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Ce jour là, j’écoutais l’émission de radio d’Isabelle Maréchal au 98,5 FM. Le sujet du jour, je vous le donne dans le mille : notre petit bobo!  Comme invités, le docteur Réjean Thomas de la Clinique A et notre ami Guy Leduc, fondateur de its rencontres.  Si vous ne connaissez pas l’émission, on y aborde des sujets qui touchent la santé en laissant des gens du public intervenir, juste comme ça, parce qu’ils se sentent interpellés.

Et ce jour là, je me suis sentie interpellée!

Sauf qu’avant de vous raconter la suite de mon histoire, je dois vous mettre en contexte et vous faire un petit aparté sur ma situation familiale:
Mes enfants et moi vivons maintenant avec PresqueParfait, dit le-sans-bobo, accompagné de sa trâlée d’ados.  Parmi cette gang de jeunes reconstituée, seule ma fille est au courant de notre petit secret.

Je travaille de la maison. Le jour je me retrouve donc seule à travailler sur des trucs de travailleur autonome.  La gang est soit à l’école, soit au boulot et le plus grand de nos ados qui ne fait rien de sa vie est presque toujours chez ses potes à récupérer de la veille.  Bref le jour, je suis seule…

Alors oui ce jour là je me suis sentie interpellée!

Je signale donc le numéro et, à mon grand étonnement, tombe sans délai sur le répartiteur à qui j’explique que je suis une des coauteures de monpetitbobo et je me retrouve illico presto en attente de passer sur les ondes!

– Il y a deux interlocuteurs avant vous: vous passez donc dans deux!  Qu’il me dit.

Je suis un peu nerveuse mais bien contente de pouvoir mettre mon expérience au service de la vérole en me disant qu’en plus, ça donnerait un sérieux coup de pouce à MPB… Ô que j’en avais de l’ambition pour ces trois lettres!

Tout en me faisant une liste mentale de ce que j’allais dire, j’écoutais en stéréo l’émission qui jouait à la fois au bout du fil et sur les haut-parleurs du salon.  Dehors, la neige ; je regardais les flocons danser.

– Madame!  Vous passez dans un! 

Mon coeur palpite mais je garde le contrôle et me sens relativement bien jusqu’au moment où tout se gâte…

Un son, une fraction de seconde, une clé dans la serrure; j’ai compris ce jour là comment une sérénité relative pouvait instantanément se transformer en tornade émotionnelle.

– Madame!  Vous êtes à quelques secondes d’entrer en ondes! 

Et cette clé dans la serrure?!?

Dans l’espoir d’avoir mal entendu et de voir le camelot repartir avec son sac en bandoulière, j’étire mon regard vers l’entrée en constatant avec stupeur que ce matin là – je ne sais par quelle force ésotérique – l’ado non au courant de mon petit bobo, qui d’habitude dégrise chez des potes jusqu’en fin d’après midi, rentrait au bercail.

Il est dix heures, dehors il fait froid, il neige et je me sens piégée comme un enfant qui vient de faire une terrible bêtise.

Je suis toujours en attente, mon cerveau roule à vitesse grand V.  La porte d’entrée grinche.  Je sais que je devrais raccrocher la ligne mais au lieu de faire ce qui aurait été tout à fait logique et sans risque pour mon égo, en guise de manteau j’attrape la robe de chambre qui traîne sur une chaise, je saute pieds nus dans mes petits baskets de tissus et sors en catimini par la porte de derrière.

J’ai de la neige jusqu’aux genoux.  Téléphone en main, j’ai à peine le temps de me rendre au fond de la cours jusqu’à la cabane à jardin que j’entends le répartiteur qui m’annonce que je suis en ligne!

Bonjour Madame!

J’ai le souffle coupé.  Haletant, je tente de me présenter, de parler de notre blogue et d’expliquer le but de mon intervention.

Les baskets remplis de neige, au fond de ma cachette gelée, je peine à me concentrer.  Tentant d’être cohérente, j’imagine avoir oublié les haut-parleurs qui crachent encore ma voix dans le salon pendant que l’ado dégrise au son de mon discours. Je bafouille et m’excuse en expliquant que je suis nerveuse.  Je tente de poursuivre mais je pense alors à ma voisine qui est probablement en train de ramasser sa neige, perplexe d’entendre les secrets de ma cabane à jardin…

Je n’arrive pas à reprendre mon souffle et, trémolo dans la voix, j’essaie de dédramatiser, je trébuche, m’excuse encore, me répète.  L’entrevue ne dure que quelques minutes mais elle me semble interminable.  Moi qui pensais y arriver avec brio, je me suis mordu les lèvres de ne pas avoir raccrocher le combiné pendant qu’il en était encore temps.

Déconfite, je suis rentrée à la maison prête à affronter l’ado indigné de mon secret dévoilé mais, fort heureusement, j’ai été vite soulagée de constater que dans ma hâte à me sauver, j’avais eu la brillance d’esprit de fermer la radio et que, outre une grave blessure à l’égo, il me restait toute une histoire à raconter!

Alors oui, ce jour là je me suis sentie interpellée…

Peut-être fallait-il m’entendre malhabilement prôner la dédramatisation,  mais il fallait surtout me voir pour comprendre que ce jour là, il n’en était rien!

Bobette

Ah l’herpès, l’herpès, l’herpès!  Mais quand allons-nous arrêter d’en parler?

Got news for you;  Jamais!  En tout cas, pas ici sur MPB car c’est la seule et unique raison d’être de ce blogue: parler d’herpès!  Alors les  amateurs de course ou les adeptes de scrapbooking peuvent passer leur chemin….à moins qu’ils aient des intérêts dans notre petit business.  L’un n’empêchant pas l’autre bien entendu.

Pour ceux qui restent, parlons herpaizzzze!

Je serai peut-être redondante parce que tout ce que j’avais à dire sur le sujet, je l’ai, à peu de mots près, écrit ici.  Mais je me suis dit que de nouvelles tournures de phrases ne seraient pas sans vous déplaire.  Vous avez besoin d’entendre parler d’herpès et, ô lecteurs avides de nos croustillantes histoires licencieuses, vous  avez probablement déjà tout lu et relu ce qu’on a pu écrire jusqu’à ce jour.  Laissez-moi  donc vous égayer de mes dernières réflexions sur l’infâme.

J’en ai déjà fait mention dans mes derniers commentaires mais pour le lecteur paresseux qui se contente uniquement de lire nos délicieux billets en laissant de côté les propos avisés de nos lecteurs, je vais me répéter:  J’ai réintégré mes souliers de célibataire.  Hé oui!  J’ai abandonné les élimés moelleux baskets de la vie à deux pour rechausser les égrillards douloureux stilettos du célibat.

Misère me direz-vous!

Et bien NON!  En fait, je vous répondrais que c’est une question de point vue car le célibat en soi peut s’avérer ressourçant,  voire même divertissant.  Là par contre où le bât blesse pour vous et moi c’est que ce nouvel ordre des choses implique que l’on doive tôt ou tard renouer avec notre misérable petit casse-pied de la culotte afin de l’introduire à un nouveau prétendant.  Et ça, on ne se le cachera pas et on ne s’enfargera pas dans le choix des mots, ça fait ch….suer!!

Célibataire vous ai-je dit?  Bien en fait je vous dirais… un peu moins. Ou si peu.  C’est fou tout ce qui peut se passer entre le moment où on commence un billet et celui où on le finit.  Un monde.  Un homme aussi.  Je vous raconterai c’est certain.  Je vous connais vous allez A-D-O-R-E-R!!  Mais une autre fois car là n’est pas mon propos du jour.

Vous les connaissez les aléas de ces nouvelles rencontres.  Il y a l’angoisse de l’annonce, il y a l’annonce et il y a la suite, la réaction de l’autre.  En revivant pour la Xième fois (j’ai compté; c’était la 5e) ces douloureux moments  j’ai réalisé une chose : le drame ce n’est pas d’avoir l’herpès.  Le drame c’est de DIRE qu’on a l’herpès.  Et tout l’odieux de ce virus est contenu dans cette nuance.

TOUTES les fois où j’ai eu à le dire j’ai revécu la même chose.  D’abord cette terrible anxiété de devoir introduire notre petit ami,  l’envie de mettre fin à ce début de relation juste pour ne pas avoir à parler du coloc. Parce chance à cette étape,  il y a les copines pour nous crinquer le moral.

Ensuite ce moment terrible où face à l’autre, il faille extraire de sa bouche ce douloureux aveu.  La haine de ce mot si laid, si incongru sur mes lèvres, la honte,  ô oui la honte, de s’associer à notre corps défendant à cette « maladie honteuse » ?

Notre copine Amétys (oui elle existe encore!!) a trouvé une analogie qui ma foi, bien que très vulgaire et à la limite de l’abjecte, exprime avec une profonde justesse l’inconfort de la situation.

« Dire qu’on a l’herpès c’est un peu comme chier devant quelqu’un;  PERSONNE ne veut avoir à faire ça! »

Nous aurions pu vous éviter ce parallèle scabreux en comparant le malaise de DIRE qu’on a l’herpès aux souffrances d’un accouchement mais on s’entend que ce n’est pas d’un joli petit bébé qu’on parle ici.  C’est drôlement plus laid et s’apparente définitivement plus aux analogies d’Amétys qu’à la beauté d’un enfantement.

De tous les inconvénients d’avoir l’herpès, c’est le seul qui m’atteigne vraiment.  Ma douleur c’est d’extraire ces mots de ma bouche.  De me placer dans une extrême position de vulnérabilité et de faiblesse.  Pour le court instant où ces mots franchissent ma bouche.

Parce qu’après, après ce pénible aveu, je ressens toujours un immense soulagement.  Une force tranquille.  Une certitude.  Celle que la seule chose qui puisse m’atteindre c’est la gentillesse, la compassion et le respect de l’autre.

Son jugement, son rejet, voire même son dégoût ne sauraient trouver leur chemin jusqu’à moi.  Pourquoi?  Parce qu’il y a eu cette première fois où j’ai eu à l’annoncer et où j’ai compris que je n’étais pas ce petit virus,  qu’il était un petit détail insignifiant dans l’ensemble de ce que je suis.  Il y a eu cette tendresse, ce respect qu’on m’a démontré à toutes les fois.  Et que celui qui ne saurait faire face à ce petit inconvénient wouldn’t be strong enough to be my man anyway!

Mais pour en venir à ce moment il faut le DIRE!

Et dire on doit.  Et dire je fus.  Mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterai.  Vous ai-je dit que vous alliez l’aimer?

L’autre jour, Meilleur Ami, celui de l’Amoureux, me lance tout bonnement, entre une Heineken et un Daiquiri aux fraises:

–          Nitouchka je voulais te féliciter!

–          Ah bon!?  (J’ai gagné quoi?)

–          Je voulais te féliciter pour ton site.  Mon Petit Bobo.

–          Hey ben……(Malaise!  On a beau dire, j’ai encore une grosse certaine gêne à parler de ma « condition »!)… merci.

–          C’est vraiment super ce que vous faites.  J’ai vu qu’il y avait beaucoup de monde qui vous écrivaient et que vous semblez aider.

–          (Avec un détachement tout ce qu’il y a de plus simulé.  Dans le genre, moi l’herpès, pfff……!) En effet.  On est bien heureuses.  Tu en as parlé à Philomène? ( Cette Philomène)

 –          Oui je lui en ai parlé et je lui ai refilé le lien.

 –          C’est bien! (Ok on peut tu passer à autre chose?  Un autre daiquiri genre? 

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En débutant ce blog nous voulions  présenter une facette moins dramatique de l’herpès, plus humaine.  Je crois bien que nous y sommes arrivées. 

Et comme avec tous les succès, on a eu envie de le partager.  Mais du coup, avec tous ces amis, ces proches et ces amoureux qui peuvent mettre un visage aux avatars de ce blog,  une petite gêne s’est installée et avec elle,  une certaine forme de censure. 

Jusqu’où peut-on raconter des anecdotes de notre intimité sans être déplacées, sans froisser, sans impliquer des gens que d’autres pourraient reconnaitre.

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Plus tard.  Seule avec l’Amoureux.

–         J’étais un peu mal à l’aise tout à l’heure avec l’Ami. 

–         Ah oui pourquoi?

–         Ça me rend mal à l’aise d’une part de parler d’herpès avec lui, et d’autre part, de savoir qu’il peut lire toutes ces histoires sur ma vie privée.  C’était sensé être un truc anonyme et là j’ai l’impression que je vais devoir faire attention à ce que j’écris.

–         Je comprends.  D’ailleurs il s’est reconnu dans l’histoire du wetsuit.

–         NONNNN!

–         Oui. 

–         Merde!!!

–         Mais il a aimé la conclusion, lorsque tu dis que tu ne lui en veux pas et que tu aurais pu faire la même chose.

–         Quand même…. Fiou!  Tu crois que je devrais enlever le paragraphe où je dis que dans le fond, il n’a jamais vraiment été amoureux de Philomène?   Parce que si elle aussi se reconnait il est mal barré.

–         Mouais…………

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Après que mon petit hamster ait brûlé les bering de sa roue et ait frôlé la crise cardiaque j’ai fini par conclure.  Et puis merde!  C’est mon blog après tout. 

Alors sachez que les noms ont tous été changés mais que toute ressemble avec des personnes connues pourrait ne pas être fortuite. Et j’y peux rien. Gnan!

Avec le temps, on croit qu’on a fait le tour, les filles et moi on s’essouffle.

L’herpès on en a parlé, on l’a décortiqué sous tous ses angles, on l’a dédramatisé, on en a ri et on s’est donné des tapes dans le dos en se disant que ce n’était vraiment pas la fin du monde.

On vous a raconté nos belles histoires d’amour, nos jours sombres et nos matins ensoleillés. Bien des souvenirs y sont reliés.

L’herpès nous a certainement transformé et j’ai souvent pensé que c’était pour le mieux.  Bref, je n’y changerais pas grand chose puis, avec une bonne dose de Valtrex, on fini presque par l’oublier…

Ça fait plus de vingt ans que ce vilain mot est entré de le quotidien de mon vocabulaire.  Au début, pendant environ les cinq premières années, il est venu me hanter toutes les trois semaines. Ensuite, ça s’est estompé peut-être aux quatre semaines, puis cinq, puis six… Et maintenant, il m’arrive de sauter un mois ou deux (p’être même trois).

Je l’ai accepté ça. J’ai accepté que ce serait toujours présent et que de m’apitoyer n’y changeais rien… Et des bons côtés j’en ai trouvé comme celui de pouvoir discuter concrètement d’its avec mes enfants ; de sentir que je peux changer des choses dans le désarrois des autres ; de me donner une raison d’écrire ; de rencontrer des gens formidables et sensibles et de mettre sur ma route des humains dont les valeurs vont au delà d’un petit bobo.

Bref, l’herpès c’est pas grave.  Je suis en amour avec un homme extraordinaire qui n’a pas un iota de trace herpétique dans l’sang.  Quand je l’ai rencontré je lui ai évidemment tout déballé mon charabia. Je lui ai dit que je connaissais bien mes symptômes et que je prendrais un traitement suppréssif afin d’éviter lui transmettre…

C’est ce que j’ai fait.  Je me suis tapée un dose de Valtrex par jour pendant plus de six mois et on oublié toute cette histoire de coloc.  On n’en parle presque jamais et les préservatifs sèchent au fond de nos tiroirs. Tout beigne et je ne vois pas l’ombre d’une poussière flotter au dessus de notre petit nuage rose.

Mais dernièrement, parce que je n’aime pas être trop médicamentée et que je souhaite donner une pause de bleues à mon système, j’ai diminué ma dose à un jour sur deux ou trois la semaine où on se voit moins (enfants obligent) mais continue d’en prendre tous les jours quand on est ensemble…

Bon.  J’aboutis !  J’aboutis ! C’est que là, je me tape une crise !

Crisse !

J’aurais tellement voulu ne plus jamais y penser et me laisser bercer par l’Amour…

Biiiiiiiiiien non : je viens de recevoir une bonne dose de réalité en pleine face et va falloir que j’en reparle à mon amoureux. Concrètement.

Je n’ai pas de problème à lui dire qu’on devra se tenir tranquille quelques jours mais là où je me sens mal, c’est d’avoir à ramener tout ça sur le tapis et de lui rappeler que je suis une transmetteuse…  C’est un peu comme si j’avais à m’éventrer à nouveau pour étaler toute une confiture nauséabonde et, bien que je l’accepte et que mon Presqueparfait est au parfum, je me sens comme si je devais lui annoncer pour la toute première fois !

Je sais que j’vais en avoir toute ma vie et malgré que je sache aussi que mon amoureux va me prendre dans ses bras et qu’on va être heureux, je me sens vulnérable, là, maintenant.  Voilà!

Et pour finir sur une bonne note positive… On peut conclure que, même si on s’essouffle un peu, on a pas fini d’en parler, qu’on est bien placées pour vous comprendre, qu’on aura toujours besoin de support et que vous allez nous entendre encore longtemps !

—-

AJOUT 1 : lorsque j’ai voulu en parler à mon amoureux, il le savait déjà : il avait lu mon billet !  Vive le blogue et j’aime mon chum !

AJOUT 2 : finalement, y’avait pas de quoi fouetter un chat : ma crise n’était qu’un fichu poil incarné ! C’est que ça nous rend un peu parano ce petit virus ! En tout cas, voilà tout de même une preuve pour mon amoureux que je suis plus que vigilante!!!

On en a tous un. 

Pour beaucoup d’entre nous ici, c’est l’herpès. 

Certains le voient comme une palissade infranchissable, une muraille de pierre qui nous condamne à vivre en périphérie de la vie. 

Pour d’autres, c’est un petit muret qui se dresse à certains moments sur notre chemin et que nous traversons, péniblement ou sereinement.  C’est selon.

Nous en sommes les artisans et nous le forgeons de la matière dont nous voulons, consciemment ou inconsciemment.

Le mur.  Ce sacré mur.  C’est ma copine Loulou qui l’a baptisé ainsi. 

Lorsqu’on rencontre quelqu’un, on a tendance à se barricader derrière, ce grand mur en forme de H, convaincus qu’il n’en existe pas de plus laid, de plus infranchissable.  Tellement tournés sur sa petite misère qu’on oublie qu’un mur peut prendre bien d’autres visages. 

C’est les histoires combinées de May et de Loulou qui m’ont fait réfléchir au mur. 

Terrifiée à l’idée d’être rejetée, May a choisi d’annuler un rendez-vous.  Elle s’est emmurée derrière le grand H.

Loulou quant à elle, a eu une date avec un gentil garçon.  Il lui plaisait drôlement et il semblait partager cet engouement.  Pourtant, Loulou a senti la muraille qui se dressait tout autour de lui.  Une muraille qu’il n’a pas franchie.  Une muraille que Loulou a sagement décidé de ne pas percer.

Il est disparu et on a jamais su pourquoi. 

Il existe 100, 1000, 10 000 raisons de se voir comme une marchandise avariée.  Et l’herpès n’est pas la moindre. Quel était son mur?  Lui seul le sait. 

Notre mur semble toujours à nos yeux, le plus infranchissable, le plus hideux.  Et pourtant.

J’ai connu quelqu’un qui refusait de rencontrer, convaincue qu’elle était qu’aucun homme ne voudrait d’une femme monoparentale avec 3 enfants à charge à temps plein.  C’était son mur.  Elle le voyait de béton armé.

J’ai connu également une maman débordée par les soins que demande un enfant trisomique alors que le papa est disparu du portrait, qui se refusait à toute avance puisqu’elle se jugeait non aimable.

Loulou quant à elle, a connu un type qui croulait sous les dettes, incapable de gérer son trouble compulsif qui le poussait à acheter constamment et qui l’empêchait de créer des liens véritables avec une amoureuse.

J’ai aussi connu quelqu’un qui croyait qu’il n’existait pas de plus grand obstacle que sa phobie sociale, ce secret qu’il arrivait à révéler mais toujours rongé par la peur d’être rejeté.  On connait n’est-ce pas?

Et que dire de cette jeune fille magnifique qui s’est vendue à rabais à un idiot, convaincue de ne pouvoir mériter mieux tellement elle était envahie par sa phobie d’avoir mauvaise haleine.

Qu’on soit gros, malade, désorganisé, les raisons sont infinies lorsque vient le temps de se convaincre qu’on ne peut être aimé. 

Et pourtant. 

Imaginez un instant :  et si le gentil garçon que Loulou a rencontré avait en fait été terrifié à l’idée de lui annoncer qu’il avait l’herpès?  Et s’il avait préféré couper les ponts avec elle plutôt que de faire face à la musique? 

Vous saisissez l’ironie de la chose?  Dans cette perspective, quelle belle occasion il a laissé passer.  Quelle tristesse aussi.

Et si le prétendant de May avait également eu l’herpès?  Ou n’importe quel autre mur qui l’aurait rendu sensible à sa réalité?

Mais on ne saura pas.

Combien d’occasions avons-nous ainsi manquées dans notre vie, coincés derrière le mur qu’on s’est construit?

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Je cite May ici (et elle me pardonnera j’espère) mais ça aurait pu être moi, Bobette, Amétys et beaucoup d’entre vous j’en suis convaincue.

C’est bien chouette de faire couler un peu d’encre et on a beau dire les filles et moi; on ignorait vraiment à quel point ce blogue aurait de l’impact sur nos vies et sur la vie des autres…

Franchement non seulement on a du plaisir à régler nos comptes avec notre hôte mal aimé, on est d’autant plus émues des témoignages qu’on reçoit de votre part.  Ça nous fait vraiment tout drôle de savoir qu’on laisse peut-être une petite marque positive en quelque part, dans la vie de quelqu’un…. Et encore plus à titre tout-à-fait anonyme!

Merci de nous en faire part. Ça donne du gaz à nos claviers!

Oui, MPB fait couler de l’encre… et pour preuve, cette semaine chez Branchez-vous!, Josianne Massé a parlé de nous – Merci Josianne!

Figurez-vous donc qu’entre les Martin Petit, Alain Zouvi et Mitsou de ce monde, le nom de MPB en grosses lettres presque dorées – Bon, bon, ok! C’est probablement juste nous autres qui les a vues de même! – a été associé à celui de l’admirable Michelle Blanc

Oui, oui… La question qui tue a été bien lancée:  «Est-ce qu’un tweet sur la vaginite de Michelle Blanc peut avoir autant d’impact que Mon petit bobo, un blogue sur l’herpès???»

Faudrait bien que quelqu’un tweet là-dessus parce que nous, on a pas de réponse mais en gros, on est pas mal certaines que Michelle est un tantinet plus populaire que nous trois réunies – même avec tous nos amis et enfants – et qu’on entendra certainement beaucoup plus longtemps les échos de sa vaginite que ceux du drame vécu par certaines personnes à cause d’un virus quasi anodin et très répandu dont on n’ose même pas parler…

Ah oui, on en a du chemin à faire!

Loin le jour où on pourra dire que je nous voyais déjà – full glamour – parler de Mon petit bobo et du feu sauvage de l’amour à Tout l’monde en parle avec toutes les trois un gros sac de papier brun sur la tête!!!

😉

– Oui bonjour, je voudrais renouveler ma prescription.

– Bien sûr. Puis-je avoir le numéro.

– Oui, c’est le 123jailherpes.

– Ah, votre prescription n’est plus valide!

– Plus valide??? Impossible!

– Je vous dis, je ne peux pas vous la renouveler, elle date de 2007.

– Impossible!  Regardez comme il faut! Dis-je sur un ton un peu désespéré.  Vous pouvez au moins m’en donner pour un mois en attendant, s’il faut que je renouvelle mon ordonnance non???

– NON, ça date de trop longtemps, je ne peux rien faire!

– OK… Écoute moi bien lààààà… J’ai l’herpès GÉNITAL depuis plus de 20 ans!… JE SAIS CE QUE J’AI NON?????  C’EST PAS DES CALMANTS QUE JE DEMANDE LÀÀÀÀÀÀÀ SIMONAC (quoi que je devrais p’t’être en prendre finalement)!!!…  Vous faites sûrement une erreur !!!! J’en ai besoin…..C’EST URGENT!… MOI J’AI L’HERPÈS pis mon nouveau chum BIEN IL L’A PAS…. Vous comprenez ça NON?????

– Je ne peux rien faire moi madame… J’vous passe le pharmacien!

– Oui bonjour?

– Bon monsieur le pharmacien. Votre technicienne me dit bla, bla, bla , il faut me comprendre làààà!!!! J’ai l’herpès génital moi puis bla, bla, bla…. Pas mon chum….. Puis….

Bref, un peu plus que je faisais encore plus folle de moi en adoptant un ton larmoyant pour lui dire qu’on avait juste une fin de semaine sur deux sans les enfants puis que là, c’était notre fin de semaine (si vous comprenez ce que je veux dire)…

– Mais madame…. Madame!  Laissez moi vous interrompe un petit instant!…  La prescription est bien dans votre dossier, la technicienne n’a tout simplement pas vérifié jusqu’au bout de votre fiche.

-…

– Vous pouvez venir chercher vos Valtrex d’ici une heure.

-… heuuu…. Ah???…. Bien merci alors.

Fuck! Je dois aller à la pharmacie!………..  Quelqu’un a un masque à me prêter???

Les copines se plaignent.  Nitouchka a disparu des écrans radars.  Hey oui.  Amour quand tu nous tiens.  L’arrivée de Margojolie m’a quelque peu déculpabilisée mais quand même.  M’en va vous entretenir.

Nitouchka surfe sur la vague de l’amour.  Et comme ici c’est un blog sur l’herpès, m’en va vous entretenir sur l’amour à l’heure de l’herpès.

Un matin comme un autre.  7h30 le téléphone sonne.  Je me farcis le trafic.  C’est Loulou et son appel quotidien.  On n’a pas toujours quelque chose à se dire mais ce matin là y’avait de la viande sur l’os.

Nitouchka – Ça va ?

Loulou – Mouais….

Nitouchka – Maizencore ?

Loulou – Sti qu’ça me fait chier !

Nitouchka – Raconte……

Loulou – L’herpès câlisse !

Nitouchka – Ah celui-là……

Loulou – Je me tape une crise.  Une méga.  Évidemment pas question qu’on s’amuse mon Jules et moi (Loulou a un amoureux.  Depuis plus de 3 mois.  Yeah ! )

Nitouchka – En effet……

Loulou – Mais le problème est pas là….  Le problème c’est que je n’arrive pas à lui dire qu’on ne peut pas s’amuser.  Nitouchka ça me fait chier.  J’ai l’impression que si je lui en parle, du coup je lui rappelle qu’il court un danger et que je suis une personne non grata.

Nitouchka – Je te comprends.

Loulou – Ah oui?

Nitouchka –Ben kin!  Le dire c’est une chose.  Le redire en est une autre aussi difficile.  A-t-on vraiment le goût de constamment faire des rappels:  « Oh by the way, tu te rappelles que j’aie l’herpès hein?! »

Loulou – Mets-eeeeeeeeen!

Nitouchka – Regarde chéri la jolie petite gâle.  N’est-elle pas mignonne?  Tu veux t’y frotter

Loulou – Hé! Hé!  Justement.  J’ai tellement pas enviiiiiiiiiie!  J’ai l’impression qu’il va prendre ses jambes à son cou.

Nitouchka – Mouais.  Pourtant….

Loulou – Mouais. 

Nitouchka –

Loulou –

Loulou – Mais j’aurai pas le choix.

Nitouchka – T’auras pas le choix.  À moins de l’éviter pendant une semaine ou deux, mais là c’est d’autres problèmes que tu risques d’encourir.

Loulou – Mouais. (soupir)  Je pourrais essayer les larmes.  Parfois la compassion est plus forte que le dégoût non?

Nitouchka – C’est une bonne option.  Malgré ce qu’ils racontent, les hommes aiment les larmes.  C’est clair.  Tu pourrais essayer ça.  Il va tellement être occupé à te consoler qu’il va en oublier l’enjeu essentiel.  C’est une bonne idée je l’essaierais.

Loulou – C’est la seule qui me vient en tête surtout.  Faudrait prendre le temps de mettre au point un ensemble de stratégies.  Tu fais quoi toi habituellement?

Nitouchka – J’ai pas de crises. 

Loulou – Ah c’est vrai.  T’es chanceuse ……….

Nitouchka – Je sais.  Ça fait chier.

Loulou – Mouais.  Un peu quand même.  Mais on t’aime pareil.

Nitouchka – Moi aussi je t’aime Loulou.  Tu vas lui dire?

Loulou – J’ai tu le choix?

Nitouchka – Nope!  Go girl!  You’re a fighter!

Chers lecteurs,

Je suis désolée.  Je sais que vous aviez tous sans doute très hâte de savoir comment s’était passée cette soirée de dévoilement.  Je viens à vous bien penaude.  Je me suis dégonflée.  Totalement.  Incapable.  Figée.  Chicken à l’os.

Plus le moment approchait, plus l’angoisse montait.  Pourtant dans la journée j’avais bien mis en place mon scénario, choisi les mots, imaginé la scène, mis au point des mécanismes pour faire diminuer l’angoisse.  J’avais même fait une répet avec Loulou.  Une vraie pro croyais-je.  Je suis si habile lorsque vient le temps de conseiller les autres mais je suis pourrie dans l’art d’appliquer mes propres conseils.

À quelques minutes de l’heure H, alors que je me dirigeais vers le lieu de notre rencontre, la panique s’est emparée de moi.  Les crampes, l’angoisse.  Jamais je ne serais capable.  Bobette, Amétys, Loulou, Miss Sagesse, je les ai toutes appelées à la recherche du courage qui fuyait à tout vent.

Je ne sais pas si je cherchais de l’aide ou plutôt une raison pour me dégonfler mais lorsque Loulou m’a dit de me calmer et qu’au pire du pire, je pouvais à la dernière minute décider de ne pas lui dire, j’ai sauté là -dessus comme un ballon s’écrase sur une aiguille.  Pouf!  J’ai su que je ne le ferais pas. 

J’ai joué les demis prudes.  Maintenant je regrette.  Putain je regrette.  On fait comment pour connecter avec quelqu’un quand un gros éléphant se trouve entre nous?

Chaque moment qui passe rend la chose plus difficile encore.   On dirait que dans ce domaine, l’expérience ne compte pas.  Chaque fois on recommence à zéro.  Chaque fois c’est aussi souffrant.  Malgré les belles expériences.  Me voilà même à me questionner si dans le fond, il me plait vraiment.  Si ça vaut le coup que je m’occasionne une telle torture. 

Mais je sais que, j’ai beau me négocier, rendu ici peu importe, il me faut sauter car j’ai l’impression que si je ne le fais pas maintenant  je n’y arriverai plus jamais.

Alors chers lecteurs, ce n’est que partie remise.  Il faut ce qu’il faut et je le ferai.  Je le ferai.  Rendez-vous à l’épisode 4.

J’ai hâte qu’on change d’histoire mais mes copines, à part de faire les mouettes peu fréquentables, elles stagnent làààà!!!

Bien voilà! Je vous dis tout! Voilà ce qu’elles font mes amies mouettes:  elles dansent pendant que moi je cours le fromage…

Mais j’les aime mes amies mouettes parce qu’elles sont excellentes pour chasser le chat de gouttière!

😉

P.S.: Pour les curieux celle qui fait des pirouettes c’est Amétys. L’autre, vous l’aurez compris, c’est Nitouchka!

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

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