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Ah l’herpès, l’herpès, l’herpès!  Mais quand allons-nous arrêter d’en parler?

Got news for you;  Jamais!  En tout cas, pas ici sur MPB car c’est la seule et unique raison d’être de ce blogue: parler d’herpès!  Alors les  amateurs de course ou les adeptes de scrapbooking peuvent passer leur chemin….à moins qu’ils aient des intérêts dans notre petit business.  L’un n’empêchant pas l’autre bien entendu.

Pour ceux qui restent, parlons herpaizzzze!

Je serai peut-être redondante parce que tout ce que j’avais à dire sur le sujet, je l’ai, à peu de mots près, écrit ici.  Mais je me suis dit que de nouvelles tournures de phrases ne seraient pas sans vous déplaire.  Vous avez besoin d’entendre parler d’herpès et, ô lecteurs avides de nos croustillantes histoires licencieuses, vous  avez probablement déjà tout lu et relu ce qu’on a pu écrire jusqu’à ce jour.  Laissez-moi  donc vous égayer de mes dernières réflexions sur l’infâme.

J’en ai déjà fait mention dans mes derniers commentaires mais pour le lecteur paresseux qui se contente uniquement de lire nos délicieux billets en laissant de côté les propos avisés de nos lecteurs, je vais me répéter:  J’ai réintégré mes souliers de célibataire.  Hé oui!  J’ai abandonné les élimés moelleux baskets de la vie à deux pour rechausser les égrillards douloureux stilettos du célibat.

Misère me direz-vous!

Et bien NON!  En fait, je vous répondrais que c’est une question de point vue car le célibat en soi peut s’avérer ressourçant,  voire même divertissant.  Là par contre où le bât blesse pour vous et moi c’est que ce nouvel ordre des choses implique que l’on doive tôt ou tard renouer avec notre misérable petit casse-pied de la culotte afin de l’introduire à un nouveau prétendant.  Et ça, on ne se le cachera pas et on ne s’enfargera pas dans le choix des mots, ça fait ch….suer!!

Célibataire vous ai-je dit?  Bien en fait je vous dirais… un peu moins. Ou si peu.  C’est fou tout ce qui peut se passer entre le moment où on commence un billet et celui où on le finit.  Un monde.  Un homme aussi.  Je vous raconterai c’est certain.  Je vous connais vous allez A-D-O-R-E-R!!  Mais une autre fois car là n’est pas mon propos du jour.

Vous les connaissez les aléas de ces nouvelles rencontres.  Il y a l’angoisse de l’annonce, il y a l’annonce et il y a la suite, la réaction de l’autre.  En revivant pour la Xième fois (j’ai compté; c’était la 5e) ces douloureux moments  j’ai réalisé une chose : le drame ce n’est pas d’avoir l’herpès.  Le drame c’est de DIRE qu’on a l’herpès.  Et tout l’odieux de ce virus est contenu dans cette nuance.

TOUTES les fois où j’ai eu à le dire j’ai revécu la même chose.  D’abord cette terrible anxiété de devoir introduire notre petit ami,  l’envie de mettre fin à ce début de relation juste pour ne pas avoir à parler du coloc. Parce chance à cette étape,  il y a les copines pour nous crinquer le moral.

Ensuite ce moment terrible où face à l’autre, il faille extraire de sa bouche ce douloureux aveu.  La haine de ce mot si laid, si incongru sur mes lèvres, la honte,  ô oui la honte, de s’associer à notre corps défendant à cette « maladie honteuse » ?

Notre copine Amétys (oui elle existe encore!!) a trouvé une analogie qui ma foi, bien que très vulgaire et à la limite de l’abjecte, exprime avec une profonde justesse l’inconfort de la situation.

« Dire qu’on a l’herpès c’est un peu comme chier devant quelqu’un;  PERSONNE ne veut avoir à faire ça! »

Nous aurions pu vous éviter ce parallèle scabreux en comparant le malaise de DIRE qu’on a l’herpès aux souffrances d’un accouchement mais on s’entend que ce n’est pas d’un joli petit bébé qu’on parle ici.  C’est drôlement plus laid et s’apparente définitivement plus aux analogies d’Amétys qu’à la beauté d’un enfantement.

De tous les inconvénients d’avoir l’herpès, c’est le seul qui m’atteigne vraiment.  Ma douleur c’est d’extraire ces mots de ma bouche.  De me placer dans une extrême position de vulnérabilité et de faiblesse.  Pour le court instant où ces mots franchissent ma bouche.

Parce qu’après, après ce pénible aveu, je ressens toujours un immense soulagement.  Une force tranquille.  Une certitude.  Celle que la seule chose qui puisse m’atteindre c’est la gentillesse, la compassion et le respect de l’autre.

Son jugement, son rejet, voire même son dégoût ne sauraient trouver leur chemin jusqu’à moi.  Pourquoi?  Parce qu’il y a eu cette première fois où j’ai eu à l’annoncer et où j’ai compris que je n’étais pas ce petit virus,  qu’il était un petit détail insignifiant dans l’ensemble de ce que je suis.  Il y a eu cette tendresse, ce respect qu’on m’a démontré à toutes les fois.  Et que celui qui ne saurait faire face à ce petit inconvénient wouldn’t be strong enough to be my man anyway!

Mais pour en venir à ce moment il faut le DIRE!

Et dire on doit.  Et dire je fus.  Mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterai.  Vous ai-je dit que vous alliez l’aimer?

Cet homme (dont nous avons retiré la photo) est un criminel notoire. Son crime? Ne pas avoir mis de condom!

Non mais pincez-moi!  Je rêve!  Je feuilletais ici et là et je suis tombée sur cette…… chose!!

Un homme de Toronto de 35 ans est accusé d’avoir eu une relation sexuelle avec une femme sans l’avoir avertie qu’il souffrait d’herpès, une infection transmise sexuellement contre laquelle il n’y a aucun traitement.

Selon la police de Toronto, le couple a eu relation sexuelle sans protection en mars dernier. L’agent Tony Vella, a indiqué que l’homme «n’aurait pas informé sa partenaire de son état de santé».

Lorsque la femme de 28 ans a appris que son partenaire avait reçu le diagnostic d’herpès génital (virus HV2), elle a porté plainte à la police.

James David Hogg, surnommé Jimmy, a été arrêté et accusé d’agression sexuelle grave. Il devra comparaître le 26 septembre à Toronto.

L’accusé n’est pas connu des policiers.

Les enquêteurs ont publié une photographie de M. Hogg pour découvrir s’il y aurait d’autres victimes. L’accusé mesure 1,78 m (5 pi 10 po) et pèse 82,5 kg (165 lb). Il a les yeux bruns et les cheveux noirs, et parle avec un accent britannique.

Quiconque a de l’information peut appeler le 416-808-1400.

Agression sexuelle grave!?!?!?! 

Pas connu des policiers!?!?!?! 

Découvrir s’il y a d’autres victimes?!?!?! 

Je rêve bordel!  Je rêve! On dirait entendre parler de Paul Bernardo!

Rajoutons-en et pas qu’un peu! Et voilà qu’on peut se retrouver au banc des accusés entre Mom Boucher et Ted Bundy pour avoir omis de mettre un condom!  Et l’autre conne elle?  Cette pauvre écervelée de 28 ans?! Elle en a mis un condom?  Elle se croit où?  Dans un conte de Grimm?  Got news for you honey: Le prince charmant qui vient sauver la belle dans son château, c’est de l’histoire inventée!!  L’histoire ne dit pas si elle l’a chopé ou non mais un bon petit cours d’éducation sexuelle lui serait utile à celle-là !

Le Globe and Mail pose une question intéressante à savoir: Est-ce que le fait de ne pas divulguer l’herpès devrait être considéré comme un crime?  faisant référence au fait de ne pas dévoiler qu’on est Séropositif ou atteint du Sida.  C’est rassurant de voir certains commentaires des gens, particulièrement celui-ci qui résume ce que je pense personnellement:

Mick1977

1:28 PM on September 7, 2011

This is insane. Most people that think this is a good idea are incredibly ignorant about the herpes simplex virus. It’s about as common as they come, almost everyone contracts the virus before they die. A recent UK study found by age 25 75% of people have at least one of the two strains (HSV1, HSV2) and a recent US study found that in unmarried women aged 45-50 50-70% have genital herpes caused by HSV2 (so this doesn’t even take into consideration the cases caused by HSV1 which account for around 30-50% of new cases of genital herpes due to the fact less people acquire HSV1 orally as a child these days). It’s just that for most people (80% of carriers) it goes unnoticed either due to symptoms being too minimal to be detected (e.g., what appears to be nothing more than a scratch, thus not prompting the individual to seek medical advice) or due to them being 100% asymptomatic.

Criminalising this guy risks setting a worrying precedent that could criminalise the majority of the population and require the majority of the population to disclose their HSV+ status before even kissing anyone (the virus can be passed mouth -> mouth, genitals -> genitals, or mouth -> genitals (and vice versa)). There is no distinction between oral herpes (aka « cold sores ») and genital herpes apart from in people’s minds, as perpetrated by social stigma. Both can be caused by either strain. It would be entirely inconsistent to criminalise the passing on of genital herpes without criminalising the passing on of oral herpes. I think every (reasonable) person would agree that the later would be ridiculous. To realise this is to realise that the former is equally ridiculous, it is the same thing. To reiterate the distinction is not based in reality.

Those calling for this to become a criminal offence should take a minute to realise that depending on their age they will almost certainly carry at least one strain of the virus themselves and if they are unlucky enough to have contact with one of the minority of the uninfected members of society out there they may find that next time it’s their them in the court room. Most people don’t realise that almost everyone carries this virus and will be contagious from time to time even if they have never had any symptoms.

It’s basically a fact of life that if you are sexually active you are going to get herpes at some point. The answer is education and de-stigmatisation not criminalisation

Comprenez bien, je suis de celle qui croit qu’on se doit de divulguer une ITS, à tout le moins, se protéger et protéger ses partenaires.  Je ne lui donne pas le bon Dieu sans confession à ce type!  Mais de là à lui apposer l’étiquette de criminel, il y a des limites qu’il est drôlement dangereux de dépasser!

Comme quoi le travail d’éducation ne sera  pas une tâche facile.

Merde et moi qui ai transmis le rhume à au moins 3 collègues au bureau!  Ne vous surprenez pas si vous apercevez ma photo au poste de police de votre quartier!

L’autre jour, Meilleur Ami, celui de l’Amoureux, me lance tout bonnement, entre une Heineken et un Daiquiri aux fraises:

–          Nitouchka je voulais te féliciter!

–          Ah bon!?  (J’ai gagné quoi?)

–          Je voulais te féliciter pour ton site.  Mon Petit Bobo.

–          Hey ben……(Malaise!  On a beau dire, j’ai encore une grosse certaine gêne à parler de ma « condition »!)… merci.

–          C’est vraiment super ce que vous faites.  J’ai vu qu’il y avait beaucoup de monde qui vous écrivaient et que vous semblez aider.

–          (Avec un détachement tout ce qu’il y a de plus simulé.  Dans le genre, moi l’herpès, pfff……!) En effet.  On est bien heureuses.  Tu en as parlé à Philomène? ( Cette Philomène)

 –          Oui je lui en ai parlé et je lui ai refilé le lien.

 –          C’est bien! (Ok on peut tu passer à autre chose?  Un autre daiquiri genre? 

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En débutant ce blog nous voulions  présenter une facette moins dramatique de l’herpès, plus humaine.  Je crois bien que nous y sommes arrivées. 

Et comme avec tous les succès, on a eu envie de le partager.  Mais du coup, avec tous ces amis, ces proches et ces amoureux qui peuvent mettre un visage aux avatars de ce blog,  une petite gêne s’est installée et avec elle,  une certaine forme de censure. 

Jusqu’où peut-on raconter des anecdotes de notre intimité sans être déplacées, sans froisser, sans impliquer des gens que d’autres pourraient reconnaitre.

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Plus tard.  Seule avec l’Amoureux.

–         J’étais un peu mal à l’aise tout à l’heure avec l’Ami. 

–         Ah oui pourquoi?

–         Ça me rend mal à l’aise d’une part de parler d’herpès avec lui, et d’autre part, de savoir qu’il peut lire toutes ces histoires sur ma vie privée.  C’était sensé être un truc anonyme et là j’ai l’impression que je vais devoir faire attention à ce que j’écris.

–         Je comprends.  D’ailleurs il s’est reconnu dans l’histoire du wetsuit.

–         NONNNN!

–         Oui. 

–         Merde!!!

–         Mais il a aimé la conclusion, lorsque tu dis que tu ne lui en veux pas et que tu aurais pu faire la même chose.

–         Quand même…. Fiou!  Tu crois que je devrais enlever le paragraphe où je dis que dans le fond, il n’a jamais vraiment été amoureux de Philomène?   Parce que si elle aussi se reconnait il est mal barré.

–         Mouais…………

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Après que mon petit hamster ait brûlé les bering de sa roue et ait frôlé la crise cardiaque j’ai fini par conclure.  Et puis merde!  C’est mon blog après tout. 

Alors sachez que les noms ont tous été changés mais que toute ressemble avec des personnes connues pourrait ne pas être fortuite. Et j’y peux rien. Gnan!

Vraiment y’a des fois où je sortirais littéralement de mes gonds !

L’autre jour par exemple, j’avais un rendez-vous chez le dentiste.

Nous aimerions que vous remplissiez notre petit questionnaire me dit la réceptionniste.

Bien sûr, avec plaisir que je lui réponds tout innocemment !

En gros, il s’agissait d’un questionnaire enquiquineur voulant tout découvrir de votre état de santé.

Souffrez-vous d’allergies? [] Oui? [] Non? Si oui à quoi?

Avez-vous un médecin de famille? [] Oui? [] Non? Si oui son nom : _______

Êtes-vous porteur du virus du sida? [] Oui? [] Non? Si oui… (j’ose même pas y penser)

et… Je vous le donne dans le mille : Avez-vous une its ? [] Merde

(Je réponds quoi làààà ???)

Puis les feux sauvages ? Ça ne vous intéresse pas ça ? [] Non ????

Me semble que c’est pas dans le derrière que je me fais fouiller quand je vais chez le dentiste et qu’une question sur l’herpès buccal serait bien pertinente !

En tout cas. J’ai répondu NON à toutes ces questions, je suis allée porter mon questionnaire les dents bien serrées et je suis retournée à ma chaise en repensant à la fois où j’ai voulu faire un emprunt hypothécaire assorti d’une assurance prêt.  Je m’étais sentie obligée de cocher [] oui-si-oui-quoi j’ai l’herpès génitallllll à la case its afin de m’assurer que mes enfants reçoivent leur dû à ma mort parce qu’on le sait tous : une fausse déclaration peut entrainer un non paiement.

Bref, cette fois là, j’ai coché oui…. [] Merde

Vous auriez dû voir la suite !  Ils ont demandé à consulter mon dossier médical, m’ont fait repasser un questionnaire débile du genre quels médicaments? Combien? Depuis quand etc, etc, etc… et ont soumis mon dossier à leurs décideurs…

Shiiiiit…. C’est dans ces moments là que je trouve qu’avoir l’herpès dans le visage comporte plus d’avantages que de l’avoir dans le popotin…  Je trouve ça tellement con et triste de voir les torts psychologique causé par la coche [] its alors que presque tout le monde est porteur de notre charmant p’tit bobo!

Oui, ça doit être ça qui cause mon grinchage de dents et j’ai bien peur que j’aurai des rages tant et aussi longtemps que l’herpès génital ne sera pas dédramatisé et considéré aussi bénin qu’un feu sauvage…

L’autre jour j’avais une discussion sérieuse avec Nitouchka :

– Tu sais Nitou, bien que je ne sois pas dans la peau de mon chum, si on inverse les rôles, j’suis pas certaine que je serais restée s’il m’avait annoncé qu’il partageait sa culotte avec notre cher coloc herpès.

– Bien moi non plus je ne sais pas ! Qu’elle me répond.  À bien y penser,  j’aurais p’t’être pris mes jambes à mon cou !

– Ouin, je n’ai jamais été mise en face du problème (étant moi même le problème) mais ouffff… Tu sais quoi ?  Je le trouve bien courageux mon Presqueparfait !

– T’as raison, ils sont braves nos amoureux !

– On n’en a jamais parlé de ça sur Monpetitbobo…

– De quoi ?

– Bien du fait que peut-être on ne serait même pas restées nous mêmes… On dit toujours que c’est pas si grave, on relate les choses de manière super positive pour ménager tout le monde mais c’est p’être pas tout-à-fait ce qu’on pense vraiment !

– Oui mais Bobette, on ne le sait pas ce qu’on aurait fait.  On est des bonnes personnes, on a de bonnes valeurs et c’est tellement dur de trouver quelqu’un qui nous plait et qui nous convient… On serait probablement restées nous aussi.

– Ouais, p’t’être bien…

Et on s’est laissé là-dessus…

Et c’est venu me tracasser……

Et j’ai réfléchi……..

Et j’en suis venue à la conclusion que je devais vraiment savoir ce qui s’était passé dans la tête de mon Presqueparfait. Pourquoi était-il resté alors qu’il ne me connaissait pas ? Que s’est-il passé au fond de lui ?  Comment on se sent quand quelqu’un qui nous attire nous dit qu’il a une its ?

Et c’est ainsi, à petits coups de questions me martelant le cerveau, qu’est née l’idée de lui passer une petite entrevue «spécial herpès» !

_________

On déjeunait. J’avais déjà préparé quelques questions.

– Mon Presqueparfait que j’aime beaucoup ?

– Oui Bobette ?

– Que dirais-tu si je te faisais passer une petite entrevue ?

– Une entrevue ?

Alors je lui explique en grandes lignes la conversation que j’avais eue avec Nitouchka et mon désir de connaître son processus de décision.

– Quand je t’ai appris que j’avais l’herpès, tu me connaissais à peine… Tu n’étais même pas impliqué émotivement.  Tu aurais pu partir, prendre tes jambes à ton cou et passer à la suivante !!!  Je veux savoir pourquoi tu es resté et pouvoir en parler à nos lecteurs. On offre toujours notre point de vue d’herpéthique et ce serait tellement fantastique de pouvoir offrir le point de vue d’une personne qui est restée.  S’il te plait mon chéri (yeux doux ici), s’il te plait !

Et il a accepté d’emblée.  Ce qu’il est merveilleux mon Ppf !

Nous en avons jasé un peu mais n’avons pas eu le temps de faire le tour de toutes mes questions et je me suis dit que, tant qu’à y être, je devrais vous soumettre ma liste de questions au cas où vous en auriez quelques pertinentes que je pourrais ajouter…

Alors la voici :

Est-ce que j’ai bien choisi le moment pour te l’annoncer ?

Est-ce que je t’ai dit les bonnes choses ?

Est-ce que ça aurait été différent si je te l’avais dit après une première relation sexuelle?

Pourquoi es-tu resté ?

Comment as-tu pris ta décision ?

Que ferais-tu si tu l’attrapais ?

Mets-tu ton choix en doute ?

Est-ce que tu y penses souvent ?

Et en finale : Est-ce que tu voudrais ajouter un commentaire ?

Voilà… Je crois que ça risque d’être étrange et bouleversant de parler de ce sujet aussi ouvertement – parce que oui, c’est toujours difficile d’en parler – mais j’ai vraiment hâte de connaître à fond son point de vue…

Avec le temps, on croit qu’on a fait le tour, les filles et moi on s’essouffle.

L’herpès on en a parlé, on l’a décortiqué sous tous ses angles, on l’a dédramatisé, on en a ri et on s’est donné des tapes dans le dos en se disant que ce n’était vraiment pas la fin du monde.

On vous a raconté nos belles histoires d’amour, nos jours sombres et nos matins ensoleillés. Bien des souvenirs y sont reliés.

L’herpès nous a certainement transformé et j’ai souvent pensé que c’était pour le mieux.  Bref, je n’y changerais pas grand chose puis, avec une bonne dose de Valtrex, on fini presque par l’oublier…

Ça fait plus de vingt ans que ce vilain mot est entré de le quotidien de mon vocabulaire.  Au début, pendant environ les cinq premières années, il est venu me hanter toutes les trois semaines. Ensuite, ça s’est estompé peut-être aux quatre semaines, puis cinq, puis six… Et maintenant, il m’arrive de sauter un mois ou deux (p’être même trois).

Je l’ai accepté ça. J’ai accepté que ce serait toujours présent et que de m’apitoyer n’y changeais rien… Et des bons côtés j’en ai trouvé comme celui de pouvoir discuter concrètement d’its avec mes enfants ; de sentir que je peux changer des choses dans le désarrois des autres ; de me donner une raison d’écrire ; de rencontrer des gens formidables et sensibles et de mettre sur ma route des humains dont les valeurs vont au delà d’un petit bobo.

Bref, l’herpès c’est pas grave.  Je suis en amour avec un homme extraordinaire qui n’a pas un iota de trace herpétique dans l’sang.  Quand je l’ai rencontré je lui ai évidemment tout déballé mon charabia. Je lui ai dit que je connaissais bien mes symptômes et que je prendrais un traitement suppréssif afin d’éviter lui transmettre…

C’est ce que j’ai fait.  Je me suis tapée un dose de Valtrex par jour pendant plus de six mois et on oublié toute cette histoire de coloc.  On n’en parle presque jamais et les préservatifs sèchent au fond de nos tiroirs. Tout beigne et je ne vois pas l’ombre d’une poussière flotter au dessus de notre petit nuage rose.

Mais dernièrement, parce que je n’aime pas être trop médicamentée et que je souhaite donner une pause de bleues à mon système, j’ai diminué ma dose à un jour sur deux ou trois la semaine où on se voit moins (enfants obligent) mais continue d’en prendre tous les jours quand on est ensemble…

Bon.  J’aboutis !  J’aboutis ! C’est que là, je me tape une crise !

Crisse !

J’aurais tellement voulu ne plus jamais y penser et me laisser bercer par l’Amour…

Biiiiiiiiiien non : je viens de recevoir une bonne dose de réalité en pleine face et va falloir que j’en reparle à mon amoureux. Concrètement.

Je n’ai pas de problème à lui dire qu’on devra se tenir tranquille quelques jours mais là où je me sens mal, c’est d’avoir à ramener tout ça sur le tapis et de lui rappeler que je suis une transmetteuse…  C’est un peu comme si j’avais à m’éventrer à nouveau pour étaler toute une confiture nauséabonde et, bien que je l’accepte et que mon Presqueparfait est au parfum, je me sens comme si je devais lui annoncer pour la toute première fois !

Je sais que j’vais en avoir toute ma vie et malgré que je sache aussi que mon amoureux va me prendre dans ses bras et qu’on va être heureux, je me sens vulnérable, là, maintenant.  Voilà!

Et pour finir sur une bonne note positive… On peut conclure que, même si on s’essouffle un peu, on a pas fini d’en parler, qu’on est bien placées pour vous comprendre, qu’on aura toujours besoin de support et que vous allez nous entendre encore longtemps !

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AJOUT 1 : lorsque j’ai voulu en parler à mon amoureux, il le savait déjà : il avait lu mon billet !  Vive le blogue et j’aime mon chum !

AJOUT 2 : finalement, y’avait pas de quoi fouetter un chat : ma crise n’était qu’un fichu poil incarné ! C’est que ça nous rend un peu parano ce petit virus ! En tout cas, voilà tout de même une preuve pour mon amoureux que je suis plus que vigilante!!!

On en a tous un. 

Pour beaucoup d’entre nous ici, c’est l’herpès. 

Certains le voient comme une palissade infranchissable, une muraille de pierre qui nous condamne à vivre en périphérie de la vie. 

Pour d’autres, c’est un petit muret qui se dresse à certains moments sur notre chemin et que nous traversons, péniblement ou sereinement.  C’est selon.

Nous en sommes les artisans et nous le forgeons de la matière dont nous voulons, consciemment ou inconsciemment.

Le mur.  Ce sacré mur.  C’est ma copine Loulou qui l’a baptisé ainsi. 

Lorsqu’on rencontre quelqu’un, on a tendance à se barricader derrière, ce grand mur en forme de H, convaincus qu’il n’en existe pas de plus laid, de plus infranchissable.  Tellement tournés sur sa petite misère qu’on oublie qu’un mur peut prendre bien d’autres visages. 

C’est les histoires combinées de May et de Loulou qui m’ont fait réfléchir au mur. 

Terrifiée à l’idée d’être rejetée, May a choisi d’annuler un rendez-vous.  Elle s’est emmurée derrière le grand H.

Loulou quant à elle, a eu une date avec un gentil garçon.  Il lui plaisait drôlement et il semblait partager cet engouement.  Pourtant, Loulou a senti la muraille qui se dressait tout autour de lui.  Une muraille qu’il n’a pas franchie.  Une muraille que Loulou a sagement décidé de ne pas percer.

Il est disparu et on a jamais su pourquoi. 

Il existe 100, 1000, 10 000 raisons de se voir comme une marchandise avariée.  Et l’herpès n’est pas la moindre. Quel était son mur?  Lui seul le sait. 

Notre mur semble toujours à nos yeux, le plus infranchissable, le plus hideux.  Et pourtant.

J’ai connu quelqu’un qui refusait de rencontrer, convaincue qu’elle était qu’aucun homme ne voudrait d’une femme monoparentale avec 3 enfants à charge à temps plein.  C’était son mur.  Elle le voyait de béton armé.

J’ai connu également une maman débordée par les soins que demande un enfant trisomique alors que le papa est disparu du portrait, qui se refusait à toute avance puisqu’elle se jugeait non aimable.

Loulou quant à elle, a connu un type qui croulait sous les dettes, incapable de gérer son trouble compulsif qui le poussait à acheter constamment et qui l’empêchait de créer des liens véritables avec une amoureuse.

J’ai aussi connu quelqu’un qui croyait qu’il n’existait pas de plus grand obstacle que sa phobie sociale, ce secret qu’il arrivait à révéler mais toujours rongé par la peur d’être rejeté.  On connait n’est-ce pas?

Et que dire de cette jeune fille magnifique qui s’est vendue à rabais à un idiot, convaincue de ne pouvoir mériter mieux tellement elle était envahie par sa phobie d’avoir mauvaise haleine.

Qu’on soit gros, malade, désorganisé, les raisons sont infinies lorsque vient le temps de se convaincre qu’on ne peut être aimé. 

Et pourtant. 

Imaginez un instant :  et si le gentil garçon que Loulou a rencontré avait en fait été terrifié à l’idée de lui annoncer qu’il avait l’herpès?  Et s’il avait préféré couper les ponts avec elle plutôt que de faire face à la musique? 

Vous saisissez l’ironie de la chose?  Dans cette perspective, quelle belle occasion il a laissé passer.  Quelle tristesse aussi.

Et si le prétendant de May avait également eu l’herpès?  Ou n’importe quel autre mur qui l’aurait rendu sensible à sa réalité?

Mais on ne saura pas.

Combien d’occasions avons-nous ainsi manquées dans notre vie, coincés derrière le mur qu’on s’est construit?

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Je cite May ici (et elle me pardonnera j’espère) mais ça aurait pu être moi, Bobette, Amétys et beaucoup d’entre vous j’en suis convaincue.

Vous connaissez l’adage : Les gens heureux n’ont pas d’histoire. Ou peu. Mon coloc se tenant peinard (et qu’il le demeure)et ma vie voguant doucement sur les eaux calmes du bonheur, du coup, je me retrouve devant un écran bien blanc lorsque vient mon tour d’alimenter nos voraces lecteurs. Gros Néant.

Jusqu’à ce que ma copine Loulou fasse la connaissance de l’Abruti.  Faut bien que ça serve les amies.

Loulou et moi avons un rendez-vous téléphonique quotidien. Pour parler de quoi? De nos déboires amoureux pardi!

Pour faire un petit retour en arrière, Loulou avait un amoureux. L’amoureux a levé les feutres. Loulou cuve sa peine depuis et en parallèle, tente sa chance sur le marché des agents libres. On ne sait jamais. Le miracle peut survenir à tout moment. Il s’est produit pour Bobette, il s’est produit pour moi, alors pourquoi pas Loulou!

L’Abruti s’est donc présenté à elle déguisé en prince charmant. Et elle est passée à deux poils près d’y croire. Sauf que l’expérience aidant (il faut bien que ça servent tous ces déboires!) elle a rapidement flairé que la couronne du prétendant, c’était que du toc!

Loulou a fait comme se doit. Après quelques rencontres, elle lui a parlé du coloc.

Le pauvre Abruti a eu un choc. La femme de sa vie (déjà après une semaine!!) était au prise avec une horrible « maladie » (ses mots!) et franchement, il ne savait pas du tout ce qu’il devait faire. On le comprend quand même. Il a beau être abruti, c’est légitime d’avoir peur de contracter l’herpès.

Il est passé par toute la gamme des émotions.  Mais surtout par le mépris.  Bien déguisé sous ses déclarations mièvreuses d’amoureux déçu. 

Il s’inquiétait de l’attraper, même avec un condom, malgré le Valtrex. Il naviguait sur les eaux de son indécision, furieux contre l’herpès, blâmant Loulou pour ses choix amoureux passés (déjà!)qui l’empêchaient de l’aimer pleinement mais assuré qu’elle l’attendrait comme une assoiffée attend le porteur d’eau puisqu’anyway, qui voudrait d’une Loulou herpétique, si belle soit elle!!

N’était-il pas le plus valeureux et généreux parti que Loulou pourrait jamais espérer avoir considérant « son état »?

Mais le truc avec l’herpès c’est qu’il n’y a pas cinquante-six solutions. Il y en a deux. Tu l’acceptes ou tu ne l’acceptes pas.

L’Abruti ne l’avait pas compris, convaincu qu’il était de faire une fleur à Loulou en ne la dumpant pas comme la vulgaire lépreuse qu’elle était.

C’était bien mal connaître sa Loulou. C’était être un abruti à la puissance dix. C’était sans savoir qu’en plus d’avoir une tête sur les épaules et une estime d’elle-même aguerrie aux idiots, Loulou porte en elle sa force et celle de toutes ses amies réunies qui ont, ensemble et en solitaire, fait l’autopsie de ce que l’on pouvait accepter au nom du coloc. 

Rien.  Pas même un abruti. 

Un soir donc, sous l’appel pressant de son système d’alarme intérieur,  Loulou a coupé court à l’indécision de l’Abruti.  Elle lui a fait savoir que, bien qu’elle respecte sa crainte qui est somme toute légitime,  elle n’accepterait jamais d’être avec quelqu’un qui craindrait tout le temps d’être infecté.  Too bad for you honey! 

On s’est bien marré sur sa réaction en rétrospective.  Le pauvre ne pouvait y croire!  Se faire dumper par une brebis galeuse.  Le comble de l’insulte! 

Mais pour Loulou, l’herpès n’était en fait qu’une belle excuse pour se débarasser plus rapidement d’un autre de ces paumés qui sévissent malheureusement sur le marché du célibat! 

Et pour franchir un pas de plus sur le chemin de l’estime de soi.

Keep on walking Loulou.  Il est quelque part sur ta route.  Suffit d’avancer.

C’est bien chouette de faire couler un peu d’encre et on a beau dire les filles et moi; on ignorait vraiment à quel point ce blogue aurait de l’impact sur nos vies et sur la vie des autres…

Franchement non seulement on a du plaisir à régler nos comptes avec notre hôte mal aimé, on est d’autant plus émues des témoignages qu’on reçoit de votre part.  Ça nous fait vraiment tout drôle de savoir qu’on laisse peut-être une petite marque positive en quelque part, dans la vie de quelqu’un…. Et encore plus à titre tout-à-fait anonyme!

Merci de nous en faire part. Ça donne du gaz à nos claviers!

Oui, MPB fait couler de l’encre… et pour preuve, cette semaine chez Branchez-vous!, Josianne Massé a parlé de nous – Merci Josianne!

Figurez-vous donc qu’entre les Martin Petit, Alain Zouvi et Mitsou de ce monde, le nom de MPB en grosses lettres presque dorées – Bon, bon, ok! C’est probablement juste nous autres qui les a vues de même! – a été associé à celui de l’admirable Michelle Blanc

Oui, oui… La question qui tue a été bien lancée:  «Est-ce qu’un tweet sur la vaginite de Michelle Blanc peut avoir autant d’impact que Mon petit bobo, un blogue sur l’herpès???»

Faudrait bien que quelqu’un tweet là-dessus parce que nous, on a pas de réponse mais en gros, on est pas mal certaines que Michelle est un tantinet plus populaire que nous trois réunies – même avec tous nos amis et enfants – et qu’on entendra certainement beaucoup plus longtemps les échos de sa vaginite que ceux du drame vécu par certaines personnes à cause d’un virus quasi anodin et très répandu dont on n’ose même pas parler…

Ah oui, on en a du chemin à faire!

Loin le jour où on pourra dire que je nous voyais déjà – full glamour – parler de Mon petit bobo et du feu sauvage de l’amour à Tout l’monde en parle avec toutes les trois un gros sac de papier brun sur la tête!!!

😉

– Oui bonjour, je voudrais renouveler ma prescription.

– Bien sûr. Puis-je avoir le numéro.

– Oui, c’est le 123jailherpes.

– Ah, votre prescription n’est plus valide!

– Plus valide??? Impossible!

– Je vous dis, je ne peux pas vous la renouveler, elle date de 2007.

– Impossible!  Regardez comme il faut! Dis-je sur un ton un peu désespéré.  Vous pouvez au moins m’en donner pour un mois en attendant, s’il faut que je renouvelle mon ordonnance non???

– NON, ça date de trop longtemps, je ne peux rien faire!

– OK… Écoute moi bien lààààà… J’ai l’herpès GÉNITAL depuis plus de 20 ans!… JE SAIS CE QUE J’AI NON?????  C’EST PAS DES CALMANTS QUE JE DEMANDE LÀÀÀÀÀÀÀ SIMONAC (quoi que je devrais p’t’être en prendre finalement)!!!…  Vous faites sûrement une erreur !!!! J’en ai besoin…..C’EST URGENT!… MOI J’AI L’HERPÈS pis mon nouveau chum BIEN IL L’A PAS…. Vous comprenez ça NON?????

– Je ne peux rien faire moi madame… J’vous passe le pharmacien!

– Oui bonjour?

– Bon monsieur le pharmacien. Votre technicienne me dit bla, bla, bla , il faut me comprendre làààà!!!! J’ai l’herpès génital moi puis bla, bla, bla…. Pas mon chum….. Puis….

Bref, un peu plus que je faisais encore plus folle de moi en adoptant un ton larmoyant pour lui dire qu’on avait juste une fin de semaine sur deux sans les enfants puis que là, c’était notre fin de semaine (si vous comprenez ce que je veux dire)…

– Mais madame…. Madame!  Laissez moi vous interrompe un petit instant!…  La prescription est bien dans votre dossier, la technicienne n’a tout simplement pas vérifié jusqu’au bout de votre fiche.

-…

– Vous pouvez venir chercher vos Valtrex d’ici une heure.

-… heuuu…. Ah???…. Bien merci alors.

Fuck! Je dois aller à la pharmacie!………..  Quelqu’un a un masque à me prêter???

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

Première visite?

Tout d'abord bienvenue chez MPB! Afin de vous aider à nous connaître un peu et à en comprendre d’avantage sur notre situation, nous vous invitons à commencer la lecture de notre blogue par l'onglet «Billets choisis». Bonne visite!

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