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Il nous arrive de magnifiques cadeaux sous formes de commentaires et de messages.  Des cadeaux qui nous font vachement plaisir.  Parce qu’on a beau le faire d’abord pour nous, sans trop d’attentes, il n’en demeure pas moins qu’il est bon de savoir qu’on fait du bien aux autres. On aura beau dire, l’altruisme c’est jamais gratuit. 

Alors chacun de vos commentaires, quel qu’en soit la nature, nous fait plaisir.  Parce qu’on aime pas parler seule et parce qu’on aime savoir que ce qu’on fait ici peut servir à d’autres. 

C’est dans cet esprit que j’avais envie de partager avec vous deux messages que nous avons reçus et qui sont des success story made in MPB.  Bon……. pas juste MPB mais quand même, on y a en quelque sorte contribué et franchement, on en est pas peu fières!

D’abord ce commentaire de Betty.  Qui nous a beaucoup touchées. Beaucoup.  Parce qu’on voulait aider.

Et ensuite ce message de Julie que nous avons reçu dans notre boîte courriel et qui rappelle qu’en plus d’aider, on voulait démystifier……et dé-démoniser l’infâme!

Elle a gentiment accepté qu’on le publie, sans en changer un mot ni une virgule.

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 Bonjour à vous trois,

Vos deux derniers articles m’ont vraiment interpelés (« …Réponse à Monsieur B » paru le 9 avril et »Figer sa position » paru le 12 avril dernier) parce que je suis de ces fous (ou folle dans mon cas) qui vous aiment (ou plutôt aime un de ces « Zerpétiques »).

J’ai envie de partager avec vous mon histoire.

Il y a bientôt un an, j’ai rencontré ce gars pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre! Quelques jours à peine après notre rencontre, avant même qu’il ne soit soit passé quoique ce soit autre que des discussions qui ne finissaient plus (pas d’échange de salive et encore moins de soirée torride) il a quitté pour un mois dans le cadre d’un voyage pour son travail. Durant tout ce temps, on s’est écrit, tous les jours, parfois même plusieurs fois par jour, c’était génial! Quand il est revenu, on s’est revu, ça n’a pas pris de temps pour qu’on s’embrasse à bouche que veux-tu, mais après une dizaine de jours de ce régime, il n’avait toujours rien risqué pour attenter à ma pudeur. Je commençais à trouver ça louche. Surtout pour un gars de presque 40 ans qui avait tout de même réussit à faire deux enfants à sa blonde précédente. J’y allais d’hypothèses du genre: il est peut-être juste respectueux, il fait peut-être partie d’une génération qui précipite moins les choses, il n’a peut-être pas eu beaucoup de femmes dans son lit, il ne sait peut-être plus comment faire en début de relation après tout ce temps passé avec la même femme. J’avais en partie raison sur toutes ces hypothèses, mais la seule que je n’avais pas vu venir c’était celle qui le retenait au delà de tout: il avait l’herpès.

Le soir où il me l’a annoncé, c’était comme si mon monde s’écroulait. J’avais ENFIN trouvé un homme avec qui je me voyais faire ma vie, il était parfait en tout, sauf pour ça. Après 4 ans de célibat, j’avais eu largement le temps de constater que de rencontrer quelqu’un avec qui on clique si fort n’était pas chose facile. Il était nerveux, m’expliquant comment c’était arrivé, me racontant comment il vivait bien avec la situation surtout depuis qu’il prenait du Valtrex tous les jours et qu’il n’avait plus de crises. J’ai écouté, attentivement, et lui ai demandé de réfléchir à tout ça.

Puis m’est revenu en mémoire une adresse, celle de votre blogue. Celui sur lequel j’étais tombé 2 ans auparavant, quand après un one night et un condom qui glisse étaient apparus d’étranges symptômes. N’étant pas du genre à me précipiter à l’urgence, j’ai enduré cette terrible démangeaison qui me grattait l’entrejambe et qui rendait inconfortable toute position assise et même le port de la petite culotte, jusqu’à ce qu’elle passe. Quand quelques semaines plus tard elle est revenue, j’ai attendu quelques jours et me suis présentée à la clinique. Diagnostic? Vaginite à levures. On m’a prescrit du flaconazole, et une dizaine de jours plus tard j’étais comme neuve. Puis c’est revenu, encore et encore, je me suis présentée à la clinique je ne sais combien de fois durant une période d’environ 6 mois. Dans la majorité des cas, les docteurs ne voyaient rien. 1 ou 2 fois on me diagnostiquait à nouveau une vaginite. Je suis restée perplexe. J’ai demandé à faire des tests sanguins dont celui de l’herpès. Résultat? J’avais un type 1. Comme j’avais déjà fait des « feux sauvages » étant plus jeune, pas moyen de confirmer quel était ce mystérieux mal qui me brûlait régulièrement de l’intérieur. Puis comme c’était venu, les démangeaisons me quittèrent du jour au lendemain, pour ne plus revenir depuis. Je suis toujours restée sur un questionnement à savoir si c’était vraiment les vaginites la cause de cet inconfort. J’ai beaucoup lu au sujet de l’herpès, j’ai fouillé votre blogue de fond en comble, mais j’ai surtout appris à démystifier. Quand j’étais ado, l’herpès était la pire chose qui pouvait m’arriver après le VIH. Je suis restée convaincue de ça durant bien des années. Au fil de mes lectures, mon préjugé a diminué. Votre blogue est en grande partie responsable de ça, mais aussi plusieurs sites de références médicales qui sans banaliser le virus expliquent que ce n’est vraiment pas la fin du monde et que peu importe les précautions que l’on prend, on n’a jamais de garantie de ne pas contracter le virus, surtout avec le type 1 qui se propage de plus en plus sous la ceinture et l’augmentation des relations bucco-génitales.

J’avais donc tout ceci qui me revenait en tête, j’avais surtout la conviction que si je passais à côté de ce gars à cause de son petit bobo, je m’en voudrais toute ma vie. J’ai donc rapidement décidé de foncer, mais en prenant mon temps 😉 Il s’est écoulé encore un autre mois avant qu’on n’ait une première relation sexuelle complète, toujours avec condom et surtout avec la promesse de la part de l’hommme de la situation de me tenir au courant si le petit bobo se pointait. Sans vouloir entrer dans les détails, c’en fut toute une. En fait, l’expérience se répète à chaque fois que nous faisons l’amour depuis. Je croyais au départ que j’aurais toujours en tête le coloc entre nous deux lorsqu’on ferait l’amour et à mon plus grand étonnement, je crois que si j’y ai pensé 2 ou 3 fois max depuis c’est bien beau. Après environ 4 mois du régime condom, et après être allés passer des tests de dépistages et appris que son petit bobo était de type 1, mais surtout après une soirée beaucoup trop arrosée, on a oublié le condom et on ne l’a pas réutilisé depuis, donc depuis plus de 6 mois. Et dans mes bobettes? Toujours rien!

Je sais que rien ne me garantis que jamais je ne l’attraperai, mais j’ai décidé de vivre avec le risque et je ne l’ai toujours pas regretté. Bien sûr il m’arrive de me demander ce que je ferais si je l’attrapais et que notre histoire était terminée. Est-ce que ma vie serait terminée? Non, je ne crois pas! C’est certain que ce serait probablement plus difficile lors des rencontres, parce que pour moi le fait que mon copain me l’ait dit avant que notre relation ne soit trop avancée et surtout avant que nous ayions notre première relation sexuelle a tout changé. Ça peut paraître étrange mais ça a grandement contribué à établir une solide base de confiance à son égard. Chose qui m’apparaissait difficile auparavant avec les gars que je rencontrais. Je l’ai vu comme un signe de respect envers moi, comme un choix qui m’appartenait. J’aurais détesté me faire mettre au pied du mur. Ma décision aurait probablement été toute autre s’il me l’avait dit après avoir couché avec moi. J’aime avoir le choix, j’aime pouvoir décider des risques que je prends, et mon amoureux a su me donner cette liberté. Bien entendu, quand on s’engage dans une relation où le petit bobo sera toujours présent en filigranne, il faut être conscient que quoi qu’il arrive, ça ne sera pas le porteur de l’herpès qui sera responsable si on l’attrape, mais bien soi-même. Mon copain fait sa part pour me protéger (Valtrex et examen régulier et minutieux de cette partie de son anatomie) et moi j’accepte que malgré ça, rien ne garantie que le risque sera réduit à 100%. C’est mon choix, à moi, pas le sien.

Je trouve dommage que l’herpès soit encore un sujet si tabou quand on sait que près du quart de la population est atteinte du type 2, et que 9 personne sur 10 ont le type 1. Ça fait beaucoup de monde, mais surtout beaucoup de gens qui ignorent souvent leur condition et plus encore les modes de transmission. Alors avec mon amoureux ou un autre, qu’est-ce qui me garantis que je ne l’aurais jamais attrapé (si je ne l’ai pas déjà) et surtout qu’est-ce qui me garantis que je ne l’attraperai peut-être jamais? (on dirait vraiment que les filles de MPB m’ont brainwashé hein? 😉

La vie est ainsi faite, peu importe combien on pense faire les bons choix, elle nous réserve parfois des surprises, bonnes ou moins bonnes. Et si faire le bon choix dans mon cas c’était de choisir l’homme qu’il y a quelques années à peine j’aurais rejeté sous prétexte qu’un coloc partageait 3 ou 4 fois par année ses boxers alors que pour le reste il était parfait?

Pour terminer, il y a un truc auquel je réfléchis souvent, et c’est la façon dont on se lance rapidement dans une relation sans vraiment savoir ce qu’il en est. Je me dis que ce petit bobo a peut-être fait en sorte que nous fassions les choses dans le bon ordre, plutôt que de tout mélanger et restés pris avec les dégâts… peut-être que finalement le coloc a aidé au bon déroulement de notre relation (j’ai vraiment l’air pro herpès là, non 😉

Bientôt un an, et oui, je suis toujours follement amoureuse d’un homme qui me le rend au centuple. C’est tout ce qui compte pour moi! Le reste qui peut me garantir quoi que ce soit? J’ai décidé de suivre mon coeur, et jusqu’à présent, c’est une des meilleures décisions de ma vie.

Je désire donc vous dire un beau GROS merci, parce que sans votre blogue les filles, je serais peut-être restée sur mes vieux préjugés et je serais passée à côté d’un homme plus que merveilleux.

Julie 🙂

Il y a quelques mois de ça, les filles de MPB avaient reçu une demande qui nous a fait drôlement plaisir.  Un magazine bien connu  voulait savoir ça se vit comment une ITS après 35 ans et apparemment, ils n’étaient pas légion à vouloir témoigner.

Alors on nous a sollicitées.  Et nous, on aime ça jaser de notre expérience.  Encore plus lorsqu’on sait que ça aidera d’autres personnes aux prises avec un petit coloc indésirable.  C’est donc pour ça que ça nous a fait drôlement plaisir.

Toute heureuse de cette demande inattendue, j’en fais pars à l’Amoureux entre un verre de blanc et le meilleur poisson à l’aneth qu’il ait jamais fait :

L’Amoureux : Ils vont te nommer et tout…?!?!

Nitouchka : Non quand même.  Ça va se faire sous le couvert de l’anonymat.  T’inquiète!

L’Amoureux : Oh! moi ça ne me dérange pas.  C’est toi, ton affaire.

Nitouchka :  Ça te dérange pas?

L’Amoureux pas trop convaincant :  Non.

Nitouchka : Come on!  Imagine que j’aie ma tête sous la légende :  Nitouchka vit très bien avec son herpès. Du coup, ta mère, tes amis, tes collègues, ton ex, tes enfants….et les miens, et ma famille et ……..Halleluia!!  Ça ne serait plus juste MON affaire.

L’Amoureux : Ouais……….

Nitouchka : Ça ne te dérangerait pas?

L’Amoureux : Nnn….oui!

Nitouchka : Me semblait aussi! Anyway c’est pas demain que tu seras le conjoint d’une vedette vénérienne.  Tu peux dormir tranquille.  Je n’ai pas l’intention de devenir l’herpétique de service.   Tu me remplis mon verre?

Finalement, l’histoire n’est jamais parue dans le fameux magazine et le sujet a glissé sous le tapis.

Jusqu’à ce que Josianne le ramène.  Les filles, a-t-elle demandé, vous seriez prêtes à devenir « publiques » pour pouvoir aider des gens?

Bobette a émis quelques doutes, du genre: « j’sais pas…. ça dépend….. »!  Quant à moi, la réponse a fusé franche et claire: NON!

Aucune tribune, dut-ce être Guy A. ou Oprah, ne justifiera que je m’affiche grand publique.  Jamais. 

Parce que malgré tout, malgré les belles paroles et les bonnes intentions, malgré ce qu’on prône et ce qu’on voudrait tant, malgré nos efforts virtuels anonymes, malgré ces fous qui nous aiment, malgré nous, il n’est malheureusement pas encore arrivé le temps où l’herpès ne sera plus synonyme de honte.  Mais on y travaille.  Tranquillement! 🙂

C’est lui qui m’a rappelé qu’il devait se livrer en entrevue. Je ne lui en n’avais pas reparlé.  J’avais au fond de moi un certain malaise parce que je savais qu’en livrant son témoignage, ce serait encore mon foutu bobo-coloc-herpès la grande vedette !

Mais il avait raison, malgré le fait que je me sentais fébrile c’était un excellent moment. J’ai donc sorti le petit cahier où j’avais noté mes questions, nous nous sommes assis l’un près de l’autre et avons commencé.

1. Est-ce que j’ai bien choisi le moment pour t’annoncer que j’avais l’herpès ?

Pour vous mettre en contexte, je lui ai annoncé à notre 3 ou 4e rencontre… Fort probablement la première fois où nous nous sommes embrassés bref, c’était au tout début.

–  C’était parfait.  Je ne pense pas que tu aurais pu choisir un meilleur moment Bobette.
– Tu sais, de toute façon, je ne crois pas que j’aurais pu attendre plus longtemps,  ça me donnait l’impression de faire une fausse représentation de moi-même et c’est un poids tellement lourd à porter que celui de faire face au rejet.

2. Est-ce que j’ai dit les bonnes choses ?

–  Je dois  t’avouer que je t’ai trouvé un peu trop pro-herpès… Tu disais que presque tout le monde est porteur… À t’entendre, on aurait dit que dans peu de temps toute l’humanité serait affectée……. Ôôôôô grande prêtresse de la secte de l’herpès !
– Ah ?  *
**rire*** Tu trouves que ça faisait un peu trop «sale pitch»  finalement ?

– Oui c’est ça !  Ça faisait trop arguments de vente ton affaire !!!
– Mais avoue que c’est pas mal difficile d’annoncer ça de façon positive sans tomber dans l’hyper positivisme… C’est tout un enjeu qui se joue au moment où on l’annonce!

–  J’avoue et je me suis rendu compte avec le temps que ce n’est pas aussi facile pour toi que tu le laissais paraître. Je sais maintenant à quel point ça dû être difficile et tu sais, en gros Bobette, tu m’as dit les bonnes choses.  Outre ton hyper-positivisme, tu ne m’as rien caché, tu as été honnête sur toute la ligne et au bout du compte, je suis resté.

3. Est-ce que ça aurait été différent si je te l’avais dit après une première relation sexuelle ?

– Je n’aurais pas été content et je me serais précipité à L’Actuelle !   Je ne crois pas que je l’aurais aussi bien pris.  Je n’ai pas été mis en contexte mais c’est certain que ma perception aurait été différente.
–  Je comprends mais je te l’aurais probablement annoncé autrement en te rassurant sur le fait qu’il n’y avait pas de risque de transmission au moment où nous avions couché ensemble.

– Ça aurait été différent quand même.  Le fait que tu me l’aies dit au tout début m’a fait découvrir un trait de ta personnalité que je recherchais.

4. Pourquoi es-tu resté ?

– Tu sais Bobette si je faisais une représentation graphique de la situation, ça ressemblerait à deux tartes rondes avec chacune une toute petite pointe de couleur.  Dans ma tarte à moi, ma perception de l’herpès n’est que la toute petite pointe.  Tout le reste c’est toi et l’image que j’ai de toi.  L’herpès n’est qu’une infime section alors que pour vous, c’est l’inverse.  Vous donnez toute la grosse part à l’herpès en mettant votre personnalité dans la toute petite pointe.  Vous vous percevez comme l’H mais ce n’est pas ce que vous êtes et je suis resté parce que je ressentais que tu étais une belle personne.  Je ne voyais pas l’herpès comme un gros obstacle.

5. Comment as-tu pris ta décision ?

– Je n’ai pas pris de décision comme tel. J’ai pris de l’information à différentes sources, je suis allé à la clinique l’Actuelle et j’ai jugé que ce n’était pas un facteur pour ne pas poursuivre ma relation avec toi et ça fini par s’intégrer tout naturellement dans ma vie et ma relation avec toi.

6. Que ferais-tu si tu l’attrapais ?

– C’est certain que je n’ai pas envie de l’attraper mais si on est encore ensemble il me semble que ce ne serait pas si pire.  N’est-ce pas ?  Qu’est ce qui se passerait Bobette au juste?  Est-ce que tu aurais peur que je te le re-transmette ?  Est-ce que ça changerait quelque chose si je l’attrapais ?
– Bien sur que non.  C’est certain que je me sentirais coupable mais, une chose est sûre : je n’aurais plus peur de te le transmettre !!!  Il faudrait seulement faire attention lors de nos crises afin d’éviter de s’auto contaminer : faudrait quand même pas jouer avec le feu !!!

– Bon alors comme je disais, je ne voudrais pas l’attraper mais si on est encore ensemble ce ne sera pas si pire.  Je ne voudrais pas être célibataire avec l’herpès.  Déjà que ce n’est pas simple de rencontrer quelqu’un sans…

7. Mets-tu ton choix en doute ?

– L’herpès n’a rien à voir là-dedans.  Si je remettais mon choix en doute ça ne serait pas à cause de ça.

8. Est-ce que tu y penses souvent ?

–  J’y pense parfois mais je ne m’en fais pas trop.  Ce n’est pas quelque chose qui me préoccupe.

9. Voudrais-tu ajouter un commentaire ?

– Oui… Tu sais Bobette, pour moi l’herpès c’est une caractéristique comme une autre. Il y a un paquet de facteurs pour lesquels on aime quelqu’un et quand on retrouve ce que l’on recherche et toutes ces petites choses qui font qu’on se sent si bien, l’herpès n’est vraiment pas un obstacle.

Je pense que je devais avoir les yeux bien humides parce qu’il m’a pris dans ses bras…

Puis oui…. Si j’étais si fébrile ce jour là c’est que j’avais une méga crise, que je me sentais hyper vulnérable et que je me percevais comme la tarte où l’herpès prend toute la place.

Et ça m’a fait tellement de bien d’entendre son témoignage…

Merci mon amoureux !

L’autre jour j’avais une discussion sérieuse avec Nitouchka :

– Tu sais Nitou, bien que je ne sois pas dans la peau de mon chum, si on inverse les rôles, j’suis pas certaine que je serais restée s’il m’avait annoncé qu’il partageait sa culotte avec notre cher coloc herpès.

– Bien moi non plus je ne sais pas ! Qu’elle me répond.  À bien y penser,  j’aurais p’t’être pris mes jambes à mon cou !

– Ouin, je n’ai jamais été mise en face du problème (étant moi même le problème) mais ouffff… Tu sais quoi ?  Je le trouve bien courageux mon Presqueparfait !

– T’as raison, ils sont braves nos amoureux !

– On n’en a jamais parlé de ça sur Monpetitbobo…

– De quoi ?

– Bien du fait que peut-être on ne serait même pas restées nous mêmes… On dit toujours que c’est pas si grave, on relate les choses de manière super positive pour ménager tout le monde mais c’est p’être pas tout-à-fait ce qu’on pense vraiment !

– Oui mais Bobette, on ne le sait pas ce qu’on aurait fait.  On est des bonnes personnes, on a de bonnes valeurs et c’est tellement dur de trouver quelqu’un qui nous plait et qui nous convient… On serait probablement restées nous aussi.

– Ouais, p’t’être bien…

Et on s’est laissé là-dessus…

Et c’est venu me tracasser……

Et j’ai réfléchi……..

Et j’en suis venue à la conclusion que je devais vraiment savoir ce qui s’était passé dans la tête de mon Presqueparfait. Pourquoi était-il resté alors qu’il ne me connaissait pas ? Que s’est-il passé au fond de lui ?  Comment on se sent quand quelqu’un qui nous attire nous dit qu’il a une its ?

Et c’est ainsi, à petits coups de questions me martelant le cerveau, qu’est née l’idée de lui passer une petite entrevue «spécial herpès» !

_________

On déjeunait. J’avais déjà préparé quelques questions.

– Mon Presqueparfait que j’aime beaucoup ?

– Oui Bobette ?

– Que dirais-tu si je te faisais passer une petite entrevue ?

– Une entrevue ?

Alors je lui explique en grandes lignes la conversation que j’avais eue avec Nitouchka et mon désir de connaître son processus de décision.

– Quand je t’ai appris que j’avais l’herpès, tu me connaissais à peine… Tu n’étais même pas impliqué émotivement.  Tu aurais pu partir, prendre tes jambes à ton cou et passer à la suivante !!!  Je veux savoir pourquoi tu es resté et pouvoir en parler à nos lecteurs. On offre toujours notre point de vue d’herpéthique et ce serait tellement fantastique de pouvoir offrir le point de vue d’une personne qui est restée.  S’il te plait mon chéri (yeux doux ici), s’il te plait !

Et il a accepté d’emblée.  Ce qu’il est merveilleux mon Ppf !

Nous en avons jasé un peu mais n’avons pas eu le temps de faire le tour de toutes mes questions et je me suis dit que, tant qu’à y être, je devrais vous soumettre ma liste de questions au cas où vous en auriez quelques pertinentes que je pourrais ajouter…

Alors la voici :

Est-ce que j’ai bien choisi le moment pour te l’annoncer ?

Est-ce que je t’ai dit les bonnes choses ?

Est-ce que ça aurait été différent si je te l’avais dit après une première relation sexuelle?

Pourquoi es-tu resté ?

Comment as-tu pris ta décision ?

Que ferais-tu si tu l’attrapais ?

Mets-tu ton choix en doute ?

Est-ce que tu y penses souvent ?

Et en finale : Est-ce que tu voudrais ajouter un commentaire ?

Voilà… Je crois que ça risque d’être étrange et bouleversant de parler de ce sujet aussi ouvertement – parce que oui, c’est toujours difficile d’en parler – mais j’ai vraiment hâte de connaître à fond son point de vue…

Bobette l’a fait au nom  de la vérité et de la confiance.  Je ne peux me targuer de tant de vertu.

Je l’ai fait par narcissisme. 

Quoi que j’exagère! 

Par une certaine forme d’exhibitionnisme peut-être? 

Pas vraiment! 

J’avais plutôt envie de me révéler un peu plus. 

Un besoin de partager une partie de moi.  De mon petit jardin secret. 

D’une part j’en avais envie. 

De l’autre, ça me gênait beaucoup. 

Récurente dualité.  

Donc poussée par l’une et retenue par l’autre j’ai fini par ne rien lui révéler.  Je l’ai juste aiguillé. 

Six mains.  De femmes.  C’est là tout ce qu’il savait.

Il a cherché. 

Il est vachement intelligent.  Ou tenace.

Il a trouvé. 

Le récit de notre rencontre.  Mon bonheur.  Le vôtre pour moi.

Et mon angoisse.  Et ma colère. 

Et, ce dont il n’était pas conscient, la place que tout ça prenait dans ma vie.

Il me l’a dit.  On en a parlé.  Un peu. 

Juste un peu parce que malgré moi, je demeure tenaillée par cette peur idiote de réveiller le monstre du lac.

Juste un peu parce qu’il ne tient pas à fouiller notre intimité.  Bien qu’elle nous rapproche.

Je me suis questionnée à savoir ce qui, dans la balance, pesait le plus. 

Le regret ou le plaisir.

Et en final, je crois que ça me plait que l’Amoureux ait trouvé le blog.

Parce qu’il me plait ce blog. 

Pour l’impression qu’il me donne de redonner un peu.

Parce qu’il me ressemble.

Et que je m’aime bien!

Je suis convaincue que plusieurs d’entre nous le font et ne le disent pas trop fort par petite gêne d’avoir l’air con mais comme il y a longtemps que mon tour de con est passé, j’ose prendre le ridicule de la chose sur mes épaules!

Alors voilà! Il m’arrive de questionner Ô Grand Prophète du Net afin d’avoir un p’tit sneakpeek sur mon avenir…

Et oui je vous jure, quand mon petit coeur a sursauté pour PresqueParfait, je suis allée consulter tout de go le divin Nguyen du net, j’ai tapé:

Mon signe, son signe —–> Enter!

Vous êtes incompatible sur toute la ligne.. Vos signes astrologiques sont dans l’opposition totale. Vous n’avez aucune chance.

Et merde!…

Mon prénom, son prénom —–> Enter!

Le tunnel sera long à parcourir… Prenez une bonne pelle, il va y avoir de quoi pelleter et si vous arrivez au bout de vos peines, il y a peut être – et je dis bien peut-être – des chances que ça fonctionne !

Fait chier!…

Mon signe chinois, son signe chinois  —–> Enter!

L’attirance est indéniable!  Vous êtes de vrais aimants….. Mais pas pour longtemps !

?!? Non mais c’est de la connerie pure. Foutaise et pipi de chat pour aliénés mentaux!

Son type, mon type  —–> Enter!

Non mais t’as pas oublié poulette, c’est un moldu ton mec !!!

Ah! Ah! Ah!  Fallait bien que je vous la serve celle-là !!!

Toujours est-il que tout ça c’est con, je sais !…. Sauf je dois quand même admettre que malgré ma non croyance à l’astrologie et à tout ce charabia ça fait un petit quelque chose de lire partout qu’on est parfaitement incompatible : la Princesse Nanane en moi aurait de loin préféré se faire dire que ce sera merveilleux, collant comme le miel de trèfles à quatre feuilles et heureux jusqu’à la fin des temps…

Et non! Nanane manquerait-elle de jugeote? Et si Nguyen disait vrai?

Que d’incertitudes…. Mais fouillons d’avantage et extirpons au plus sacrant du plus profond des tripes de la TWDVI (Triple-W de la Divination-Véritable-Infinie) la vraie vérité que Nanane veut bien entendre…

Mon nom de famille, le sien —–> Enter!

Cet homme et cette femme sont tous deux régis par les mêmes éléments. Ils sont définitivement faits l’un pour l’autre!…

O-U-I….. Je le savais!!!!

Oufff….. 😉

L’amoureux fait des feux sauvages.    On a beau savoir qu’il s’agit également d’herpès, on ne peut nier que c’est une tare beaucoup plus facile à porter que celle qui se loge dans nos culottes.

Mais quand même, d’l’herpès c’est d’l’herpès.

L’Amoureux et moi dinions au resto avec des amis.  Toute la soirée durant, j’avais cette petite irritation sur la lèvre qui m’agaçait.

De retour à la maison, je lui fais remarquer cette enflure qui grossit sur ma lèvre supérieure.

On dirait bien un feu sauvage, me fait-il remarquer innocemment.

J’éclate alors de rire.  Devant son air surpris je lui explique.

C’est bien pour dire.  En final ce ne sera pas moi qui t’aurai refilé l’herpès.  Ce sera toi qui m’aura fait cadeau d’un deuxième petit coloc!

Cette histoire aurait été bien croustillante si elle s’était avérée mais finalement, l’herpès présumé s’est révélé être une réaction allergique à une quelconque épice indienne.

N’empêche, ce n’est pas sans me rappeler que la menace n’arrive pas toujours d’où l’on croit.

Et que l’herpès prend plusieurs visages.  On a juste hérité du plus laid.

Toute vérité n’est pas bonne à dire.

Mais sur la vérité s’établit une base importante : celle de la confiance. En tout cas moi j’y crois… tellement que je me suis ouvert comme un grand livre à mon amoureux et lui ai parlé de MPB.

Et oui! Vous l’aurez deviné. Il sait maintenant comment j’ai rencontré les copines et connait l’existence de la charmante Bobette…

J’avoue que j’étais un peu angoissée à l’idée lui faire ces grands aveux mais, comme ça faisait un petit bout que j’avais envie de partager avec lui les moments touchants de la vie de Bobette et que j’assume tout à fait le personnage,  je l’ai fait…. Un peu de la même façon dont j’aurais annoncé l’existance du coloc en prenant une grande respiration et en utilisant la classique infaillible de The Herpeze Bible : «Y’a quelque chose qu’il faut que j’te dise….!»

Je lui ai aussi demandé, en toute utopie, de ne pas lire. Je lui ai dit que je préférais lui offrir une sélection de quelques articles choisis et lui ai lu, entre autres, celui ou Nitouchka l’a baptisé PresqueParfait.

Il a bien rigolé mais n’était pas certain à savoir si mon secret avoué n’aurait pas du rester secret… « Tu sais Bobette, quand on a un secret et qu’on veut qu’il le reste…. Faut pas en parler»…

C’qu’il est brillant Ppf !!!!

Ceci dit on ne lèvera pas le pari bien haut à savoir s’il le lira. J’assume qu’il lira. C’est un homme intelligent et curieux.

Mais si je vous cause de tout ça c’est que j’ai un but bien précis.  De confidence en confidence, on apprend beaucoup l’un sur l’autre…

Moi, l’herpès, je n’avais pas vraiment le choix d’en parler mais lui, il avait le choix de se taire ses secrets.

On a beau se fier à notre jugement, en relation il y a inévitablement des risques parce que des tares et des blessures sont tues.  On ne connait pas le passé des gens sauf pour ce qu’ils veulent bien nous dévoiler, au delà des dorures projetées.

L’herpès avoué, au fond, n’est-il peut-être pas si hasardeux ?

Et je crois que c’est là où réside notre problème d’estime de soi parce que nous aussi, herpétique qu’on est, on voudrait bien faire luire la perfection au delà de la brume.  Chose impossible, on le sait bien ! Alors on a tendance à se rabattre, à se diminuer et à se négocier à rabais…

Parce qu’il y aura toujours cette petite tache d’encre de vie sur nos pages blanches à écrire…

Ça, ça rend vulnérable mais il reste que pour séparer le bon grain de l’ivraie, l’herpès peut devenir un excellent filtre à morons à condition de ne pas se considérer minus…

Malheureusement ce miniminus et ce manque d’estime qu’on s’inflige soi-même on les côtoie trop souvent. Alors assumons-nous et permettons-nous donc de rayonner de mille feux, bien au delà de notre petite tache qui, au fond, n’est pas pire qu’une autre… Sauf pour la seule différence entre la nôtre et celles des autres c’est qu’on ne peut pas la cacher.  Elle n’est pas pire ou moins pire, blessante ou moins blessante, elle est juste moins discrète…

Alors brillons!  Brillons de mille feux!!!!!

Et pour en revenir à M. PresqueParfait ?  Je ne sais pas s’il nous a lu…. Mais, en accord avec les copines on est d’avis que si notre chum nous avait annoncé une pareille nouvelle, nous nous serions précipitées sur nos ordis pour faire un brin de lecture express!!!

Alors si c’est l’cas…. C’est bien tant mieux:  J’t’aime PPF!  😉

Vous connaissez l’adage : Les gens heureux n’ont pas d’histoire. Ou peu. Mon coloc se tenant peinard (et qu’il le demeure)et ma vie voguant doucement sur les eaux calmes du bonheur, du coup, je me retrouve devant un écran bien blanc lorsque vient mon tour d’alimenter nos voraces lecteurs. Gros Néant.

Jusqu’à ce que ma copine Loulou fasse la connaissance de l’Abruti.  Faut bien que ça serve les amies.

Loulou et moi avons un rendez-vous téléphonique quotidien. Pour parler de quoi? De nos déboires amoureux pardi!

Pour faire un petit retour en arrière, Loulou avait un amoureux. L’amoureux a levé les feutres. Loulou cuve sa peine depuis et en parallèle, tente sa chance sur le marché des agents libres. On ne sait jamais. Le miracle peut survenir à tout moment. Il s’est produit pour Bobette, il s’est produit pour moi, alors pourquoi pas Loulou!

L’Abruti s’est donc présenté à elle déguisé en prince charmant. Et elle est passée à deux poils près d’y croire. Sauf que l’expérience aidant (il faut bien que ça servent tous ces déboires!) elle a rapidement flairé que la couronne du prétendant, c’était que du toc!

Loulou a fait comme se doit. Après quelques rencontres, elle lui a parlé du coloc.

Le pauvre Abruti a eu un choc. La femme de sa vie (déjà après une semaine!!) était au prise avec une horrible « maladie » (ses mots!) et franchement, il ne savait pas du tout ce qu’il devait faire. On le comprend quand même. Il a beau être abruti, c’est légitime d’avoir peur de contracter l’herpès.

Il est passé par toute la gamme des émotions.  Mais surtout par le mépris.  Bien déguisé sous ses déclarations mièvreuses d’amoureux déçu. 

Il s’inquiétait de l’attraper, même avec un condom, malgré le Valtrex. Il naviguait sur les eaux de son indécision, furieux contre l’herpès, blâmant Loulou pour ses choix amoureux passés (déjà!)qui l’empêchaient de l’aimer pleinement mais assuré qu’elle l’attendrait comme une assoiffée attend le porteur d’eau puisqu’anyway, qui voudrait d’une Loulou herpétique, si belle soit elle!!

N’était-il pas le plus valeureux et généreux parti que Loulou pourrait jamais espérer avoir considérant « son état »?

Mais le truc avec l’herpès c’est qu’il n’y a pas cinquante-six solutions. Il y en a deux. Tu l’acceptes ou tu ne l’acceptes pas.

L’Abruti ne l’avait pas compris, convaincu qu’il était de faire une fleur à Loulou en ne la dumpant pas comme la vulgaire lépreuse qu’elle était.

C’était bien mal connaître sa Loulou. C’était être un abruti à la puissance dix. C’était sans savoir qu’en plus d’avoir une tête sur les épaules et une estime d’elle-même aguerrie aux idiots, Loulou porte en elle sa force et celle de toutes ses amies réunies qui ont, ensemble et en solitaire, fait l’autopsie de ce que l’on pouvait accepter au nom du coloc. 

Rien.  Pas même un abruti. 

Un soir donc, sous l’appel pressant de son système d’alarme intérieur,  Loulou a coupé court à l’indécision de l’Abruti.  Elle lui a fait savoir que, bien qu’elle respecte sa crainte qui est somme toute légitime,  elle n’accepterait jamais d’être avec quelqu’un qui craindrait tout le temps d’être infecté.  Too bad for you honey! 

On s’est bien marré sur sa réaction en rétrospective.  Le pauvre ne pouvait y croire!  Se faire dumper par une brebis galeuse.  Le comble de l’insulte! 

Mais pour Loulou, l’herpès n’était en fait qu’une belle excuse pour se débarasser plus rapidement d’un autre de ces paumés qui sévissent malheureusement sur le marché du célibat! 

Et pour franchir un pas de plus sur le chemin de l’estime de soi.

Keep on walking Loulou.  Il est quelque part sur ta route.  Suffit d’avancer.

En réponse au billet «L’amour au temps de l’herpès» nous avons reçu ce texte avec la permission de le publier. Merci à l’auteure de qui nous n’avons pas la griffe (ce n’est peut-être qu’un oubli) et qui reste donc dans l’anonymat…

N’hésitez pas à laisser vos commentaires, elle les lira très certainement!

____________

La vie est vraiment mal faite et je vais vous expliquer pourquoi je dis ça. Certains ne me comprendront pas… Normal, parce qu’en quelque part, je ne me comprends pas non plus.

Voilà. Je lis le blogue depuis assez longtemps pour en avoir bénéficié énormément et pour avoir fait un constat important : le dire et le redire est compliqué. On a peur de le rappeler, d’en rediscuter, de tout remettre en péril, etc. parce qu’en fait on a un humain devant soi et étant nous même humain, on se dit qu’on prendrait peut-être peur nous aussi devant la nouvelle et les multiples rappels qui doivent être fait.

Vous souhaitez tous avoir un copain qui n’en fera pas de cas, qui vous verra comme vous étiez avant et qui ignorera ce détail de votre vie pour qu’enfin elle redevienne à peu près normale et que son je m’en foutisme, vous l’espérez, sera contagieux. Et bien, j’ai ce copain. Mais croyez le ou non, je viens de lui péter une solide coche il y a de ça une heure, à cause de ça précisément. Son comportement ne fait pas mon affaire!

Cinglée vous me direz ? Peut-être. Je m’explique.

J’étais avec lui lorsque j’ai appris que le petit bobo que j’avais entre les jambes c’était l’herpès. Arrivée à la maison, je lui ai dit sans hésitation et lui ai expliqué ce qu’il en était. À ce moment j’affichais un certain positivisme parce que le médecin que je venais de rencontrer avait été positive. Sa réaction a été des plus banales : il a fait son vrai gars : «ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort». J’aurais très bien pu suivre son état d’âme et penser la même chose mais, non, je ne le pouvais pas.

Le lendemain, après avoir dormi là dessus, je me suis dit qu’il allait bien se réveiller. Non rien jamais, jamais rien. Et quelques jours plus tard, après avoir été positive un certain temps, j’ai pleuré toute une nuit avec lui à mes côtés. Il ne disait rien parce que fondamentalement, il ne voit pas pourquoi j’en fais un cas. Il ne comprend vraiment pas parce que pour lui, ce n’est réellement rien : ce n’est pas grave même s’il est au courant des douleurs, des médicaments à prendre chaque jour et tout.

Je suis avec un éternel positif et ça me rend folle. Je suis avec l’homme supposément parfait qui m’accepte tel que je suis et pourtant j’ai qu’une envie, c’est qu’il me dise : «Wow pauvre toi. Je t’accompagne dans la rage et je vais être frustré contre la vie un bout avec toi, tu seras pas toute seule dans ta rancœur.»

Sachez qu’être complice de l’herpès ce n’est pas seulement l’accepter, c’est le comprendre et ça malheureusement, je pense que seules les personnes prises avec une maladie peuvent comprendre ça, toutes maladies confondues. Il y a des journées comme ça où je m’ouvrirais la poitrine et que je sortirais un microscope pour essayer de le trouver le petit criss de coloc. Il est en quelque part pas trop loin je le sais !!! Je paierais des milliers de dollars pour avoir une analyse d’un de mes cheveux pour savoir à quel moment précis de ma vie je l’ai pogné. Même si on s’en fou et que ça changerait rien. JE VEUX SAVOIR. Je réussis beaucoup dans la vie, mais ça, ÇA, je n’y peux rien !!!

Qui peux comprendre ça à part vous ? À part un gars qui l’a aussi ? Je compare ça à un meurtre dont la famille veut savoir qui est le coupable, même si leur être cher est déjà décédé. ON VEUT SAVOIR. Et le jour où le coupable sera incarcéré, on sera enfin «libre», pourtant non, on ne le sera jamais réellement parce que la réalité sera toujours pareille.

Je veux le contraire de ce que vous souhaitez. Je veux un chum conscient qui va avoir un peu peur, du moins pendant une certaine période, qui va trouver ça donc plate et difficile de temps en temps. Un chum qui va comprendre comment je suis en criss de ne pas pouvoir faire l’amour un soir et que non non et NON, je n’ai pas envie que de caresse et que j’ai envie d’une vraie bonne baise sans pouvoir le faire parce que j’ai le principal intéressé qui me chauffe !!!!!!!!!!! Mon chum me dit des trucs comme « ben voyons, c’est bien pire de peser 300 lbs me semble, t’es tu vu? T’es une chicks et tous les gars te regardent tout le temps ».

SI TU SAVAIS COMMENT J’AIMERAIS PESER 300 LBS!

Je pourrais le perdre viarge !!! J’irais au gym pis je le perdrais !! L’herpès c’est irréversible !! S’il savait tout ce que j’échangerais pour ne plus l’avoir !!

Je chiale contre un gars qui a la bonté de me demander : pisss qu’est-ce que Bobette à raconter cette semaine ? Pouvez-vous le croire ?

Je l’aime mon chum. Je l’aime, mais je m’éloigne de lui parce que je me sens incomprise. Et au fond, ça doit être moi qui ne comprends pas l’amour suffisamment et que je ne comprends pas que l’amour c’est fort à ce point là. Mais pour moi, l’amour ce n’est pas diminuer ou ignorer ce qui fait partie de moi, mais c’est partager ce qui fait partie de moi. Et je ne parle pas de le transmettre évidemment, je parle de vivre la tristesse et le désarroi qu’il me fait vivre, autant que les fous rires. Je vois bien qu’avec le temps on y pense moins, mais on y pense pareil, malheureusement. Pour une personne non-atteinte, les mauvaises expériences restent là où on les a laissées et on les oublie réellement je crois. Le coloc il n’y a pas trop de façon de le laisser.

Mon commentaire : Be careful what you wish for! Présentement, je souhaite un copain qui ne va pas prendre dans ses mains le boulet accroché à mon pied, mais qui va souder une seconde chaîne à mon boulet pour prendre la difficulté à moitié. Qu’il comprenne qu’on peut diminuer son impact dans notre vie de couple sans le taire complètement. Présentement je veux ça et vous voyez, si mon copain était comme ça, bien peut-être que je voudrais qu’il revienne en arrière et qu’il continue d’agir comme si ce n’était rien.

Alors ça revient à ce que je disais… La vie est mal faite.

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

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