You are currently browsing the tag archive for the ‘blog’ tag.

Je devrais travailler.  Mais je préfère vous raconter une histoire.  Une toute jolie comme vous les aimez.

Cette histoire débute ici, avec une rencontre.  Au détour d’un blog que je visitais, écrit par un passionné d’un sujet qui me plaisait.  Le passionné et moi avons débuté un dialogue virtuel et une étincelle a jailli.  Toute petite.  Un jour, acte manqué me direz-vous, j’ai laissé un message sur son blog.  HORREUR!  Je l’ai fait, sans m’en rendre compte je vous le jure, sous l’identité de Nitouchka.  Vous comprendrez que j’ai une autre identité dans la vie et c’est sous mon identité « légale » que j’avais entrepris le dialogue avec mon passionné.  Horreur disais-je donc.  Vite vite j’ai effacé le message, espérant bien que mon correspondant n’en aurait vent.  Puis j’ai oublié ce petit incident.  Jusqu’au jour où…. Mais attendez…. Je vais le laisser vous raconter l’histoire.

Chères filles de Mon Petit Bobo,

Ça fait longtemps que je voulais vous écrire ou que j’aurais dû vous écrire. Pour plusieurs raisons en fait. Et depuis, elles ne cessent de s’accumuler ou de me rappeler que je devrais le faire.

Je suis tombé sur votre blogue il y a quelques semaines. Pas vraiment par hasard, mais presque. Quelqu’un était venu faire un tour sur mon blogue à partir du vôtre. Curieux, je suis allé vous visiter. Un blogue sur l’herpès? J’aurais jamais pensé. Je me suis mis à lire quelques billets mais surtout vos réponses aux commentaires ou questions de vos lecteurs. J’aurais dû vous écrire drette-là pour vous dire à quel point le réconfort et les encouragements que vous leur apportiez me touchaient. Je vous enviais de rejoindre autant de gens. Dans les médias, on fait l’éloge de personnes pour beaucoup moins que ça, si vous voulez mon avis…

Malgré tout, j’étais sur le point de vous oublier.

La vie en a décidé autrement. Voyez-vous j’ai rencontré une fille géniale. Vous connaître un peu plus, je vous dirais que j’espère que ce soit LA bonne.  Après s’être écrit plein de messages sans arrêt pendant deux semaines, je réussis enfin à lui soutirer une rencontre. La soirée se déroule bien et je me dis que j’aimerais bien la revoir. Mon souhait est exaucé. Une semaine et plein d’autres messages plus tard, elle vient donc souper chez moi. Le souper se déroule à merveille. On parle franchement. Le jeu de la séduction fait son oeuvre mais de part et d’autre on agit en gens civilisés. Le vin est excellent mais on n’abuse pas. Jusqu’au moment où je décide de l’embrasser… Et là mesdames ça dérape! Je vous laisse deviner la suite: je ne voudrais pas avoir l’air du gars qui se vante…

Attendez!  Laissez-moi préciser ici.  NON, je ne lui ai pas dit pour l’herpès.  Le vin, les inhibitions qui tombent…. et le déni, je dois l’admettre.   Nous avons consommé sans qu’il n’ait lu les fine prints!  Me sentais-je un peu coupable?  Même pas.  J’étais plus déçue d’avoir consommé si rapidement sans prendre le temps de le connaître que d’avoir omis de lui parler de mon coloc.  Mais bon…. Je le laisse continuer.

Le lendemain on discute du fait que faire l’amour est devenu banal. Que ça aurait peut-être été mieux d’attendre un peu avant de découvrir le jardin intime de l’autre. On est quand même intéressés l’un par l’autre et on souhaite se revoir. On se revoit une ou deux fois. Je n’arrête pas de me dire de relaxer, de ne pas partir en peur que de toute façon, c’est de moi dont il est question et qu’incessamment the shit would hit the fan et que ma belle histoire me péterait au visage. Comme ça le fait toujours depuis un peu plus d’un an.

Pourquoi je vous raconte ça?

Parce que c’est là que vous revenez dans mon histoire.

– « Je suis seule ce soir, ça te dit que j’aille te voir? »

– « C’est sûr! » (en contenant à peine ma joie)

– « J’ai quelque chose à te dire. La raison pour laquelle je te dis que j’ai quelque chose à te dire au lieu de te dire ce que j’ai à dire, c’est pour être certaine de te le dire quand j’arriverai chez toi sinon j’arriverai jamais à te le dire »

Je vous jure que c’est comme ça qu’elle me l’a dit…

« Hein? Qu’est-ce que tu as à me dire? J’achète seulement du vin ou j’achète un scotch aussi? »

45 minutes, C’est le temps qui s’écoule entre le record du monde du mot dire en une phrase et l’arrivée de celle de qui je fais tout pour ne pas tomber amoureux. C’est long, trèèès long. « J’ai quelque chose à te dire…»DIS-LE! Pas besoin de prévenir quand tu t’apprête à lâcher une bombe! Qui peut-être assez cruel pour laisser mariner l’autre comme ça? Qu’est-ce qu’elle a à m’annoncer? C’est jamais bon ce préambule. » Voilà le genre de trucs qui me viennent à l’esprit en attendant.

Elle arrive. Toujours aussi belle. Le malaise est énorme. Vite du vin!

Du vin?  Et comment!  Je ne connais pas de meilleur aidant naturel!  Enfin bref, ok!  Lui il n’a pas compris mais vous oui.  Si je ne lâche pas un éclaireur, la bombe ne suivra jamais.  Et puis 45 minutes, c’est pas si pire que ça.  J’avais beau ne pas m’être sentie coupable après qu’on ait fait l’amour, le secret me pesait lourd.  Vous savez quoi?  Même si je trouve ça horrible à dire, je préfère de loin le dire que de vivre avec le poids du non-dit.  N’empêche, la presque même nervosité qu’au premier jour m’habitait lorsque je suis arrivée chez lui.  Il me fallait laisser franchir le mot herpès de mes lèvres.  Horreur.  Nous nous sommes assis sur le divan, il a servi le vin.  Il attendait comme un condamné à mort que le couperet tombe.  Et moi, un peu cruelle, je m’enfargeais dans les mots et y allait d’un préambule qui n’en finissait plus de préambuler.  Et je lui ai dit.  Je lui ai parlé de mon petit ami.

La suite, je n’en suis plus trop certain. Comme dans les films où les voix deviennent tellement lentes qu’on ne comprend plus rien. Je perçois des mots, des bouts de phrases: « Peu importe ta réaction, elle ne peut me choquer » « Pas facile à te dire » « Herpès » Je n’ai même pas compris tout à fait comment elle l’a attrapé et tout le reste autour. Elle me demande si j’ai des questions. Et là mon cerveau se met en branle à vitesse Grand V. Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir assisté à une conférence sur les ITS où l’on avait mentionné que les feux sauvages étaient une forme d’herpès. Ou si c’est parce que j’ai déjà eu un coloc dans mes souliers de course (pied d’athlète). Ou si c’est à cause de votre blogue. Ou tout simplement parce que cette fille, j’ai vraiment le béguin pour elle. Je n’ai rien dit et je l’ai embrassée. Et je l’ai re-embrassée. Fin de la discussion.

Et là j’ai cliqué: « La fille qui est venue sur mon blogue, c’était toi! » « Le petit soulier rose, c’est toi! »

Holly fuck!  Ça y est je suis démasquée.  Il va tout lire, tout voir, tout savoir.  En ai-je vraiment envie à ce stade?  En ai-je vraiment le choix?  Ah puis merde!  La vie est trop courte.

Je ne suis pas certain mais je crois que c’est une première. Il y a peut-être de vos amoureux qui ont été sur votre blogue, pour avoir des réponses, après vous avoir rencontrées. Mais moi, j’ai eu les réponses avant même d’avoir les questions! (Et avant même d’être un amoureux…) Le fait d’être allé sur MPB a sans contredit teinté ma réaction. Merci.

Si j’avais été le moindrement chanceux, la première fois où je vous ai visité, je serais tombé sur le billet qui explique comment annoncer qu’on a l’herpès. Voyez-vous, j’aurais aimé savoir que « J’ai quelque chose à te dire » est un code. Ça m’aurait évité de m’en faire comme c’est pas permis. Je propose d’ailleurs un amendement à votre Herpize Bible: IL NE PEUT S’ÉCOULER PLUS DE TRENTE SECONDES ENTRE LA FIN DE LA PHRASE ET LA PRÉSENTATION DU COLOC! Comme ça, on évitera que quelqu’un dise « j’ai quelque chose à te dire » en étant à Matane à un autre qui habite Dolbeau. Patienter le temps que l’autre fasse le trajet entre Matane et Dolbeau, pour savoir ce dont il est question c’est oublier à quel point le temps nous ronge lorsqu’on attend.

En ce qui me concerne, je vis très bien avec le délai de 45 minutes mais ça demeure le privilège de chacun d’y mettre le délai qu’il veut. Et puis à s’attendre au pire, l’herpès peut du coup s’avérer un moindre mal! hé! hé!

Pour le reste, vous êtes vraiment géniales. J’ai passé de longues heures à vous lire. J’apprécie votre sincérité, votre franchise, votre délicatesse, votre humour mais surtout le temps que vous y consacrez: bref, je vous aime! Pas toutes de la même manière, mais quand même. Et je vous assure que ne suis pas du genre à lancer des « Je t’aime » comme ça.

C’est pas vrai!  Il me l’a déjà dit! 😉

Il y a quelques mois de ça, les filles de MPB avaient reçu une demande qui nous a fait drôlement plaisir.  Un magazine bien connu  voulait savoir ça se vit comment une ITS après 35 ans et apparemment, ils n’étaient pas légion à vouloir témoigner.

Alors on nous a sollicitées.  Et nous, on aime ça jaser de notre expérience.  Encore plus lorsqu’on sait que ça aidera d’autres personnes aux prises avec un petit coloc indésirable.  C’est donc pour ça que ça nous a fait drôlement plaisir.

Toute heureuse de cette demande inattendue, j’en fais pars à l’Amoureux entre un verre de blanc et le meilleur poisson à l’aneth qu’il ait jamais fait :

L’Amoureux : Ils vont te nommer et tout…?!?!

Nitouchka : Non quand même.  Ça va se faire sous le couvert de l’anonymat.  T’inquiète!

L’Amoureux : Oh! moi ça ne me dérange pas.  C’est toi, ton affaire.

Nitouchka :  Ça te dérange pas?

L’Amoureux pas trop convaincant :  Non.

Nitouchka : Come on!  Imagine que j’aie ma tête sous la légende :  Nitouchka vit très bien avec son herpès. Du coup, ta mère, tes amis, tes collègues, ton ex, tes enfants….et les miens, et ma famille et ……..Halleluia!!  Ça ne serait plus juste MON affaire.

L’Amoureux : Ouais……….

Nitouchka : Ça ne te dérangerait pas?

L’Amoureux : Nnn….oui!

Nitouchka : Me semblait aussi! Anyway c’est pas demain que tu seras le conjoint d’une vedette vénérienne.  Tu peux dormir tranquille.  Je n’ai pas l’intention de devenir l’herpétique de service.   Tu me remplis mon verre?

Finalement, l’histoire n’est jamais parue dans le fameux magazine et le sujet a glissé sous le tapis.

Jusqu’à ce que Josianne le ramène.  Les filles, a-t-elle demandé, vous seriez prêtes à devenir « publiques » pour pouvoir aider des gens?

Bobette a émis quelques doutes, du genre: « j’sais pas…. ça dépend….. »!  Quant à moi, la réponse a fusé franche et claire: NON!

Aucune tribune, dut-ce être Guy A. ou Oprah, ne justifiera que je m’affiche grand publique.  Jamais. 

Parce que malgré tout, malgré les belles paroles et les bonnes intentions, malgré ce qu’on prône et ce qu’on voudrait tant, malgré nos efforts virtuels anonymes, malgré ces fous qui nous aiment, malgré nous, il n’est malheureusement pas encore arrivé le temps où l’herpès ne sera plus synonyme de honte.  Mais on y travaille.  Tranquillement! 🙂

Toute vérité n’est pas bonne à dire.

Mais sur la vérité s’établit une base importante : celle de la confiance. En tout cas moi j’y crois… tellement que je me suis ouvert comme un grand livre à mon amoureux et lui ai parlé de MPB.

Et oui! Vous l’aurez deviné. Il sait maintenant comment j’ai rencontré les copines et connait l’existence de la charmante Bobette…

J’avoue que j’étais un peu angoissée à l’idée lui faire ces grands aveux mais, comme ça faisait un petit bout que j’avais envie de partager avec lui les moments touchants de la vie de Bobette et que j’assume tout à fait le personnage,  je l’ai fait…. Un peu de la même façon dont j’aurais annoncé l’existance du coloc en prenant une grande respiration et en utilisant la classique infaillible de The Herpeze Bible : «Y’a quelque chose qu’il faut que j’te dise….!»

Je lui ai aussi demandé, en toute utopie, de ne pas lire. Je lui ai dit que je préférais lui offrir une sélection de quelques articles choisis et lui ai lu, entre autres, celui ou Nitouchka l’a baptisé PresqueParfait.

Il a bien rigolé mais n’était pas certain à savoir si mon secret avoué n’aurait pas du rester secret… « Tu sais Bobette, quand on a un secret et qu’on veut qu’il le reste…. Faut pas en parler»…

C’qu’il est brillant Ppf !!!!

Ceci dit on ne lèvera pas le pari bien haut à savoir s’il le lira. J’assume qu’il lira. C’est un homme intelligent et curieux.

Mais si je vous cause de tout ça c’est que j’ai un but bien précis.  De confidence en confidence, on apprend beaucoup l’un sur l’autre…

Moi, l’herpès, je n’avais pas vraiment le choix d’en parler mais lui, il avait le choix de se taire ses secrets.

On a beau se fier à notre jugement, en relation il y a inévitablement des risques parce que des tares et des blessures sont tues.  On ne connait pas le passé des gens sauf pour ce qu’ils veulent bien nous dévoiler, au delà des dorures projetées.

L’herpès avoué, au fond, n’est-il peut-être pas si hasardeux ?

Et je crois que c’est là où réside notre problème d’estime de soi parce que nous aussi, herpétique qu’on est, on voudrait bien faire luire la perfection au delà de la brume.  Chose impossible, on le sait bien ! Alors on a tendance à se rabattre, à se diminuer et à se négocier à rabais…

Parce qu’il y aura toujours cette petite tache d’encre de vie sur nos pages blanches à écrire…

Ça, ça rend vulnérable mais il reste que pour séparer le bon grain de l’ivraie, l’herpès peut devenir un excellent filtre à morons à condition de ne pas se considérer minus…

Malheureusement ce miniminus et ce manque d’estime qu’on s’inflige soi-même on les côtoie trop souvent. Alors assumons-nous et permettons-nous donc de rayonner de mille feux, bien au delà de notre petite tache qui, au fond, n’est pas pire qu’une autre… Sauf pour la seule différence entre la nôtre et celles des autres c’est qu’on ne peut pas la cacher.  Elle n’est pas pire ou moins pire, blessante ou moins blessante, elle est juste moins discrète…

Alors brillons!  Brillons de mille feux!!!!!

Et pour en revenir à M. PresqueParfait ?  Je ne sais pas s’il nous a lu…. Mais, en accord avec les copines on est d’avis que si notre chum nous avait annoncé une pareille nouvelle, nous nous serions précipitées sur nos ordis pour faire un brin de lecture express!!!

Alors si c’est l’cas…. C’est bien tant mieux:  J’t’aime PPF!  😉

Bonjour Dateur,

J’ai lu ton texte sur ton blog.  Tu comprends que j’ai eu envie de réagir.  De te dire que tu as tort même si tu le sais.  De te dire que c’est ton droit le plus légitime de choisir de ne pas prendre le risque de contracter l’herpès.  J’aurais moi-même bien aimé ne jamais l’attraper.  C’est d’ailleurs quelqu’un qui mesurait tout à l’argent, comme toi,  qui me l’a transmis.  Il considérait qu’avec tous les cadeaux qu’il m’offrait, il s’exemptait du droit de me dire qu’il cohabitait avec un petit coloc.

Une partie de ta réaction est tout à fait légitime.  Il y a une époque où, si on m’avait annoncé une telle chose,  j’aurais moi aussi eu envie de me pousser.  Pas d’une façon aussi cavalière c’est certain mais je n’aurais pas eu envie de prendre ce risque moi non plus.  Et tu sais pourquoi :  parce que j’étais ignorante.  Comme toi.

Alors si tu me permets, je vais te parler un peu d’herpès.  Il y a deux types d’herpès :  le VHS1 qui se situe généralement sur la région de la bouche (feux sauvages) et le type VHS2 qui se situe principalement sur les parties génitales.  Il arrive parfois que le type 1 se retrouve sur les parties génitales et vice versa.

On estime que 20 à 25% de la population est atteinte du type 2 et, tiens-toi bien, 75 à 80% est atteinte du type 1.  On calcule également qu’une très forte majorité des gens atteints ne le savent même pas puisqu’ils sont asymptomatiques.  Si ça se trouve D.  TU AS L’HERPÈS.  Il y a plus de chance que tu l’aies que tu ne l’aies pas.

Pour répondre à ta question, oui on peut se marier et avoir des enfants avec quelqu’un qui a l’herpès.  C’est PLEIN de gens qui l’ont fait.  C’est plein de gens qui le font.  Une personne sur 4 autour de toi.  Parce qu’il y a plein de belles âmes pour voir au-delà d’un petit bouton.

Ils sont comme moi, comme mes copines ici, comme pleins de nos amis, des mères et des pères de famille, des époux, des gens intelligents, articulés, avec des carrières passionnantes, des rêves, des buts, des réalisations, de l’argent, qui sont beaux, en forme, en santé et équilibrés.  Des gens que tu respectes et si ça se trouve, que tu envies même peut-être.

L’herpès D. y’a rien là.  C’est UN PETIT BOUTON.  T’empêcherais-tu de dater une fille qui fait des feux sauvages ?  Pourtant il s’agit bien là d’herpès.  Qu’elle pourrait te refiler lors d’une fellation ou en t’embrassant.

Je comprends ta crainte mais elle est injustifiée et causée par l’ignorance.  C’est tout à ton honneur de t’être excusé et je suis heureuse de la réaction des gens sur ton blog.  Sans eux, tu n’aurais jamais réalisé l’odieux de ta réaction.

Je suis contente aussi que cette fille ait été honnête.  Bien qu’elle ait du être humiliée, elle a évité de se faire baiser par un gars qui calcule l’intérêt d’une personne à la possibilité qu’il a de la baiser versus l’argent qu’il y met.  Désolée D.  Fallait que je le dise.  Mais tu es jeune et je suis convaincue que tu as le potentiel de changer. 

Savais-tu D. que cette fille ne t’a pas abusé mais qu’elle t’a fait un immense cadeau.  J’aurais aimé qu’on me fasse le même.  Je n’ai pas eu ta chance.  Tu n’aurais pas dû te pousser.  Tu aurais du la remercier.  De sa confiance, de son honnêteté.  Tu aurais pu, au lieu de compter tes sous, profiter de l’occasion qui t’était si gentiment offerte.  Lui demander comment c’était arrivé.  Comment elle vivait avec ça.  Comment ça l’affectait.  Comment tu pouvais te protéger.  Tu avais le pouvoir de faire la différence dans la vie de quelqu’un et dans la tienne.  Et ce, sans même coucher avec parce que oui, tu as entièrement le droit de refuser de coucher avec quelqu’un qui a l’herpès.

Mais si ça se trouve D., tu es passé à côté du grand amour que tu recherches.  Quelle dignité elle a eu quand même.  Pourquoi ne lui refilerais-tu pas notre adresse?  J’aimerais bien la connaître. 

Voilà, c’est ce que je tenais à te dire.  Toi tu vas continuer à dater en série et un jour, tu rencontreras cette fille qui, soit ne te le dira pas, soit ne le saura pas, et elle te refilera l’herpès.

À moins que ce ne soit toi qui le refile à quelqu’un.  Parce que qui te dit que tu ne l’as pas déjà ?

L’idée d’un blog germait depuis un moment déjà. On en parlait entre un Merlot et un Shiraz. Et plus le liquide diminuait, plus les idées farfelues surgissaient. On ne savait pas de quoi parler mais sur d’une chose, on voulait faire différent.

Alors on a réfléchit.

Pas facile!

Je veux dire, pas pas facile de réfléchir mais plutôt, pas facile de trouver un sujet dont personne ne parle déjà. Les rapports hommes-femmes, le métier de parent et tous ses dérivés, maternité, mono-parentalité, famille reconstituée, divorce et j’en passe, étaient tous déjà pris. La politique (pfff), le web-marketing (j’y connais quoi?!), le quotidien dans son ensemble………(bof!).

Cou donc, kossé qu’on dit sur un blog? On parle de quoi au juste? De ce dont on ne parlerait pas dans la « vraie vie »? De nos petits travers secrets?

OUIIIII! Oui, oui! C’est ça!! Les secrets inavouables!   Miam! Miam!  On était toutes d’accord.  ÇA c’est crunchy!  Mais encore, faut-il en avoir des travers inavouables!

On a toutes secrètement espéré entendre les déviances des copines (parce que les nôtres!  pffff!  Ça ferait bailler un prêtre!) mais c’était sans savoir quelle bombe allait nous exploser au visage!

Nitouchka : De quoi vous parlez pas vous autres?

Amétys : .……..ben….. j’sais pas! Ma vie sexuelle n’a rien d’inavouable à part d’être plate!

Nitouchka : Ouais……… j’aurais vite fait le tour moi aussi! À part quelques bons souvenirs pas si inavouables que ça! Toi Bobette?

Bobette : Bof! Je l’sais pas trop……… C’est sur y’a le sexe mais…..c’est pas original pantoute!  L’argent aussi tant qu’à ça c’est tabou mais, s’ti que c’est plate! Pas le goût d’un blog financier, aussi drôle soit-il! Toi Nitouchka?

Moi je savais très bien quel était mon petit secret inavouable. Mais justement, avais-je envie de l’avouer? Pas sur! Mais en même temps, ça me chicotait. Et si je leur disais?. Et si je plongeais finalement. Et si je sortais de ma zone de confort et que je leur balançais mon petit pétard?

Nitouchka : Vous allez peut-être trouver ça étrange. Vous allez peut-être même me juger mais bon…….. Ben ………. (j’leur dis tu? J’leur dis tu pas?? Hiiii misère!!  J’ai tant le goût de leur dire mais en même temps, ça me fait peur!) En fait, moi un truc dont je parle rarement si je ne suis pas obligée c’est le fait que j’ai l’herpès. L’herpès génitale.

Et j’attends les réactions. J’avoue que je suis un peu nerveuse. Elles ont beau être mes amies, avouer qu’on est un « damaged good » c’est toujours un peu se rendre vulnérable et ça, ça m’énarve!

Même si en général les gens se montrent compatissants et compréhensifs, demeure toujours que dans le fond, ils sont toujours heureux que ce soit aux autres que ça arrive, pas à eux,  et qu’anyway  le jugement (« MOI j’aurais JAMAIS couché avec LUI!!  Me semble que c’est évident que….. ») n’est jamais bien loin.

Alors que saute la bombe! Et vite!

Bobette : Duh?!

Nitouchka : Ça saute pas sur le monde tsé!  Et je ne suis VRAIMENT pas toute seule dans ma situation! (L’attaque! Tu suite! Vaut mieux prévenir!)

Un petit quelque chose s’installe. Un malaise? Je ne sais pas. LE jugement?  Humm……. J’ai comme l’impression qu’une grenade va sauter. Quelque chose est là, latent, comme en suspension dans l’air.

Bobette : Je l’sais. C’est parce que……….. ben moi aussi j’ai l’herpès.

Nitouchka : Tu m’niaises?!

Bobette : Non.

On en croit pas nos yeux et nos oreilles. On a beau connaître les statistiques et savoir qu’une personne sur quatre en est porteur, n’empêche qu’on a toujours l’impression qu’on est le seul être humain de notre entourage à être affecté et que le reste du 25% se trouve soit en Afrique noire, soit au coin de Ste-Catherine et St-Laurent.

Et la valve s’ouvre : Ayoye! Ah ouin! Ça fait combien de temps? Le dis-tu à tes chums? T’es tu déjà fait rejetée? Les questions fusent et on en oublie Amétys qui ne dit rien, un drôle de petit sourire en coin.

Amétys : Hum! Hum!

Nitouchka et Bobette : S’cuse-nous! C’est parce que c’est vraiment pas évident de vivre avec ça tu sais pis quand on trouve quelqu’un qui………..

Amétys : Je l’sais.

Nitouchka et Bobette : Tu l’sais?

Amétys : ……

Nitouchka : Coudonc as-tu l’herpès toi aussi?

Amétys : Ben …….. oui!

Bobette : Ben là…….

Nitouchka: Muh…….!?

Les statistiques venaient d’être renversées. Trois en trois ! Du jamais vu !  La bombe venait d’éclater et retombait sur nous en filon d’or! Et on le tenait ce filon.  Pas question de le lâcher!

Un blog sur l’herpès!

Parce que l’herpès ça ne se tient pas uniquement au coin de St-Laurent et Ste-Catherine. L’herpès ça se tient aussi et surtout au cœur de la banlieue ordinaire, entre un match de soccer du petit dernier et un meeting de direction.

Pis on va vous en jaser !

Maintenant qu’on a un blog nous aussi !!!

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

Première visite?

Tout d'abord bienvenue chez MPB! Afin de vous aider à nous connaître un peu et à en comprendre d’avantage sur notre situation, nous vous invitons à commencer la lecture de notre blogue par l'onglet «Billets choisis». Bonne visite!

Commentaires récents

Besoindesoutien dans Questions
Elizabeth dans Questions
Besoindesoutien dans Questions
Bobette dans Nous
Elizabeth dans Et si ça arrivait?
Aurélie la Frenchy dans Nous
Camille dans Et si ça arrivait?
Camille dans Et si ça arrivait?
Elizabeth dans Et si ça arrivait?
Camille dans Et si ça arrivait?

Suivez-nous sur Twitter!

Blog Stats

  • 336 126 hits