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Ça fait belle lurette que j’y pense. Trop longtemps que j’me dis que je devrais donc l’écrire cet article au lieu de me sentir coupable de ne pas l’avoir fait, du moins pas encore et au lieu de m’dire encore une fois que demain j’aurais probablement le temps alors que demain, je serai plongé dans mes milles autres projets.

Parce que des projets, j’en ai toujours. Un et puis un autre…. Ça s’enfile à la vitesse de l’éclair et quand un passe, j’en commence deux autres. Je ne sais pas pourquoi; faut croire que je suis ainsi faite. Sans projet, sans quelque chose pour m’occuper la tête, je me sens mourir un peu alors, comme pour l’oublier, j’entreprends. Je suis comme le hamster qui s’étourdit dans la roue qui ne le mènera nulle part.

Donc, parlant mourir; j’y arrive enfin: je ne voudrais pas que notre site disparaisse tranquillement dans l’oubli. MPB à trop sa raison de vivre et nous, les filles, bien on en a fait le tour et allons toutes dans nos petites vies avec, comme pour chacun, nos hauts et nos bas.

Pour ma part, je suis toujours avec monsieur PresqueParfait… Ça fait déjà six. Aujourd’hui, et depuis quelques années, colocs pour vrai! Mais rassurez-vous, pas de la culotte… Non, non, non; la sienne étant toujours intacte de notre chiant visiteur!

PP a certainement eu de la chance, une ou deux fois… Je me souviens même, un jour, lui avoir fait bouffer des pilules bleues, juste au cas, parce que peu après quelques ébats amoureux, j’ai vu l’infâme se montrer la face.
Mais je ne crois pas trop à la chance. Je demeure à l’écoute de mes symptômes et, bien que mon petit monstre brise encore régulièrement nos fins de semaines torrides prévues PresqueParfait, mon homme un peu moins parfait mais quand même presque et que j’aime tout autant, reste sans cette tare!

L’idée? Ah oui! Bien la voilà.
Elle est basée comme je disais, sur le fait que je ne veux pas que MPB, notre super blogue, ne se meurt et que je crois que pour éviter une inutile agonie, il n’aurait qu’à être nourri un peu.

Ainsi, je vous offre cette plateforme. Écrivez des textes! Exprimez-vous, laissez cours à votre clavier… Je veux toutes vos histoires! Les belles, les tristes, les drôles, celles qui riment et encore plus celles qui donne de l’espoir et qui dédramatisent! Quelles aient trois lignes comme cent, peu importe, nourrissons ce blogue et faisons-le vivre encore longtemps!

N’est-ce pas une bonne idée?
Bien sûr, il y aura quelques critères…

Sans viser le Nobel de la littérature, les textes doivent être bien écrits et dépouillés d’erreurs grammaticales au tant que possible. Personne n’est parfait; on le sait bien!
Il faut rester polis et gentils, anonymes et ne nommer personne… Quoi que de dire qu’un con est un con sans dire son nom, ça nous va très bien.

De toute façon, si quelque chose cloche, on vous le dira bien gentiment!

Alors voilà notre adresse courriel en espérant que vous serez nombreux à nous écrire: monpetitbobo@gmail.com

Au plaisir de vous lire!

Bobette

Le problème avec l’herpès c’est qu’on devient parfois un peu parano.  Dans les premières années, lorsque j’étais en relation avec un cher petit moldu, je paranoyais au moindre petit picotement, chatouillement, grattement ou irritation que je pouvais ressentir au niveau génital.  Et si c’était l’infâme qui s’annonçait?, m’alarmais-je à tout moment.  C’était pratiquement une maladie en soi.

Avec les années et l’absence totale de récidive, je me suis faite moins alarmiste.  Et si c’était l’infâme?  Ben ce sera l’infâme et pis c’est toute!  Chéri est au courant et, bien que je ne le souhaite NULLEMENT, il fera comme nous tous et il négociera avec un petit ami dans sa culotte!  Comme je vis presque bien avec le virus, et égocentrique comme seul l’humain peut l’être, je me dis qu’il saura en faire tout autant. En fait, je vous avoue que la majorité du temps, j’oublie qu’un passager voyage à bord de mes ganglions.

Alors l’autre jour, lorsque Chéri m’a téléphonée et qu’il m’a balancé un « ben….je crois que je fais parti de votre gang », j’ai mis un petit moment à comprendre ce qu’il voulait dire.

Hein!?, ai-je grimacé toute étonnée que ça puisse arriver, tu penses que t’as l’herpès?

Je regrettais quasiment de l’avoir encouragé à ne pas faire le test de l’herpès lors de sa qualification pour l’obtention de son diplôme de Petit-gars-propre-et-exempt-de-toute-trace-de-maladie-honteuse.  À quoi bon savoir lorsqu’on ne peut rien y changer, que j’me disais et que je me dis toujours!  Heureux les creux non?!  Sauf que là, je me disais que je ne pourrais jamais savoir si c’était moi la coupable ou si monsieur se faisait squatter la culotte bien avant d’avoir visité la mienne.  Et connaissant ma mauvaise foi, c’est certain que j’aurais blâmé Béatrice ou Muguette ou Solange!  Mais MOOOÂ?  Jamais.

Alors docteur Nitouchka a enfilé son chapeau de pro et au téléphone, dans mon bureau, au travail, j’ai tenté de diagnostiquer le petit bobo de mon pauvre Chéri qui avait le caquet bien bas.

Bon on commence par se calmer.  C’est pas tous les chiens qui s’appellent Fido!  Ça ressemble à quoi ton truc?

Ben c’est rouge, c’est douloureux, c’est autour du pénis, sur le pubis….

C’est un bouton?

Ben….(en s’examinant la zone sinistrée j’imagine)…. n..non….. C’est plus comme des petites lésions, une irritation.

Bon!  Va sur internet et tape molluscum contagiosum sur un moteur de recherche.  C’est un autre virus qui peut s’attraper sexuellement mais qui est en fait également un virus d’enfant du même ordre que la varicelle.  C’est peut-être ça……….

En terme de petits virus étranges et inquiétants, j’ai eu ma part.  Et ce petit molluscum, believe it or not, je l’ai eu sur les cheville et j’ai couru paniquée à l’Actuel, convaincue qu’une forme mutante et rampante d’herpès m’envahissait.

Lorsqu’on s’est fait pincer une fois, on devient plus méfiant.  Et parce que nous avons tous, bien qu’à différentes intensités,  une tendance toute humaine à imaginer le pire, on saute facilement aux plus macabres conclusions.

Mais ça c’est en ce qui me concerne.  Parce que pour Chéri, je ne m’en faisais pas tant que ça.  D’une part, je le dis et le redis, l’herpès c’est loin d’être le pire des maux, et d’auter part, parce que je demeure convaincue que je peux difficilement le transmettre.  Pensée magique?  Peut-être.  Mais je vous assure que j’aime me sentir ainsi et que je ne changerais pas ma place pour quelque crise d’angoisse que ce soit!

Toujours est-il qu’une fois rendue à la maison, j’ai examiné l’apparence du malfaisant et franchement, c’était comme confondre Dany De Vito avec Daniel Craig.  Ou une robe cocktail avec des bottes à cap.  Bon…. une fraise avec une framboise d’abord.  Mais non, ô non, pas une mûre avec une framboise!  Ça non quand même.  Chéri avait des rougeurs.  Vous savez le genre de « rash » qui arrivent d’on ne sait où et qui repart quelques jours plus tard.  Il m’arrive parfois d’en avoir sur le visage.  Une forme de champignon peut-être.  Le genre de truc qui ne donne pas du tout envie d’aller faire la queue à la clinique parce que le temps d’avoir un numéro, c’est déjà parti.

– Tu vois Chéri, tu t’en faisais pour rien!  Je te l’ai dit, je suis « transmission proof »!! Hé! Hé!  …..qu’est-ce que tu fais?………mais….. non!  Ah non Chéri!  Pas ce soir….. tout à coup que ton petit truc rouge, ton petit De Vito, ce serait contagieux?  Ben quoâââ??  Quand on s’est fait pincer une fois….. 😉

Je devrais travailler.  Mais je préfère vous raconter une histoire.  Une toute jolie comme vous les aimez.

Cette histoire débute ici, avec une rencontre.  Au détour d’un blog que je visitais, écrit par un passionné d’un sujet qui me plaisait.  Le passionné et moi avons débuté un dialogue virtuel et une étincelle a jailli.  Toute petite.  Un jour, acte manqué me direz-vous, j’ai laissé un message sur son blog.  HORREUR!  Je l’ai fait, sans m’en rendre compte je vous le jure, sous l’identité de Nitouchka.  Vous comprendrez que j’ai une autre identité dans la vie et c’est sous mon identité « légale » que j’avais entrepris le dialogue avec mon passionné.  Horreur disais-je donc.  Vite vite j’ai effacé le message, espérant bien que mon correspondant n’en aurait vent.  Puis j’ai oublié ce petit incident.  Jusqu’au jour où…. Mais attendez…. Je vais le laisser vous raconter l’histoire.

Chères filles de Mon Petit Bobo,

Ça fait longtemps que je voulais vous écrire ou que j’aurais dû vous écrire. Pour plusieurs raisons en fait. Et depuis, elles ne cessent de s’accumuler ou de me rappeler que je devrais le faire.

Je suis tombé sur votre blogue il y a quelques semaines. Pas vraiment par hasard, mais presque. Quelqu’un était venu faire un tour sur mon blogue à partir du vôtre. Curieux, je suis allé vous visiter. Un blogue sur l’herpès? J’aurais jamais pensé. Je me suis mis à lire quelques billets mais surtout vos réponses aux commentaires ou questions de vos lecteurs. J’aurais dû vous écrire drette-là pour vous dire à quel point le réconfort et les encouragements que vous leur apportiez me touchaient. Je vous enviais de rejoindre autant de gens. Dans les médias, on fait l’éloge de personnes pour beaucoup moins que ça, si vous voulez mon avis…

Malgré tout, j’étais sur le point de vous oublier.

La vie en a décidé autrement. Voyez-vous j’ai rencontré une fille géniale. Vous connaître un peu plus, je vous dirais que j’espère que ce soit LA bonne.  Après s’être écrit plein de messages sans arrêt pendant deux semaines, je réussis enfin à lui soutirer une rencontre. La soirée se déroule bien et je me dis que j’aimerais bien la revoir. Mon souhait est exaucé. Une semaine et plein d’autres messages plus tard, elle vient donc souper chez moi. Le souper se déroule à merveille. On parle franchement. Le jeu de la séduction fait son oeuvre mais de part et d’autre on agit en gens civilisés. Le vin est excellent mais on n’abuse pas. Jusqu’au moment où je décide de l’embrasser… Et là mesdames ça dérape! Je vous laisse deviner la suite: je ne voudrais pas avoir l’air du gars qui se vante…

Attendez!  Laissez-moi préciser ici.  NON, je ne lui ai pas dit pour l’herpès.  Le vin, les inhibitions qui tombent…. et le déni, je dois l’admettre.   Nous avons consommé sans qu’il n’ait lu les fine prints!  Me sentais-je un peu coupable?  Même pas.  J’étais plus déçue d’avoir consommé si rapidement sans prendre le temps de le connaître que d’avoir omis de lui parler de mon coloc.  Mais bon…. Je le laisse continuer.

Le lendemain on discute du fait que faire l’amour est devenu banal. Que ça aurait peut-être été mieux d’attendre un peu avant de découvrir le jardin intime de l’autre. On est quand même intéressés l’un par l’autre et on souhaite se revoir. On se revoit une ou deux fois. Je n’arrête pas de me dire de relaxer, de ne pas partir en peur que de toute façon, c’est de moi dont il est question et qu’incessamment the shit would hit the fan et que ma belle histoire me péterait au visage. Comme ça le fait toujours depuis un peu plus d’un an.

Pourquoi je vous raconte ça?

Parce que c’est là que vous revenez dans mon histoire.

– « Je suis seule ce soir, ça te dit que j’aille te voir? »

– « C’est sûr! » (en contenant à peine ma joie)

– « J’ai quelque chose à te dire. La raison pour laquelle je te dis que j’ai quelque chose à te dire au lieu de te dire ce que j’ai à dire, c’est pour être certaine de te le dire quand j’arriverai chez toi sinon j’arriverai jamais à te le dire »

Je vous jure que c’est comme ça qu’elle me l’a dit…

« Hein? Qu’est-ce que tu as à me dire? J’achète seulement du vin ou j’achète un scotch aussi? »

45 minutes, C’est le temps qui s’écoule entre le record du monde du mot dire en une phrase et l’arrivée de celle de qui je fais tout pour ne pas tomber amoureux. C’est long, trèèès long. « J’ai quelque chose à te dire…»DIS-LE! Pas besoin de prévenir quand tu t’apprête à lâcher une bombe! Qui peut-être assez cruel pour laisser mariner l’autre comme ça? Qu’est-ce qu’elle a à m’annoncer? C’est jamais bon ce préambule. » Voilà le genre de trucs qui me viennent à l’esprit en attendant.

Elle arrive. Toujours aussi belle. Le malaise est énorme. Vite du vin!

Du vin?  Et comment!  Je ne connais pas de meilleur aidant naturel!  Enfin bref, ok!  Lui il n’a pas compris mais vous oui.  Si je ne lâche pas un éclaireur, la bombe ne suivra jamais.  Et puis 45 minutes, c’est pas si pire que ça.  J’avais beau ne pas m’être sentie coupable après qu’on ait fait l’amour, le secret me pesait lourd.  Vous savez quoi?  Même si je trouve ça horrible à dire, je préfère de loin le dire que de vivre avec le poids du non-dit.  N’empêche, la presque même nervosité qu’au premier jour m’habitait lorsque je suis arrivée chez lui.  Il me fallait laisser franchir le mot herpès de mes lèvres.  Horreur.  Nous nous sommes assis sur le divan, il a servi le vin.  Il attendait comme un condamné à mort que le couperet tombe.  Et moi, un peu cruelle, je m’enfargeais dans les mots et y allait d’un préambule qui n’en finissait plus de préambuler.  Et je lui ai dit.  Je lui ai parlé de mon petit ami.

La suite, je n’en suis plus trop certain. Comme dans les films où les voix deviennent tellement lentes qu’on ne comprend plus rien. Je perçois des mots, des bouts de phrases: « Peu importe ta réaction, elle ne peut me choquer » « Pas facile à te dire » « Herpès » Je n’ai même pas compris tout à fait comment elle l’a attrapé et tout le reste autour. Elle me demande si j’ai des questions. Et là mon cerveau se met en branle à vitesse Grand V. Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir assisté à une conférence sur les ITS où l’on avait mentionné que les feux sauvages étaient une forme d’herpès. Ou si c’est parce que j’ai déjà eu un coloc dans mes souliers de course (pied d’athlète). Ou si c’est à cause de votre blogue. Ou tout simplement parce que cette fille, j’ai vraiment le béguin pour elle. Je n’ai rien dit et je l’ai embrassée. Et je l’ai re-embrassée. Fin de la discussion.

Et là j’ai cliqué: « La fille qui est venue sur mon blogue, c’était toi! » « Le petit soulier rose, c’est toi! »

Holly fuck!  Ça y est je suis démasquée.  Il va tout lire, tout voir, tout savoir.  En ai-je vraiment envie à ce stade?  En ai-je vraiment le choix?  Ah puis merde!  La vie est trop courte.

Je ne suis pas certain mais je crois que c’est une première. Il y a peut-être de vos amoureux qui ont été sur votre blogue, pour avoir des réponses, après vous avoir rencontrées. Mais moi, j’ai eu les réponses avant même d’avoir les questions! (Et avant même d’être un amoureux…) Le fait d’être allé sur MPB a sans contredit teinté ma réaction. Merci.

Si j’avais été le moindrement chanceux, la première fois où je vous ai visité, je serais tombé sur le billet qui explique comment annoncer qu’on a l’herpès. Voyez-vous, j’aurais aimé savoir que « J’ai quelque chose à te dire » est un code. Ça m’aurait évité de m’en faire comme c’est pas permis. Je propose d’ailleurs un amendement à votre Herpize Bible: IL NE PEUT S’ÉCOULER PLUS DE TRENTE SECONDES ENTRE LA FIN DE LA PHRASE ET LA PRÉSENTATION DU COLOC! Comme ça, on évitera que quelqu’un dise « j’ai quelque chose à te dire » en étant à Matane à un autre qui habite Dolbeau. Patienter le temps que l’autre fasse le trajet entre Matane et Dolbeau, pour savoir ce dont il est question c’est oublier à quel point le temps nous ronge lorsqu’on attend.

En ce qui me concerne, je vis très bien avec le délai de 45 minutes mais ça demeure le privilège de chacun d’y mettre le délai qu’il veut. Et puis à s’attendre au pire, l’herpès peut du coup s’avérer un moindre mal! hé! hé!

Pour le reste, vous êtes vraiment géniales. J’ai passé de longues heures à vous lire. J’apprécie votre sincérité, votre franchise, votre délicatesse, votre humour mais surtout le temps que vous y consacrez: bref, je vous aime! Pas toutes de la même manière, mais quand même. Et je vous assure que ne suis pas du genre à lancer des « Je t’aime » comme ça.

C’est pas vrai!  Il me l’a déjà dit! 😉

Ah l’herpès, l’herpès, l’herpès!  Mais quand allons-nous arrêter d’en parler?

Got news for you;  Jamais!  En tout cas, pas ici sur MPB car c’est la seule et unique raison d’être de ce blogue: parler d’herpès!  Alors les  amateurs de course ou les adeptes de scrapbooking peuvent passer leur chemin….à moins qu’ils aient des intérêts dans notre petit business.  L’un n’empêchant pas l’autre bien entendu.

Pour ceux qui restent, parlons herpaizzzze!

Je serai peut-être redondante parce que tout ce que j’avais à dire sur le sujet, je l’ai, à peu de mots près, écrit ici.  Mais je me suis dit que de nouvelles tournures de phrases ne seraient pas sans vous déplaire.  Vous avez besoin d’entendre parler d’herpès et, ô lecteurs avides de nos croustillantes histoires licencieuses, vous  avez probablement déjà tout lu et relu ce qu’on a pu écrire jusqu’à ce jour.  Laissez-moi  donc vous égayer de mes dernières réflexions sur l’infâme.

J’en ai déjà fait mention dans mes derniers commentaires mais pour le lecteur paresseux qui se contente uniquement de lire nos délicieux billets en laissant de côté les propos avisés de nos lecteurs, je vais me répéter:  J’ai réintégré mes souliers de célibataire.  Hé oui!  J’ai abandonné les élimés moelleux baskets de la vie à deux pour rechausser les égrillards douloureux stilettos du célibat.

Misère me direz-vous!

Et bien NON!  En fait, je vous répondrais que c’est une question de point vue car le célibat en soi peut s’avérer ressourçant,  voire même divertissant.  Là par contre où le bât blesse pour vous et moi c’est que ce nouvel ordre des choses implique que l’on doive tôt ou tard renouer avec notre misérable petit casse-pied de la culotte afin de l’introduire à un nouveau prétendant.  Et ça, on ne se le cachera pas et on ne s’enfargera pas dans le choix des mots, ça fait ch….suer!!

Célibataire vous ai-je dit?  Bien en fait je vous dirais… un peu moins. Ou si peu.  C’est fou tout ce qui peut se passer entre le moment où on commence un billet et celui où on le finit.  Un monde.  Un homme aussi.  Je vous raconterai c’est certain.  Je vous connais vous allez A-D-O-R-E-R!!  Mais une autre fois car là n’est pas mon propos du jour.

Vous les connaissez les aléas de ces nouvelles rencontres.  Il y a l’angoisse de l’annonce, il y a l’annonce et il y a la suite, la réaction de l’autre.  En revivant pour la Xième fois (j’ai compté; c’était la 5e) ces douloureux moments  j’ai réalisé une chose : le drame ce n’est pas d’avoir l’herpès.  Le drame c’est de DIRE qu’on a l’herpès.  Et tout l’odieux de ce virus est contenu dans cette nuance.

TOUTES les fois où j’ai eu à le dire j’ai revécu la même chose.  D’abord cette terrible anxiété de devoir introduire notre petit ami,  l’envie de mettre fin à ce début de relation juste pour ne pas avoir à parler du coloc. Parce chance à cette étape,  il y a les copines pour nous crinquer le moral.

Ensuite ce moment terrible où face à l’autre, il faille extraire de sa bouche ce douloureux aveu.  La haine de ce mot si laid, si incongru sur mes lèvres, la honte,  ô oui la honte, de s’associer à notre corps défendant à cette « maladie honteuse » ?

Notre copine Amétys (oui elle existe encore!!) a trouvé une analogie qui ma foi, bien que très vulgaire et à la limite de l’abjecte, exprime avec une profonde justesse l’inconfort de la situation.

« Dire qu’on a l’herpès c’est un peu comme chier devant quelqu’un;  PERSONNE ne veut avoir à faire ça! »

Nous aurions pu vous éviter ce parallèle scabreux en comparant le malaise de DIRE qu’on a l’herpès aux souffrances d’un accouchement mais on s’entend que ce n’est pas d’un joli petit bébé qu’on parle ici.  C’est drôlement plus laid et s’apparente définitivement plus aux analogies d’Amétys qu’à la beauté d’un enfantement.

De tous les inconvénients d’avoir l’herpès, c’est le seul qui m’atteigne vraiment.  Ma douleur c’est d’extraire ces mots de ma bouche.  De me placer dans une extrême position de vulnérabilité et de faiblesse.  Pour le court instant où ces mots franchissent ma bouche.

Parce qu’après, après ce pénible aveu, je ressens toujours un immense soulagement.  Une force tranquille.  Une certitude.  Celle que la seule chose qui puisse m’atteindre c’est la gentillesse, la compassion et le respect de l’autre.

Son jugement, son rejet, voire même son dégoût ne sauraient trouver leur chemin jusqu’à moi.  Pourquoi?  Parce qu’il y a eu cette première fois où j’ai eu à l’annoncer et où j’ai compris que je n’étais pas ce petit virus,  qu’il était un petit détail insignifiant dans l’ensemble de ce que je suis.  Il y a eu cette tendresse, ce respect qu’on m’a démontré à toutes les fois.  Et que celui qui ne saurait faire face à ce petit inconvénient wouldn’t be strong enough to be my man anyway!

Mais pour en venir à ce moment il faut le DIRE!

Et dire on doit.  Et dire je fus.  Mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterai.  Vous ai-je dit que vous alliez l’aimer?

Il nous arrive de magnifiques cadeaux sous formes de commentaires et de messages.  Des cadeaux qui nous font vachement plaisir.  Parce qu’on a beau le faire d’abord pour nous, sans trop d’attentes, il n’en demeure pas moins qu’il est bon de savoir qu’on fait du bien aux autres. On aura beau dire, l’altruisme c’est jamais gratuit. 

Alors chacun de vos commentaires, quel qu’en soit la nature, nous fait plaisir.  Parce qu’on aime pas parler seule et parce qu’on aime savoir que ce qu’on fait ici peut servir à d’autres. 

C’est dans cet esprit que j’avais envie de partager avec vous deux messages que nous avons reçus et qui sont des success story made in MPB.  Bon……. pas juste MPB mais quand même, on y a en quelque sorte contribué et franchement, on en est pas peu fières!

D’abord ce commentaire de Betty.  Qui nous a beaucoup touchées. Beaucoup.  Parce qu’on voulait aider.

Et ensuite ce message de Julie que nous avons reçu dans notre boîte courriel et qui rappelle qu’en plus d’aider, on voulait démystifier……et dé-démoniser l’infâme!

Elle a gentiment accepté qu’on le publie, sans en changer un mot ni une virgule.

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 Bonjour à vous trois,

Vos deux derniers articles m’ont vraiment interpelés (« …Réponse à Monsieur B » paru le 9 avril et »Figer sa position » paru le 12 avril dernier) parce que je suis de ces fous (ou folle dans mon cas) qui vous aiment (ou plutôt aime un de ces « Zerpétiques »).

J’ai envie de partager avec vous mon histoire.

Il y a bientôt un an, j’ai rencontré ce gars pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre! Quelques jours à peine après notre rencontre, avant même qu’il ne soit soit passé quoique ce soit autre que des discussions qui ne finissaient plus (pas d’échange de salive et encore moins de soirée torride) il a quitté pour un mois dans le cadre d’un voyage pour son travail. Durant tout ce temps, on s’est écrit, tous les jours, parfois même plusieurs fois par jour, c’était génial! Quand il est revenu, on s’est revu, ça n’a pas pris de temps pour qu’on s’embrasse à bouche que veux-tu, mais après une dizaine de jours de ce régime, il n’avait toujours rien risqué pour attenter à ma pudeur. Je commençais à trouver ça louche. Surtout pour un gars de presque 40 ans qui avait tout de même réussit à faire deux enfants à sa blonde précédente. J’y allais d’hypothèses du genre: il est peut-être juste respectueux, il fait peut-être partie d’une génération qui précipite moins les choses, il n’a peut-être pas eu beaucoup de femmes dans son lit, il ne sait peut-être plus comment faire en début de relation après tout ce temps passé avec la même femme. J’avais en partie raison sur toutes ces hypothèses, mais la seule que je n’avais pas vu venir c’était celle qui le retenait au delà de tout: il avait l’herpès.

Le soir où il me l’a annoncé, c’était comme si mon monde s’écroulait. J’avais ENFIN trouvé un homme avec qui je me voyais faire ma vie, il était parfait en tout, sauf pour ça. Après 4 ans de célibat, j’avais eu largement le temps de constater que de rencontrer quelqu’un avec qui on clique si fort n’était pas chose facile. Il était nerveux, m’expliquant comment c’était arrivé, me racontant comment il vivait bien avec la situation surtout depuis qu’il prenait du Valtrex tous les jours et qu’il n’avait plus de crises. J’ai écouté, attentivement, et lui ai demandé de réfléchir à tout ça.

Puis m’est revenu en mémoire une adresse, celle de votre blogue. Celui sur lequel j’étais tombé 2 ans auparavant, quand après un one night et un condom qui glisse étaient apparus d’étranges symptômes. N’étant pas du genre à me précipiter à l’urgence, j’ai enduré cette terrible démangeaison qui me grattait l’entrejambe et qui rendait inconfortable toute position assise et même le port de la petite culotte, jusqu’à ce qu’elle passe. Quand quelques semaines plus tard elle est revenue, j’ai attendu quelques jours et me suis présentée à la clinique. Diagnostic? Vaginite à levures. On m’a prescrit du flaconazole, et une dizaine de jours plus tard j’étais comme neuve. Puis c’est revenu, encore et encore, je me suis présentée à la clinique je ne sais combien de fois durant une période d’environ 6 mois. Dans la majorité des cas, les docteurs ne voyaient rien. 1 ou 2 fois on me diagnostiquait à nouveau une vaginite. Je suis restée perplexe. J’ai demandé à faire des tests sanguins dont celui de l’herpès. Résultat? J’avais un type 1. Comme j’avais déjà fait des « feux sauvages » étant plus jeune, pas moyen de confirmer quel était ce mystérieux mal qui me brûlait régulièrement de l’intérieur. Puis comme c’était venu, les démangeaisons me quittèrent du jour au lendemain, pour ne plus revenir depuis. Je suis toujours restée sur un questionnement à savoir si c’était vraiment les vaginites la cause de cet inconfort. J’ai beaucoup lu au sujet de l’herpès, j’ai fouillé votre blogue de fond en comble, mais j’ai surtout appris à démystifier. Quand j’étais ado, l’herpès était la pire chose qui pouvait m’arriver après le VIH. Je suis restée convaincue de ça durant bien des années. Au fil de mes lectures, mon préjugé a diminué. Votre blogue est en grande partie responsable de ça, mais aussi plusieurs sites de références médicales qui sans banaliser le virus expliquent que ce n’est vraiment pas la fin du monde et que peu importe les précautions que l’on prend, on n’a jamais de garantie de ne pas contracter le virus, surtout avec le type 1 qui se propage de plus en plus sous la ceinture et l’augmentation des relations bucco-génitales.

J’avais donc tout ceci qui me revenait en tête, j’avais surtout la conviction que si je passais à côté de ce gars à cause de son petit bobo, je m’en voudrais toute ma vie. J’ai donc rapidement décidé de foncer, mais en prenant mon temps 😉 Il s’est écoulé encore un autre mois avant qu’on n’ait une première relation sexuelle complète, toujours avec condom et surtout avec la promesse de la part de l’hommme de la situation de me tenir au courant si le petit bobo se pointait. Sans vouloir entrer dans les détails, c’en fut toute une. En fait, l’expérience se répète à chaque fois que nous faisons l’amour depuis. Je croyais au départ que j’aurais toujours en tête le coloc entre nous deux lorsqu’on ferait l’amour et à mon plus grand étonnement, je crois que si j’y ai pensé 2 ou 3 fois max depuis c’est bien beau. Après environ 4 mois du régime condom, et après être allés passer des tests de dépistages et appris que son petit bobo était de type 1, mais surtout après une soirée beaucoup trop arrosée, on a oublié le condom et on ne l’a pas réutilisé depuis, donc depuis plus de 6 mois. Et dans mes bobettes? Toujours rien!

Je sais que rien ne me garantis que jamais je ne l’attraperai, mais j’ai décidé de vivre avec le risque et je ne l’ai toujours pas regretté. Bien sûr il m’arrive de me demander ce que je ferais si je l’attrapais et que notre histoire était terminée. Est-ce que ma vie serait terminée? Non, je ne crois pas! C’est certain que ce serait probablement plus difficile lors des rencontres, parce que pour moi le fait que mon copain me l’ait dit avant que notre relation ne soit trop avancée et surtout avant que nous ayions notre première relation sexuelle a tout changé. Ça peut paraître étrange mais ça a grandement contribué à établir une solide base de confiance à son égard. Chose qui m’apparaissait difficile auparavant avec les gars que je rencontrais. Je l’ai vu comme un signe de respect envers moi, comme un choix qui m’appartenait. J’aurais détesté me faire mettre au pied du mur. Ma décision aurait probablement été toute autre s’il me l’avait dit après avoir couché avec moi. J’aime avoir le choix, j’aime pouvoir décider des risques que je prends, et mon amoureux a su me donner cette liberté. Bien entendu, quand on s’engage dans une relation où le petit bobo sera toujours présent en filigranne, il faut être conscient que quoi qu’il arrive, ça ne sera pas le porteur de l’herpès qui sera responsable si on l’attrape, mais bien soi-même. Mon copain fait sa part pour me protéger (Valtrex et examen régulier et minutieux de cette partie de son anatomie) et moi j’accepte que malgré ça, rien ne garantie que le risque sera réduit à 100%. C’est mon choix, à moi, pas le sien.

Je trouve dommage que l’herpès soit encore un sujet si tabou quand on sait que près du quart de la population est atteinte du type 2, et que 9 personne sur 10 ont le type 1. Ça fait beaucoup de monde, mais surtout beaucoup de gens qui ignorent souvent leur condition et plus encore les modes de transmission. Alors avec mon amoureux ou un autre, qu’est-ce qui me garantis que je ne l’aurais jamais attrapé (si je ne l’ai pas déjà) et surtout qu’est-ce qui me garantis que je ne l’attraperai peut-être jamais? (on dirait vraiment que les filles de MPB m’ont brainwashé hein? 😉

La vie est ainsi faite, peu importe combien on pense faire les bons choix, elle nous réserve parfois des surprises, bonnes ou moins bonnes. Et si faire le bon choix dans mon cas c’était de choisir l’homme qu’il y a quelques années à peine j’aurais rejeté sous prétexte qu’un coloc partageait 3 ou 4 fois par année ses boxers alors que pour le reste il était parfait?

Pour terminer, il y a un truc auquel je réfléchis souvent, et c’est la façon dont on se lance rapidement dans une relation sans vraiment savoir ce qu’il en est. Je me dis que ce petit bobo a peut-être fait en sorte que nous fassions les choses dans le bon ordre, plutôt que de tout mélanger et restés pris avec les dégâts… peut-être que finalement le coloc a aidé au bon déroulement de notre relation (j’ai vraiment l’air pro herpès là, non 😉

Bientôt un an, et oui, je suis toujours follement amoureuse d’un homme qui me le rend au centuple. C’est tout ce qui compte pour moi! Le reste qui peut me garantir quoi que ce soit? J’ai décidé de suivre mon coeur, et jusqu’à présent, c’est une des meilleures décisions de ma vie.

Je désire donc vous dire un beau GROS merci, parce que sans votre blogue les filles, je serais peut-être restée sur mes vieux préjugés et je serais passée à côté d’un homme plus que merveilleux.

Julie 🙂

Trois étudiantes en sexologie de l’UQAM nous ont écrit afin de nous demander de l’aide.  Dans le cadre de leur cours d’initiation aux techniques d’entrevue sexologique, elles cherchent à interviewer trois femmes célibataires aux prises avec l’herpès génital depuis plus d’un an.

L’objectif global de l’entrevue est de connaître comment les femmes célibataires souffrant d’herpès génital vivent leur sexualité et quelles stratégies elles utilisent pour rencontrer de nouveaux partenaires.  Les thèmes qu’elles désirent aborder dans l’entrevue sont:

(1) Historique et anamnèse (quel grand mot!!!), (2) Réaction à l’annonce du diagnostic, (3) Évolution personnelle de sa sexualité, (4) Comportements sexuels et fréquentations, (5) Dévoilement ou non, (6) Planification familiale et futur relationnel.

Cette demande nous a été faite via  courriel et comme les filles de MPB sont déjà casées, on vous refile l’invitation si jamais vous êtes tentés de faire avancer la science sexologique de l’herpès et que vous correspondez au profil recherché. 

Nous ne connaissons pas personnellement ces trois demoiselles mais si vous voulez en savoir plus sur leur projet, écrivez-nous (monpetitbobo@live.ca) et on vous refilera leur adresse courriel.

Il y a quelques mois de ça, les filles de MPB avaient reçu une demande qui nous a fait drôlement plaisir.  Un magazine bien connu  voulait savoir ça se vit comment une ITS après 35 ans et apparemment, ils n’étaient pas légion à vouloir témoigner.

Alors on nous a sollicitées.  Et nous, on aime ça jaser de notre expérience.  Encore plus lorsqu’on sait que ça aidera d’autres personnes aux prises avec un petit coloc indésirable.  C’est donc pour ça que ça nous a fait drôlement plaisir.

Toute heureuse de cette demande inattendue, j’en fais pars à l’Amoureux entre un verre de blanc et le meilleur poisson à l’aneth qu’il ait jamais fait :

L’Amoureux : Ils vont te nommer et tout…?!?!

Nitouchka : Non quand même.  Ça va se faire sous le couvert de l’anonymat.  T’inquiète!

L’Amoureux : Oh! moi ça ne me dérange pas.  C’est toi, ton affaire.

Nitouchka :  Ça te dérange pas?

L’Amoureux pas trop convaincant :  Non.

Nitouchka : Come on!  Imagine que j’aie ma tête sous la légende :  Nitouchka vit très bien avec son herpès. Du coup, ta mère, tes amis, tes collègues, ton ex, tes enfants….et les miens, et ma famille et ……..Halleluia!!  Ça ne serait plus juste MON affaire.

L’Amoureux : Ouais……….

Nitouchka : Ça ne te dérangerait pas?

L’Amoureux : Nnn….oui!

Nitouchka : Me semblait aussi! Anyway c’est pas demain que tu seras le conjoint d’une vedette vénérienne.  Tu peux dormir tranquille.  Je n’ai pas l’intention de devenir l’herpétique de service.   Tu me remplis mon verre?

Finalement, l’histoire n’est jamais parue dans le fameux magazine et le sujet a glissé sous le tapis.

Jusqu’à ce que Josianne le ramène.  Les filles, a-t-elle demandé, vous seriez prêtes à devenir « publiques » pour pouvoir aider des gens?

Bobette a émis quelques doutes, du genre: « j’sais pas…. ça dépend….. »!  Quant à moi, la réponse a fusé franche et claire: NON!

Aucune tribune, dut-ce être Guy A. ou Oprah, ne justifiera que je m’affiche grand publique.  Jamais. 

Parce que malgré tout, malgré les belles paroles et les bonnes intentions, malgré ce qu’on prône et ce qu’on voudrait tant, malgré nos efforts virtuels anonymes, malgré ces fous qui nous aiment, malgré nous, il n’est malheureusement pas encore arrivé le temps où l’herpès ne sera plus synonyme de honte.  Mais on y travaille.  Tranquillement! 🙂

Je bizounnais sur notre compte hotmail lorsque j’ai vu qu’un de nos lecteurs nous avait fait une demande d’amitié sur Messenger.

Et là m’est venue l’idée.  Et si on se faisait des petits rendez-vous chat? 

Pas trop tout le temps mais une fois ici et là.  Parce qu’on le sait comment ça fait du bien de pouvoir en parler avec des gens qui vivent la même chose que nous, MPB pourrait servir de bistro virtuel pour échanger autour du sujet et d’autres choses.

C’est une idée juste comme ça.  Je disais ça de même là mais, ça vous plairait?

Vraiment y’a des fois où je sortirais littéralement de mes gonds !

L’autre jour par exemple, j’avais un rendez-vous chez le dentiste.

Nous aimerions que vous remplissiez notre petit questionnaire me dit la réceptionniste.

Bien sûr, avec plaisir que je lui réponds tout innocemment !

En gros, il s’agissait d’un questionnaire enquiquineur voulant tout découvrir de votre état de santé.

Souffrez-vous d’allergies? [] Oui? [] Non? Si oui à quoi?

Avez-vous un médecin de famille? [] Oui? [] Non? Si oui son nom : _______

Êtes-vous porteur du virus du sida? [] Oui? [] Non? Si oui… (j’ose même pas y penser)

et… Je vous le donne dans le mille : Avez-vous une its ? [] Merde

(Je réponds quoi làààà ???)

Puis les feux sauvages ? Ça ne vous intéresse pas ça ? [] Non ????

Me semble que c’est pas dans le derrière que je me fais fouiller quand je vais chez le dentiste et qu’une question sur l’herpès buccal serait bien pertinente !

En tout cas. J’ai répondu NON à toutes ces questions, je suis allée porter mon questionnaire les dents bien serrées et je suis retournée à ma chaise en repensant à la fois où j’ai voulu faire un emprunt hypothécaire assorti d’une assurance prêt.  Je m’étais sentie obligée de cocher [] oui-si-oui-quoi j’ai l’herpès génitallllll à la case its afin de m’assurer que mes enfants reçoivent leur dû à ma mort parce qu’on le sait tous : une fausse déclaration peut entrainer un non paiement.

Bref, cette fois là, j’ai coché oui…. [] Merde

Vous auriez dû voir la suite !  Ils ont demandé à consulter mon dossier médical, m’ont fait repasser un questionnaire débile du genre quels médicaments? Combien? Depuis quand etc, etc, etc… et ont soumis mon dossier à leurs décideurs…

Shiiiiit…. C’est dans ces moments là que je trouve qu’avoir l’herpès dans le visage comporte plus d’avantages que de l’avoir dans le popotin…  Je trouve ça tellement con et triste de voir les torts psychologique causé par la coche [] its alors que presque tout le monde est porteur de notre charmant p’tit bobo!

Oui, ça doit être ça qui cause mon grinchage de dents et j’ai bien peur que j’aurai des rages tant et aussi longtemps que l’herpès génital ne sera pas dédramatisé et considéré aussi bénin qu’un feu sauvage…

C’est lui qui m’a rappelé qu’il devait se livrer en entrevue. Je ne lui en n’avais pas reparlé.  J’avais au fond de moi un certain malaise parce que je savais qu’en livrant son témoignage, ce serait encore mon foutu bobo-coloc-herpès la grande vedette !

Mais il avait raison, malgré le fait que je me sentais fébrile c’était un excellent moment. J’ai donc sorti le petit cahier où j’avais noté mes questions, nous nous sommes assis l’un près de l’autre et avons commencé.

1. Est-ce que j’ai bien choisi le moment pour t’annoncer que j’avais l’herpès ?

Pour vous mettre en contexte, je lui ai annoncé à notre 3 ou 4e rencontre… Fort probablement la première fois où nous nous sommes embrassés bref, c’était au tout début.

–  C’était parfait.  Je ne pense pas que tu aurais pu choisir un meilleur moment Bobette.
– Tu sais, de toute façon, je ne crois pas que j’aurais pu attendre plus longtemps,  ça me donnait l’impression de faire une fausse représentation de moi-même et c’est un poids tellement lourd à porter que celui de faire face au rejet.

2. Est-ce que j’ai dit les bonnes choses ?

–  Je dois  t’avouer que je t’ai trouvé un peu trop pro-herpès… Tu disais que presque tout le monde est porteur… À t’entendre, on aurait dit que dans peu de temps toute l’humanité serait affectée……. Ôôôôô grande prêtresse de la secte de l’herpès !
– Ah ?  *
**rire*** Tu trouves que ça faisait un peu trop «sale pitch»  finalement ?

– Oui c’est ça !  Ça faisait trop arguments de vente ton affaire !!!
– Mais avoue que c’est pas mal difficile d’annoncer ça de façon positive sans tomber dans l’hyper positivisme… C’est tout un enjeu qui se joue au moment où on l’annonce!

–  J’avoue et je me suis rendu compte avec le temps que ce n’est pas aussi facile pour toi que tu le laissais paraître. Je sais maintenant à quel point ça dû être difficile et tu sais, en gros Bobette, tu m’as dit les bonnes choses.  Outre ton hyper-positivisme, tu ne m’as rien caché, tu as été honnête sur toute la ligne et au bout du compte, je suis resté.

3. Est-ce que ça aurait été différent si je te l’avais dit après une première relation sexuelle ?

– Je n’aurais pas été content et je me serais précipité à L’Actuelle !   Je ne crois pas que je l’aurais aussi bien pris.  Je n’ai pas été mis en contexte mais c’est certain que ma perception aurait été différente.
–  Je comprends mais je te l’aurais probablement annoncé autrement en te rassurant sur le fait qu’il n’y avait pas de risque de transmission au moment où nous avions couché ensemble.

– Ça aurait été différent quand même.  Le fait que tu me l’aies dit au tout début m’a fait découvrir un trait de ta personnalité que je recherchais.

4. Pourquoi es-tu resté ?

– Tu sais Bobette si je faisais une représentation graphique de la situation, ça ressemblerait à deux tartes rondes avec chacune une toute petite pointe de couleur.  Dans ma tarte à moi, ma perception de l’herpès n’est que la toute petite pointe.  Tout le reste c’est toi et l’image que j’ai de toi.  L’herpès n’est qu’une infime section alors que pour vous, c’est l’inverse.  Vous donnez toute la grosse part à l’herpès en mettant votre personnalité dans la toute petite pointe.  Vous vous percevez comme l’H mais ce n’est pas ce que vous êtes et je suis resté parce que je ressentais que tu étais une belle personne.  Je ne voyais pas l’herpès comme un gros obstacle.

5. Comment as-tu pris ta décision ?

– Je n’ai pas pris de décision comme tel. J’ai pris de l’information à différentes sources, je suis allé à la clinique l’Actuelle et j’ai jugé que ce n’était pas un facteur pour ne pas poursuivre ma relation avec toi et ça fini par s’intégrer tout naturellement dans ma vie et ma relation avec toi.

6. Que ferais-tu si tu l’attrapais ?

– C’est certain que je n’ai pas envie de l’attraper mais si on est encore ensemble il me semble que ce ne serait pas si pire.  N’est-ce pas ?  Qu’est ce qui se passerait Bobette au juste?  Est-ce que tu aurais peur que je te le re-transmette ?  Est-ce que ça changerait quelque chose si je l’attrapais ?
– Bien sur que non.  C’est certain que je me sentirais coupable mais, une chose est sûre : je n’aurais plus peur de te le transmettre !!!  Il faudrait seulement faire attention lors de nos crises afin d’éviter de s’auto contaminer : faudrait quand même pas jouer avec le feu !!!

– Bon alors comme je disais, je ne voudrais pas l’attraper mais si on est encore ensemble ce ne sera pas si pire.  Je ne voudrais pas être célibataire avec l’herpès.  Déjà que ce n’est pas simple de rencontrer quelqu’un sans…

7. Mets-tu ton choix en doute ?

– L’herpès n’a rien à voir là-dedans.  Si je remettais mon choix en doute ça ne serait pas à cause de ça.

8. Est-ce que tu y penses souvent ?

–  J’y pense parfois mais je ne m’en fais pas trop.  Ce n’est pas quelque chose qui me préoccupe.

9. Voudrais-tu ajouter un commentaire ?

– Oui… Tu sais Bobette, pour moi l’herpès c’est une caractéristique comme une autre. Il y a un paquet de facteurs pour lesquels on aime quelqu’un et quand on retrouve ce que l’on recherche et toutes ces petites choses qui font qu’on se sent si bien, l’herpès n’est vraiment pas un obstacle.

Je pense que je devais avoir les yeux bien humides parce qu’il m’a pris dans ses bras…

Puis oui…. Si j’étais si fébrile ce jour là c’est que j’avais une méga crise, que je me sentais hyper vulnérable et que je me percevais comme la tarte où l’herpès prend toute la place.

Et ça m’a fait tellement de bien d’entendre son témoignage…

Merci mon amoureux !

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

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