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On en a tous un. 

Pour beaucoup d’entre nous ici, c’est l’herpès. 

Certains le voient comme une palissade infranchissable, une muraille de pierre qui nous condamne à vivre en périphérie de la vie. 

Pour d’autres, c’est un petit muret qui se dresse à certains moments sur notre chemin et que nous traversons, péniblement ou sereinement.  C’est selon.

Nous en sommes les artisans et nous le forgeons de la matière dont nous voulons, consciemment ou inconsciemment.

Le mur.  Ce sacré mur.  C’est ma copine Loulou qui l’a baptisé ainsi. 

Lorsqu’on rencontre quelqu’un, on a tendance à se barricader derrière, ce grand mur en forme de H, convaincus qu’il n’en existe pas de plus laid, de plus infranchissable.  Tellement tournés sur sa petite misère qu’on oublie qu’un mur peut prendre bien d’autres visages. 

C’est les histoires combinées de May et de Loulou qui m’ont fait réfléchir au mur. 

Terrifiée à l’idée d’être rejetée, May a choisi d’annuler un rendez-vous.  Elle s’est emmurée derrière le grand H.

Loulou quant à elle, a eu une date avec un gentil garçon.  Il lui plaisait drôlement et il semblait partager cet engouement.  Pourtant, Loulou a senti la muraille qui se dressait tout autour de lui.  Une muraille qu’il n’a pas franchie.  Une muraille que Loulou a sagement décidé de ne pas percer.

Il est disparu et on a jamais su pourquoi. 

Il existe 100, 1000, 10 000 raisons de se voir comme une marchandise avariée.  Et l’herpès n’est pas la moindre. Quel était son mur?  Lui seul le sait. 

Notre mur semble toujours à nos yeux, le plus infranchissable, le plus hideux.  Et pourtant.

J’ai connu quelqu’un qui refusait de rencontrer, convaincue qu’elle était qu’aucun homme ne voudrait d’une femme monoparentale avec 3 enfants à charge à temps plein.  C’était son mur.  Elle le voyait de béton armé.

J’ai connu également une maman débordée par les soins que demande un enfant trisomique alors que le papa est disparu du portrait, qui se refusait à toute avance puisqu’elle se jugeait non aimable.

Loulou quant à elle, a connu un type qui croulait sous les dettes, incapable de gérer son trouble compulsif qui le poussait à acheter constamment et qui l’empêchait de créer des liens véritables avec une amoureuse.

J’ai aussi connu quelqu’un qui croyait qu’il n’existait pas de plus grand obstacle que sa phobie sociale, ce secret qu’il arrivait à révéler mais toujours rongé par la peur d’être rejeté.  On connait n’est-ce pas?

Et que dire de cette jeune fille magnifique qui s’est vendue à rabais à un idiot, convaincue de ne pouvoir mériter mieux tellement elle était envahie par sa phobie d’avoir mauvaise haleine.

Qu’on soit gros, malade, désorganisé, les raisons sont infinies lorsque vient le temps de se convaincre qu’on ne peut être aimé. 

Et pourtant. 

Imaginez un instant :  et si le gentil garçon que Loulou a rencontré avait en fait été terrifié à l’idée de lui annoncer qu’il avait l’herpès?  Et s’il avait préféré couper les ponts avec elle plutôt que de faire face à la musique? 

Vous saisissez l’ironie de la chose?  Dans cette perspective, quelle belle occasion il a laissé passer.  Quelle tristesse aussi.

Et si le prétendant de May avait également eu l’herpès?  Ou n’importe quel autre mur qui l’aurait rendu sensible à sa réalité?

Mais on ne saura pas.

Combien d’occasions avons-nous ainsi manquées dans notre vie, coincés derrière le mur qu’on s’est construit?

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Je cite May ici (et elle me pardonnera j’espère) mais ça aurait pu être moi, Bobette, Amétys et beaucoup d’entre vous j’en suis convaincue.

Vous connaissez l’adage : Les gens heureux n’ont pas d’histoire. Ou peu. Mon coloc se tenant peinard (et qu’il le demeure)et ma vie voguant doucement sur les eaux calmes du bonheur, du coup, je me retrouve devant un écran bien blanc lorsque vient mon tour d’alimenter nos voraces lecteurs. Gros Néant.

Jusqu’à ce que ma copine Loulou fasse la connaissance de l’Abruti.  Faut bien que ça serve les amies.

Loulou et moi avons un rendez-vous téléphonique quotidien. Pour parler de quoi? De nos déboires amoureux pardi!

Pour faire un petit retour en arrière, Loulou avait un amoureux. L’amoureux a levé les feutres. Loulou cuve sa peine depuis et en parallèle, tente sa chance sur le marché des agents libres. On ne sait jamais. Le miracle peut survenir à tout moment. Il s’est produit pour Bobette, il s’est produit pour moi, alors pourquoi pas Loulou!

L’Abruti s’est donc présenté à elle déguisé en prince charmant. Et elle est passée à deux poils près d’y croire. Sauf que l’expérience aidant (il faut bien que ça servent tous ces déboires!) elle a rapidement flairé que la couronne du prétendant, c’était que du toc!

Loulou a fait comme se doit. Après quelques rencontres, elle lui a parlé du coloc.

Le pauvre Abruti a eu un choc. La femme de sa vie (déjà après une semaine!!) était au prise avec une horrible « maladie » (ses mots!) et franchement, il ne savait pas du tout ce qu’il devait faire. On le comprend quand même. Il a beau être abruti, c’est légitime d’avoir peur de contracter l’herpès.

Il est passé par toute la gamme des émotions.  Mais surtout par le mépris.  Bien déguisé sous ses déclarations mièvreuses d’amoureux déçu. 

Il s’inquiétait de l’attraper, même avec un condom, malgré le Valtrex. Il naviguait sur les eaux de son indécision, furieux contre l’herpès, blâmant Loulou pour ses choix amoureux passés (déjà!)qui l’empêchaient de l’aimer pleinement mais assuré qu’elle l’attendrait comme une assoiffée attend le porteur d’eau puisqu’anyway, qui voudrait d’une Loulou herpétique, si belle soit elle!!

N’était-il pas le plus valeureux et généreux parti que Loulou pourrait jamais espérer avoir considérant « son état »?

Mais le truc avec l’herpès c’est qu’il n’y a pas cinquante-six solutions. Il y en a deux. Tu l’acceptes ou tu ne l’acceptes pas.

L’Abruti ne l’avait pas compris, convaincu qu’il était de faire une fleur à Loulou en ne la dumpant pas comme la vulgaire lépreuse qu’elle était.

C’était bien mal connaître sa Loulou. C’était être un abruti à la puissance dix. C’était sans savoir qu’en plus d’avoir une tête sur les épaules et une estime d’elle-même aguerrie aux idiots, Loulou porte en elle sa force et celle de toutes ses amies réunies qui ont, ensemble et en solitaire, fait l’autopsie de ce que l’on pouvait accepter au nom du coloc. 

Rien.  Pas même un abruti. 

Un soir donc, sous l’appel pressant de son système d’alarme intérieur,  Loulou a coupé court à l’indécision de l’Abruti.  Elle lui a fait savoir que, bien qu’elle respecte sa crainte qui est somme toute légitime,  elle n’accepterait jamais d’être avec quelqu’un qui craindrait tout le temps d’être infecté.  Too bad for you honey! 

On s’est bien marré sur sa réaction en rétrospective.  Le pauvre ne pouvait y croire!  Se faire dumper par une brebis galeuse.  Le comble de l’insulte! 

Mais pour Loulou, l’herpès n’était en fait qu’une belle excuse pour se débarasser plus rapidement d’un autre de ces paumés qui sévissent malheureusement sur le marché du célibat! 

Et pour franchir un pas de plus sur le chemin de l’estime de soi.

Keep on walking Loulou.  Il est quelque part sur ta route.  Suffit d’avancer.

J’avais déjà noyé mon stress dans un joyeux lot de houblon et de vin.

Nous ne nous étions pas encore embrassés et je le trouvais nerveux…  Question de détendre l’atmosphère et surtout dans l’espoir que sa grande nervosité était due à quelque chose qu’il avait à m’annoncer (Quoi? J’ai bien le droit de rêver!), j’ai voulu le mettre à l’aise…

– Tu sembles très nerveux!

– Oui, je suis comme ça de nature, je suis nerveux et j’ai la bougeotte..

– Ah, je croyais que c’était la situation qui te rendais nerveux.

– Non, je suis juste comme ça!

Nous discutons un peu du sujet et j’enchaîne sur l’occasion :

– Bon! Parlant nervosité, j’ai quelque chose à te dire……….

Je lui déballe mon sac en prenant soin de lui dire que s’il décidait de ne pas poursuivre la relation suite à ce que je lui annonçais, je respecterais tout-à-fait son choix parce que j’assume totalement ma situation. Je lui explique donc les détails, les possibilités et les risques et je réponds à toutes ses questions…

Il se lève alors d’un bond et vient m’embrasser d’un langoureux baiser…

– Je te remercie. Qu’il me dit.

Vérité numéro un : une annonce bien orchestrée finit toujours au lit!

*******

Nous nous réveillons donc côte à côte le lendemain matin, petite baise avant de partir pour une journée déjà bien chargée. À mon retour, je reçois par courriel une note m’indiquant qu’il a fait quelques recherches sur le sujet via internet, qu’il est un peu songeur mais que mes expériences passées le rassurent beaucoup et que ce n’est pas ce qui le dérange le plus…

En fait, ce qui le dérange c’est que sa grande nervosité ait semblé me turlupiner et que je lui ai posé quelques questions à ce sujet…

Vérité numéro 2 : exit l’herpès, toutes les raisons sont bonnes pour flusher quelqu’un!

****

Je rétorque alors du canon de mon clavier le prélude sur lequel je vous ai laissé l’autre jour et en lui disant que ce serait certainement plus facile de tenter sa chance avec quelqu’un de plus safe que de risquer sans être trop certain!

Courriel auquel il a répondu en me disant que la dernière chose qu’il voudrait c’est que je crois que c’est à cause de mon cher coloc qu’il refuse de poursuivre et m’assure qu’il aurait volontiers fait l’amour avec moi sans protection et sans aucune crainte.

Bref, même si ça semble peu crédible, il m’a convaincu qu’il n’en était rien effectivement et qu’il avait réellement trop souffert à cause de son comportement hyperactif et de son attitude nerveuse qui finissait toujours par taper sur les nerfs du monde.  Et qu’avec moi il avait perçu que, même que s’il croyait que nous aurions pu faire un bout de chemin ensemble, ça nous rattraperait tôt ou tard et qu’il finirait par me taper sur les nerfs, comme pour toutes les autres…

Et vous savez quoi?

Il avait raison, en 1 quart de tour, il m’aurait taper sur les nerfs.

Vérité numéro 3: On a tous des blessures et il faut savoir s’écouter. C’est ce qu’il a fait, et pour ça, il a mon respect.

****

Tout baigne : le chat est heureux et le rat commence à relaxer de sa mésaventure

Le chat me présente quelques membres de sa félignité…

Je suis tellement ravie, que je décide de lui présenter à mon tour des membres de ma ratblesse et l’amène à la rencontre de rates Amétys et Nitouchka qui sont parmi mes amies les plus dignes de la race.

Après une soirée à se bidonner et à rire de nos consœurs les mouettes en les imitant, patates rôties au bec, je n’ai plus de nouvelles du chat qui m’a pourtant laissé d’un baiser…

Non, plus de nouvelle, pas de retour d’appel…. Rien… C’est le vide complet depuis ce jour.

Alors, je comprends que si le chat n’est pas mort, c’est mon chien qui l’est. Et la seule raison valable que j’arrive à trouver c’est qu’au fond il n’est qu’une girouette et que les imitations de mouettes ont dû le froisser!

Que voulez-vous?  Les rates, on aime danser, chanter et puis rire.

Je suis vraiment fâchée… Après m’avoir dit qu’il s’attachait à moi, après avoir demandé à rencontrer mes enfants, il me laisse sans nouvelle !  Ce genre de comportement je ne le comprendrai jamais et inutile de vous dire que si la bête a perdu l’autre jour ses galons, maintenant il a perdu tout mon respect.

Une personne respectable ne fait pas ça à une autre… On ne laisse pas les gens dans l’ignorance et dans le vide…

Et pftttt !!!….. Les chats sont trop compliqués pour moi, je préfère mes amies peu fréquentables…

Parce que mes amies peu fréquentâââââbles, bien elles m’aiment sans condition… Point!

Et cette fois, je ne suis pas triste… Je suis fru, juste fru fru!

Et quand je pense qu’en plus, pendant ce mois de montagnes russes y’a même pas vraiment eu de sexualité et que je bouffe des pilules bleues pour rien, ça me rends encore plus fru…

Bon, j’m’en vais sur its rencontres drette là. J’ai besoin d’échanger avec des gens qui me comprennent.

Qui m’aime me suive… Girouette s’abstenir!

– Allo?

– Allo, c’est l’homme…

– Ohhh, bonsoir l’homme…… Ça va?

– Heuuuuuu…. Oui ça va mais……. Il faut que je te dise quelque chose……………

– …?

– Maintenant!

– Hummmm… Oui, je t’écoute.

– Bien j’ai beaucoup réfléchi….

– Ahhhhh????

Puis le fait que tu aies des enfants, ça me dérange un peu… Bien tu sais…. Bla, bla, bla….

– Ok, je ne peux rien faire et comme je ne peux quand même pas les faire euthanasier je dois comprendre que ça s’arrête là…….C’est ça?…… C’est dommage……. Mais tu sais quoi?

– Non???

– Bien j’aurai eu une sacrée bonne baise pour bien finir l’année! Merci et bonne année!

– Ah? Heuuuuuu…. Bien…… Bonne année aussi alors…

– Ok bye!

– Bye…

Je ne saurai jamais si c’est les enfants ou l’herpès ou le combo qui l’aura fait fuir mais j’ai été honnête et j’ai quand même pris mon pied.  Je me sens belle et désirable et ce petit cadeau de fin d’année m’a fait grand bien…

Mais j’ai un p’tit message à faire au Père Noël:

«Cher Père Noël. Je te remercie. Tu m’as fait un bien gentil cadeau. Merci……….. Mais, en passant, t’es rien qu’une sacrée ordure!

J’ai bien envie de vous raconter comment un jour, fraichement initiée au coloc, j’ai décidé d’affronter ma plus grande peur du moment: celle d’annoncer en toute première que j’avais l’herpès!

Pour ce faire, j’avais imaginé le plan parfait, presque diabolique. UN TEST d’une importance capitale qui allait être garant de mon avenir sexuel, de ma vie après l’H.

Cette rude épreuve m’imposerait d’un trait un avenir de chasteté pure ou m’accorderait une trêve en me redonnant espoir que je pourrais encore recevoir les caresses d’un homme. Oui, cette épreuve allait être plus que décisive!

Bien que plutôt froide à tenter l’expérience, j’étais plus que déterminée.

Il ne me manquait que le cobaye dont j’avais tracé, d’un coup d’imagerie mentale, le portrait parfait!

Armée de ma mini-jupe foudroyante, je suis entrée dans un bar du centre ville et j’ai attendu.

Après un court moment, le cobaye en question est apparu!!! EXACTEMENT LE TYPE QUE JE CHERCHAIS qui en fait, n’était pas mon type du tout : bedonnant, boutonneux, prétentieux, affreux…. Il était très certainement en manque de sexe!

Donnons lui un nom…. Tiens!…… Appelons-le Frankenstein!

Alors Frank, m’offrit quelques verres que j’acceptai volontiers question de me donner le courage dont j’avais besoin pour atteindre mon objectif et pour briser cette glace qui me tenait en otage.

Nous avons jasé un peu… À peine…. En fait, je ne faisais que gravir les échelles de mon jeu afin de m’approcher, à vitesse vaporeuse, de mon but…

IL FALLAIT QUE JE LE FASSE…

En choisissant un type aux antipodes de mes fantasmes, je choisissais de ne pas tomber de bien haut en cas de rejet sauf qu’en même temps, je savais que ça pouvait aussi se conclure en un ticket direct pour aller chez les bonnes sœurs…….. Ouais…… Parce que si l’épouvantable Frank –grand bien lui fasse- me rejetait du revers de la main, j’étais certaine que seul le curé de la paroisse voudrait encore de moi!

Évidemment, mon plan fonctionna à merveille et Frankenstein m’invita chez lui……. Non mais fallait bien battre le fer tant qu’il est chaud et tant qu’à être chaude aussi bien le battre illico!

Bref, Frank me fit faire le tour de son appartement en profitant peu subtilement de la visite de la chambre à coucher pour me sauter dessus. L’heure du «Ça passe ou ça casse!» était finalement arrivée et c’est avec une langue profondément enfouie dans la bouche que j’arrivai à prononcer ces mots:

Chtop! Cha chuffit…. J’ai quelque chose à te dire!

Je le repoussais. Il me regardait d’un air étrange. J’avais les yeux pleins d’eau. J’avais tellement peur qu’il me rejette comme ce détritus qui nous lève tant le cœur…

Mais il n’en fit rien et écouta ce que j’avais à dire!

Probablement à cause de mes larmes, ne sachant comment réagir et ses élans sexuels refroidis, il m’offrit un peu de compassion et me prit dans ses bras. Tièdement. Sans plus. Mais pour moi, ce fut une réelle victoire…

Rendue sur la case d’arrivé et je n’avais pas mis le pied sur le serpent qui aurait pu me faire glisser vers le bas!

J’étais soulagée. Tant et aussi bien que pour le remercier -mais avant tout surtout pour savoir s’il accepterait une forme quelconque de sexualité avec moi– je lui offris une petite compensation orale!

Wow, quand je repense à ces moments de ma jeune vie d’adulte que je croyais gâchée à jamais je trouve que j’ai fait pas mal de chemin… J’accepte et j’assume. L’herpès ce n’est pas un drame, c’est un obstacle à franchir, une épreuve à surmonter…

Et aujourd’hui, j’ai conscience que cette première annonce fut probablement la pire de toutes: celle où j’ai été le plus rejetée. Mais je l’ai vécu comme une grande victoire!

Je n’ai plus jamais eu de nouvelles de Frank mais j’ai cru entendre la complainte du pauvre curé qui a dû se priver d’une nouvelle none!!!

😉

Vous savez, y’a des choses encore pire que l’herpès.

Des tares qui ne se soignent pas avec des médicaments.

Celles qui font rire tout le monde.

Celles dont on a honte toute sa vie.

Celles qui finissent toujours pas se montrer et qu’on ne peut cacher au creux de sa bobette!

Je vous la montre et me dévoile encore davantage….

Tare-1

***Je sue du nombril !*** 😕

Pour preuve: un détail de cette photo prise cet été où on voit bien ma jolie taille et la tache de mon nombril suintant sur ma camisole…

Et bien que j’ai à ma défense une journée de canicule d’environ 40 degré, je tiens à remercier ma chère amie Amétys qui s’est éclatée de rire en remarquant ce détail humide, me foutant du coup le complexe du nombril !

Je suis de celles qui détestent les conflits. De celles qui préfèrent fuir l’hypocrisie et le mensonge et qui portent parfois le poids de la folie des autres…

Je suis de celles qui font confiance, trop, aveuglement…

De celles qui s’oublient, de celles qui tendent l’oreille et qui comprennent…

De celles qui sont fortes, toujours pleines de ressources.

Je suis de celles qui se battent.

Je suis une bonne amie, une bonne blonde, une bonne mère, une bonne conseillère…

Tantôt sur une terre ferme, tantôt sur un sol glissant, aujourd’hui je suis parmi celles qui naviguent sur une mer houleuse dans un navire dont la carlingue prend l’eau, un équipage à bout de bras.

Je suis aussi de celles qui savent qu’elles atteindront la rive. Peut-être écorchées, abusées, épuisées mais qui y arriveront…

On a chacun nos guerres. La vie n’est-elle pas remplie d’épreuves?

Et pourquoi est-elle aussi éphémère? Peut-être pour qu’on puisse en apprécier toute sa valeur.

Les événements tristes et heureux me rappellent que je suis toujours vivante, comblée… Par ceux qui m’entourent, par ce qui m’arrive ou par mon cher coloc qui ne se tarit pas de me démontrer toute son affection…

Oui, je suis de celles qui sont vivantes.

Je vous souhaite une belle journée, bien comblée!

J’ai toujours été convaincue que rien n’arrivait pour rien et voilà que tout dernièrement, ce fut au tour de la famille Poux de renforcer cette conviction…

Nitouchka vous a raconté l’histoire mais lorsque j’ai réalisée ce qui m’arrivait, ne pouvant plus dénier l’évidence que j’avais de nouveaux locataires au niveau de cuir chevelu, j’étais complètement dégoutée…

Je me suis mise à tourner en rond dans la maison, tentant de fuir et de perdre au loin ces petits monstres qui se tenaient trop fermement à mes mèches mais en vain. Je me suis arrêtée devant mon miroir, je me suis regardée, j’ai fait une grimace et dans un ultime geste de désespoir, j’ai pris d’une main la longue crinière noire qui se perdait sur mon dos et de l’autre une paire de ciseaux. J’ai posé la mèche sur le métal froid d’une des lames et, d’un geste rapide, sans trop réfléchir, je l’ai coupée au ras de ma nuque… J’ai poussé un cri, c’était affreux…

L’arrière de ma tête était séparé net, en deux étages et comme je savais qu’aucun pouilleux n’est bienvenu dans un salon de coiffure qui se respecte et que je ne pouvais profiter du sauvetage d’un expert, j’ai entrepris d’émécher ce qu’il me restait de poils avant de me passer au peigne fin…

Dépouillée avec une nouvelle coupe ma foi pas si mal, je devais aller au centre ville quelques jours plus tard. Je me stationne, sors de ma voiture et me fait accoster sur le champ…

– Wow… You look sooooo great…

– Bah heuuu Thank you, you’re very nice!

– What are you doing? Where is the Lucky guy?

– I have an appointment and the Lucky guy is working!

– Wow… You look like you’re from France or Italy… Where are you from?

– Oh non, I’m born here, I’m from Montréal…

– Well, lady, I wish you the greatest day!

Cette conversation a eu l’effet d’une bombe. Moi qui me sentais à la déroute sur la mer des âges et du manque d’estime de soi, je venais de plonger au cœur de la fontaine de Jouvence! Je ne m’étais pas sentie comme ça depuis des lunes… Belle, désirable et sûre de moi…

Saisissant l’élan que je venais de recevoir, et tant qu’à prendre une cure de jeunesse en haussant l’estime de soi, je me suis arrêtée dans une boutique afin de me procurer une paire d’escarpins que je me suis empressée d’enfiler. J’avais l’impression d’être une star…

En me voyant, les copines du MPB avec qui j’avais rendez-vous émirent, dans le plus charmant des duos, un : Wow t’es donc bien belle!

Nous sommes allées souper, je me sentais tellement bien. Elles m’ont répété comment elles me trouvaient belle, nous avons jasé, ri et écouté les histoires croustillantes d’Amétys, de retour de son voyage au coeur des Cubains. – Je les aime tellement ces deux là!

À la fin de la soirée, je suis allée à la rencontre du Lucky guy sur qui mon nouveau look a aussi eu l’effet d’une bombe, je vous passe les détails.

Je suis rentrée chez moi, les jambes affilées sur mes talons hauts, le cœur en fête, la tête relevée et le coloc bien au fond de ma culotte…

Depuis cette histoire, j’ai repris une certaine confiance que j’avais perdu. Mes yeux pétilles, je me sens belle et désirable, je me retrouve là où je m’étais peut-être un peu perdu.

Vive les poux!

Bon, pas que je veuille me vanter mais la statistique, c’est moi!  C’est moi le 33.3333% des filles de MPB qui a plongé dans une relation amoureuse malgré la présence du coloc.  L’amour étant plus fort que la peur, et le désir plus fort que l’abstinence, j’ai accepté l’homme et tout son bagage. 

Étant très accueillante de nature, la chose s’est jettée sur moi comme la misère sur le pauvre monde dès que les condoms ont pris le bord.  Fallait s’y attendre!  Je dois vous avouer que ma libido en a pris tout un coup de genou dans les parties et ma confiance en moi, un coup sur la gueule.  Je connaissais les risques mais je ne pouvais pas prévoir l’effet que ce coloc aurait sur moi.

On me demande parfois si je regrette mon choix.  À chaque fois, je dois y réfléchir un instant mais comment regretter 5 ans d’amour, de respect, de voyages et d’expériences.  Ce fut une belle relation et j’en garde de très bons  souvenirs.

Malgré tout, cinq ans de célibat plus tard, il est facile de penser que sans l’herpès, ma vie amoureuse serait plus heureuse (ou au minimum existante) mais elle pourrait aussi être pire.  J’aurais pu vivre de folles rencontres et me retrouver au même point… ou non, qui sait!

Ce que je regrette le plus c’est ce que je me fais subir à moi-même.  Étant convaincue de ma dépréciation, je me suis embaricadée dans vingt livres de protection afin de ne pas séduire et de ne jamais avoir à affronter le jugement/rejet de l’Autre.

À défaut d’avoir baisé, j’aurai bien mangé… pas la même satisfaction, croyez-en ma parole!  Il y a bien eu quelques escapades (quand même) mais rien qui ne vaille une pinte de Haagen Dazs rocky road.

Mais il y a de l’espoir car je ne suis pas seule.  Avec les 80% qui ont le type 1 et les 25% qui ont le type 2, ça fait 105% des gens atteint de l’herpès. 😉 Alors, si je compte les hommes au Québec; 3 687 695 et que je divise par… 30% d’hommes dans la trentaine; 1 106 308.5 et que je divise encore par 50% de célibataires; 553 154.25 et que je multiplie le tout par 105% de ceux qui ont l’herpès, ça me donne un beau bassin de 580 811.96 québécois à courtiser.  WOW!!!

J’ai jamais ben ben aimé les maths mais pour une fois, les chiffres sont encourageants.  Vive les statistiques libres et Bonne St-Jean!! 🙂

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

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