You are currently browsing the category archive for the ‘Rencontres’ category.

Je devrais travailler.  Mais je préfère vous raconter une histoire.  Une toute jolie comme vous les aimez.

Cette histoire débute ici, avec une rencontre.  Au détour d’un blog que je visitais, écrit par un passionné d’un sujet qui me plaisait.  Le passionné et moi avons débuté un dialogue virtuel et une étincelle a jailli.  Toute petite.  Un jour, acte manqué me direz-vous, j’ai laissé un message sur son blog.  HORREUR!  Je l’ai fait, sans m’en rendre compte je vous le jure, sous l’identité de Nitouchka.  Vous comprendrez que j’ai une autre identité dans la vie et c’est sous mon identité « légale » que j’avais entrepris le dialogue avec mon passionné.  Horreur disais-je donc.  Vite vite j’ai effacé le message, espérant bien que mon correspondant n’en aurait vent.  Puis j’ai oublié ce petit incident.  Jusqu’au jour où…. Mais attendez…. Je vais le laisser vous raconter l’histoire.

Chères filles de Mon Petit Bobo,

Ça fait longtemps que je voulais vous écrire ou que j’aurais dû vous écrire. Pour plusieurs raisons en fait. Et depuis, elles ne cessent de s’accumuler ou de me rappeler que je devrais le faire.

Je suis tombé sur votre blogue il y a quelques semaines. Pas vraiment par hasard, mais presque. Quelqu’un était venu faire un tour sur mon blogue à partir du vôtre. Curieux, je suis allé vous visiter. Un blogue sur l’herpès? J’aurais jamais pensé. Je me suis mis à lire quelques billets mais surtout vos réponses aux commentaires ou questions de vos lecteurs. J’aurais dû vous écrire drette-là pour vous dire à quel point le réconfort et les encouragements que vous leur apportiez me touchaient. Je vous enviais de rejoindre autant de gens. Dans les médias, on fait l’éloge de personnes pour beaucoup moins que ça, si vous voulez mon avis…

Malgré tout, j’étais sur le point de vous oublier.

La vie en a décidé autrement. Voyez-vous j’ai rencontré une fille géniale. Vous connaître un peu plus, je vous dirais que j’espère que ce soit LA bonne.  Après s’être écrit plein de messages sans arrêt pendant deux semaines, je réussis enfin à lui soutirer une rencontre. La soirée se déroule bien et je me dis que j’aimerais bien la revoir. Mon souhait est exaucé. Une semaine et plein d’autres messages plus tard, elle vient donc souper chez moi. Le souper se déroule à merveille. On parle franchement. Le jeu de la séduction fait son oeuvre mais de part et d’autre on agit en gens civilisés. Le vin est excellent mais on n’abuse pas. Jusqu’au moment où je décide de l’embrasser… Et là mesdames ça dérape! Je vous laisse deviner la suite: je ne voudrais pas avoir l’air du gars qui se vante…

Attendez!  Laissez-moi préciser ici.  NON, je ne lui ai pas dit pour l’herpès.  Le vin, les inhibitions qui tombent…. et le déni, je dois l’admettre.   Nous avons consommé sans qu’il n’ait lu les fine prints!  Me sentais-je un peu coupable?  Même pas.  J’étais plus déçue d’avoir consommé si rapidement sans prendre le temps de le connaître que d’avoir omis de lui parler de mon coloc.  Mais bon…. Je le laisse continuer.

Le lendemain on discute du fait que faire l’amour est devenu banal. Que ça aurait peut-être été mieux d’attendre un peu avant de découvrir le jardin intime de l’autre. On est quand même intéressés l’un par l’autre et on souhaite se revoir. On se revoit une ou deux fois. Je n’arrête pas de me dire de relaxer, de ne pas partir en peur que de toute façon, c’est de moi dont il est question et qu’incessamment the shit would hit the fan et que ma belle histoire me péterait au visage. Comme ça le fait toujours depuis un peu plus d’un an.

Pourquoi je vous raconte ça?

Parce que c’est là que vous revenez dans mon histoire.

– « Je suis seule ce soir, ça te dit que j’aille te voir? »

– « C’est sûr! » (en contenant à peine ma joie)

– « J’ai quelque chose à te dire. La raison pour laquelle je te dis que j’ai quelque chose à te dire au lieu de te dire ce que j’ai à dire, c’est pour être certaine de te le dire quand j’arriverai chez toi sinon j’arriverai jamais à te le dire »

Je vous jure que c’est comme ça qu’elle me l’a dit…

« Hein? Qu’est-ce que tu as à me dire? J’achète seulement du vin ou j’achète un scotch aussi? »

45 minutes, C’est le temps qui s’écoule entre le record du monde du mot dire en une phrase et l’arrivée de celle de qui je fais tout pour ne pas tomber amoureux. C’est long, trèèès long. « J’ai quelque chose à te dire…»DIS-LE! Pas besoin de prévenir quand tu t’apprête à lâcher une bombe! Qui peut-être assez cruel pour laisser mariner l’autre comme ça? Qu’est-ce qu’elle a à m’annoncer? C’est jamais bon ce préambule. » Voilà le genre de trucs qui me viennent à l’esprit en attendant.

Elle arrive. Toujours aussi belle. Le malaise est énorme. Vite du vin!

Du vin?  Et comment!  Je ne connais pas de meilleur aidant naturel!  Enfin bref, ok!  Lui il n’a pas compris mais vous oui.  Si je ne lâche pas un éclaireur, la bombe ne suivra jamais.  Et puis 45 minutes, c’est pas si pire que ça.  J’avais beau ne pas m’être sentie coupable après qu’on ait fait l’amour, le secret me pesait lourd.  Vous savez quoi?  Même si je trouve ça horrible à dire, je préfère de loin le dire que de vivre avec le poids du non-dit.  N’empêche, la presque même nervosité qu’au premier jour m’habitait lorsque je suis arrivée chez lui.  Il me fallait laisser franchir le mot herpès de mes lèvres.  Horreur.  Nous nous sommes assis sur le divan, il a servi le vin.  Il attendait comme un condamné à mort que le couperet tombe.  Et moi, un peu cruelle, je m’enfargeais dans les mots et y allait d’un préambule qui n’en finissait plus de préambuler.  Et je lui ai dit.  Je lui ai parlé de mon petit ami.

La suite, je n’en suis plus trop certain. Comme dans les films où les voix deviennent tellement lentes qu’on ne comprend plus rien. Je perçois des mots, des bouts de phrases: « Peu importe ta réaction, elle ne peut me choquer » « Pas facile à te dire » « Herpès » Je n’ai même pas compris tout à fait comment elle l’a attrapé et tout le reste autour. Elle me demande si j’ai des questions. Et là mon cerveau se met en branle à vitesse Grand V. Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir assisté à une conférence sur les ITS où l’on avait mentionné que les feux sauvages étaient une forme d’herpès. Ou si c’est parce que j’ai déjà eu un coloc dans mes souliers de course (pied d’athlète). Ou si c’est à cause de votre blogue. Ou tout simplement parce que cette fille, j’ai vraiment le béguin pour elle. Je n’ai rien dit et je l’ai embrassée. Et je l’ai re-embrassée. Fin de la discussion.

Et là j’ai cliqué: « La fille qui est venue sur mon blogue, c’était toi! » « Le petit soulier rose, c’est toi! »

Holly fuck!  Ça y est je suis démasquée.  Il va tout lire, tout voir, tout savoir.  En ai-je vraiment envie à ce stade?  En ai-je vraiment le choix?  Ah puis merde!  La vie est trop courte.

Je ne suis pas certain mais je crois que c’est une première. Il y a peut-être de vos amoureux qui ont été sur votre blogue, pour avoir des réponses, après vous avoir rencontrées. Mais moi, j’ai eu les réponses avant même d’avoir les questions! (Et avant même d’être un amoureux…) Le fait d’être allé sur MPB a sans contredit teinté ma réaction. Merci.

Si j’avais été le moindrement chanceux, la première fois où je vous ai visité, je serais tombé sur le billet qui explique comment annoncer qu’on a l’herpès. Voyez-vous, j’aurais aimé savoir que « J’ai quelque chose à te dire » est un code. Ça m’aurait évité de m’en faire comme c’est pas permis. Je propose d’ailleurs un amendement à votre Herpize Bible: IL NE PEUT S’ÉCOULER PLUS DE TRENTE SECONDES ENTRE LA FIN DE LA PHRASE ET LA PRÉSENTATION DU COLOC! Comme ça, on évitera que quelqu’un dise « j’ai quelque chose à te dire » en étant à Matane à un autre qui habite Dolbeau. Patienter le temps que l’autre fasse le trajet entre Matane et Dolbeau, pour savoir ce dont il est question c’est oublier à quel point le temps nous ronge lorsqu’on attend.

En ce qui me concerne, je vis très bien avec le délai de 45 minutes mais ça demeure le privilège de chacun d’y mettre le délai qu’il veut. Et puis à s’attendre au pire, l’herpès peut du coup s’avérer un moindre mal! hé! hé!

Pour le reste, vous êtes vraiment géniales. J’ai passé de longues heures à vous lire. J’apprécie votre sincérité, votre franchise, votre délicatesse, votre humour mais surtout le temps que vous y consacrez: bref, je vous aime! Pas toutes de la même manière, mais quand même. Et je vous assure que ne suis pas du genre à lancer des « Je t’aime » comme ça.

C’est pas vrai!  Il me l’a déjà dit! 😉

Ah l’herpès, l’herpès, l’herpès!  Mais quand allons-nous arrêter d’en parler?

Got news for you;  Jamais!  En tout cas, pas ici sur MPB car c’est la seule et unique raison d’être de ce blogue: parler d’herpès!  Alors les  amateurs de course ou les adeptes de scrapbooking peuvent passer leur chemin….à moins qu’ils aient des intérêts dans notre petit business.  L’un n’empêchant pas l’autre bien entendu.

Pour ceux qui restent, parlons herpaizzzze!

Je serai peut-être redondante parce que tout ce que j’avais à dire sur le sujet, je l’ai, à peu de mots près, écrit ici.  Mais je me suis dit que de nouvelles tournures de phrases ne seraient pas sans vous déplaire.  Vous avez besoin d’entendre parler d’herpès et, ô lecteurs avides de nos croustillantes histoires licencieuses, vous  avez probablement déjà tout lu et relu ce qu’on a pu écrire jusqu’à ce jour.  Laissez-moi  donc vous égayer de mes dernières réflexions sur l’infâme.

J’en ai déjà fait mention dans mes derniers commentaires mais pour le lecteur paresseux qui se contente uniquement de lire nos délicieux billets en laissant de côté les propos avisés de nos lecteurs, je vais me répéter:  J’ai réintégré mes souliers de célibataire.  Hé oui!  J’ai abandonné les élimés moelleux baskets de la vie à deux pour rechausser les égrillards douloureux stilettos du célibat.

Misère me direz-vous!

Et bien NON!  En fait, je vous répondrais que c’est une question de point vue car le célibat en soi peut s’avérer ressourçant,  voire même divertissant.  Là par contre où le bât blesse pour vous et moi c’est que ce nouvel ordre des choses implique que l’on doive tôt ou tard renouer avec notre misérable petit casse-pied de la culotte afin de l’introduire à un nouveau prétendant.  Et ça, on ne se le cachera pas et on ne s’enfargera pas dans le choix des mots, ça fait ch….suer!!

Célibataire vous ai-je dit?  Bien en fait je vous dirais… un peu moins. Ou si peu.  C’est fou tout ce qui peut se passer entre le moment où on commence un billet et celui où on le finit.  Un monde.  Un homme aussi.  Je vous raconterai c’est certain.  Je vous connais vous allez A-D-O-R-E-R!!  Mais une autre fois car là n’est pas mon propos du jour.

Vous les connaissez les aléas de ces nouvelles rencontres.  Il y a l’angoisse de l’annonce, il y a l’annonce et il y a la suite, la réaction de l’autre.  En revivant pour la Xième fois (j’ai compté; c’était la 5e) ces douloureux moments  j’ai réalisé une chose : le drame ce n’est pas d’avoir l’herpès.  Le drame c’est de DIRE qu’on a l’herpès.  Et tout l’odieux de ce virus est contenu dans cette nuance.

TOUTES les fois où j’ai eu à le dire j’ai revécu la même chose.  D’abord cette terrible anxiété de devoir introduire notre petit ami,  l’envie de mettre fin à ce début de relation juste pour ne pas avoir à parler du coloc. Parce chance à cette étape,  il y a les copines pour nous crinquer le moral.

Ensuite ce moment terrible où face à l’autre, il faille extraire de sa bouche ce douloureux aveu.  La haine de ce mot si laid, si incongru sur mes lèvres, la honte,  ô oui la honte, de s’associer à notre corps défendant à cette « maladie honteuse » ?

Notre copine Amétys (oui elle existe encore!!) a trouvé une analogie qui ma foi, bien que très vulgaire et à la limite de l’abjecte, exprime avec une profonde justesse l’inconfort de la situation.

« Dire qu’on a l’herpès c’est un peu comme chier devant quelqu’un;  PERSONNE ne veut avoir à faire ça! »

Nous aurions pu vous éviter ce parallèle scabreux en comparant le malaise de DIRE qu’on a l’herpès aux souffrances d’un accouchement mais on s’entend que ce n’est pas d’un joli petit bébé qu’on parle ici.  C’est drôlement plus laid et s’apparente définitivement plus aux analogies d’Amétys qu’à la beauté d’un enfantement.

De tous les inconvénients d’avoir l’herpès, c’est le seul qui m’atteigne vraiment.  Ma douleur c’est d’extraire ces mots de ma bouche.  De me placer dans une extrême position de vulnérabilité et de faiblesse.  Pour le court instant où ces mots franchissent ma bouche.

Parce qu’après, après ce pénible aveu, je ressens toujours un immense soulagement.  Une force tranquille.  Une certitude.  Celle que la seule chose qui puisse m’atteindre c’est la gentillesse, la compassion et le respect de l’autre.

Son jugement, son rejet, voire même son dégoût ne sauraient trouver leur chemin jusqu’à moi.  Pourquoi?  Parce qu’il y a eu cette première fois où j’ai eu à l’annoncer et où j’ai compris que je n’étais pas ce petit virus,  qu’il était un petit détail insignifiant dans l’ensemble de ce que je suis.  Il y a eu cette tendresse, ce respect qu’on m’a démontré à toutes les fois.  Et que celui qui ne saurait faire face à ce petit inconvénient wouldn’t be strong enough to be my man anyway!

Mais pour en venir à ce moment il faut le DIRE!

Et dire on doit.  Et dire je fus.  Mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterai.  Vous ai-je dit que vous alliez l’aimer?

Il y a un commentaire qui a retenu mon attention et c’est celui de Monsieur B.  Pertinent, lucide, logique et tout à fait normal.  L’herpès ça fait peur.

J’avais envie de lui répondre avec mon regard de colocataire malgré moi.  Impartiale?  Pas pantoute.  Partiale à l’os.  J’ai envie de donner un petit coup de main à cette Demoiselle dont il est tombé sous le charme.  Et des Monsieur B. il y en a des tonnes.  Je m’adresse à eux tous.

Cher Monsieur B.

 Je comprends tes inquiétudes mais permets-moi de te faire voir la chose sous une autre perspective. 

Partons du fait que 75% de la population est porteuse de l’herpès de type 1.  Poursuivons en rappelant que le type 1 buccal se transmet aisément sur le « partout partout incluant le partout en bas de la ceinture » les bisous aidant.

Considérons également que 25% de la population est porteuse de l’herpès de type 2. 

N’oublions surtout pas que, parmi tous ces porteurs, 1 et 2 confondus, 75% d’entre eux ne savent même pas que loge en eux l’indésirable coloc.

 Avec toutes ces statistiques à l’appui, bien que je n’aie nullement l’esprit mathématique et que je ne saurais vraiment pas actuariser le tout, on peut facilement conclure qu’il y a bien du monde, out there, qui se promènent à coloc que veux-tu !!  Le risque est omniprésent.  On s’entend.

Considérant tout ça, imaginons le scénario suivant. 

Ne sachant conjuguer avec le facteur de risque qu’implique le coloc de la très aimée demoiselle, et bien qu’il en ait le cœur brisé, notre valeureux chevalier (en l’occurence Monsieur B. mais ce pourrait être cent, voire mille autres personnes) décide d’attendre que se présente une dulcinée/future-mère-de-ses-enfants plus « propre » et moins risquée !

De prétendantes en déceptions, notre valeureux multiplie les conquêtes sans jamais réussir à trouver la perle rare, celle qui répondrait à tous les critères de l’autre, herpès en moins. 

Finalement, à bout d’espoir et de cadran qui tourne, notre chevalier se rabat sur cette gentille fille.

Bien sur le cœur de notre Charmant ne bat pas autant que la première fois.  Bien sur il tend à comparer, comment faire autrement, mais au moins, se raisonne-t-il, je ne risque pas d’attraper cette lèpre sociale.  Il a vérifié auprès de la douce.  L’herpès ?  Connais pas l’a-t-elle assuré.

Le temps suit donc son cours et notre héro plonge dans cette relation comme on plonge dans un bain tiède.  Le temps passe et un matin, alors qu’il sort de la douche, notre héro découvre sur le bout de sa verge un petit bouton purulent et douloureux.

Juste ciel !!!  Serait-ce l’infâme ?  Impossible pourtant!  La belle ne l’a-t-elle pas assuré qu’elle n’avait jamais vu l’ombre d’un petit bouton sur son petit jardin personnel.

Nos deux tourtereaux apeurés accourent en catastrophe au bureau du médecin.  Hum…., de s’exclamer le scientifique après les tests d’usage, il se peut fort bien que la belle ait été porteuse sans le savoir.  Vous savez, bien des gens sont porteurs et l’ignorent.  Ne vous en faites pas avec ça maintenant.  Ce n’est qu’un simple virus de peau que vous portez tous les deux.  Il n’y a pas de quoi s’en faire.

Pas de quoi s’en faire?  Laisser tomber un grand amour pour aller attraper l’herpès ailleurs c’est d’une cruelle ironie.    La vie ce n’est pas de se rendre à terme sans blessure mais plutôt de courir les plus beaux risques.  Et si ce n’eut été de ton papa qui a pris ce beau risque, tu ne serais même pas là pour te torturer avec cette question. 

Bonne chance dans ta réflexion.

p.s.  Herpès n’égale pas condom pour le reste de sa vie.  Mon amie Bobette  a eu deux beaux enfants malgré son petit coloc!

L’autre jour j’avais une discussion sérieuse avec Nitouchka :

– Tu sais Nitou, bien que je ne sois pas dans la peau de mon chum, si on inverse les rôles, j’suis pas certaine que je serais restée s’il m’avait annoncé qu’il partageait sa culotte avec notre cher coloc herpès.

– Bien moi non plus je ne sais pas ! Qu’elle me répond.  À bien y penser,  j’aurais p’t’être pris mes jambes à mon cou !

– Ouin, je n’ai jamais été mise en face du problème (étant moi même le problème) mais ouffff… Tu sais quoi ?  Je le trouve bien courageux mon Presqueparfait !

– T’as raison, ils sont braves nos amoureux !

– On n’en a jamais parlé de ça sur Monpetitbobo…

– De quoi ?

– Bien du fait que peut-être on ne serait même pas restées nous mêmes… On dit toujours que c’est pas si grave, on relate les choses de manière super positive pour ménager tout le monde mais c’est p’être pas tout-à-fait ce qu’on pense vraiment !

– Oui mais Bobette, on ne le sait pas ce qu’on aurait fait.  On est des bonnes personnes, on a de bonnes valeurs et c’est tellement dur de trouver quelqu’un qui nous plait et qui nous convient… On serait probablement restées nous aussi.

– Ouais, p’t’être bien…

Et on s’est laissé là-dessus…

Et c’est venu me tracasser……

Et j’ai réfléchi……..

Et j’en suis venue à la conclusion que je devais vraiment savoir ce qui s’était passé dans la tête de mon Presqueparfait. Pourquoi était-il resté alors qu’il ne me connaissait pas ? Que s’est-il passé au fond de lui ?  Comment on se sent quand quelqu’un qui nous attire nous dit qu’il a une its ?

Et c’est ainsi, à petits coups de questions me martelant le cerveau, qu’est née l’idée de lui passer une petite entrevue «spécial herpès» !

_________

On déjeunait. J’avais déjà préparé quelques questions.

– Mon Presqueparfait que j’aime beaucoup ?

– Oui Bobette ?

– Que dirais-tu si je te faisais passer une petite entrevue ?

– Une entrevue ?

Alors je lui explique en grandes lignes la conversation que j’avais eue avec Nitouchka et mon désir de connaître son processus de décision.

– Quand je t’ai appris que j’avais l’herpès, tu me connaissais à peine… Tu n’étais même pas impliqué émotivement.  Tu aurais pu partir, prendre tes jambes à ton cou et passer à la suivante !!!  Je veux savoir pourquoi tu es resté et pouvoir en parler à nos lecteurs. On offre toujours notre point de vue d’herpéthique et ce serait tellement fantastique de pouvoir offrir le point de vue d’une personne qui est restée.  S’il te plait mon chéri (yeux doux ici), s’il te plait !

Et il a accepté d’emblée.  Ce qu’il est merveilleux mon Ppf !

Nous en avons jasé un peu mais n’avons pas eu le temps de faire le tour de toutes mes questions et je me suis dit que, tant qu’à y être, je devrais vous soumettre ma liste de questions au cas où vous en auriez quelques pertinentes que je pourrais ajouter…

Alors la voici :

Est-ce que j’ai bien choisi le moment pour te l’annoncer ?

Est-ce que je t’ai dit les bonnes choses ?

Est-ce que ça aurait été différent si je te l’avais dit après une première relation sexuelle?

Pourquoi es-tu resté ?

Comment as-tu pris ta décision ?

Que ferais-tu si tu l’attrapais ?

Mets-tu ton choix en doute ?

Est-ce que tu y penses souvent ?

Et en finale : Est-ce que tu voudrais ajouter un commentaire ?

Voilà… Je crois que ça risque d’être étrange et bouleversant de parler de ce sujet aussi ouvertement – parce que oui, c’est toujours difficile d’en parler – mais j’ai vraiment hâte de connaître à fond son point de vue…

L’autre jour par hasard je rencontre un ancien collègue de travail.  Il a un herpès monstre sur le nez.

– Ah…. Allo!  *Gros bobo sur le bord du nez hein?*

– Tu parles d’une surprise ! C’est vraiment trop drôle qu’on se croise ici ! Et surtout ne me fais pas la bise, j’ai un herpès du nez !

– Bien oui, je vois ça ! *Ouaaache !*

– Tu sais, ce n’est pas contagieux, c’est juste bien laid.

– Ah bon ? *Menteur va !*.

– Les gens me regardent et trouve ça un peu dégeu !

*Tu m’en diras tant* Et puis, à part ça, quoi de neuf ?…

On a fait la conversation et, bien évidemment, je me suis gardée d’étaler mes connaissances au sujet de notre petit point commun.  Parfois faut savoir se taire et, à bien y réfléchir, je crois que je préfère loger mon coloc tout au fond de ma petit culotte plutôt qu’exposé aux regards de tous !! 😉

Toute vérité n’est pas bonne à dire.

Mais sur la vérité s’établit une base importante : celle de la confiance. En tout cas moi j’y crois… tellement que je me suis ouvert comme un grand livre à mon amoureux et lui ai parlé de MPB.

Et oui! Vous l’aurez deviné. Il sait maintenant comment j’ai rencontré les copines et connait l’existence de la charmante Bobette…

J’avoue que j’étais un peu angoissée à l’idée lui faire ces grands aveux mais, comme ça faisait un petit bout que j’avais envie de partager avec lui les moments touchants de la vie de Bobette et que j’assume tout à fait le personnage,  je l’ai fait…. Un peu de la même façon dont j’aurais annoncé l’existance du coloc en prenant une grande respiration et en utilisant la classique infaillible de The Herpeze Bible : «Y’a quelque chose qu’il faut que j’te dise….!»

Je lui ai aussi demandé, en toute utopie, de ne pas lire. Je lui ai dit que je préférais lui offrir une sélection de quelques articles choisis et lui ai lu, entre autres, celui ou Nitouchka l’a baptisé PresqueParfait.

Il a bien rigolé mais n’était pas certain à savoir si mon secret avoué n’aurait pas du rester secret… « Tu sais Bobette, quand on a un secret et qu’on veut qu’il le reste…. Faut pas en parler»…

C’qu’il est brillant Ppf !!!!

Ceci dit on ne lèvera pas le pari bien haut à savoir s’il le lira. J’assume qu’il lira. C’est un homme intelligent et curieux.

Mais si je vous cause de tout ça c’est que j’ai un but bien précis.  De confidence en confidence, on apprend beaucoup l’un sur l’autre…

Moi, l’herpès, je n’avais pas vraiment le choix d’en parler mais lui, il avait le choix de se taire ses secrets.

On a beau se fier à notre jugement, en relation il y a inévitablement des risques parce que des tares et des blessures sont tues.  On ne connait pas le passé des gens sauf pour ce qu’ils veulent bien nous dévoiler, au delà des dorures projetées.

L’herpès avoué, au fond, n’est-il peut-être pas si hasardeux ?

Et je crois que c’est là où réside notre problème d’estime de soi parce que nous aussi, herpétique qu’on est, on voudrait bien faire luire la perfection au delà de la brume.  Chose impossible, on le sait bien ! Alors on a tendance à se rabattre, à se diminuer et à se négocier à rabais…

Parce qu’il y aura toujours cette petite tache d’encre de vie sur nos pages blanches à écrire…

Ça, ça rend vulnérable mais il reste que pour séparer le bon grain de l’ivraie, l’herpès peut devenir un excellent filtre à morons à condition de ne pas se considérer minus…

Malheureusement ce miniminus et ce manque d’estime qu’on s’inflige soi-même on les côtoie trop souvent. Alors assumons-nous et permettons-nous donc de rayonner de mille feux, bien au delà de notre petite tache qui, au fond, n’est pas pire qu’une autre… Sauf pour la seule différence entre la nôtre et celles des autres c’est qu’on ne peut pas la cacher.  Elle n’est pas pire ou moins pire, blessante ou moins blessante, elle est juste moins discrète…

Alors brillons!  Brillons de mille feux!!!!!

Et pour en revenir à M. PresqueParfait ?  Je ne sais pas s’il nous a lu…. Mais, en accord avec les copines on est d’avis que si notre chum nous avait annoncé une pareille nouvelle, nous nous serions précipitées sur nos ordis pour faire un brin de lecture express!!!

Alors si c’est l’cas…. C’est bien tant mieux:  J’t’aime PPF!  😉

Vous connaissez l’adage : Les gens heureux n’ont pas d’histoire. Ou peu. Mon coloc se tenant peinard (et qu’il le demeure)et ma vie voguant doucement sur les eaux calmes du bonheur, du coup, je me retrouve devant un écran bien blanc lorsque vient mon tour d’alimenter nos voraces lecteurs. Gros Néant.

Jusqu’à ce que ma copine Loulou fasse la connaissance de l’Abruti.  Faut bien que ça serve les amies.

Loulou et moi avons un rendez-vous téléphonique quotidien. Pour parler de quoi? De nos déboires amoureux pardi!

Pour faire un petit retour en arrière, Loulou avait un amoureux. L’amoureux a levé les feutres. Loulou cuve sa peine depuis et en parallèle, tente sa chance sur le marché des agents libres. On ne sait jamais. Le miracle peut survenir à tout moment. Il s’est produit pour Bobette, il s’est produit pour moi, alors pourquoi pas Loulou!

L’Abruti s’est donc présenté à elle déguisé en prince charmant. Et elle est passée à deux poils près d’y croire. Sauf que l’expérience aidant (il faut bien que ça servent tous ces déboires!) elle a rapidement flairé que la couronne du prétendant, c’était que du toc!

Loulou a fait comme se doit. Après quelques rencontres, elle lui a parlé du coloc.

Le pauvre Abruti a eu un choc. La femme de sa vie (déjà après une semaine!!) était au prise avec une horrible « maladie » (ses mots!) et franchement, il ne savait pas du tout ce qu’il devait faire. On le comprend quand même. Il a beau être abruti, c’est légitime d’avoir peur de contracter l’herpès.

Il est passé par toute la gamme des émotions.  Mais surtout par le mépris.  Bien déguisé sous ses déclarations mièvreuses d’amoureux déçu. 

Il s’inquiétait de l’attraper, même avec un condom, malgré le Valtrex. Il naviguait sur les eaux de son indécision, furieux contre l’herpès, blâmant Loulou pour ses choix amoureux passés (déjà!)qui l’empêchaient de l’aimer pleinement mais assuré qu’elle l’attendrait comme une assoiffée attend le porteur d’eau puisqu’anyway, qui voudrait d’une Loulou herpétique, si belle soit elle!!

N’était-il pas le plus valeureux et généreux parti que Loulou pourrait jamais espérer avoir considérant « son état »?

Mais le truc avec l’herpès c’est qu’il n’y a pas cinquante-six solutions. Il y en a deux. Tu l’acceptes ou tu ne l’acceptes pas.

L’Abruti ne l’avait pas compris, convaincu qu’il était de faire une fleur à Loulou en ne la dumpant pas comme la vulgaire lépreuse qu’elle était.

C’était bien mal connaître sa Loulou. C’était être un abruti à la puissance dix. C’était sans savoir qu’en plus d’avoir une tête sur les épaules et une estime d’elle-même aguerrie aux idiots, Loulou porte en elle sa force et celle de toutes ses amies réunies qui ont, ensemble et en solitaire, fait l’autopsie de ce que l’on pouvait accepter au nom du coloc. 

Rien.  Pas même un abruti. 

Un soir donc, sous l’appel pressant de son système d’alarme intérieur,  Loulou a coupé court à l’indécision de l’Abruti.  Elle lui a fait savoir que, bien qu’elle respecte sa crainte qui est somme toute légitime,  elle n’accepterait jamais d’être avec quelqu’un qui craindrait tout le temps d’être infecté.  Too bad for you honey! 

On s’est bien marré sur sa réaction en rétrospective.  Le pauvre ne pouvait y croire!  Se faire dumper par une brebis galeuse.  Le comble de l’insulte! 

Mais pour Loulou, l’herpès n’était en fait qu’une belle excuse pour se débarasser plus rapidement d’un autre de ces paumés qui sévissent malheureusement sur le marché du célibat! 

Et pour franchir un pas de plus sur le chemin de l’estime de soi.

Keep on walking Loulou.  Il est quelque part sur ta route.  Suffit d’avancer.

Voilà déjà plusieurs mois que M. Presqueparfait et moi nous côtoyons et si j’écris un peu moins régulièrement c’est que je consacre à ma nouvelle relation presque tous mes temps libres!!!….. Mais bon! Ce n’est pas parce que j’ai la tête ailleurs que je ne pense pas à vous.  Disons que je fais le plein de quelques anecdotes qui ne demandent qu’à être pondues.

Nous nous fréquentions depuis quelques semaines.  Évidemment, j’avais déjà introduit mon compagnon en guise de préambule et comme M. Presqueparfait n’était pas revenu à la charge sur le sujet et que je ne fais pas exprès de me gratter le bobo, nous ne nous en étions pas reparlé jusqu’à ce que je sois sonnée de cette révélation:

– Je suis allé consulter un médecin à la Clinique Actuelle cette semaine… Qu’il me dit.

– Tu es ??? Heuuuu???… Réflexe de protection, garde montée, prête à recevoir un jab suivi d’un uppercut, je poursuivis :

– Tu avais des questions???  Des inquiétudes??? Tu ne voulais pas que je t’accompagne???  Ou qu’on en parle d’avantage??? Et en rajoutant d’un berbère quasi impeccable : – Perkeiiii bah mouii heu…..craouic….. et… Et puis…?

Et puis ?  Bien, il m’expliqua qu’il n’avait pas appris grand chose de plus que ce que je lui avais dit et me résuma sa rencontre en trois petits rounds.

________

Round 1 –

Doc : – Et que feriez-vous si une fille vous disait qu’elle a déjà eu un feu sauvage dans son enfance mais qu’elle n’en fait plus depuis l’âge de 10 ans???

Presqueparfait : – Je n’en ferais pas de cas.

Bobette : – Je te l’avais dit!!! Tu ne cours pas plus de risque avec moi qu’avec une autre… Peut-être moins même! J’en connais un bail sur l’herpès, moi ! Argument bidon que vous me direz mais avouez que j’avais quand même beaucoup à perdre!

Coloc 0 / Amour 1

________

Round 2 –

Méchant Doc : – À long terme il y a fort à parier que vous allez l’attraper…

Pqpf :  Ah ?

Objection de Bobette : – En vingt ans je ne l’ai jamais transmis.  Je connais très bien mes symptômes!……. Mais……**Grrrr**…. Effectivement:  l’herpès étant l’herpès, je ne peux te donner aucune garantie… S-A-U-F-Q-U-E je peux te jurer de tout faire pour mettre à quasi zéro les chances de transmission en prenant un traitement préventif.  Et si on utilise des condoms durant les premiers mois de notre relation, le temps d’apprendre à se connaître et de réévaluer la situation, y’a presque pas de risque! Faut me faire confiance… Je ne l’ai jamais transmis!  (***maudit herpès***)

Coloc 1 / Amour 1

________

Round 3 –

Le bon Doc : – Vous savez, l’herpès ce n’est vraiment pas une raison pour éviter de fréquenter quelqu’un. C’est très courant et si vous ne l’attrapez pas avec elle, vous pourriez très bien l’attraper avec une autre…

Pqpf : – Ah ?

Bobette : – Ah ?

Et Presqueparfait fit résonner à mes oreilles ce doux accord de lettres : – Je t’aime bobette !

Coloc K.O.

🙂

On ne vous l’a pas raconté.  En fait, on ne s’en est même pas reparlé entre nous.   Bobette me le pardonnera sans doute.  Même si c’est son histoire, c’est un peu aussi la nôtre parce qu’à ce moment précis, on voguait toutes sur le même bateau.  Et croyez-moi, on ramait en sale!!

Bobette vous en a soufflé un mot:  elle a une nouvelle flamme.  Nous avons d’ailleurs eu la chance Amétys et moi, de le rencontrer.  Charmant garçon et on l’aime d’autant plus que celui là, il ne s’effraie pas devant deux petites mouettes!

N’empêche, nous n’avions pas pris de chance.  Bien qu’avec le recul on puisse maintenant affirmer que M. Mouette n’en valait franchement pas la peine, on ne voulait quand même pas risquer de souffler sur cette flamme naissante.  Alors Amétys et moi avions promis à Bobette de bien nous comporter devant la nouvelle prise.

Bobette et son prétendant sont donc arrivés à la maison au moment où Amétys et moi portions la dernière touche à la tarte d’anniversaire de Bobette.  C’était le prétexte choisi pour nous introduire à M. Presque Parfait.

La soirée se déroulait plutôt bien.  On s’amusait, la tension se relâchait, le courant passait .  On l’aimait et on lui donnait notre bénédiction.  Pour ce qu’elle vaut bien entendu…..  Et on se comportait presque comme des anges.

M. Presque Parfait sentait la complicité qui nous unissait.  Il semblait même tranquillement s’y installer, tout naturellement.  On voguait tous ensemble sur les eaux bleus du bonheur lorsque tout à coup, M. Presque Parfait (d’où le Presque) a lâché une bombe.

Celle qu’on hait.  Celle qui pue.  Celle qui fait s’installer un nuage vert malaisant que nous avons tant bien que mal,  tenté de dissiper sans qu’il n’en paraisse trop.  Je ne sais pas s’il a détecté quelque chose mais moi, je trouvais que ça transpirait le gros embarras mal camouflé.

LA BOMBE :  Dites-moi les filles, comment vous êtes vous connues?

LA question! 

Il me faut ici faire un petit retour en arrière.  Pour ceux qui ont lu notre blog depuis le début, on ne vous a pas dit toute la vérité, rien que la vérité, dites je le jure.  En réalité ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça

En fait, Amétys Bobette et moi avons fait la connaissance l’une de l’autre, dans un groupe de soutien/social/rencontre-ou-pas-rencontre-c’est-selon, pour gens souffrant…………vous l’aurez deviné……….. d’herpès. 

Hé oui.   Chacune de notre côté, se sentant seules au monde avec notre petit coloc (comme certains parmi vous sans doute) on a tapé herpès/rencontre/soutien/etc…. sur un moteur de recherche  et on est tombé, pour faire une histoire très courte, sur l’une l’autre.  Béni ait été l’herpès ce jour parce qu’on s’aime depuis.

MAIS (car bien entendu il y a un mais) on assume difficilement.  Oui oui!  Vous avez bien lu.  On assume mal le fait de s’être connues dans un groupe de soutien pour gens souffrant d’herpès.  C’est bête nous direz-vous.  On devrait au contraire se sentir chanceuses et choyées.  Et nous le sommes, ne vous méprenez pas.  Seulement, prenez quelques secondes pour imaginer.  Et nous juger si le coeur vous en dit:

Lorsqu’un Monsieur Hommedemavie débarque c’est déjà très, mais alors là, TRÈS pénible de lui balancer la bonne nouvelle.  Vous en connaissez un bail là-dessus.  On se sent plus près du sac de vidange que de la Miss Populaire de l’école. 

Alors lorsque vient le temps de lui raconter que nos meilleures amies ont été rencontrées dans un groupe d’herpétiques, tout à coup on a l’impression d’avoir le gros L du looser tatoué dans le front.  Par conséquent, on a tendance à s’éviter ce deuxième affront et à raconter des bobards sur les circonstances de notre rencontre. 

Cette question s’est présentée plus d’une fois.   Et on s’embrouille tout le temps.  Vraiment.   Ne me demandez pas pourquoi, on a jamais eu la présence d’esprit de mettre au point une stratégie collective pour y répondre.  Chaque fois, on bafouille et on s’enfarge.

Or donc, où en étais-je??  Ah oui, M. Parfait qui balance sa fameuse bombe à cafouillage.

Silence. 

Amétys et moi on se plante, une les yeux au plafond, l’autre le nez dans ses chaudrons, bien décidées à laisser Bobette se démener avec SON problème.  C’est SON chum après tout.

Sa réponse donnait l’impression qu’elle mettait en pratique son cours de berbère 101 ou encore qu’elle s’était mise au mongol la semaine d’avant et qu’elle mélangeait les deux.

–          Blwwou…….oualllw…………mmircc kwonn………boff…….crouuinchhh…….

En bref, je crois qu’elle a parlé de rencontres amicales, d’amis communs peut-être, je ne sais plus.  Je ne me souviens plus également qui d’entre moi ou Amétys nous a sorties de l’embarras mais j’aurais tendance à penser que j’ai proposé à mes invités un petit refill de vin.   Bacchus ce grand sauveur.

On croyait bien avoir encore une fois échappé de justesse à l’odieux de devoir révéler qu’on s’était fait des amies herpétiques sur internet. 

MAIS NON!!!  Le berbère/mongol bancale de Bobette ne l’avait pas convaincu!  Et il a fait quoi le Monsieur pour avoir sa réponse?  Il s’est tourné vers Nitouchka à la fin du repas, alors qu’Amétys était aux toilettes et que Bobette se payait ma gueule.

–          Comment vous vous êtes rencontrées déjà Nitouchka?

Pas con le monsieur.  Juste un peu trop insistant.

–          Ben on s’est rencontré dans le cadre de….genre….heu….. d’activités sportives.  Oui c’est ça, des sorties genre Détour Nature, tu connais?

Et là j’ai l’air allumée mais croyez-moi, je n’aurais pas gagné d’Oscar pour cette prestation.  Même pas un Métrostar.  Exit ma carrière d’actrice/improvisatrice. 

Finalement, comme on a une bonne étoile ou encore qu’on fréquente des gens respectueux, il n’a pas insisté et la soirée s’est gentiment poursuivie.

L’incident s’est relégué de lui-même et on n’en a jamais reparlé entre nous.

Jusqu’à ce que me vienne l’idée d’écrire ce texte.  Je me suis dit qu’il fallait que j’en parle à Bobette.  Non mais rigoler qu’on a fait toutes les deux, je vous dis pas.

Et on s’est dit que c’était con d’être gênées.  Pour une fois que quelque chose de bon sortait d’une expérience négative, pourquoi le cacher.  Pourquoi en être embarassées? 

Lorsque le coloc a frappé, on a pris les moyens pour se sortir de notre misère, de notre isolement.   Au lieu de se replier, on a pianoté sur nos claviers, on a cherché des ressources, et non seulement on les a trouvées mais en plus, on les a utilisées.

On a fait fi de notre gêne, de nos peurs, de nos angoisses, on a enfilé notre courage et on s’est présenté à un groupe d’inconnus qui pour la plupart, n’avait en commun avec nous que le coloc.  Et dans ce groupe, trois petites étoiles qui brillaient du même éclat se sont reconnues. 

Et on voudrait le cacher?

Ben oui!

Que voulez-vous.

Bien que je les aime, bien qu’elles m’aient procuré de la lumière les jours de noirceur et qu’elles m’en procurent encore aujourd’hui, j’aurais préféré pouvoir dire que je les ai connues au cégep. 

Elle est tellement imparfaite la fille de MPB.  Dieu merci!

Les heures défilent sur mon réveil.  Une autre nuit où le sommeil joue les agaces.  Une nuit comme tant d’autres.

À une différence près: je ne suis pas seule.  Et je ne parle pas ici de ma nouvelle amie Insomnie.  Non non, je parle d’un homme, un vrai, qui ronfle à côté de moi.  Qui nuit à mon sommeil et attise ma jalousie.  Comment peut-il aussi bien dormir chez une étrangère alors que celle-ci trouve difficilement le sommeil dans son propre lit?

J’aurais très bien pu tourner en rond seule dans mon lit ce soir là mais j’ai pris un risque.  Celui d’oser.  Oser me dévoiler, oser ne pas avoir honte pour un instant, oser vivre.

Ce qui devait être un autre vendredi soir prévisible s’est soudainement transformé en opportunité.  Ce qu’il m’offrait était évident… et tentant.  Il m’a accompagnée à ma voiture, attendant ma décision.  Dans ma tête, c’était le débat des chefs.  Les idées se bousculaient comme une horde de fiancés à une vente d’entrepot de robes de mariées.  Que faire?  Renier mon désir et lui dire non.  L’amener à la maison et lui lâcher la bombe juste avant le moment ultime.  Ou ne pas lui dire du tout…

J’entends les copines MPB.  Je sais tellement ce qu’elles me diraient mais je dois choisir pour moi-même.  Je devrai vivre avec les conséquences alors c’est à moi de choisir.

Et j’ai choisi!  Choisi de ne pas dramatiser.  De respirer profondément et de lui dire tout simplement.  À un étranger, enfin presque.  Et il a été gentil, et il est venu à la maison, et il a passé la nuit.

Il dort! Moi pas!  Je ne dors pas mais je souris.  Pas parce que c’était merveilleux (c’était pas mal du tout), pas parce que je suis en amour (quand même), pas parce qu’on va se revoir (je n’y tiens pas mais on verra bien).  Mais parce que j’ai osé.  Osé le dire mais aussi osé dédramatiser.  Osé choisir de ne pas m’en faire.

Bon, ce n’est peut-être pas un si grand pas pour l’humanité…. en fait ce n’est pas un pas du tout pour l’humanité mais c’est bien une petite victoire pour moi.  Quand même.  Bravo à moi!

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

Première visite?

Tout d'abord bienvenue chez MPB! Afin de vous aider à nous connaître un peu et à en comprendre d’avantage sur notre situation, nous vous invitons à commencer la lecture de notre blogue par l'onglet «Billets choisis». Bonne visite!

Commentaires récents

Sorcha sur Questions
Elodie sur Questions
brenda sur Questions
lokiss sur Questions
Corail sur Questions
samuelle sur Questions
jo2083 sur Questions
Corail sur Questions
lokiss sur Questions
Corail sur Questions

Suivez-nous sur Twitter!

Blog Stats

  • 311,499 hits