu le rencontres! C’est pas correct ça pour le gars, c’est comme si tu lui donnais de faux espoirs!

– Bien voyons donc Bob… Je suis aussi bien de me l’écrire dans le front!  Puis toi lààààà qui fait des feux sauvages s’l’bord d’la bouche!  Bien tabarnak toi aussi t’as l’herpès! C’est juste que le tient est à la bonne place!….

– Ouin bien moi j’aimerais ça le savoir quand même tout de suite avant de fréquenter une fille!

– Crisse Bob, quand t’étais célibataire, disais-tu à une fille « Bien, faut que j’te dise que j’ai déjà fait des feux sauvages sur la bouche quand j’étais jeune » quand tu la rencontrais????  BOB LE FAISAIS-TU???? Le ferais-tu aujourd’hui maintenant que tu es plus informé??????

Bref, j’étais en beau calvaire…

– Fuck, t’as la même ostie d’affaire que moi!  Réalises-tu ce que t’me dis???

– Oui mais c’est juste que j’aimerais ça le savoir avant. Bon!

– ……

Puis là y’a Coco qui en rajoute en me disant :

– Bien si je comprends bien, le gars astheure qu’il tripe sur toi, tu lui donnes le choix de continuer au risque d’attraper une maladie pour le restant de ses jours… Bien… c’est pas vraiment un choix ça!

– ……

– Coco? Si tu tripes sur une fille qui a déjà eu des feux sauvages, est-ce que tu coucherais avec pareil?

– Bien oui!

– BIEN C’EST LA MÊME AFFAIRE !!!!!

– ……

Mimie me regarde avec un air un peu déconfit. Ça fait tellement longtemps qu’on se connait elle et moi.

– T’as pas l’air d’être dans ton assiette là Bobette hein ?

– Pas vraiment non, je suis désolée d’être frustrée là mais votre réaction me fait royalement chier!

– T’as raison Bobette… Ça doit pas être facile. Veux-tu un peu de vin?

Bonjour Dateur,

J’ai lu ton texte sur ton blog.  Tu comprends que j’ai eu envie de réagir.  De te dire que tu as tort même si tu le sais.  De te dire que c’est ton droit le plus légitime de choisir de ne pas prendre le risque de contracter l’herpès.  J’aurais moi-même bien aimé ne jamais l’attraper.  C’est d’ailleurs quelqu’un qui mesurait tout à l’argent, comme toi,  qui me l’a transmis.  Il considérait qu’avec tous les cadeaux qu’il m’offrait, il s’exemptait du droit de me dire qu’il cohabitait avec un petit coloc.

Une partie de ta réaction est tout à fait légitime.  Il y a une époque où, si on m’avait annoncé une telle chose,  j’aurais moi aussi eu envie de me pousser.  Pas d’une façon aussi cavalière c’est certain mais je n’aurais pas eu envie de prendre ce risque moi non plus.  Et tu sais pourquoi :  parce que j’étais ignorante.  Comme toi.

Alors si tu me permets, je vais te parler un peu d’herpès.  Il y a deux types d’herpès :  le VHS1 qui se situe généralement sur la région de la bouche (feux sauvages) et le type VHS2 qui se situe principalement sur les parties génitales.  Il arrive parfois que le type 1 se retrouve sur les parties génitales et vice versa.

On estime que 20 à 25% de la population est atteinte du type 2 et, tiens-toi bien, 75 à 80% est atteinte du type 1.  On calcule également qu’une très forte majorité des gens atteints ne le savent même pas puisqu’ils sont asymptomatiques.  Si ça se trouve D.  TU AS L’HERPÈS.  Il y a plus de chance que tu l’aies que tu ne l’aies pas.

Pour répondre à ta question, oui on peut se marier et avoir des enfants avec quelqu’un qui a l’herpès.  C’est PLEIN de gens qui l’ont fait.  C’est plein de gens qui le font.  Une personne sur 4 autour de toi.  Parce qu’il y a plein de belles âmes pour voir au-delà d’un petit bouton.

Ils sont comme moi, comme mes copines ici, comme pleins de nos amis, des mères et des pères de famille, des époux, des gens intelligents, articulés, avec des carrières passionnantes, des rêves, des buts, des réalisations, de l’argent, qui sont beaux, en forme, en santé et équilibrés.  Des gens que tu respectes et si ça se trouve, que tu envies même peut-être.

L’herpès D. y’a rien là.  C’est UN PETIT BOUTON.  T’empêcherais-tu de dater une fille qui fait des feux sauvages ?  Pourtant il s’agit bien là d’herpès.  Qu’elle pourrait te refiler lors d’une fellation ou en t’embrassant.

Je comprends ta crainte mais elle est injustifiée et causée par l’ignorance.  C’est tout à ton honneur de t’être excusé et je suis heureuse de la réaction des gens sur ton blog.  Sans eux, tu n’aurais jamais réalisé l’odieux de ta réaction.

Je suis contente aussi que cette fille ait été honnête.  Bien qu’elle ait du être humiliée, elle a évité de se faire baiser par un gars qui calcule l’intérêt d’une personne à la possibilité qu’il a de la baiser versus l’argent qu’il y met.  Désolée D.  Fallait que je le dise.  Mais tu es jeune et je suis convaincue que tu as le potentiel de changer. 

Savais-tu D. que cette fille ne t’a pas abusé mais qu’elle t’a fait un immense cadeau.  J’aurais aimé qu’on me fasse le même.  Je n’ai pas eu ta chance.  Tu n’aurais pas dû te pousser.  Tu aurais du la remercier.  De sa confiance, de son honnêteté.  Tu aurais pu, au lieu de compter tes sous, profiter de l’occasion qui t’était si gentiment offerte.  Lui demander comment c’était arrivé.  Comment elle vivait avec ça.  Comment ça l’affectait.  Comment tu pouvais te protéger.  Tu avais le pouvoir de faire la différence dans la vie de quelqu’un et dans la tienne.  Et ce, sans même coucher avec parce que oui, tu as entièrement le droit de refuser de coucher avec quelqu’un qui a l’herpès.

Mais si ça se trouve D., tu es passé à côté du grand amour que tu recherches.  Quelle dignité elle a eu quand même.  Pourquoi ne lui refilerais-tu pas notre adresse?  J’aimerais bien la connaître. 

Voilà, c’est ce que je tenais à te dire.  Toi tu vas continuer à dater en série et un jour, tu rencontreras cette fille qui, soit ne te le dira pas, soit ne le saura pas, et elle te refilera l’herpès.

À moins que ce ne soit toi qui le refile à quelqu’un.  Parce que qui te dit que tu ne l’as pas déjà ?

$ 11 600 C’est le montant de la facture pour avoir omis d’aviser sa conjointe qu’il avait l’herpès.   Ainsi en a décidé monsieur le Juge.

On m’a fait le coup une fois sans que je l’attrape.  Mais la deuxième fois par contre, j’ai eu moins de chance et je tends à croire que Monsieur n’était pas si innocent face à sa situation!

Mais de là à le poursuivre, je ne sais pas.  Je suis drôlement mitigée.  D’une part, je suis d’avis qu’il est juste et honnête d’aviser notre partenaire de la situation.  C’est une question de respect.

Mais il y a réellement des gens qui considèrent l’herpès comme un mal banal.  Je connais une femme qui s’est effondrée de rire lorsqu’elle a su qu’il existait des groupes de soutien pour les gens souffrant d’herpès.  Pourquoi pas un groupe de soutien pour gens souffrant de rhume hivernal, a-t-elle ironisé.  Pour elle, l’herpès se compare à une grippe.  Elle fait une ou deux poussées par année et pour elle, ce n’est pas pire qu’un mal de tête.  Pourrait-on alors qualifier son geste de criminel ou d’irresponsable si elle n’en parle pas à ses partenaires?

Je ne pense pas ainsi mais je ne crois pas non plus qu’elle ait complètement tord.  Si on doit absolument aviser notre partenaire qu’on a l’herpès sous peine d’être poursuivi en justice, ne devrait-on pas alors aviser ces mêmes partenaires des risques encourus lorsqu’on souffre d’herpès labial?  Le risque est le même, ou à tout le moins, similaire.

Dans mon cas, je n’ai jamais de lésion (je touche du bois).  Après ma primo j’ai fait 2 récurences et après, je n’ai plus jamais rien eu.  Alors si je choisissais de ne pas aviser mes éventuels partenaires sous prétexte que l’herpès est d’une banalité déroutante dans mon cas et que par conséquent, l’herpès EST banal dans mon échelle de valeurs, pourrait-on me condamner pour ça?

La médecine ne nous aide pas non plus.  Lorsque nous allons passer des tests pour les ITS, jamais il n’est fait mention de l’herpès.  Aucun test, aucune mise en garde, aucune explication sur la possibilité d’en être infecté  ou non.  C’est le néant total.  Bien des médecins d’ailleurs ignorent bien des choses au sujet de l’herpès.  Tous les tests sont négatifs?  Allez et baisez en paix!  Peut-on après être condamné pour banaliser un virus que les médecins eux-mêmes, de façon générale, considèrent si peu.

Je suis contre la dissimulation, qu’on s’entende bien.  Je suis contre le fait que ce monsieur ait caché son état à sa conjointe et je suis convaincue que cette femme subit de réels dommages psychologiques à cause de cette expérience.

Mais va-t-on se mettre à poursuivre tous les hommes qui trompent leur femme sous prétexte que ces dernières subissent ,de par les agissements de leurs conjoints, des dommages permanents à leur estime d’elle-même et à la confiance qu’elles n’ont plus envers les hommes?

L’herpès n’est pas une maladie mortelle , c’est une maladie honteuse.  Uniquement.  Et la honte se transmet de bien d’autres façons que dans la culotte.  Devrait-on punir tous les transmetteurs de honte?  Nos tribunaux n’arriveraient plus à fournir. 

L’herpès ce n’est ni le sida, ni l’hépatite C, ni le H1N1.  On meurt de la grippe.  On meurt même de la varicelle.  Mais pas de l’herpès.  Pourquoi condamner Georges d’avoir transmis un petit bobo alors qu’à côté, Antoine a transmis la grippe à Rita qui en mourra et ce, en toute impunité.

Je suis contre la dissimulation.  Mais je suis aussi contre ces jugements qui ouvrent des portes sur l’abus.

Je suis de celles qui détestent les conflits. De celles qui préfèrent fuir l’hypocrisie et le mensonge et qui portent parfois le poids de la folie des autres…

Je suis de celles qui font confiance, trop, aveuglement…

De celles qui s’oublient, de celles qui tendent l’oreille et qui comprennent…

De celles qui sont fortes, toujours pleines de ressources.

Je suis de celles qui se battent.

Je suis une bonne amie, une bonne blonde, une bonne mère, une bonne conseillère…

Tantôt sur une terre ferme, tantôt sur un sol glissant, aujourd’hui je suis parmi celles qui naviguent sur une mer houleuse dans un navire dont la carlingue prend l’eau, un équipage à bout de bras.

Je suis aussi de celles qui savent qu’elles atteindront la rive. Peut-être écorchées, abusées, épuisées mais qui y arriveront…

On a chacun nos guerres. La vie n’est-elle pas remplie d’épreuves?

Et pourquoi est-elle aussi éphémère? Peut-être pour qu’on puisse en apprécier toute sa valeur.

Les événements tristes et heureux me rappellent que je suis toujours vivante, comblée… Par ceux qui m’entourent, par ce qui m’arrive ou par mon cher coloc qui ne se tarit pas de me démontrer toute son affection…

Oui, je suis de celles qui sont vivantes.

Je vous souhaite une belle journée, bien comblée!

Dans le fond, ce qui est bien con chez monsieur le coloc c’est que ce n’est pas si grave que ça, on semble pas mal tous s’entendre là-dessus! D’ailleurs, les médecins ont tendance à banaliser l’herpès au point de ne même pas faire les tests de dépistage parce que presque tout le monde en est porteur et que ça affolerait – sois disant – la population. Mais la vraie grosse difficulté, ce qui est con finalement, c’est qu’ils en oublient que le pire problème lié à l’herpès est certainement le mal psychologique qu’il cause…

La personne atteinte n’a que la perception du reflet que la société lui transmet… Elle est prise avec une its pour le restant de ses jours et devient, à ses yeux, affreuse, sale, contagieuse, pas aimable et j’en passe…

Tout ça commence à m’enrager profondément! On laisse des gens dans le désespoir alors que presque toute la population est porteuse. Nous serions probablement étonnés – voir choqués – de connaitre le nombre de personnes qui souffrent et qui s’isolent à cause de ce simple virus de peau?

Je peux comprendre le silence d’il y a 20 ans – quand je l’ai eu – Mais aujourd’hui pourquoi? Pourquoi faire subir une détresse psychologique à ceux qui en sont atteints… N’est-ce pas là une connerie aberrante? Avez-vous pensé à ces jeunes qui aborderont peut-être leur sexualité avec une estime de soi réduite à -100?

Ce qui est con aussi c’est tout ce qui est véhiculé à propos de l’herpès… Voyez-vous, dans l’temps, il n’y avait pas d’information et d’image à vous faire vomir, partout sur l’internet. Aujourd’hui, dès qu’on annonce la présence du coloc, l’intéressé n’a qu’à sauter sur son ordi, faire une petite recherche par image, voir les pires cas au monde, manquer de tomber dans les pommes et prendre ses jambes à son cou alors qu’il est peut-être lui même porteur…

Non mais, on peut tu le dire tout haut que près de 80% de la population est porteuse?

On peut tu dire que le feu sauvage que vous avez dans la face c’est le même que celui qu’on a dans le popotin?

On peut tu dire que ce n’est pas si grave que ça et cesser de dramatiser?

Ça va faire!

Si les près du 80% de la planète se levaient et avouaient tout haut qu’ils sont porteurs (tous types confondus), ce serait les 20% qui restent qui se sentiraient bien seul!

Voilà, c’était ma petite montée de lait! 😉

Et pour finir je vous laisse sur la phrase qu’un médecin a dite au prétendant de l’une de nos lectrices que je me permets de citer : «Ben là mon gars si tu l’aimes t’es stupide de passer à côté car anyway l’herpes tu vas l’attraper avec une autre fille!!!!»

Le texte suivant m’est inspiré par un commentaire de l’un de nos lecteurs.

«Je suis convaincu maintenant que le fait de prendre le temps d’annoncer que je suis porteur est bénéfique pour mon estime personnelle.»

Je me suis souvent demandé pourquoi j’annonçais toujours le coloc à quiconque m’offrait un préliminaire à une baise (même un one-night). La réponse est pourtant si simple: j’aurais été incapable de porter le poids de l’avoir transmis et encore moins sans avoir mis l’autre au courant. Cet aveu n’étant en fait que pour mon bénéfice personnel, un genre de protection anti-culpabilité.

Notre lecteur écrivait aussi qu’il était passé de victime à écœurant… Comme il l’explique sur un commentaire qu’il a fait sur ce billet, il avait commencé à douter du fait qu’il avait vraiment l’herpès.  Un déni qui fut malheureusement fatal pour une nouvelle abonné au coloc qui, évidemment, accepta très mal cette nouvelle…

J’ai aussi connu un homme qui l’a transmis alors que l’autre personne (qui était au courant) en était à sa toute première relation sexuelle. Il s’est senti si responsable qu’il est resté en couple par culpabilité. Évidemment, la relation basée sur ce sentiment n’a pas pu durer.

Quant à moi, celui qui me l’a transmis est un parfait irresponsable qui a continué sa vie comme si de rien n’était, parsemant son petit virus à qui mieux mieux sans se sentir responsable et encore pire, en rejetant la faute sur l’autre… Il m’avait tout simplement accusé de l’avoir trompé.

Mais qu’en est-il des gens honnêtes qui le transmettent malgré eux? Comment se sentent-ils? Pour ma part je crois que ce aurait été un poids probablement plus difficile à supporter que de l’avoir attrapé.

Notre lecteur, en parlant de la jeune fille qui lui a transmis ajoute ceci:

«… la fille qui me l’a donné au CEGEP… J’étais fou de rage après elle, elle a eu peur ou honte je crois. Elle a changé de gang et on n’a pas eu de nouvelle d’elle. Et bien, aujourd’hui, si je la croise par hasard, je pense que je vais lui faire un gros câlin. Maudit que j’ai dû la blesser. Aujourd’hui, c’est moi qui comprends la tristesse qu’elle a eue.»

Comme quoi, tout est relatif… Et vous? Vous en pensez quoi?

L’herpès, c’est un peu comme le petit cousin fatiguant qui reste pas trop loin.  En général, on s’en fout car il n’est pas là mais la peur de le rencontrer par mégarde reste présente.  On évite donc certaines activités, certains endroits, et on reste sur ses gardes.

Quand il arrive, on n’a pas le choix, faut faire avec.  On traverse l’épisode comme on peut et de savoir qu’il devra bien retourner à la maison pour souper est une mince consolation.  Mince car le p’tit maudit, il finit toujours par revenir et souvent au mauvais moment.

C’est comme s’il avait un sixième sens pour ça; tu pars en vacances, il veut y aller aussi; une fin de semaine en amoureux, il réserve au même hotel; une semaine difficile au travail, il vient te narguer, histoire d’en rajouter.

De plus, comme il est le mouton noir foncé de la famille, on a honte de lui.  On n’en parle pas et on ne veut surtout pas le présenter à ses amis, de peur d’être jugé par affiliation.

Mais la bonne nouvelle c’est qu’en général, en vieillisant, il devient de moins en moins accaparant.  Ses visites s’espacent et s’écourtent et quand il est là, on s’en fait un peu moins.  J’imagine qu’on s’habitue aux embêtements qu’il nous cause. Il le faut bien car on a beau se battre, se cacher, se pousser à l’étranger, la famille est là pour rester.  Pour toujours!

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

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