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Le problème avec l’herpès c’est qu’on devient parfois un peu parano.  Dans les premières années, lorsque j’étais en relation avec un cher petit moldu, je paranoyais au moindre petit picotement, chatouillement, grattement ou irritation que je pouvais ressentir au niveau génital.  Et si c’était l’infâme qui s’annonçait?, m’alarmais-je à tout moment.  C’était pratiquement une maladie en soi.

Avec les années et l’absence totale de récidive, je me suis faite moins alarmiste.  Et si c’était l’infâme?  Ben ce sera l’infâme et pis c’est toute!  Chéri est au courant et, bien que je ne le souhaite NULLEMENT, il fera comme nous tous et il négociera avec un petit ami dans sa culotte!  Comme je vis presque bien avec le virus, et égocentrique comme seul l’humain peut l’être, je me dis qu’il saura en faire tout autant. En fait, je vous avoue que la majorité du temps, j’oublie qu’un passager voyage à bord de mes ganglions.

Alors l’autre jour, lorsque Chéri m’a téléphonée et qu’il m’a balancé un « ben….je crois que je fais parti de votre gang », j’ai mis un petit moment à comprendre ce qu’il voulait dire.

Hein!?, ai-je grimacé toute étonnée que ça puisse arriver, tu penses que t’as l’herpès?

Je regrettais quasiment de l’avoir encouragé à ne pas faire le test de l’herpès lors de sa qualification pour l’obtention de son diplôme de Petit-gars-propre-et-exempt-de-toute-trace-de-maladie-honteuse.  À quoi bon savoir lorsqu’on ne peut rien y changer, que j’me disais et que je me dis toujours!  Heureux les creux non?!  Sauf que là, je me disais que je ne pourrais jamais savoir si c’était moi la coupable ou si monsieur se faisait squatter la culotte bien avant d’avoir visité la mienne.  Et connaissant ma mauvaise foi, c’est certain que j’aurais blâmé Béatrice ou Muguette ou Solange!  Mais MOOOÂ?  Jamais.

Alors docteur Nitouchka a enfilé son chapeau de pro et au téléphone, dans mon bureau, au travail, j’ai tenté de diagnostiquer le petit bobo de mon pauvre Chéri qui avait le caquet bien bas.

Bon on commence par se calmer.  C’est pas tous les chiens qui s’appellent Fido!  Ça ressemble à quoi ton truc?

Ben c’est rouge, c’est douloureux, c’est autour du pénis, sur le pubis….

C’est un bouton?

Ben….(en s’examinant la zone sinistrée j’imagine)…. n..non….. C’est plus comme des petites lésions, une irritation.

Bon!  Va sur internet et tape molluscum contagiosum sur un moteur de recherche.  C’est un autre virus qui peut s’attraper sexuellement mais qui est en fait également un virus d’enfant du même ordre que la varicelle.  C’est peut-être ça……….

En terme de petits virus étranges et inquiétants, j’ai eu ma part.  Et ce petit molluscum, believe it or not, je l’ai eu sur les cheville et j’ai couru paniquée à l’Actuel, convaincue qu’une forme mutante et rampante d’herpès m’envahissait.

Lorsqu’on s’est fait pincer une fois, on devient plus méfiant.  Et parce que nous avons tous, bien qu’à différentes intensités,  une tendance toute humaine à imaginer le pire, on saute facilement aux plus macabres conclusions.

Mais ça c’est en ce qui me concerne.  Parce que pour Chéri, je ne m’en faisais pas tant que ça.  D’une part, je le dis et le redis, l’herpès c’est loin d’être le pire des maux, et d’auter part, parce que je demeure convaincue que je peux difficilement le transmettre.  Pensée magique?  Peut-être.  Mais je vous assure que j’aime me sentir ainsi et que je ne changerais pas ma place pour quelque crise d’angoisse que ce soit!

Toujours est-il qu’une fois rendue à la maison, j’ai examiné l’apparence du malfaisant et franchement, c’était comme confondre Dany De Vito avec Daniel Craig.  Ou une robe cocktail avec des bottes à cap.  Bon…. une fraise avec une framboise d’abord.  Mais non, ô non, pas une mûre avec une framboise!  Ça non quand même.  Chéri avait des rougeurs.  Vous savez le genre de « rash » qui arrivent d’on ne sait où et qui repart quelques jours plus tard.  Il m’arrive parfois d’en avoir sur le visage.  Une forme de champignon peut-être.  Le genre de truc qui ne donne pas du tout envie d’aller faire la queue à la clinique parce que le temps d’avoir un numéro, c’est déjà parti.

– Tu vois Chéri, tu t’en faisais pour rien!  Je te l’ai dit, je suis « transmission proof »!! Hé! Hé!  …..qu’est-ce que tu fais?………mais….. non!  Ah non Chéri!  Pas ce soir….. tout à coup que ton petit truc rouge, ton petit De Vito, ce serait contagieux?  Ben quoâââ??  Quand on s’est fait pincer une fois….. 😉

Saviez-vous qu’il est inscrit sur l’étiquette du nettoyant liquide antibactérien M. Net qu’il tue plusieurs virus dont celui de l’herpès ?

C’est ce que Presque Parfait a découvert en fin de semaine.

Et alors qu’il lavait les planchers et que je m’apprêtais à fouler la surface toute propre il s’est écrié : NOOOON…  Ne passe pas par là ; tu vas te désintégrer!

Ce qu’il est comique mon homme! 🙂

Un manque de temps, quelques réponses non-écrites et le petit grain de sable est devenu une vraie montagne.  Ça c’est passé vite ; comme s’il y avait eu un trou dans l’espace temps.

J’ai tellement à vous dire que je ne sais pas trop par où commencer sauf que de vous demander de bien vouloir être indulgent à l’égard du fait que je vous ai un peu négligé.  Hormis pour les vacances, je n’ai pas été absente.  Non. Tout l’été j’ai pris à coeur vos messages ; j’ai lu chaque syllabe, chaque mot et chaque lettre que vous avez écrits et à chaque fois, j’ai voulu répondre…  Mais je n’ai pas pu et dans ma tête se sont accumulées des dizaines de réponses puis, un jour, il y en a eu tant que je n’ai plus osé.  J’ai été dépassée et la montagne de messages laissés pour compte est devenue si grosse que je n’ai plus su par ou la prendre.

J’ai vu que certains d’entre vous avez pris la relève. Nitouchka était là aussi.  Ça m’a rassurée et je vous remercie de votre implication.

Puis j’ai commencé à écrire ce texte, l’ai rangé dans le vortex temps et, puisque Lijo m’a ramenée à l’ordre, je le continue aujourd’hui avec beaucoup d’enthousiasme.

Dans cet espace temps, j’aurais voulu écrire à Matata que le choc va passer, que ce n’est pas la fin du monde et qu’elle trouvera l’adresse d’un groupe de soutien sous l’onglet liens de ce site.  Pendant un moment aussi, j’ai suivi l’histoire de Un salaud? et j’ai été heureuse de son déroulement.  Et dans ce foutu trou, j’ai laissé tomber Kare.  J’espère qu’elle a lu l’article comment annoncer qu’on a l’herpès mais j’aurais préféré prendre le temps de lui pointer.  Et puis, il y a eu Louise à qui j’aurais souhaité dire merci pour son merveilleux et touchant témoignage et qu’évidemment elle est à mille lieues d’être un monstre. Et que dire des sentiments que j’ai eu en lisant celui de Violette!  J’aurais aussi voulu remercier Éma d’avoir partagé son histoire et son bel optimisme. Et à Destinée dont le triste récit est resté dans l’oubli – et j’en suis vraiment profondément désolée –  à qui j’aurais répondu que tout est possible quand on est une battante comme elle semble l’être et qu’aujourd’hui, si elle a d’autres questions, je serai là. C’est promis. À Bribri j’aurais conseillé une petite confrontation entre amoureux.
Et tout ça sans oublier cette jeune fille dont je ne retrouve même plus le commentaire à qui, plus que compatissante, j’aurais certainement dit vouloir la serrer dans mes bras parce qu’elle a attrapé le petit bobo de la même manière que moi, après avoir passé des tests de dépistage avec son copain sans savoir que celui de l’herpès n’était pas inclut…

Il y a eu tellement de messages.

Je sais qu’un petit mot peut changer bien des choses et j’ai parfois le sentiment d’avoir, même s’il est anonyme, un rôle important à jouer dans l’histoire de quelqu’un et même si je n’ai aucun engagement envers ce site, je tiens à m’excuser d’avoir laissé vos mots sans réponse et, si jamais vous vous buttez sur un silence, j’aimerais vous dire que vous trouverez certainement plusieurs réponses dans les pages de ce blogue.

Voilà, je ressentais le besoin de vous faire mon petit mea culpa mais, ceci fait, je vous laisserai sur une note super-méga positive.

Non, tout cela n’est pas uniquement de ma faute ; c’est en grande partie celle de Presque Parfait. C’est lui le grand coupable, mon précieux gruge-temps, mon homme, mon sans-petit-bobo!

Nous avons eu un beau grand projet qui nous a beaucoup occupé et, après tohu-bohu, remue-ménage, boîtes et déménagement nous avons réunis enfants, poissons, chats sans oublier l’ami qui traine au fond de ma petite culotte et cohabitons maintenant tous ensemble!

Ça fait déjà quelques mois.  Nous sommes encore en période d’adaptation mais, sommes toutes, c’est vachement chouette !

Bien sûr que je tente de garder l’indésirable colocataire tranquille et bien à sa place et, bien qu’il vient me visiter encore beaucoup trop souvent, il reste sagement sur mon territoire !

Outre ma grande fille, les enfants ne sont bien évidemment pas au courant et pour mon Presque Parfait, je pense qu’il en connait maintenant suffisamment sur le sujet.

Je suis très heureuse et pourrais continuer à vous beurrer longtemps mon petit bonheur mais ce n’est pas mon but. Si je tenais tant à écrire ce billet c’est pour vous dire que, si aujourd’hui vous vous sentez seul, sans issue, triste ou en détresse, j’aimerais que vous sachiez qu’une fois que vous aurez accepté cet hôte – de toute façon vous ne pouvez rien y changer – vous réaliserez à quel point il est insignifiant.  Gardez confiance et, je ne le répéterai jamais assez, ne vous discréditez pas pour un petit bobo, ça ne diminue en rien ce que vous êtes.  L’herpès ne prend que l’importance qu’on lui donne ; c’est lui le sans valeur.

Au plaisir de vous lire, Bobette est sortie de son mutisme!

 

Il nous arrive de magnifiques cadeaux sous formes de commentaires et de messages.  Des cadeaux qui nous font vachement plaisir.  Parce qu’on a beau le faire d’abord pour nous, sans trop d’attentes, il n’en demeure pas moins qu’il est bon de savoir qu’on fait du bien aux autres. On aura beau dire, l’altruisme c’est jamais gratuit. 

Alors chacun de vos commentaires, quel qu’en soit la nature, nous fait plaisir.  Parce qu’on aime pas parler seule et parce qu’on aime savoir que ce qu’on fait ici peut servir à d’autres. 

C’est dans cet esprit que j’avais envie de partager avec vous deux messages que nous avons reçus et qui sont des success story made in MPB.  Bon……. pas juste MPB mais quand même, on y a en quelque sorte contribué et franchement, on en est pas peu fières!

D’abord ce commentaire de Betty.  Qui nous a beaucoup touchées. Beaucoup.  Parce qu’on voulait aider.

Et ensuite ce message de Julie que nous avons reçu dans notre boîte courriel et qui rappelle qu’en plus d’aider, on voulait démystifier……et dé-démoniser l’infâme!

Elle a gentiment accepté qu’on le publie, sans en changer un mot ni une virgule.

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 Bonjour à vous trois,

Vos deux derniers articles m’ont vraiment interpelés (« …Réponse à Monsieur B » paru le 9 avril et »Figer sa position » paru le 12 avril dernier) parce que je suis de ces fous (ou folle dans mon cas) qui vous aiment (ou plutôt aime un de ces « Zerpétiques »).

J’ai envie de partager avec vous mon histoire.

Il y a bientôt un an, j’ai rencontré ce gars pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre! Quelques jours à peine après notre rencontre, avant même qu’il ne soit soit passé quoique ce soit autre que des discussions qui ne finissaient plus (pas d’échange de salive et encore moins de soirée torride) il a quitté pour un mois dans le cadre d’un voyage pour son travail. Durant tout ce temps, on s’est écrit, tous les jours, parfois même plusieurs fois par jour, c’était génial! Quand il est revenu, on s’est revu, ça n’a pas pris de temps pour qu’on s’embrasse à bouche que veux-tu, mais après une dizaine de jours de ce régime, il n’avait toujours rien risqué pour attenter à ma pudeur. Je commençais à trouver ça louche. Surtout pour un gars de presque 40 ans qui avait tout de même réussit à faire deux enfants à sa blonde précédente. J’y allais d’hypothèses du genre: il est peut-être juste respectueux, il fait peut-être partie d’une génération qui précipite moins les choses, il n’a peut-être pas eu beaucoup de femmes dans son lit, il ne sait peut-être plus comment faire en début de relation après tout ce temps passé avec la même femme. J’avais en partie raison sur toutes ces hypothèses, mais la seule que je n’avais pas vu venir c’était celle qui le retenait au delà de tout: il avait l’herpès.

Le soir où il me l’a annoncé, c’était comme si mon monde s’écroulait. J’avais ENFIN trouvé un homme avec qui je me voyais faire ma vie, il était parfait en tout, sauf pour ça. Après 4 ans de célibat, j’avais eu largement le temps de constater que de rencontrer quelqu’un avec qui on clique si fort n’était pas chose facile. Il était nerveux, m’expliquant comment c’était arrivé, me racontant comment il vivait bien avec la situation surtout depuis qu’il prenait du Valtrex tous les jours et qu’il n’avait plus de crises. J’ai écouté, attentivement, et lui ai demandé de réfléchir à tout ça.

Puis m’est revenu en mémoire une adresse, celle de votre blogue. Celui sur lequel j’étais tombé 2 ans auparavant, quand après un one night et un condom qui glisse étaient apparus d’étranges symptômes. N’étant pas du genre à me précipiter à l’urgence, j’ai enduré cette terrible démangeaison qui me grattait l’entrejambe et qui rendait inconfortable toute position assise et même le port de la petite culotte, jusqu’à ce qu’elle passe. Quand quelques semaines plus tard elle est revenue, j’ai attendu quelques jours et me suis présentée à la clinique. Diagnostic? Vaginite à levures. On m’a prescrit du flaconazole, et une dizaine de jours plus tard j’étais comme neuve. Puis c’est revenu, encore et encore, je me suis présentée à la clinique je ne sais combien de fois durant une période d’environ 6 mois. Dans la majorité des cas, les docteurs ne voyaient rien. 1 ou 2 fois on me diagnostiquait à nouveau une vaginite. Je suis restée perplexe. J’ai demandé à faire des tests sanguins dont celui de l’herpès. Résultat? J’avais un type 1. Comme j’avais déjà fait des « feux sauvages » étant plus jeune, pas moyen de confirmer quel était ce mystérieux mal qui me brûlait régulièrement de l’intérieur. Puis comme c’était venu, les démangeaisons me quittèrent du jour au lendemain, pour ne plus revenir depuis. Je suis toujours restée sur un questionnement à savoir si c’était vraiment les vaginites la cause de cet inconfort. J’ai beaucoup lu au sujet de l’herpès, j’ai fouillé votre blogue de fond en comble, mais j’ai surtout appris à démystifier. Quand j’étais ado, l’herpès était la pire chose qui pouvait m’arriver après le VIH. Je suis restée convaincue de ça durant bien des années. Au fil de mes lectures, mon préjugé a diminué. Votre blogue est en grande partie responsable de ça, mais aussi plusieurs sites de références médicales qui sans banaliser le virus expliquent que ce n’est vraiment pas la fin du monde et que peu importe les précautions que l’on prend, on n’a jamais de garantie de ne pas contracter le virus, surtout avec le type 1 qui se propage de plus en plus sous la ceinture et l’augmentation des relations bucco-génitales.

J’avais donc tout ceci qui me revenait en tête, j’avais surtout la conviction que si je passais à côté de ce gars à cause de son petit bobo, je m’en voudrais toute ma vie. J’ai donc rapidement décidé de foncer, mais en prenant mon temps 😉 Il s’est écoulé encore un autre mois avant qu’on n’ait une première relation sexuelle complète, toujours avec condom et surtout avec la promesse de la part de l’hommme de la situation de me tenir au courant si le petit bobo se pointait. Sans vouloir entrer dans les détails, c’en fut toute une. En fait, l’expérience se répète à chaque fois que nous faisons l’amour depuis. Je croyais au départ que j’aurais toujours en tête le coloc entre nous deux lorsqu’on ferait l’amour et à mon plus grand étonnement, je crois que si j’y ai pensé 2 ou 3 fois max depuis c’est bien beau. Après environ 4 mois du régime condom, et après être allés passer des tests de dépistages et appris que son petit bobo était de type 1, mais surtout après une soirée beaucoup trop arrosée, on a oublié le condom et on ne l’a pas réutilisé depuis, donc depuis plus de 6 mois. Et dans mes bobettes? Toujours rien!

Je sais que rien ne me garantis que jamais je ne l’attraperai, mais j’ai décidé de vivre avec le risque et je ne l’ai toujours pas regretté. Bien sûr il m’arrive de me demander ce que je ferais si je l’attrapais et que notre histoire était terminée. Est-ce que ma vie serait terminée? Non, je ne crois pas! C’est certain que ce serait probablement plus difficile lors des rencontres, parce que pour moi le fait que mon copain me l’ait dit avant que notre relation ne soit trop avancée et surtout avant que nous ayions notre première relation sexuelle a tout changé. Ça peut paraître étrange mais ça a grandement contribué à établir une solide base de confiance à son égard. Chose qui m’apparaissait difficile auparavant avec les gars que je rencontrais. Je l’ai vu comme un signe de respect envers moi, comme un choix qui m’appartenait. J’aurais détesté me faire mettre au pied du mur. Ma décision aurait probablement été toute autre s’il me l’avait dit après avoir couché avec moi. J’aime avoir le choix, j’aime pouvoir décider des risques que je prends, et mon amoureux a su me donner cette liberté. Bien entendu, quand on s’engage dans une relation où le petit bobo sera toujours présent en filigranne, il faut être conscient que quoi qu’il arrive, ça ne sera pas le porteur de l’herpès qui sera responsable si on l’attrape, mais bien soi-même. Mon copain fait sa part pour me protéger (Valtrex et examen régulier et minutieux de cette partie de son anatomie) et moi j’accepte que malgré ça, rien ne garantie que le risque sera réduit à 100%. C’est mon choix, à moi, pas le sien.

Je trouve dommage que l’herpès soit encore un sujet si tabou quand on sait que près du quart de la population est atteinte du type 2, et que 9 personne sur 10 ont le type 1. Ça fait beaucoup de monde, mais surtout beaucoup de gens qui ignorent souvent leur condition et plus encore les modes de transmission. Alors avec mon amoureux ou un autre, qu’est-ce qui me garantis que je ne l’aurais jamais attrapé (si je ne l’ai pas déjà) et surtout qu’est-ce qui me garantis que je ne l’attraperai peut-être jamais? (on dirait vraiment que les filles de MPB m’ont brainwashé hein? 😉

La vie est ainsi faite, peu importe combien on pense faire les bons choix, elle nous réserve parfois des surprises, bonnes ou moins bonnes. Et si faire le bon choix dans mon cas c’était de choisir l’homme qu’il y a quelques années à peine j’aurais rejeté sous prétexte qu’un coloc partageait 3 ou 4 fois par année ses boxers alors que pour le reste il était parfait?

Pour terminer, il y a un truc auquel je réfléchis souvent, et c’est la façon dont on se lance rapidement dans une relation sans vraiment savoir ce qu’il en est. Je me dis que ce petit bobo a peut-être fait en sorte que nous fassions les choses dans le bon ordre, plutôt que de tout mélanger et restés pris avec les dégâts… peut-être que finalement le coloc a aidé au bon déroulement de notre relation (j’ai vraiment l’air pro herpès là, non 😉

Bientôt un an, et oui, je suis toujours follement amoureuse d’un homme qui me le rend au centuple. C’est tout ce qui compte pour moi! Le reste qui peut me garantir quoi que ce soit? J’ai décidé de suivre mon coeur, et jusqu’à présent, c’est une des meilleures décisions de ma vie.

Je désire donc vous dire un beau GROS merci, parce que sans votre blogue les filles, je serais peut-être restée sur mes vieux préjugés et je serais passée à côté d’un homme plus que merveilleux.

Julie 🙂

Dans la série Ces fous qui nous aiment, le voici, le voilà! L’ultime! Celui d’entre tous que j’attendais!  ENFIN!  Et j’ai nommé: Le texte de l’Amoureux! 

OUIII!  Mon Amoureux Moldu nous livre enfin sa vision de la vie avec l’herpétique que je suis. 

FIGER SA POSITION

Je suis le chum de Nitouchka. Je suis l’Amoureux.

J’ai longuement hésité à vous écrire. Les raisons sont multiples mais la plus importante est probablement l’impression que cela m’obligerait à figer ma pensée sur le petit bobo pour toujours. En plus, la barre avait été mise tellement haute par PresqueParfait… Qu’est-ce qui m’a fait changer d’idée? Nitouchka. Elle est tenace. Elle me relançait, semaine après semaine, sans lever le ton jamais mais j’ai finalement compris que c’était important pour elle. Pourquoi exactement? Simplement parce que du jour au lendemain, je n’en ai plus entendu parler, silence radio. Ça m’a décidé. Une fois décidé, le problème restait entier, je ne savais plus par quel bout prendre tout cela. En relisant les autres entrées sur MPB concernant la fameuse annonce, ou le dévoilement, j’ai découvert l’équivalent “Herpès” du questionnaire de Bernard Pivot. À partir de là, tout fut plus facile pour moi.

1. Est-ce que Nitouchka a bien choisi le moment pour t’annoncer qu’elle avait l’herpès?
Je pense que oui. Elle m’a averti à l’avance qu’elle avait quelque chose d’important à me dire. Ayant frayé avec des problèmes requérant l’aide d’un professionnel de la santé mentale et avec des femmes vivant des problèmes du même ordre, je m’attendais à tout sauf à ce qu’elle m’annonce qu’elle avait l’herpès… Je pensais qu’elle allait me dire qu’elle avait déjà été anorexique ou TOC ou je ne sais pas quoi d’autres.

Sincèrement, ça m’a scié en deux, pas tellement à cause de l’herpès en tant que tel mais plutôt parce que je ne m’y attendais pas du tout. De plus, ma connaissance du petit bobo était très limitée. J’avais une maîtrise ès problèmes psychologiques, pas une maîtrise es herpès! J’ai des feux sauvages qui refont surface depuis mon enfance mais je n’avais jamais vraiment fait le lien entre le type 1 et le type 2… La leçon que j’ai apprise de tout cela? Nous sommes tous dans notre monde, dans nos bobos, mais ceux des autres ne sont souvent pas les mêmes.

2. Est-ce qu’elle a dit les bonnes choses ?
Je pense que ça a été très difficile pour elle de m’en parler. En fois lancée, Nitouchka, m’a fait le topo de sa situation assez clairement: le virus lui-même, son arrivée, elle et son virus, sa vie avec son virus, etc. Je pense qu’à ce stade, j’avais besoin de digérer tout ce qu’elle m’avait dit. J’essayais d’avoir l’air en contrôle mais je pense que ça ne marchait pas trop. Elle a continué à me parler de sa manière de voir le petit bobo… c’est un peu bizarre parce qu’elle l’accepte tellement bien que j’avais presque le goût de l’attraper tout de suite!

3. Est-ce que ça aurait été différent si elle te l’avait dit après une première relation sexuelle ?
En fait non puisqu’on a eu une relation sexuelle protégée avant. Néanmoins, elle a vraiment bien fait de ne pas trop attendre à cause des risques que je prenais sans le savoir.

4. Pourquoi es-tu resté ?
Tout simplement parce que l’élan que j’avais pour elle ou vers elle était plus fort que son petit bobo.

5. Comment as-tu pris ta décision ?
Ce fut comme une non-décision, qui perdure depuis tout ce temps. Comme elle est asymptomatique, l’herpès est en filigrane, jamais en une. C’est donc très abstrait même si je me demande parfois si le côté plus dur de Nitouchka ne vient pas en partie de ça. J’ai fait des tests à l’automne, qui ont confirmé que j’avais bel et bien l’herpès de type 1 (asymptomatique depuis quelques années) mais pas celui de type 2. Ça m’a rassuré puisque ça fait plus de deux ans que je fornique avec elle. En somme, pour répondre à la question, c’est probablement comme dans n’importe quelle relation amoureuse, ça demande une grande part d’amour avec une petite dose d’inconscience.

6. Que ferais-tu si tu l’attrapais ?
Je pense qu’au départ je capoterais. L’idée qu’en 2012 on soit encore au prise avec un virus qui ne partira jamais ne me rentre pas dans la tête. Néanmoins, et je ne dis pas ça pour flatter la gang du petit bobo, j’ai découvert vraiment des gens supers ouverts dans ce monde interlope de l’herpès de tous les types. Probablement que je me tournerais davantage vers ceux qui l’ont, d’ailleurs j’en connais pas mal déjà alors je suis prêt!

Par ailleurs, je ne sais pas si la question sur l’état des recherches sur l’herpès a été abordée dans le blogue mais il me semble que ça serait intéressant d’en savoir plus sur le sujet.

7. Mets-tu ton choix en doute ?
Parfois, ce qui me vient en tête est plus: que ferais-je si je l’attrapais? Que ferais-je si je l’attrapais et que c’était fini entre nous? Et j’ai pas trouvé la réponse…

8. Est-ce que tu y penses souvent ?
Parfois, mais comme ma Nitouchka n’a pas de crise récurrente, c’est pas régulier. Je suis certainement plus attentif à l’évolution de mes parties intimes…

9. Voudrais-tu ajouter un commentaire ?
Je ne m’entends pas toujours avec Nitouchka sur le sujet du petit bobo, notamment le fait que pour elle les deux types d’herpès sont exactement pareils. Cela dit, avec le temps, je respecte son univers, c’est elle qui vit cela, pas moi. Parfois je me dis: pourquoi elle ne prend tout simplement pas du Valtrex puisqu’il semble que cela réduit les risques. Mais j’ai jamais osé lui en parler ouvertement. Oups.

Il y a un commentaire qui a retenu mon attention et c’est celui de Monsieur B.  Pertinent, lucide, logique et tout à fait normal.  L’herpès ça fait peur.

J’avais envie de lui répondre avec mon regard de colocataire malgré moi.  Impartiale?  Pas pantoute.  Partiale à l’os.  J’ai envie de donner un petit coup de main à cette Demoiselle dont il est tombé sous le charme.  Et des Monsieur B. il y en a des tonnes.  Je m’adresse à eux tous.

Cher Monsieur B.

 Je comprends tes inquiétudes mais permets-moi de te faire voir la chose sous une autre perspective. 

Partons du fait que 75% de la population est porteuse de l’herpès de type 1.  Poursuivons en rappelant que le type 1 buccal se transmet aisément sur le « partout partout incluant le partout en bas de la ceinture » les bisous aidant.

Considérons également que 25% de la population est porteuse de l’herpès de type 2. 

N’oublions surtout pas que, parmi tous ces porteurs, 1 et 2 confondus, 75% d’entre eux ne savent même pas que loge en eux l’indésirable coloc.

 Avec toutes ces statistiques à l’appui, bien que je n’aie nullement l’esprit mathématique et que je ne saurais vraiment pas actuariser le tout, on peut facilement conclure qu’il y a bien du monde, out there, qui se promènent à coloc que veux-tu !!  Le risque est omniprésent.  On s’entend.

Considérant tout ça, imaginons le scénario suivant. 

Ne sachant conjuguer avec le facteur de risque qu’implique le coloc de la très aimée demoiselle, et bien qu’il en ait le cœur brisé, notre valeureux chevalier (en l’occurence Monsieur B. mais ce pourrait être cent, voire mille autres personnes) décide d’attendre que se présente une dulcinée/future-mère-de-ses-enfants plus « propre » et moins risquée !

De prétendantes en déceptions, notre valeureux multiplie les conquêtes sans jamais réussir à trouver la perle rare, celle qui répondrait à tous les critères de l’autre, herpès en moins. 

Finalement, à bout d’espoir et de cadran qui tourne, notre chevalier se rabat sur cette gentille fille.

Bien sur le cœur de notre Charmant ne bat pas autant que la première fois.  Bien sur il tend à comparer, comment faire autrement, mais au moins, se raisonne-t-il, je ne risque pas d’attraper cette lèpre sociale.  Il a vérifié auprès de la douce.  L’herpès ?  Connais pas l’a-t-elle assuré.

Le temps suit donc son cours et notre héro plonge dans cette relation comme on plonge dans un bain tiède.  Le temps passe et un matin, alors qu’il sort de la douche, notre héro découvre sur le bout de sa verge un petit bouton purulent et douloureux.

Juste ciel !!!  Serait-ce l’infâme ?  Impossible pourtant!  La belle ne l’a-t-elle pas assuré qu’elle n’avait jamais vu l’ombre d’un petit bouton sur son petit jardin personnel.

Nos deux tourtereaux apeurés accourent en catastrophe au bureau du médecin.  Hum…., de s’exclamer le scientifique après les tests d’usage, il se peut fort bien que la belle ait été porteuse sans le savoir.  Vous savez, bien des gens sont porteurs et l’ignorent.  Ne vous en faites pas avec ça maintenant.  Ce n’est qu’un simple virus de peau que vous portez tous les deux.  Il n’y a pas de quoi s’en faire.

Pas de quoi s’en faire?  Laisser tomber un grand amour pour aller attraper l’herpès ailleurs c’est d’une cruelle ironie.    La vie ce n’est pas de se rendre à terme sans blessure mais plutôt de courir les plus beaux risques.  Et si ce n’eut été de ton papa qui a pris ce beau risque, tu ne serais même pas là pour te torturer avec cette question. 

Bonne chance dans ta réflexion.

p.s.  Herpès n’égale pas condom pour le reste de sa vie.  Mon amie Bobette  a eu deux beaux enfants malgré son petit coloc!

Il y a quelques mois de ça, les filles de MPB avaient reçu une demande qui nous a fait drôlement plaisir.  Un magazine bien connu  voulait savoir ça se vit comment une ITS après 35 ans et apparemment, ils n’étaient pas légion à vouloir témoigner.

Alors on nous a sollicitées.  Et nous, on aime ça jaser de notre expérience.  Encore plus lorsqu’on sait que ça aidera d’autres personnes aux prises avec un petit coloc indésirable.  C’est donc pour ça que ça nous a fait drôlement plaisir.

Toute heureuse de cette demande inattendue, j’en fais pars à l’Amoureux entre un verre de blanc et le meilleur poisson à l’aneth qu’il ait jamais fait :

L’Amoureux : Ils vont te nommer et tout…?!?!

Nitouchka : Non quand même.  Ça va se faire sous le couvert de l’anonymat.  T’inquiète!

L’Amoureux : Oh! moi ça ne me dérange pas.  C’est toi, ton affaire.

Nitouchka :  Ça te dérange pas?

L’Amoureux pas trop convaincant :  Non.

Nitouchka : Come on!  Imagine que j’aie ma tête sous la légende :  Nitouchka vit très bien avec son herpès. Du coup, ta mère, tes amis, tes collègues, ton ex, tes enfants….et les miens, et ma famille et ……..Halleluia!!  Ça ne serait plus juste MON affaire.

L’Amoureux : Ouais……….

Nitouchka : Ça ne te dérangerait pas?

L’Amoureux : Nnn….oui!

Nitouchka : Me semblait aussi! Anyway c’est pas demain que tu seras le conjoint d’une vedette vénérienne.  Tu peux dormir tranquille.  Je n’ai pas l’intention de devenir l’herpétique de service.   Tu me remplis mon verre?

Finalement, l’histoire n’est jamais parue dans le fameux magazine et le sujet a glissé sous le tapis.

Jusqu’à ce que Josianne le ramène.  Les filles, a-t-elle demandé, vous seriez prêtes à devenir « publiques » pour pouvoir aider des gens?

Bobette a émis quelques doutes, du genre: « j’sais pas…. ça dépend….. »!  Quant à moi, la réponse a fusé franche et claire: NON!

Aucune tribune, dut-ce être Guy A. ou Oprah, ne justifiera que je m’affiche grand publique.  Jamais. 

Parce que malgré tout, malgré les belles paroles et les bonnes intentions, malgré ce qu’on prône et ce qu’on voudrait tant, malgré nos efforts virtuels anonymes, malgré ces fous qui nous aiment, malgré nous, il n’est malheureusement pas encore arrivé le temps où l’herpès ne sera plus synonyme de honte.  Mais on y travaille.  Tranquillement! 🙂

L’autre jour je jasais j’avais un mono dialogue avec mon ado de dix sept ans qui venait de rompre avec son premier petit copain :

Tu sais ma grande pour le prochain copain… Pas de relation sexuelle tant qu’il n’a pas passé de tests INCLUANT le dépistage de l’herpès… OK ?

T’as pas envie d’être comme ta mère hein ?

Bien non heuuuuu, c’est pas ce que je veux dire mais je ne veux juste pas que tu sois prise avec l’herpès toi aussi…

Je sais, je sais, je m’évertue à dire à tout le monde que c’est pas si pire mais, bien que ce soit vrai,  je voudrais quand même t’épargner cet irritant…

Je me sens un peu en contradiction avec moi-même mais, tu es ma fille, une toute jeune femme…

Et puis, qu’est-ce que je pourrais te dire si tu tombais amoureuse  d’un gars qui a des feux sauvages ?

Hein ? Je te dirais quoi au juste ?

Je te dirais certainement que l’herpès buccal est transmissible génital et qu’une grosse partie des gens infectés de se virus ignorent même qu’ils sont porteurs?  Mais est-ce que je te dirais que ce n’est pas une raison de ne pas aimer quelqu’un ?  Est-ce que je te dirais tout ce que j’écris sur mon blogue ?

De toute façon, est-ce que tu pourrais t’empêcher de l’aimer ?  Est-ce que le fait que j’ai l’herpès t’empêcherait d’aimer quelqu’un qui a déjà eu des feux sauvages ???

Et s’il avait l’herpès génital ?  Me semble que je serais mal barrée de te dire de te prendre tes jambes à ton cou !

J’ai comme le sentiment d’être condamnée à te dire que tu devrais lui laisser une chance alors que si j’étais une mère normale je te dirais de fuir ce pestiféré sur le champ!

Pas que je sois anormale et…. Je vis très bien avec mon herpès et je suis très heureuse mais, tu sais ce que je veux dire hein ma chérie ?…

Misère !

Tu sais, je pense que pour être conséquente avec moi-même je n’aurais pas d’autre choix que de te dire les choses apaisantes que j’écris sur MPB mais je crois sincèrement que j’aurais tendance à peser pas mal plus lourd sur la balance des risques psychologiques, du poids moral et des sentiments de rejet, de honte et de vulnérabilité que donne ce petit virus aux gens…

Tu le sais déjà ça hein ?

Et s’ils en parlaient comme il faut à l’école aussi de l’herpès!  *rage*
S’ils le disaient que plus de 75% des gens sont porteurs du virus de l’herpès, que la plupart ne le savent même pas et que l’herpès buccal se transfère génital…. Me semble qu’on n’en ferait pas tout un plat ?

Mais ils n’en parlent pas à l’école hein ?  Hein ?

Non maman **exaspérée** ils n’en parlent pas puis il y a plein de monde avec des feux sauvages…. Mais maman tu sais quoi ?

Quoi ?

On n’est pas rendu là…

………

T’as raison ma grande, j’pense que j’vais aller voir si je n’aurais pas des messages sur Facebook !

L’autre jour, Meilleur Ami, celui de l’Amoureux, me lance tout bonnement, entre une Heineken et un Daiquiri aux fraises:

–          Nitouchka je voulais te féliciter!

–          Ah bon!?  (J’ai gagné quoi?)

–          Je voulais te féliciter pour ton site.  Mon Petit Bobo.

–          Hey ben……(Malaise!  On a beau dire, j’ai encore une grosse certaine gêne à parler de ma « condition »!)… merci.

–          C’est vraiment super ce que vous faites.  J’ai vu qu’il y avait beaucoup de monde qui vous écrivaient et que vous semblez aider.

–          (Avec un détachement tout ce qu’il y a de plus simulé.  Dans le genre, moi l’herpès, pfff……!) En effet.  On est bien heureuses.  Tu en as parlé à Philomène? ( Cette Philomène)

 –          Oui je lui en ai parlé et je lui ai refilé le lien.

 –          C’est bien! (Ok on peut tu passer à autre chose?  Un autre daiquiri genre? 

                        *****************************************

En débutant ce blog nous voulions  présenter une facette moins dramatique de l’herpès, plus humaine.  Je crois bien que nous y sommes arrivées. 

Et comme avec tous les succès, on a eu envie de le partager.  Mais du coup, avec tous ces amis, ces proches et ces amoureux qui peuvent mettre un visage aux avatars de ce blog,  une petite gêne s’est installée et avec elle,  une certaine forme de censure. 

Jusqu’où peut-on raconter des anecdotes de notre intimité sans être déplacées, sans froisser, sans impliquer des gens que d’autres pourraient reconnaitre.

                  *********************************************

Plus tard.  Seule avec l’Amoureux.

–         J’étais un peu mal à l’aise tout à l’heure avec l’Ami. 

–         Ah oui pourquoi?

–         Ça me rend mal à l’aise d’une part de parler d’herpès avec lui, et d’autre part, de savoir qu’il peut lire toutes ces histoires sur ma vie privée.  C’était sensé être un truc anonyme et là j’ai l’impression que je vais devoir faire attention à ce que j’écris.

–         Je comprends.  D’ailleurs il s’est reconnu dans l’histoire du wetsuit.

–         NONNNN!

–         Oui. 

–         Merde!!!

–         Mais il a aimé la conclusion, lorsque tu dis que tu ne lui en veux pas et que tu aurais pu faire la même chose.

–         Quand même…. Fiou!  Tu crois que je devrais enlever le paragraphe où je dis que dans le fond, il n’a jamais vraiment été amoureux de Philomène?   Parce que si elle aussi se reconnait il est mal barré.

–         Mouais…………

                  *****************************************

Après que mon petit hamster ait brûlé les bering de sa roue et ait frôlé la crise cardiaque j’ai fini par conclure.  Et puis merde!  C’est mon blog après tout. 

Alors sachez que les noms ont tous été changés mais que toute ressemble avec des personnes connues pourrait ne pas être fortuite. Et j’y peux rien. Gnan!

L’entrevue de Bobette m’ayant franchement charmée, j’ai décidé de pousser l’exercice plus loin.  J’ai adoré connaître l’opinion de PresqueParfait et je me suis demandée si tous ces fous qui nous aiment pensaient comme lui.  Et quoi de mieux que d’aller vérifier sur le terrain.  On a l’air de rien comme ça mais on a plein d’amis les filles et moi.  Et sur le lot, plusieurs ont l’herpès.  Alors j’ai sorti mes questions et je suis partie à la chasse de ces fous qui nous aiment. Je vous présente aujourd’hui:

 Fanfois et Dulcinée.

Fanfois c’est l’histoire banale de celui qui, suite à une séparation, décide d’arpenter les réseaux de rencontres pour trouver celle qui ferait de nouveau battre son cœur .  Banal, si ce n’eut été du petit coloc venu se loger dans sa culotte au détour d’une rencontre.  Misère, s’est-il dit, déjà pas facile de rencontrer quelqu’un, me voilà avec cette bête infâme à gérer.

Bien qu’embarrassé par l’H,  Fanfois ne s’est jamais démonté et a dévoilé sa situation plus d’une fois à ses prétendantes.  Avec succès bien souvent, avec douleur d’autres fois.  Puis est arrivé Dulcinée, entrée discrètement par la porte dérobée de l’amitié.

Et cette folle s’est mise à l’aimer.

Nous avons demandé à Dulcinée de se prêter au jeu des questions et c’est avec beaucoup de générosité qu’elle s’y est livrée.

Q : Est-ce que j’ai bien choisi le moment pour te l’annoncer ?

Définitivement non. Le rapprochement sexuel buccal sans protection était déjà terminé lorsqu’il m’a fait part de son vilain secret  Ma première réaction fut: « T’aurais dû me le dire avant!!! »   Curieusement, je ne lui en ai pas voulu. Je m’en voulais personnellement de ne pas m’être protégée et, par le fait même, de m’être mise les pieds dans les plats!  Je me sentais fautive de ne pas avoir suivi les conseils dont on nous martèle les oreilles.  J’ai toujours su qu’une transmission pouvait se produire mais que ça ne devait s’appliquer qu’aux femmes qui choisissent mal leurs fréquentations. Ce mec-là, c’est un homme doux, intelligent, sensible, généreux, serviable bref, tout-à-fait fréquentable!!  De plus je connaissais quelques amis(es) avec lesquels(les) il partage un bon lien d’amitié.  À mon point de vie, c’était impensable d’être à risque avec lui puisque je le connaissais, je connaissais son entourage et que je n’en avais surtout jamais entendu parler par qui que ce soit!

Q: Est-ce que je t’ai dit les bonnes choses ?

Bref, 1000 et une questions ont suivies le même soir.  Ça se transmet quand et comment?  Tes EX l’ont-elles attrapé?  Te protégeais-tu avec tes EX ou pas?  Ça se guérit comment?  Ça se soigne comment?  C’est grave ou pas?  Il n’était pas plus fier de lui que je ne l’étais de moi-même, mais il a répondu à toutes mes questions tout en m’assurant, qu’à sa connaissance, ne l’avoir jamais transmis.  J’ai été rassurée sur le coup mais je devais m’informer d’avantage.  Ni le WEB, ni info-santé, ni mon doc n’ont exactement la même version face à cette ITS.  Selon la médecine, je suis à risque en tout temps, par fellation et par pénétration, plaies apparentes ou pas.  Les images affichées sur le WEB ne sont pas très rassurantes non plus….

Q: Pourquoi es-tu restée ?

Cet ami ne m’avait jamais fait d’approche sexuelle, ni d’allusion, ni de proposition, ni d’attouchement, ni même de propos taquin.  Nous étions 100% ami-amie, partageant des loisirs communs. C’est un concours de circonstance qui a fait que le rapprochement physique s’est produit entre nous. J’avais déjà partagé assez de bons moments avec lui pour savoir qu’il devenait tranquillement plus qu’un grand ami à mes yeux.  Je n’en avais pas encore abordé le sujet mais je commençais déjà, avant ce moment d’intimité, à ressentir de l’amour naissant pour lui.  D’ailleurs, ce n’est pas lui qui a fait le « move », c’est moi.  Je n’essaie pas de le déculpabiliser mais le fait de prévoir le port du condom ne revient pas qu’aux porteurs d’ITS.  Je reconnais qu’il est pleinement responsable de son écart de conduite mais que, pour avoir déjà contracté des condylomes,  je suis responsable de mon écart toute autant que lui.  Pourquoi donc lui aurais-je attribué tout le blâme?

Q: Comment as-tu pris ta décision ?

De par notre amitié, nous avions toujours été ouverts à communiquer ensemble.  Non pas que tout avait été dit, mais le fait d’être assez à l’aise pour parler franchement de son vilain secret a appuyé ma prise de décision.  J’ai voulu savoir comment il vivait ce problème avec ses EX, comment se passait leur vie sexuelle, combien il a eu de femmes dans sa vie depuis qu’il le sait,  comment vit-il sa sexualité lorsqu’il a une crise, ça lui prend combien de temps à se remettre, comment évitait-il que ses partenaires ne le contractent, qu’elles activités sexuelles se permettait-il avec ses partenaires, etc.  Il a répondu clairement et calmement à toutes mes questions.  Nous n’avons pas poursuivi notre lien d’intimité tant et aussi longtemps que mes pensées furent troublées.  Sans pression, j’ai eu tout le temps nécessaire pour déterminer si les inconvénients de cet ITS étaient plus dérangeants que l’amour naissant ressenti pour lui. 

Q: Que ferais-tu si tu l’attrapais ?

Je suis consciente de ne pas être immunisée par le fait d’être amoureuse de lui.  Pour savoir où j’en suis actuellement, j’ai passé un test sanguin.  J’attends les résultats.  Nous avons mutuellement envi de passer notre vie ensemble, je ne souhaite pas pour autant contracter le virus.  Si j’en étais atteinte, je ferais ce que la médecine me propose pour diminuer le plus possible les effets des crises.  Je suis consciente que c’est incurable, mais ma vie ne s’arrêterait pas là pour ça.

Q : Remets-tu ton choix en doute ?

Jamais.

Q: Est-ce que tu y penses souvent ?

J’y pense à chaque relation.  Je ne dis pas ici que j’évite de le toucher ou de me faire toucher.  Je dis ici que je suis consciente du problème et que nous agissons en conséquence.  Je constate évidemment qu’il y a moins de place pour de la spontanéité sexuelle, mais c’est une situation qui, en revanche,  laisse amplement de place à la tendresse amoureuse.  

L’histoire pourrait se terminer ici.  Elle est déjà colorée d’espoir pour ceux qui serait tenté d’abandonner la recherche amoureuse sous prétexte du petit bobo. Mais voilà, cette histoire se poursuit.

Cette histoire était déjà très jolie en soit et s’apprêtait à être publié lorsque j’ai croisé Fanfois sur MSN:

Nitouchka says:

Salut Minou! As-tu reçu mon texte?

Fanfois says:

Oui.  C’est parfait !

Nitouchka says:

Pis?  Vas-tu ajouter tes commentaires personnels?

Fanfois says:

Pas eu le temps encore…  Pis tu pourras penser à une suite parce qu’il y  a des développements…

Nitouchka says:

Dis-moi…………. suis curieuse

Fanfois says:

Elle a passé des tests et elle n’est plus une moldue…  Ça doit faire environ 20 ans !!!

Nitouchka says:

No way!!?!?!  Elle a quel type?

Fanfois says:

2

Nitouchka says:

Ben voyons donc!  C’est trop drôle!  C’est comme un film!

Fanfois says:

Oui !

Nitouchka says:

Pis y’a absolument rien qui dit que c’est toi!

Fanfois says:

Ça peut pas être moi

Nitouchka says:

pourquoi?

Fanfois says:

Toujours protégés, pis au moindre doute on faisait rien.  Elle a passé la batterie de test il y a 2 ans et le hsv2 n’était pas inclu

Nitouchka says:

Cool!  Je serai contente d’ajouter ça au texte car tu sais quoi…

Fanfois says:

Quoi ??

Nitouchka says:

Ça sera l’exemple parfait qu’il ne faut jamais s’empêcher d’entrer en relation avec quelqu’un sous prétexte qu’on a l’herpès et qu’on pourrait être rejeté!

Fanfois says:

T’As raison, tu peux faire un update c’est définitivement d’intérêt public.  Que de rebondissements !!lol

Nitouchka says:

Mets-en.  C’est trop hot!  Pis en plus ça illustre bien qu’il n’y a pas une histoire pareille et que le risque en vaut trop la chandelle!! 🙂

Fanfois says:

jE VAIS ESSAYER DE RAJOUTER DE QUOI…. (il ne l’a jamais fait! Ah Fanfois!!)

Nitouchka says:

On attend tes commentaires comme une pré-pubère se languit de Justin Bieber!

Fanfois says:

Pff!

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

Première visite?

Tout d'abord bienvenue chez MPB! Afin de vous aider à nous connaître un peu et à en comprendre d’avantage sur notre situation, nous vous invitons à commencer la lecture de notre blogue par l'onglet «Billets choisis». Bonne visite!

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