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Je devrais travailler.  Mais je préfère vous raconter une histoire.  Une toute jolie comme vous les aimez.

Cette histoire débute ici, avec une rencontre.  Au détour d’un blog que je visitais, écrit par un passionné d’un sujet qui me plaisait.  Le passionné et moi avons débuté un dialogue virtuel et une étincelle a jailli.  Toute petite.  Un jour, acte manqué me direz-vous, j’ai laissé un message sur son blog.  HORREUR!  Je l’ai fait, sans m’en rendre compte je vous le jure, sous l’identité de Nitouchka.  Vous comprendrez que j’ai une autre identité dans la vie et c’est sous mon identité « légale » que j’avais entrepris le dialogue avec mon passionné.  Horreur disais-je donc.  Vite vite j’ai effacé le message, espérant bien que mon correspondant n’en aurait vent.  Puis j’ai oublié ce petit incident.  Jusqu’au jour où…. Mais attendez…. Je vais le laisser vous raconter l’histoire.

Chères filles de Mon Petit Bobo,

Ça fait longtemps que je voulais vous écrire ou que j’aurais dû vous écrire. Pour plusieurs raisons en fait. Et depuis, elles ne cessent de s’accumuler ou de me rappeler que je devrais le faire.

Je suis tombé sur votre blogue il y a quelques semaines. Pas vraiment par hasard, mais presque. Quelqu’un était venu faire un tour sur mon blogue à partir du vôtre. Curieux, je suis allé vous visiter. Un blogue sur l’herpès? J’aurais jamais pensé. Je me suis mis à lire quelques billets mais surtout vos réponses aux commentaires ou questions de vos lecteurs. J’aurais dû vous écrire drette-là pour vous dire à quel point le réconfort et les encouragements que vous leur apportiez me touchaient. Je vous enviais de rejoindre autant de gens. Dans les médias, on fait l’éloge de personnes pour beaucoup moins que ça, si vous voulez mon avis…

Malgré tout, j’étais sur le point de vous oublier.

La vie en a décidé autrement. Voyez-vous j’ai rencontré une fille géniale. Vous connaître un peu plus, je vous dirais que j’espère que ce soit LA bonne.  Après s’être écrit plein de messages sans arrêt pendant deux semaines, je réussis enfin à lui soutirer une rencontre. La soirée se déroule bien et je me dis que j’aimerais bien la revoir. Mon souhait est exaucé. Une semaine et plein d’autres messages plus tard, elle vient donc souper chez moi. Le souper se déroule à merveille. On parle franchement. Le jeu de la séduction fait son oeuvre mais de part et d’autre on agit en gens civilisés. Le vin est excellent mais on n’abuse pas. Jusqu’au moment où je décide de l’embrasser… Et là mesdames ça dérape! Je vous laisse deviner la suite: je ne voudrais pas avoir l’air du gars qui se vante…

Attendez!  Laissez-moi préciser ici.  NON, je ne lui ai pas dit pour l’herpès.  Le vin, les inhibitions qui tombent…. et le déni, je dois l’admettre.   Nous avons consommé sans qu’il n’ait lu les fine prints!  Me sentais-je un peu coupable?  Même pas.  J’étais plus déçue d’avoir consommé si rapidement sans prendre le temps de le connaître que d’avoir omis de lui parler de mon coloc.  Mais bon…. Je le laisse continuer.

Le lendemain on discute du fait que faire l’amour est devenu banal. Que ça aurait peut-être été mieux d’attendre un peu avant de découvrir le jardin intime de l’autre. On est quand même intéressés l’un par l’autre et on souhaite se revoir. On se revoit une ou deux fois. Je n’arrête pas de me dire de relaxer, de ne pas partir en peur que de toute façon, c’est de moi dont il est question et qu’incessamment the shit would hit the fan et que ma belle histoire me péterait au visage. Comme ça le fait toujours depuis un peu plus d’un an.

Pourquoi je vous raconte ça?

Parce que c’est là que vous revenez dans mon histoire.

– « Je suis seule ce soir, ça te dit que j’aille te voir? »

– « C’est sûr! » (en contenant à peine ma joie)

– « J’ai quelque chose à te dire. La raison pour laquelle je te dis que j’ai quelque chose à te dire au lieu de te dire ce que j’ai à dire, c’est pour être certaine de te le dire quand j’arriverai chez toi sinon j’arriverai jamais à te le dire »

Je vous jure que c’est comme ça qu’elle me l’a dit…

« Hein? Qu’est-ce que tu as à me dire? J’achète seulement du vin ou j’achète un scotch aussi? »

45 minutes, C’est le temps qui s’écoule entre le record du monde du mot dire en une phrase et l’arrivée de celle de qui je fais tout pour ne pas tomber amoureux. C’est long, trèèès long. « J’ai quelque chose à te dire…»DIS-LE! Pas besoin de prévenir quand tu t’apprête à lâcher une bombe! Qui peut-être assez cruel pour laisser mariner l’autre comme ça? Qu’est-ce qu’elle a à m’annoncer? C’est jamais bon ce préambule. » Voilà le genre de trucs qui me viennent à l’esprit en attendant.

Elle arrive. Toujours aussi belle. Le malaise est énorme. Vite du vin!

Du vin?  Et comment!  Je ne connais pas de meilleur aidant naturel!  Enfin bref, ok!  Lui il n’a pas compris mais vous oui.  Si je ne lâche pas un éclaireur, la bombe ne suivra jamais.  Et puis 45 minutes, c’est pas si pire que ça.  J’avais beau ne pas m’être sentie coupable après qu’on ait fait l’amour, le secret me pesait lourd.  Vous savez quoi?  Même si je trouve ça horrible à dire, je préfère de loin le dire que de vivre avec le poids du non-dit.  N’empêche, la presque même nervosité qu’au premier jour m’habitait lorsque je suis arrivée chez lui.  Il me fallait laisser franchir le mot herpès de mes lèvres.  Horreur.  Nous nous sommes assis sur le divan, il a servi le vin.  Il attendait comme un condamné à mort que le couperet tombe.  Et moi, un peu cruelle, je m’enfargeais dans les mots et y allait d’un préambule qui n’en finissait plus de préambuler.  Et je lui ai dit.  Je lui ai parlé de mon petit ami.

La suite, je n’en suis plus trop certain. Comme dans les films où les voix deviennent tellement lentes qu’on ne comprend plus rien. Je perçois des mots, des bouts de phrases: « Peu importe ta réaction, elle ne peut me choquer » « Pas facile à te dire » « Herpès » Je n’ai même pas compris tout à fait comment elle l’a attrapé et tout le reste autour. Elle me demande si j’ai des questions. Et là mon cerveau se met en branle à vitesse Grand V. Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir assisté à une conférence sur les ITS où l’on avait mentionné que les feux sauvages étaient une forme d’herpès. Ou si c’est parce que j’ai déjà eu un coloc dans mes souliers de course (pied d’athlète). Ou si c’est à cause de votre blogue. Ou tout simplement parce que cette fille, j’ai vraiment le béguin pour elle. Je n’ai rien dit et je l’ai embrassée. Et je l’ai re-embrassée. Fin de la discussion.

Et là j’ai cliqué: « La fille qui est venue sur mon blogue, c’était toi! » « Le petit soulier rose, c’est toi! »

Holly fuck!  Ça y est je suis démasquée.  Il va tout lire, tout voir, tout savoir.  En ai-je vraiment envie à ce stade?  En ai-je vraiment le choix?  Ah puis merde!  La vie est trop courte.

Je ne suis pas certain mais je crois que c’est une première. Il y a peut-être de vos amoureux qui ont été sur votre blogue, pour avoir des réponses, après vous avoir rencontrées. Mais moi, j’ai eu les réponses avant même d’avoir les questions! (Et avant même d’être un amoureux…) Le fait d’être allé sur MPB a sans contredit teinté ma réaction. Merci.

Si j’avais été le moindrement chanceux, la première fois où je vous ai visité, je serais tombé sur le billet qui explique comment annoncer qu’on a l’herpès. Voyez-vous, j’aurais aimé savoir que « J’ai quelque chose à te dire » est un code. Ça m’aurait évité de m’en faire comme c’est pas permis. Je propose d’ailleurs un amendement à votre Herpize Bible: IL NE PEUT S’ÉCOULER PLUS DE TRENTE SECONDES ENTRE LA FIN DE LA PHRASE ET LA PRÉSENTATION DU COLOC! Comme ça, on évitera que quelqu’un dise « j’ai quelque chose à te dire » en étant à Matane à un autre qui habite Dolbeau. Patienter le temps que l’autre fasse le trajet entre Matane et Dolbeau, pour savoir ce dont il est question c’est oublier à quel point le temps nous ronge lorsqu’on attend.

En ce qui me concerne, je vis très bien avec le délai de 45 minutes mais ça demeure le privilège de chacun d’y mettre le délai qu’il veut. Et puis à s’attendre au pire, l’herpès peut du coup s’avérer un moindre mal! hé! hé!

Pour le reste, vous êtes vraiment géniales. J’ai passé de longues heures à vous lire. J’apprécie votre sincérité, votre franchise, votre délicatesse, votre humour mais surtout le temps que vous y consacrez: bref, je vous aime! Pas toutes de la même manière, mais quand même. Et je vous assure que ne suis pas du genre à lancer des « Je t’aime » comme ça.

C’est pas vrai!  Il me l’a déjà dit! 😉

Il y a quelques mois de ça, les filles de MPB avaient reçu une demande qui nous a fait drôlement plaisir.  Un magazine bien connu  voulait savoir ça se vit comment une ITS après 35 ans et apparemment, ils n’étaient pas légion à vouloir témoigner.

Alors on nous a sollicitées.  Et nous, on aime ça jaser de notre expérience.  Encore plus lorsqu’on sait que ça aidera d’autres personnes aux prises avec un petit coloc indésirable.  C’est donc pour ça que ça nous a fait drôlement plaisir.

Toute heureuse de cette demande inattendue, j’en fais pars à l’Amoureux entre un verre de blanc et le meilleur poisson à l’aneth qu’il ait jamais fait :

L’Amoureux : Ils vont te nommer et tout…?!?!

Nitouchka : Non quand même.  Ça va se faire sous le couvert de l’anonymat.  T’inquiète!

L’Amoureux : Oh! moi ça ne me dérange pas.  C’est toi, ton affaire.

Nitouchka :  Ça te dérange pas?

L’Amoureux pas trop convaincant :  Non.

Nitouchka : Come on!  Imagine que j’aie ma tête sous la légende :  Nitouchka vit très bien avec son herpès. Du coup, ta mère, tes amis, tes collègues, ton ex, tes enfants….et les miens, et ma famille et ……..Halleluia!!  Ça ne serait plus juste MON affaire.

L’Amoureux : Ouais……….

Nitouchka : Ça ne te dérangerait pas?

L’Amoureux : Nnn….oui!

Nitouchka : Me semblait aussi! Anyway c’est pas demain que tu seras le conjoint d’une vedette vénérienne.  Tu peux dormir tranquille.  Je n’ai pas l’intention de devenir l’herpétique de service.   Tu me remplis mon verre?

Finalement, l’histoire n’est jamais parue dans le fameux magazine et le sujet a glissé sous le tapis.

Jusqu’à ce que Josianne le ramène.  Les filles, a-t-elle demandé, vous seriez prêtes à devenir « publiques » pour pouvoir aider des gens?

Bobette a émis quelques doutes, du genre: « j’sais pas…. ça dépend….. »!  Quant à moi, la réponse a fusé franche et claire: NON!

Aucune tribune, dut-ce être Guy A. ou Oprah, ne justifiera que je m’affiche grand publique.  Jamais. 

Parce que malgré tout, malgré les belles paroles et les bonnes intentions, malgré ce qu’on prône et ce qu’on voudrait tant, malgré nos efforts virtuels anonymes, malgré ces fous qui nous aiment, malgré nous, il n’est malheureusement pas encore arrivé le temps où l’herpès ne sera plus synonyme de honte.  Mais on y travaille.  Tranquillement! 🙂

L’autre jour, Meilleur Ami, celui de l’Amoureux, me lance tout bonnement, entre une Heineken et un Daiquiri aux fraises:

–          Nitouchka je voulais te féliciter!

–          Ah bon!?  (J’ai gagné quoi?)

–          Je voulais te féliciter pour ton site.  Mon Petit Bobo.

–          Hey ben……(Malaise!  On a beau dire, j’ai encore une grosse certaine gêne à parler de ma « condition »!)… merci.

–          C’est vraiment super ce que vous faites.  J’ai vu qu’il y avait beaucoup de monde qui vous écrivaient et que vous semblez aider.

–          (Avec un détachement tout ce qu’il y a de plus simulé.  Dans le genre, moi l’herpès, pfff……!) En effet.  On est bien heureuses.  Tu en as parlé à Philomène? ( Cette Philomène)

 –          Oui je lui en ai parlé et je lui ai refilé le lien.

 –          C’est bien! (Ok on peut tu passer à autre chose?  Un autre daiquiri genre? 

                        *****************************************

En débutant ce blog nous voulions  présenter une facette moins dramatique de l’herpès, plus humaine.  Je crois bien que nous y sommes arrivées. 

Et comme avec tous les succès, on a eu envie de le partager.  Mais du coup, avec tous ces amis, ces proches et ces amoureux qui peuvent mettre un visage aux avatars de ce blog,  une petite gêne s’est installée et avec elle,  une certaine forme de censure. 

Jusqu’où peut-on raconter des anecdotes de notre intimité sans être déplacées, sans froisser, sans impliquer des gens que d’autres pourraient reconnaitre.

                  *********************************************

Plus tard.  Seule avec l’Amoureux.

–         J’étais un peu mal à l’aise tout à l’heure avec l’Ami. 

–         Ah oui pourquoi?

–         Ça me rend mal à l’aise d’une part de parler d’herpès avec lui, et d’autre part, de savoir qu’il peut lire toutes ces histoires sur ma vie privée.  C’était sensé être un truc anonyme et là j’ai l’impression que je vais devoir faire attention à ce que j’écris.

–         Je comprends.  D’ailleurs il s’est reconnu dans l’histoire du wetsuit.

–         NONNNN!

–         Oui. 

–         Merde!!!

–         Mais il a aimé la conclusion, lorsque tu dis que tu ne lui en veux pas et que tu aurais pu faire la même chose.

–         Quand même…. Fiou!  Tu crois que je devrais enlever le paragraphe où je dis que dans le fond, il n’a jamais vraiment été amoureux de Philomène?   Parce que si elle aussi se reconnait il est mal barré.

–         Mouais…………

                  *****************************************

Après que mon petit hamster ait brûlé les bering de sa roue et ait frôlé la crise cardiaque j’ai fini par conclure.  Et puis merde!  C’est mon blog après tout. 

Alors sachez que les noms ont tous été changés mais que toute ressemble avec des personnes connues pourrait ne pas être fortuite. Et j’y peux rien. Gnan!

On en a tous un. 

Pour beaucoup d’entre nous ici, c’est l’herpès. 

Certains le voient comme une palissade infranchissable, une muraille de pierre qui nous condamne à vivre en périphérie de la vie. 

Pour d’autres, c’est un petit muret qui se dresse à certains moments sur notre chemin et que nous traversons, péniblement ou sereinement.  C’est selon.

Nous en sommes les artisans et nous le forgeons de la matière dont nous voulons, consciemment ou inconsciemment.

Le mur.  Ce sacré mur.  C’est ma copine Loulou qui l’a baptisé ainsi. 

Lorsqu’on rencontre quelqu’un, on a tendance à se barricader derrière, ce grand mur en forme de H, convaincus qu’il n’en existe pas de plus laid, de plus infranchissable.  Tellement tournés sur sa petite misère qu’on oublie qu’un mur peut prendre bien d’autres visages. 

C’est les histoires combinées de May et de Loulou qui m’ont fait réfléchir au mur. 

Terrifiée à l’idée d’être rejetée, May a choisi d’annuler un rendez-vous.  Elle s’est emmurée derrière le grand H.

Loulou quant à elle, a eu une date avec un gentil garçon.  Il lui plaisait drôlement et il semblait partager cet engouement.  Pourtant, Loulou a senti la muraille qui se dressait tout autour de lui.  Une muraille qu’il n’a pas franchie.  Une muraille que Loulou a sagement décidé de ne pas percer.

Il est disparu et on a jamais su pourquoi. 

Il existe 100, 1000, 10 000 raisons de se voir comme une marchandise avariée.  Et l’herpès n’est pas la moindre. Quel était son mur?  Lui seul le sait. 

Notre mur semble toujours à nos yeux, le plus infranchissable, le plus hideux.  Et pourtant.

J’ai connu quelqu’un qui refusait de rencontrer, convaincue qu’elle était qu’aucun homme ne voudrait d’une femme monoparentale avec 3 enfants à charge à temps plein.  C’était son mur.  Elle le voyait de béton armé.

J’ai connu également une maman débordée par les soins que demande un enfant trisomique alors que le papa est disparu du portrait, qui se refusait à toute avance puisqu’elle se jugeait non aimable.

Loulou quant à elle, a connu un type qui croulait sous les dettes, incapable de gérer son trouble compulsif qui le poussait à acheter constamment et qui l’empêchait de créer des liens véritables avec une amoureuse.

J’ai aussi connu quelqu’un qui croyait qu’il n’existait pas de plus grand obstacle que sa phobie sociale, ce secret qu’il arrivait à révéler mais toujours rongé par la peur d’être rejeté.  On connait n’est-ce pas?

Et que dire de cette jeune fille magnifique qui s’est vendue à rabais à un idiot, convaincue de ne pouvoir mériter mieux tellement elle était envahie par sa phobie d’avoir mauvaise haleine.

Qu’on soit gros, malade, désorganisé, les raisons sont infinies lorsque vient le temps de se convaincre qu’on ne peut être aimé. 

Et pourtant. 

Imaginez un instant :  et si le gentil garçon que Loulou a rencontré avait en fait été terrifié à l’idée de lui annoncer qu’il avait l’herpès?  Et s’il avait préféré couper les ponts avec elle plutôt que de faire face à la musique? 

Vous saisissez l’ironie de la chose?  Dans cette perspective, quelle belle occasion il a laissé passer.  Quelle tristesse aussi.

Et si le prétendant de May avait également eu l’herpès?  Ou n’importe quel autre mur qui l’aurait rendu sensible à sa réalité?

Mais on ne saura pas.

Combien d’occasions avons-nous ainsi manquées dans notre vie, coincés derrière le mur qu’on s’est construit?

___________________________________

Je cite May ici (et elle me pardonnera j’espère) mais ça aurait pu être moi, Bobette, Amétys et beaucoup d’entre vous j’en suis convaincue.

Je suis convaincue que plusieurs d’entre nous le font et ne le disent pas trop fort par petite gêne d’avoir l’air con mais comme il y a longtemps que mon tour de con est passé, j’ose prendre le ridicule de la chose sur mes épaules!

Alors voilà! Il m’arrive de questionner Ô Grand Prophète du Net afin d’avoir un p’tit sneakpeek sur mon avenir…

Et oui je vous jure, quand mon petit coeur a sursauté pour PresqueParfait, je suis allée consulter tout de go le divin Nguyen du net, j’ai tapé:

Mon signe, son signe —–> Enter!

Vous êtes incompatible sur toute la ligne.. Vos signes astrologiques sont dans l’opposition totale. Vous n’avez aucune chance.

Et merde!…

Mon prénom, son prénom —–> Enter!

Le tunnel sera long à parcourir… Prenez une bonne pelle, il va y avoir de quoi pelleter et si vous arrivez au bout de vos peines, il y a peut être – et je dis bien peut-être – des chances que ça fonctionne !

Fait chier!…

Mon signe chinois, son signe chinois  —–> Enter!

L’attirance est indéniable!  Vous êtes de vrais aimants….. Mais pas pour longtemps !

?!? Non mais c’est de la connerie pure. Foutaise et pipi de chat pour aliénés mentaux!

Son type, mon type  —–> Enter!

Non mais t’as pas oublié poulette, c’est un moldu ton mec !!!

Ah! Ah! Ah!  Fallait bien que je vous la serve celle-là !!!

Toujours est-il que tout ça c’est con, je sais !…. Sauf je dois quand même admettre que malgré ma non croyance à l’astrologie et à tout ce charabia ça fait un petit quelque chose de lire partout qu’on est parfaitement incompatible : la Princesse Nanane en moi aurait de loin préféré se faire dire que ce sera merveilleux, collant comme le miel de trèfles à quatre feuilles et heureux jusqu’à la fin des temps…

Et non! Nanane manquerait-elle de jugeote? Et si Nguyen disait vrai?

Que d’incertitudes…. Mais fouillons d’avantage et extirpons au plus sacrant du plus profond des tripes de la TWDVI (Triple-W de la Divination-Véritable-Infinie) la vraie vérité que Nanane veut bien entendre…

Mon nom de famille, le sien —–> Enter!

Cet homme et cette femme sont tous deux régis par les mêmes éléments. Ils sont définitivement faits l’un pour l’autre!…

O-U-I….. Je le savais!!!!

Oufff….. 😉

J’étais décidée.  Décidée mais crispée  jusqu’au bout des cheveux.  Il m’a embrassée, fait du thé, embrassée de nouveau,  souri, rerembrassée encore et m’a dit de prendre mon temps si ça m’angoissait autant.

Finalement,  devant ma nervosité et avant que je ne mette en lambeau le Fred Poulet que je triturais comme de la pâte à modeler qu’on cherche à ramollir, il a imposé son véto. 

– Ok vas-y!  Qu’est-ce que tu veux me dire?

J’ai péniblement extirpé du fond de mes entrailles le petit laïus que je m’étais récité comme un mantra toute la journée; dans le traffic, en lisant mes rapports, en lunchant,  en courant sur le treadmill, en faisant claquer mes talons jusque chez lui et en attendant qu’il ouvre la porte.

– Hey bien, a-t-il dit surpris, je suis déstabilisé.  Pas par ce que tu as mais parce que je m’attendais tellement à autre chose. 

– Genre?

– Genre…. je sais pas……….genre j’ai la facheuse manie de croquer les pénis lorsque je deviens trop excitée par exemple.

– …………

– Mais si c’est juste ça et que mon pénis demeure intact, il n’y a aucune raison de s’en faire.   Rien pour se faire du sang de cochon anxieux et rien pour tourner les talons surtout.

– …… tu n’as pas de question?

– Qu’est-ce que je devrais savoir?

********************************************

Je suis aux anges, je n’ai pas dormi de la nuit et j’ai un vilain rhume.  La vie est belle.

– Alors on se voit lundi?

– Oui.  J’ai hâte.  J’ai quelque chose à te dire.

– Ah oui?

– Oui il y a quelque chose que je tiens à te dire.

– Que tu ne peux me dire maintenant?

– Non.  Pas au téléphone.

– Je suis curieux, a-t-il dit un soupçon d’inquiétude dans la voix, mais je n’ai pas de problème à attendre. 

– On se voit lundi alors.

– J’ai hâte de te voir.

– Moi aussi.

Voilà, je ne peux plus reculer maintenant.

Chers lecteurs,

Je suis désolée.  Je sais que vous aviez tous sans doute très hâte de savoir comment s’était passée cette soirée de dévoilement.  Je viens à vous bien penaude.  Je me suis dégonflée.  Totalement.  Incapable.  Figée.  Chicken à l’os.

Plus le moment approchait, plus l’angoisse montait.  Pourtant dans la journée j’avais bien mis en place mon scénario, choisi les mots, imaginé la scène, mis au point des mécanismes pour faire diminuer l’angoisse.  J’avais même fait une répet avec Loulou.  Une vraie pro croyais-je.  Je suis si habile lorsque vient le temps de conseiller les autres mais je suis pourrie dans l’art d’appliquer mes propres conseils.

À quelques minutes de l’heure H, alors que je me dirigeais vers le lieu de notre rencontre, la panique s’est emparée de moi.  Les crampes, l’angoisse.  Jamais je ne serais capable.  Bobette, Amétys, Loulou, Miss Sagesse, je les ai toutes appelées à la recherche du courage qui fuyait à tout vent.

Je ne sais pas si je cherchais de l’aide ou plutôt une raison pour me dégonfler mais lorsque Loulou m’a dit de me calmer et qu’au pire du pire, je pouvais à la dernière minute décider de ne pas lui dire, j’ai sauté là -dessus comme un ballon s’écrase sur une aiguille.  Pouf!  J’ai su que je ne le ferais pas. 

J’ai joué les demis prudes.  Maintenant je regrette.  Putain je regrette.  On fait comment pour connecter avec quelqu’un quand un gros éléphant se trouve entre nous?

Chaque moment qui passe rend la chose plus difficile encore.   On dirait que dans ce domaine, l’expérience ne compte pas.  Chaque fois on recommence à zéro.  Chaque fois c’est aussi souffrant.  Malgré les belles expériences.  Me voilà même à me questionner si dans le fond, il me plait vraiment.  Si ça vaut le coup que je m’occasionne une telle torture. 

Mais je sais que, j’ai beau me négocier, rendu ici peu importe, il me faut sauter car j’ai l’impression que si je ne le fais pas maintenant  je n’y arriverai plus jamais.

Alors chers lecteurs, ce n’est que partie remise.  Il faut ce qu’il faut et je le ferai.  Je le ferai.  Rendez-vous à l’épisode 4.

Et bien voilà, c’est ce soir.  

Habituellement je ne suis pas si rapide.  J’aime bien évaluer.  Mais là, j’ai déjà brûlé toutes les étapes, trahi mes beaux principes, pris des risques au lieu de mon temps.

Alors c’est tant pis.  Ça passe ou ça casse.  Ce soir.

Il n’était pas encore 18h00.  La soirée était embryonnaire.  L’ardoise toute propre.  Les possibilités infinies.

Amétys m’a déposée devant le restaurant où il m’avait donné rendez-vous, me libérant ainsi de mes obligations de conducteur responsable.  Comme si je savais d’avance que j’allais abuser du Syrah que je trainais avec moi.  Comme si j’avais inconsciemment décidé que ce soir là, je serais irresponsable. 

C’était notre deuxième rencontre et juste le fait  d’avoir attendu impatiemment ce moment me remplissait de joie.  Il y avait si longtemps que quelqu’un ne m’avait pas donné envie de le revoir.

Une bouteille et deux assiettes nous séparaient comme il l’avait souhaité.  Je me sentais bien.  Autant qu’on puisse l’être lors de ces rencontres.  Un peu carrée.  Mais bien. 

Plus la soirée avançait, plus le vin descendait.  Et plus il descendait, plus j’allais bien.  Trop peut-être.

On a marché jusque chez lui, enveloppés par la douceur de cette soirée d’été inespérée.  Montréal semblait transportée par un courant fébrile, surprise et enchantée par ce cadeau de Mère Nature.  Et surprise et enchantée, je l’étais tout autant.  Il y avait si longtemps que je n’avais pas moi-même vibré.

J’avais mal aux pieds dans mes petits souliers de matante tout neufs mais j’étais heureuse.  Sa voix était douce, sa présence rassurante.  Et la dernière fois où j’avais autant eu envie de suivre quelqu’un me semblait relever d’une autre vie.

Moi dans son hamac, lui sur une chaise, nous avons siroté un martini.  Puis deux.  Puis trois.  Puis j’ai arrêté de compter. 

J’avais envie de son odeur, de ses mains, de sa bouche, de sa présence.  Et noyée dans mon désir et l’alcool, j’ai arrêté de réfléchir sainement.  J’ai tourné la switch à off.  Celle du bon sens.

Il est venu me rejoindre dans le hamac. 

Le reste relève de l’intimité et des vagues souvenirs que j’ai pu sauver des vapeurs éthyliques.

J’ai brûlé toutes les étapes.  Celles qu’on doit respecter lorsque quelqu’un nous plait vraiment.  J’ai brûlé toutes les étapes normales et celles aussi qu’impose ce putain de petit intrus. 

Et me voilà avec le poids de mon secret.  Alors qu’on se connaît si peu, si mal, alors qu’on a déjà fait l’amour, alors que j’ai envie d’une troisième fois – au moins – je dois lui parler du petit merdeux qui partage la culotte qu’il a si bien visitée.

Il n’y avait pas que l’été d’hâtif ce soir là. 

Puisse cette hâte avorter de l’échec.

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

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Tout d'abord bienvenue chez MPB! Afin de vous aider à nous connaître un peu et à en comprendre d’avantage sur notre situation, nous vous invitons à commencer la lecture de notre blogue par l'onglet «Billets choisis». Bonne visite!

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