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Il y a longtemps que je n’ai pas écrit. J’avoue être un peu infidèle et ne même pas venir lire vos commentaires. N’en soyez pas vexés. Vous savez à un certain moment, l’herpès on en revient. On en revient d’en parler même si, dans la réalité, on en revient jamais d’avoir à le dévoiler.

Même si mes comparses et moi sommes bien moins actives que nous l’avons un jour été, on se dit qu’au moins on a créé une plateforme qui permet aux gens de s’exprimer et de se retrouver. Parce qu’une chose est vraie, rencontrer des gens qui vivent la même chose que soi, que ce soit virtuellement ou réellement, c’est un pas de plus vers l’acceptation.  C’est ce qu’on voulait faire avec ce blogue.  Offrir une certaine forme de support.  Je crois que nous y sommes parvenues et que bien qu’aujourd’hui MPB fasse plus office de livre de consultation que de blogue actif, il demeure quand même un lieu où les gens peuvent échanger entre eux.

Ceci dit, je vous ai déjà raconté l’histoire de Fifine qui, sans savoir que j’étais moi-même atteinte, m’a fait assez confiance pour me confier son grand secret. Grand secret que nous nous sommes avérées partager.

Fifine se retrouve célibataire aujourd’hui. Une célibataire sur le tard puisqu’à cause de son petit bobo, elle a fait de l’overtime dans une relation qui ne le méritait pas. Ceci dit, elle semble déterminée cette fois à aller de l’avant malgré son coloc.

Et elle m’a demandé de l’aide. De l’aide pour accepter, de l’aide pour l’annoncer, de l’aide pour ne pas se sentir seule avec son petit drame.  Et du support à offrir, c’est tout ce qu’on a.  Mais on en a parzemple!!!

Alors les copines de MPB et moi, de même que notre ami Loulou, on se promet un petit souper avec Fifine pour jaser Herpès.  Comme dans le temps, alors que c’était notre sujet de prédilection, celui qui nous unissait. Bien que ce ne soit plus le cas aujourd’hui et que bien d’autres choses nous unissent, on remet ça comme à l’époque pour venir en aide à Fifine!

Et herpès comme prétexte ou non, un souper de filles, c’est toujours le pied!

Alors je vous raconterai sans doute bientôt les déboires de Fifine! On va s’amuser!

J’espère que vous aussi vous avez la chance d’avoir autour de vous des gens qui vous comprennent.  Et si vous n’en avez pas, cherchez les activement.  C’est le meilleur remède qui soit! 🙂

Voici une anecdote que j’avais vraiment hâte de vous raconter.  Pas que je manquais de temps pour vous l’écrire mais c’est seulement que cette anecdote, elle n’était encore jamais arrivée.  Il m’aurait fallu vous l’inventer et je manque trop d’imagination et je suis trop paresseuse pour vous pondre de la fiction.  Alors j’ai patiemment attendu qu’elle se produise.  Et elle s’est produite.

Nous espérions ce souper depuis un bon moment mais le temps qui file et la vie qui galope nous gardaient loin de nos espoirs.  Puis finalement, Fifine et moi avons stoppé la course folle et, le soir d’un jeudi de janvier, nous nous sommes attablées devant quelques martinis et une bouteille de vin!  Délices!

Comme ça faisait un bon moment qu’on ne s’était pas vues, il y avait bien du potin à mettre à jour.  Et les enfants, et le travail, et la dernière diète, et les séances de gym et, bien entendu, les amouuuuuurs!! 

–          Mais Fifine mon Dieu, pourquoi tu restes fichée avec ce mec?  Mais oui il est propre, gentil, presqu’autonome, il se brosse les dents tous les jours, il a un travail, une maison, une grande gueule et il lui arrive même de sortir les poubelles.  Il est ben fin mais….. ça fait des années que tu n’es plus heureuse.  Pourquoi tu te fais ça?

–          Oh tu sais, m’a dit Fifine,  c’est pas si facile rencontrer quelqu’un.  En fait, je suis terrifiée à l’idée que ça n’arrive plus jamais.

Alors là, il faut connaître Fifine.  Belle femme, accomplie d’un bout à l’autre, fonceuse, souriante, avec une carrière à envier mais qu’on ne peut pas jalouser parce qu’elle est tellement gentille et adorable.  Tout le monde l’aime.  Et je demeure convaincue qu’une armée d’hommes ne demande qu’à se jeter à ses pieds mais qu’ils s’en gardent, simplement parce qu’ils sont persuadés qu’ils n’ont aucune chance avec une fille de sa trempe.

–          Alors il est où le problème ma Fifine?

Et la conversation continue, et le vin descend et tout à coup, Fifine me dit : « C’est pas tout! » Avec ce grand soupir que je connais si bien.  Celui que j’aie moi-même si souvent eu.  Cette vaste bouffée d’air qu’on collecte pour aller cueillir aux tréfonds de ses entrailles  notre petit infâme afin de lui donner la poussée qu’il faut pour le faire sortir par notre bouche sans qu’il ne nous arrache la moitié du cœur.  J’ai reconnu tout de suite ce grand coup de vent.  Celui des aveux.  Le Mistral qu’on s’expulse des poumons comme on vomirait une poignée de clous.

–          En fait, ce qu’il y a, m’a-t-elle courageusement confié, c’est que Propret à l’herpès.  Il me l’a dit dès le début, m’a expliqué qu’il n’était contagieux que lorsqu’il était en crise (bon on sait que ce n’est pas tout à fait ça mais je vous passe les considérations médicales pour ce billet) et il a toujours fait attention de ne jamais me mettre en danger.  Mais voilà!  Il y a quelques années, sans qu’on sache trop pourquoi ni comment, je me suis retrouvée avec un douloureux bouton qui avait toutes les apparences de l’herpès.  Mais comme il n’était pas situé directement sur mes parties génitales et que je ne suis jamais allée me faire diagnostiquée, je n’ai jamais su si c’était vraiment ça.  Et maintenant, je me sens incapable de m’engager dans une nouvelle relation sans savoir.  Et encore moins capable de le dire à quelqu’un s’il s’avère que c’est bien ça!  Alors je reste avec lui!  Pour ça!

Oh que ça doit sonner comme du déjà-vu pour certains d’entre vous.  Chez nous on appelle ça se vendre à rabais.  Et croyez-moi, Fifine n’a aucune raison de se liquider ainsi.  Ni personne d’ailleurs! 

Mais en ce qui me concerne, j’étais aux petits oiseaux! Youppi youp que je gazouillais en moi-même.   Fifine et moi on est copines mais elle ne faisait pas partie du cercle des initiés, ceux qui connaissent mon secret. J’avais tellement hâte d’avoir mon tour pour lui faire la joie de le lui avouer.  J’avais l’impression de lui faire le plus beau des cadeaux.  Après avoir été un Ange, je devenais la Mère Noelle de l’herpès!  On se valorise comme on peut me direz-vous! Eh ben oui!

Croyez-le ou non, lorsque j’ai dit à Fifine qu’on partageait le même petit ami, elle en a versé une petite larme.  Personne, pas même ses amies proches, ses parents, sa famille ne savait pour son secret.  Personne sauf son Propret.  Et là, le jour où elle se décide enfin à se confier, qui vient cueillir son douloureux secret?  Moi.  Nitouchka.  Mooooâ! MOI! MOI! MOOOOOÂ!! 

J’étais guillerette comme une jouvencelle.  J’étais tellllement contente  parce que je savais que j’allais lui faire un bien fou.  Et ne vous méprenez pas, ce n’est rien de vaniteux, c’est simplement, et vous le savez, qu’on se sent si seule avec notre petit ami.  Alors je pouvais la soulager du poids énorme de la solitude et j’étais infiniment heureuse de pouvoir faire ça pour elle.  Je l’aime beaucoup ma Fifine.

En fait le cadeau, c’est moi qui l’ait eu.  Je rêvais du jour où quelqu’un allait m’annoncer qu’il avait l’herpès et que j’allais pouvoir lui dire que MOI AUSSI.  Avouez! On rêve tous de rencontrer quelqu’un et, avant qu’on ait à lui dire pour notre coloc, ce soit lui ou elle qui nous dévoile leur petit secret.  Bon d’accord.  Dans mes rêves j’imaginais plutôt un mec mais n’empêche, la réalité s’est avérée cent fois mieux que ma fiction.

Après avoir discuté de ses visites chez le médecin et des résultats des tests, il s’avère que Fifine a bel et bien l’herpès.  Et qu’elle devra un jour le dévoiler à un prétendant.  Et ce jour là, parce qu’elle a enfilé son costume de Madame Courage et qu’elle s’est confiée, elle aura quelqu’un pour la coacher et l’appuyer dans le douloureux processus du D-É-V-O-I-L-E-M-E-N-T!  Comme quoi on ne gagne rien à se murer dans la peur du rejet.  Le risque ce n’est pas seulement celui de se casser la gueule.

D’ailleurs, il fallait l’entendre ma Fifine. J’avais l’impression qu’aucune diète au monde n’aurait pu la rendre plus légère.  Sa plus grande peur bien entendu, c’est celle du rejet.  Vous la connaissez. Elle m’a demandé chacun des mots que j’avais utilisés pour l’annoncer à mon nouveau Chevalier Servant.  Et il me fallait faire dans le détail extrême.

Je l’ai donc envoyée ici.  Nous serons sa lecture de chevet pour un moment.

Allo ma Fifine! Je t’aime! ❤

Un manque de temps, quelques réponses non-écrites et le petit grain de sable est devenu une vraie montagne.  Ça c’est passé vite ; comme s’il y avait eu un trou dans l’espace temps.

J’ai tellement à vous dire que je ne sais pas trop par où commencer sauf que de vous demander de bien vouloir être indulgent à l’égard du fait que je vous ai un peu négligé.  Hormis pour les vacances, je n’ai pas été absente.  Non. Tout l’été j’ai pris à coeur vos messages ; j’ai lu chaque syllabe, chaque mot et chaque lettre que vous avez écrits et à chaque fois, j’ai voulu répondre…  Mais je n’ai pas pu et dans ma tête se sont accumulées des dizaines de réponses puis, un jour, il y en a eu tant que je n’ai plus osé.  J’ai été dépassée et la montagne de messages laissés pour compte est devenue si grosse que je n’ai plus su par ou la prendre.

J’ai vu que certains d’entre vous avez pris la relève. Nitouchka était là aussi.  Ça m’a rassurée et je vous remercie de votre implication.

Puis j’ai commencé à écrire ce texte, l’ai rangé dans le vortex temps et, puisque Lijo m’a ramenée à l’ordre, je le continue aujourd’hui avec beaucoup d’enthousiasme.

Dans cet espace temps, j’aurais voulu écrire à Matata que le choc va passer, que ce n’est pas la fin du monde et qu’elle trouvera l’adresse d’un groupe de soutien sous l’onglet liens de ce site.  Pendant un moment aussi, j’ai suivi l’histoire de Un salaud? et j’ai été heureuse de son déroulement.  Et dans ce foutu trou, j’ai laissé tomber Kare.  J’espère qu’elle a lu l’article comment annoncer qu’on a l’herpès mais j’aurais préféré prendre le temps de lui pointer.  Et puis, il y a eu Louise à qui j’aurais souhaité dire merci pour son merveilleux et touchant témoignage et qu’évidemment elle est à mille lieues d’être un monstre. Et que dire des sentiments que j’ai eu en lisant celui de Violette!  J’aurais aussi voulu remercier Éma d’avoir partagé son histoire et son bel optimisme. Et à Destinée dont le triste récit est resté dans l’oubli – et j’en suis vraiment profondément désolée –  à qui j’aurais répondu que tout est possible quand on est une battante comme elle semble l’être et qu’aujourd’hui, si elle a d’autres questions, je serai là. C’est promis. À Bribri j’aurais conseillé une petite confrontation entre amoureux.
Et tout ça sans oublier cette jeune fille dont je ne retrouve même plus le commentaire à qui, plus que compatissante, j’aurais certainement dit vouloir la serrer dans mes bras parce qu’elle a attrapé le petit bobo de la même manière que moi, après avoir passé des tests de dépistage avec son copain sans savoir que celui de l’herpès n’était pas inclut…

Il y a eu tellement de messages.

Je sais qu’un petit mot peut changer bien des choses et j’ai parfois le sentiment d’avoir, même s’il est anonyme, un rôle important à jouer dans l’histoire de quelqu’un et même si je n’ai aucun engagement envers ce site, je tiens à m’excuser d’avoir laissé vos mots sans réponse et, si jamais vous vous buttez sur un silence, j’aimerais vous dire que vous trouverez certainement plusieurs réponses dans les pages de ce blogue.

Voilà, je ressentais le besoin de vous faire mon petit mea culpa mais, ceci fait, je vous laisserai sur une note super-méga positive.

Non, tout cela n’est pas uniquement de ma faute ; c’est en grande partie celle de Presque Parfait. C’est lui le grand coupable, mon précieux gruge-temps, mon homme, mon sans-petit-bobo!

Nous avons eu un beau grand projet qui nous a beaucoup occupé et, après tohu-bohu, remue-ménage, boîtes et déménagement nous avons réunis enfants, poissons, chats sans oublier l’ami qui traine au fond de ma petite culotte et cohabitons maintenant tous ensemble!

Ça fait déjà quelques mois.  Nous sommes encore en période d’adaptation mais, sommes toutes, c’est vachement chouette !

Bien sûr que je tente de garder l’indésirable colocataire tranquille et bien à sa place et, bien qu’il vient me visiter encore beaucoup trop souvent, il reste sagement sur mon territoire !

Outre ma grande fille, les enfants ne sont bien évidemment pas au courant et pour mon Presque Parfait, je pense qu’il en connait maintenant suffisamment sur le sujet.

Je suis très heureuse et pourrais continuer à vous beurrer longtemps mon petit bonheur mais ce n’est pas mon but. Si je tenais tant à écrire ce billet c’est pour vous dire que, si aujourd’hui vous vous sentez seul, sans issue, triste ou en détresse, j’aimerais que vous sachiez qu’une fois que vous aurez accepté cet hôte – de toute façon vous ne pouvez rien y changer – vous réaliserez à quel point il est insignifiant.  Gardez confiance et, je ne le répéterai jamais assez, ne vous discréditez pas pour un petit bobo, ça ne diminue en rien ce que vous êtes.  L’herpès ne prend que l’importance qu’on lui donne ; c’est lui le sans valeur.

Au plaisir de vous lire, Bobette est sortie de son mutisme!

 

Il nous arrive de magnifiques cadeaux sous formes de commentaires et de messages.  Des cadeaux qui nous font vachement plaisir.  Parce qu’on a beau le faire d’abord pour nous, sans trop d’attentes, il n’en demeure pas moins qu’il est bon de savoir qu’on fait du bien aux autres. On aura beau dire, l’altruisme c’est jamais gratuit. 

Alors chacun de vos commentaires, quel qu’en soit la nature, nous fait plaisir.  Parce qu’on aime pas parler seule et parce qu’on aime savoir que ce qu’on fait ici peut servir à d’autres. 

C’est dans cet esprit que j’avais envie de partager avec vous deux messages que nous avons reçus et qui sont des success story made in MPB.  Bon……. pas juste MPB mais quand même, on y a en quelque sorte contribué et franchement, on en est pas peu fières!

D’abord ce commentaire de Betty.  Qui nous a beaucoup touchées. Beaucoup.  Parce qu’on voulait aider.

Et ensuite ce message de Julie que nous avons reçu dans notre boîte courriel et qui rappelle qu’en plus d’aider, on voulait démystifier……et dé-démoniser l’infâme!

Elle a gentiment accepté qu’on le publie, sans en changer un mot ni une virgule.

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 Bonjour à vous trois,

Vos deux derniers articles m’ont vraiment interpelés (« …Réponse à Monsieur B » paru le 9 avril et »Figer sa position » paru le 12 avril dernier) parce que je suis de ces fous (ou folle dans mon cas) qui vous aiment (ou plutôt aime un de ces « Zerpétiques »).

J’ai envie de partager avec vous mon histoire.

Il y a bientôt un an, j’ai rencontré ce gars pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre! Quelques jours à peine après notre rencontre, avant même qu’il ne soit soit passé quoique ce soit autre que des discussions qui ne finissaient plus (pas d’échange de salive et encore moins de soirée torride) il a quitté pour un mois dans le cadre d’un voyage pour son travail. Durant tout ce temps, on s’est écrit, tous les jours, parfois même plusieurs fois par jour, c’était génial! Quand il est revenu, on s’est revu, ça n’a pas pris de temps pour qu’on s’embrasse à bouche que veux-tu, mais après une dizaine de jours de ce régime, il n’avait toujours rien risqué pour attenter à ma pudeur. Je commençais à trouver ça louche. Surtout pour un gars de presque 40 ans qui avait tout de même réussit à faire deux enfants à sa blonde précédente. J’y allais d’hypothèses du genre: il est peut-être juste respectueux, il fait peut-être partie d’une génération qui précipite moins les choses, il n’a peut-être pas eu beaucoup de femmes dans son lit, il ne sait peut-être plus comment faire en début de relation après tout ce temps passé avec la même femme. J’avais en partie raison sur toutes ces hypothèses, mais la seule que je n’avais pas vu venir c’était celle qui le retenait au delà de tout: il avait l’herpès.

Le soir où il me l’a annoncé, c’était comme si mon monde s’écroulait. J’avais ENFIN trouvé un homme avec qui je me voyais faire ma vie, il était parfait en tout, sauf pour ça. Après 4 ans de célibat, j’avais eu largement le temps de constater que de rencontrer quelqu’un avec qui on clique si fort n’était pas chose facile. Il était nerveux, m’expliquant comment c’était arrivé, me racontant comment il vivait bien avec la situation surtout depuis qu’il prenait du Valtrex tous les jours et qu’il n’avait plus de crises. J’ai écouté, attentivement, et lui ai demandé de réfléchir à tout ça.

Puis m’est revenu en mémoire une adresse, celle de votre blogue. Celui sur lequel j’étais tombé 2 ans auparavant, quand après un one night et un condom qui glisse étaient apparus d’étranges symptômes. N’étant pas du genre à me précipiter à l’urgence, j’ai enduré cette terrible démangeaison qui me grattait l’entrejambe et qui rendait inconfortable toute position assise et même le port de la petite culotte, jusqu’à ce qu’elle passe. Quand quelques semaines plus tard elle est revenue, j’ai attendu quelques jours et me suis présentée à la clinique. Diagnostic? Vaginite à levures. On m’a prescrit du flaconazole, et une dizaine de jours plus tard j’étais comme neuve. Puis c’est revenu, encore et encore, je me suis présentée à la clinique je ne sais combien de fois durant une période d’environ 6 mois. Dans la majorité des cas, les docteurs ne voyaient rien. 1 ou 2 fois on me diagnostiquait à nouveau une vaginite. Je suis restée perplexe. J’ai demandé à faire des tests sanguins dont celui de l’herpès. Résultat? J’avais un type 1. Comme j’avais déjà fait des « feux sauvages » étant plus jeune, pas moyen de confirmer quel était ce mystérieux mal qui me brûlait régulièrement de l’intérieur. Puis comme c’était venu, les démangeaisons me quittèrent du jour au lendemain, pour ne plus revenir depuis. Je suis toujours restée sur un questionnement à savoir si c’était vraiment les vaginites la cause de cet inconfort. J’ai beaucoup lu au sujet de l’herpès, j’ai fouillé votre blogue de fond en comble, mais j’ai surtout appris à démystifier. Quand j’étais ado, l’herpès était la pire chose qui pouvait m’arriver après le VIH. Je suis restée convaincue de ça durant bien des années. Au fil de mes lectures, mon préjugé a diminué. Votre blogue est en grande partie responsable de ça, mais aussi plusieurs sites de références médicales qui sans banaliser le virus expliquent que ce n’est vraiment pas la fin du monde et que peu importe les précautions que l’on prend, on n’a jamais de garantie de ne pas contracter le virus, surtout avec le type 1 qui se propage de plus en plus sous la ceinture et l’augmentation des relations bucco-génitales.

J’avais donc tout ceci qui me revenait en tête, j’avais surtout la conviction que si je passais à côté de ce gars à cause de son petit bobo, je m’en voudrais toute ma vie. J’ai donc rapidement décidé de foncer, mais en prenant mon temps 😉 Il s’est écoulé encore un autre mois avant qu’on n’ait une première relation sexuelle complète, toujours avec condom et surtout avec la promesse de la part de l’hommme de la situation de me tenir au courant si le petit bobo se pointait. Sans vouloir entrer dans les détails, c’en fut toute une. En fait, l’expérience se répète à chaque fois que nous faisons l’amour depuis. Je croyais au départ que j’aurais toujours en tête le coloc entre nous deux lorsqu’on ferait l’amour et à mon plus grand étonnement, je crois que si j’y ai pensé 2 ou 3 fois max depuis c’est bien beau. Après environ 4 mois du régime condom, et après être allés passer des tests de dépistages et appris que son petit bobo était de type 1, mais surtout après une soirée beaucoup trop arrosée, on a oublié le condom et on ne l’a pas réutilisé depuis, donc depuis plus de 6 mois. Et dans mes bobettes? Toujours rien!

Je sais que rien ne me garantis que jamais je ne l’attraperai, mais j’ai décidé de vivre avec le risque et je ne l’ai toujours pas regretté. Bien sûr il m’arrive de me demander ce que je ferais si je l’attrapais et que notre histoire était terminée. Est-ce que ma vie serait terminée? Non, je ne crois pas! C’est certain que ce serait probablement plus difficile lors des rencontres, parce que pour moi le fait que mon copain me l’ait dit avant que notre relation ne soit trop avancée et surtout avant que nous ayions notre première relation sexuelle a tout changé. Ça peut paraître étrange mais ça a grandement contribué à établir une solide base de confiance à son égard. Chose qui m’apparaissait difficile auparavant avec les gars que je rencontrais. Je l’ai vu comme un signe de respect envers moi, comme un choix qui m’appartenait. J’aurais détesté me faire mettre au pied du mur. Ma décision aurait probablement été toute autre s’il me l’avait dit après avoir couché avec moi. J’aime avoir le choix, j’aime pouvoir décider des risques que je prends, et mon amoureux a su me donner cette liberté. Bien entendu, quand on s’engage dans une relation où le petit bobo sera toujours présent en filigranne, il faut être conscient que quoi qu’il arrive, ça ne sera pas le porteur de l’herpès qui sera responsable si on l’attrape, mais bien soi-même. Mon copain fait sa part pour me protéger (Valtrex et examen régulier et minutieux de cette partie de son anatomie) et moi j’accepte que malgré ça, rien ne garantie que le risque sera réduit à 100%. C’est mon choix, à moi, pas le sien.

Je trouve dommage que l’herpès soit encore un sujet si tabou quand on sait que près du quart de la population est atteinte du type 2, et que 9 personne sur 10 ont le type 1. Ça fait beaucoup de monde, mais surtout beaucoup de gens qui ignorent souvent leur condition et plus encore les modes de transmission. Alors avec mon amoureux ou un autre, qu’est-ce qui me garantis que je ne l’aurais jamais attrapé (si je ne l’ai pas déjà) et surtout qu’est-ce qui me garantis que je ne l’attraperai peut-être jamais? (on dirait vraiment que les filles de MPB m’ont brainwashé hein? 😉

La vie est ainsi faite, peu importe combien on pense faire les bons choix, elle nous réserve parfois des surprises, bonnes ou moins bonnes. Et si faire le bon choix dans mon cas c’était de choisir l’homme qu’il y a quelques années à peine j’aurais rejeté sous prétexte qu’un coloc partageait 3 ou 4 fois par année ses boxers alors que pour le reste il était parfait?

Pour terminer, il y a un truc auquel je réfléchis souvent, et c’est la façon dont on se lance rapidement dans une relation sans vraiment savoir ce qu’il en est. Je me dis que ce petit bobo a peut-être fait en sorte que nous fassions les choses dans le bon ordre, plutôt que de tout mélanger et restés pris avec les dégâts… peut-être que finalement le coloc a aidé au bon déroulement de notre relation (j’ai vraiment l’air pro herpès là, non 😉

Bientôt un an, et oui, je suis toujours follement amoureuse d’un homme qui me le rend au centuple. C’est tout ce qui compte pour moi! Le reste qui peut me garantir quoi que ce soit? J’ai décidé de suivre mon coeur, et jusqu’à présent, c’est une des meilleures décisions de ma vie.

Je désire donc vous dire un beau GROS merci, parce que sans votre blogue les filles, je serais peut-être restée sur mes vieux préjugés et je serais passée à côté d’un homme plus que merveilleux.

Julie 🙂

Dans la série Ces fous qui nous aiment, le voici, le voilà! L’ultime! Celui d’entre tous que j’attendais!  ENFIN!  Et j’ai nommé: Le texte de l’Amoureux! 

OUIII!  Mon Amoureux Moldu nous livre enfin sa vision de la vie avec l’herpétique que je suis. 

FIGER SA POSITION

Je suis le chum de Nitouchka. Je suis l’Amoureux.

J’ai longuement hésité à vous écrire. Les raisons sont multiples mais la plus importante est probablement l’impression que cela m’obligerait à figer ma pensée sur le petit bobo pour toujours. En plus, la barre avait été mise tellement haute par PresqueParfait… Qu’est-ce qui m’a fait changer d’idée? Nitouchka. Elle est tenace. Elle me relançait, semaine après semaine, sans lever le ton jamais mais j’ai finalement compris que c’était important pour elle. Pourquoi exactement? Simplement parce que du jour au lendemain, je n’en ai plus entendu parler, silence radio. Ça m’a décidé. Une fois décidé, le problème restait entier, je ne savais plus par quel bout prendre tout cela. En relisant les autres entrées sur MPB concernant la fameuse annonce, ou le dévoilement, j’ai découvert l’équivalent “Herpès” du questionnaire de Bernard Pivot. À partir de là, tout fut plus facile pour moi.

1. Est-ce que Nitouchka a bien choisi le moment pour t’annoncer qu’elle avait l’herpès?
Je pense que oui. Elle m’a averti à l’avance qu’elle avait quelque chose d’important à me dire. Ayant frayé avec des problèmes requérant l’aide d’un professionnel de la santé mentale et avec des femmes vivant des problèmes du même ordre, je m’attendais à tout sauf à ce qu’elle m’annonce qu’elle avait l’herpès… Je pensais qu’elle allait me dire qu’elle avait déjà été anorexique ou TOC ou je ne sais pas quoi d’autres.

Sincèrement, ça m’a scié en deux, pas tellement à cause de l’herpès en tant que tel mais plutôt parce que je ne m’y attendais pas du tout. De plus, ma connaissance du petit bobo était très limitée. J’avais une maîtrise ès problèmes psychologiques, pas une maîtrise es herpès! J’ai des feux sauvages qui refont surface depuis mon enfance mais je n’avais jamais vraiment fait le lien entre le type 1 et le type 2… La leçon que j’ai apprise de tout cela? Nous sommes tous dans notre monde, dans nos bobos, mais ceux des autres ne sont souvent pas les mêmes.

2. Est-ce qu’elle a dit les bonnes choses ?
Je pense que ça a été très difficile pour elle de m’en parler. En fois lancée, Nitouchka, m’a fait le topo de sa situation assez clairement: le virus lui-même, son arrivée, elle et son virus, sa vie avec son virus, etc. Je pense qu’à ce stade, j’avais besoin de digérer tout ce qu’elle m’avait dit. J’essayais d’avoir l’air en contrôle mais je pense que ça ne marchait pas trop. Elle a continué à me parler de sa manière de voir le petit bobo… c’est un peu bizarre parce qu’elle l’accepte tellement bien que j’avais presque le goût de l’attraper tout de suite!

3. Est-ce que ça aurait été différent si elle te l’avait dit après une première relation sexuelle ?
En fait non puisqu’on a eu une relation sexuelle protégée avant. Néanmoins, elle a vraiment bien fait de ne pas trop attendre à cause des risques que je prenais sans le savoir.

4. Pourquoi es-tu resté ?
Tout simplement parce que l’élan que j’avais pour elle ou vers elle était plus fort que son petit bobo.

5. Comment as-tu pris ta décision ?
Ce fut comme une non-décision, qui perdure depuis tout ce temps. Comme elle est asymptomatique, l’herpès est en filigrane, jamais en une. C’est donc très abstrait même si je me demande parfois si le côté plus dur de Nitouchka ne vient pas en partie de ça. J’ai fait des tests à l’automne, qui ont confirmé que j’avais bel et bien l’herpès de type 1 (asymptomatique depuis quelques années) mais pas celui de type 2. Ça m’a rassuré puisque ça fait plus de deux ans que je fornique avec elle. En somme, pour répondre à la question, c’est probablement comme dans n’importe quelle relation amoureuse, ça demande une grande part d’amour avec une petite dose d’inconscience.

6. Que ferais-tu si tu l’attrapais ?
Je pense qu’au départ je capoterais. L’idée qu’en 2012 on soit encore au prise avec un virus qui ne partira jamais ne me rentre pas dans la tête. Néanmoins, et je ne dis pas ça pour flatter la gang du petit bobo, j’ai découvert vraiment des gens supers ouverts dans ce monde interlope de l’herpès de tous les types. Probablement que je me tournerais davantage vers ceux qui l’ont, d’ailleurs j’en connais pas mal déjà alors je suis prêt!

Par ailleurs, je ne sais pas si la question sur l’état des recherches sur l’herpès a été abordée dans le blogue mais il me semble que ça serait intéressant d’en savoir plus sur le sujet.

7. Mets-tu ton choix en doute ?
Parfois, ce qui me vient en tête est plus: que ferais-je si je l’attrapais? Que ferais-je si je l’attrapais et que c’était fini entre nous? Et j’ai pas trouvé la réponse…

8. Est-ce que tu y penses souvent ?
Parfois, mais comme ma Nitouchka n’a pas de crise récurrente, c’est pas régulier. Je suis certainement plus attentif à l’évolution de mes parties intimes…

9. Voudrais-tu ajouter un commentaire ?
Je ne m’entends pas toujours avec Nitouchka sur le sujet du petit bobo, notamment le fait que pour elle les deux types d’herpès sont exactement pareils. Cela dit, avec le temps, je respecte son univers, c’est elle qui vit cela, pas moi. Parfois je me dis: pourquoi elle ne prend tout simplement pas du Valtrex puisqu’il semble que cela réduit les risques. Mais j’ai jamais osé lui en parler ouvertement. Oups.

Lorsqu’on a eu l’idée d’écrire ce blogue il y a deux ans déjà, les filles et moi étions célibataires.

Mais là, voilà qu’on se voit un peu moins…

Qu’on compte sur une main nos escapades arrosées.

Qu’il n’y a plus d’histoire salace à raconter,

Et qu’on ne cherche plus l’âme soeur…

C’est qu’il faut dire que c’est l’été des amours pour MPB…

Toutes trois éprises d’hommes qui ne craignent pas les vénéneuses !

On l’a souvent écrit : l’herpès n’est pas la fin du monde, il n’est qu’un petit virus de peau porté par une majorité de personne !

Et on vous a raconté nos histoires…

Mais vous a t’on raconté celle de cette femme qui vit depuis dix ans avec son homme porteur sans jamais avoir attrapé l’herpès ?

Et celle de cette fille qui s’est pris en main suite à l’annonce, qui a perdu du poids et qui a pris soin d’elle pour enfin rencontrer l’homme de sa vie ?…. Bien cette fille là vous dirait que l’herpès est la meilleure chose qui lui soit arrivée !

Des histoires positives il y en a tout plein alors profitez de l’été et amusez-vous !

L’herpès ça ne détruit pas la vie, ça modifie les habitudes. Point !

Et si vous avez de belles histoires, n’hésitez pas à nous écrire. On aime bien les partager !

L’entrevue de Bobette m’ayant franchement charmée, j’ai décidé de pousser l’exercice plus loin.  J’ai adoré connaître l’opinion de PresqueParfait et je me suis demandée si tous ces fous qui nous aiment pensaient comme lui.  Et quoi de mieux que d’aller vérifier sur le terrain.  On a l’air de rien comme ça mais on a plein d’amis les filles et moi.  Et sur le lot, plusieurs ont l’herpès.  Alors j’ai sorti mes questions et je suis partie à la chasse de ces fous qui nous aiment. Je vous présente aujourd’hui:

 Fanfois et Dulcinée.

Fanfois c’est l’histoire banale de celui qui, suite à une séparation, décide d’arpenter les réseaux de rencontres pour trouver celle qui ferait de nouveau battre son cœur .  Banal, si ce n’eut été du petit coloc venu se loger dans sa culotte au détour d’une rencontre.  Misère, s’est-il dit, déjà pas facile de rencontrer quelqu’un, me voilà avec cette bête infâme à gérer.

Bien qu’embarrassé par l’H,  Fanfois ne s’est jamais démonté et a dévoilé sa situation plus d’une fois à ses prétendantes.  Avec succès bien souvent, avec douleur d’autres fois.  Puis est arrivé Dulcinée, entrée discrètement par la porte dérobée de l’amitié.

Et cette folle s’est mise à l’aimer.

Nous avons demandé à Dulcinée de se prêter au jeu des questions et c’est avec beaucoup de générosité qu’elle s’y est livrée.

Q : Est-ce que j’ai bien choisi le moment pour te l’annoncer ?

Définitivement non. Le rapprochement sexuel buccal sans protection était déjà terminé lorsqu’il m’a fait part de son vilain secret  Ma première réaction fut: « T’aurais dû me le dire avant!!! »   Curieusement, je ne lui en ai pas voulu. Je m’en voulais personnellement de ne pas m’être protégée et, par le fait même, de m’être mise les pieds dans les plats!  Je me sentais fautive de ne pas avoir suivi les conseils dont on nous martèle les oreilles.  J’ai toujours su qu’une transmission pouvait se produire mais que ça ne devait s’appliquer qu’aux femmes qui choisissent mal leurs fréquentations. Ce mec-là, c’est un homme doux, intelligent, sensible, généreux, serviable bref, tout-à-fait fréquentable!!  De plus je connaissais quelques amis(es) avec lesquels(les) il partage un bon lien d’amitié.  À mon point de vie, c’était impensable d’être à risque avec lui puisque je le connaissais, je connaissais son entourage et que je n’en avais surtout jamais entendu parler par qui que ce soit!

Q: Est-ce que je t’ai dit les bonnes choses ?

Bref, 1000 et une questions ont suivies le même soir.  Ça se transmet quand et comment?  Tes EX l’ont-elles attrapé?  Te protégeais-tu avec tes EX ou pas?  Ça se guérit comment?  Ça se soigne comment?  C’est grave ou pas?  Il n’était pas plus fier de lui que je ne l’étais de moi-même, mais il a répondu à toutes mes questions tout en m’assurant, qu’à sa connaissance, ne l’avoir jamais transmis.  J’ai été rassurée sur le coup mais je devais m’informer d’avantage.  Ni le WEB, ni info-santé, ni mon doc n’ont exactement la même version face à cette ITS.  Selon la médecine, je suis à risque en tout temps, par fellation et par pénétration, plaies apparentes ou pas.  Les images affichées sur le WEB ne sont pas très rassurantes non plus….

Q: Pourquoi es-tu restée ?

Cet ami ne m’avait jamais fait d’approche sexuelle, ni d’allusion, ni de proposition, ni d’attouchement, ni même de propos taquin.  Nous étions 100% ami-amie, partageant des loisirs communs. C’est un concours de circonstance qui a fait que le rapprochement physique s’est produit entre nous. J’avais déjà partagé assez de bons moments avec lui pour savoir qu’il devenait tranquillement plus qu’un grand ami à mes yeux.  Je n’en avais pas encore abordé le sujet mais je commençais déjà, avant ce moment d’intimité, à ressentir de l’amour naissant pour lui.  D’ailleurs, ce n’est pas lui qui a fait le « move », c’est moi.  Je n’essaie pas de le déculpabiliser mais le fait de prévoir le port du condom ne revient pas qu’aux porteurs d’ITS.  Je reconnais qu’il est pleinement responsable de son écart de conduite mais que, pour avoir déjà contracté des condylomes,  je suis responsable de mon écart toute autant que lui.  Pourquoi donc lui aurais-je attribué tout le blâme?

Q: Comment as-tu pris ta décision ?

De par notre amitié, nous avions toujours été ouverts à communiquer ensemble.  Non pas que tout avait été dit, mais le fait d’être assez à l’aise pour parler franchement de son vilain secret a appuyé ma prise de décision.  J’ai voulu savoir comment il vivait ce problème avec ses EX, comment se passait leur vie sexuelle, combien il a eu de femmes dans sa vie depuis qu’il le sait,  comment vit-il sa sexualité lorsqu’il a une crise, ça lui prend combien de temps à se remettre, comment évitait-il que ses partenaires ne le contractent, qu’elles activités sexuelles se permettait-il avec ses partenaires, etc.  Il a répondu clairement et calmement à toutes mes questions.  Nous n’avons pas poursuivi notre lien d’intimité tant et aussi longtemps que mes pensées furent troublées.  Sans pression, j’ai eu tout le temps nécessaire pour déterminer si les inconvénients de cet ITS étaient plus dérangeants que l’amour naissant ressenti pour lui. 

Q: Que ferais-tu si tu l’attrapais ?

Je suis consciente de ne pas être immunisée par le fait d’être amoureuse de lui.  Pour savoir où j’en suis actuellement, j’ai passé un test sanguin.  J’attends les résultats.  Nous avons mutuellement envi de passer notre vie ensemble, je ne souhaite pas pour autant contracter le virus.  Si j’en étais atteinte, je ferais ce que la médecine me propose pour diminuer le plus possible les effets des crises.  Je suis consciente que c’est incurable, mais ma vie ne s’arrêterait pas là pour ça.

Q : Remets-tu ton choix en doute ?

Jamais.

Q: Est-ce que tu y penses souvent ?

J’y pense à chaque relation.  Je ne dis pas ici que j’évite de le toucher ou de me faire toucher.  Je dis ici que je suis consciente du problème et que nous agissons en conséquence.  Je constate évidemment qu’il y a moins de place pour de la spontanéité sexuelle, mais c’est une situation qui, en revanche,  laisse amplement de place à la tendresse amoureuse.  

L’histoire pourrait se terminer ici.  Elle est déjà colorée d’espoir pour ceux qui serait tenté d’abandonner la recherche amoureuse sous prétexte du petit bobo. Mais voilà, cette histoire se poursuit.

Cette histoire était déjà très jolie en soit et s’apprêtait à être publié lorsque j’ai croisé Fanfois sur MSN:

Nitouchka says:

Salut Minou! As-tu reçu mon texte?

Fanfois says:

Oui.  C’est parfait !

Nitouchka says:

Pis?  Vas-tu ajouter tes commentaires personnels?

Fanfois says:

Pas eu le temps encore…  Pis tu pourras penser à une suite parce qu’il y  a des développements…

Nitouchka says:

Dis-moi…………. suis curieuse

Fanfois says:

Elle a passé des tests et elle n’est plus une moldue…  Ça doit faire environ 20 ans !!!

Nitouchka says:

No way!!?!?!  Elle a quel type?

Fanfois says:

2

Nitouchka says:

Ben voyons donc!  C’est trop drôle!  C’est comme un film!

Fanfois says:

Oui !

Nitouchka says:

Pis y’a absolument rien qui dit que c’est toi!

Fanfois says:

Ça peut pas être moi

Nitouchka says:

pourquoi?

Fanfois says:

Toujours protégés, pis au moindre doute on faisait rien.  Elle a passé la batterie de test il y a 2 ans et le hsv2 n’était pas inclu

Nitouchka says:

Cool!  Je serai contente d’ajouter ça au texte car tu sais quoi…

Fanfois says:

Quoi ??

Nitouchka says:

Ça sera l’exemple parfait qu’il ne faut jamais s’empêcher d’entrer en relation avec quelqu’un sous prétexte qu’on a l’herpès et qu’on pourrait être rejeté!

Fanfois says:

T’As raison, tu peux faire un update c’est définitivement d’intérêt public.  Que de rebondissements !!lol

Nitouchka says:

Mets-en.  C’est trop hot!  Pis en plus ça illustre bien qu’il n’y a pas une histoire pareille et que le risque en vaut trop la chandelle!! 🙂

Fanfois says:

jE VAIS ESSAYER DE RAJOUTER DE QUOI…. (il ne l’a jamais fait! Ah Fanfois!!)

Nitouchka says:

On attend tes commentaires comme une pré-pubère se languit de Justin Bieber!

Fanfois says:

Pff!

L’autre jour j’avais une discussion sérieuse avec Nitouchka :

– Tu sais Nitou, bien que je ne sois pas dans la peau de mon chum, si on inverse les rôles, j’suis pas certaine que je serais restée s’il m’avait annoncé qu’il partageait sa culotte avec notre cher coloc herpès.

– Bien moi non plus je ne sais pas ! Qu’elle me répond.  À bien y penser,  j’aurais p’t’être pris mes jambes à mon cou !

– Ouin, je n’ai jamais été mise en face du problème (étant moi même le problème) mais ouffff… Tu sais quoi ?  Je le trouve bien courageux mon Presqueparfait !

– T’as raison, ils sont braves nos amoureux !

– On n’en a jamais parlé de ça sur Monpetitbobo…

– De quoi ?

– Bien du fait que peut-être on ne serait même pas restées nous mêmes… On dit toujours que c’est pas si grave, on relate les choses de manière super positive pour ménager tout le monde mais c’est p’être pas tout-à-fait ce qu’on pense vraiment !

– Oui mais Bobette, on ne le sait pas ce qu’on aurait fait.  On est des bonnes personnes, on a de bonnes valeurs et c’est tellement dur de trouver quelqu’un qui nous plait et qui nous convient… On serait probablement restées nous aussi.

– Ouais, p’t’être bien…

Et on s’est laissé là-dessus…

Et c’est venu me tracasser……

Et j’ai réfléchi……..

Et j’en suis venue à la conclusion que je devais vraiment savoir ce qui s’était passé dans la tête de mon Presqueparfait. Pourquoi était-il resté alors qu’il ne me connaissait pas ? Que s’est-il passé au fond de lui ?  Comment on se sent quand quelqu’un qui nous attire nous dit qu’il a une its ?

Et c’est ainsi, à petits coups de questions me martelant le cerveau, qu’est née l’idée de lui passer une petite entrevue «spécial herpès» !

_________

On déjeunait. J’avais déjà préparé quelques questions.

– Mon Presqueparfait que j’aime beaucoup ?

– Oui Bobette ?

– Que dirais-tu si je te faisais passer une petite entrevue ?

– Une entrevue ?

Alors je lui explique en grandes lignes la conversation que j’avais eue avec Nitouchka et mon désir de connaître son processus de décision.

– Quand je t’ai appris que j’avais l’herpès, tu me connaissais à peine… Tu n’étais même pas impliqué émotivement.  Tu aurais pu partir, prendre tes jambes à ton cou et passer à la suivante !!!  Je veux savoir pourquoi tu es resté et pouvoir en parler à nos lecteurs. On offre toujours notre point de vue d’herpéthique et ce serait tellement fantastique de pouvoir offrir le point de vue d’une personne qui est restée.  S’il te plait mon chéri (yeux doux ici), s’il te plait !

Et il a accepté d’emblée.  Ce qu’il est merveilleux mon Ppf !

Nous en avons jasé un peu mais n’avons pas eu le temps de faire le tour de toutes mes questions et je me suis dit que, tant qu’à y être, je devrais vous soumettre ma liste de questions au cas où vous en auriez quelques pertinentes que je pourrais ajouter…

Alors la voici :

Est-ce que j’ai bien choisi le moment pour te l’annoncer ?

Est-ce que je t’ai dit les bonnes choses ?

Est-ce que ça aurait été différent si je te l’avais dit après une première relation sexuelle?

Pourquoi es-tu resté ?

Comment as-tu pris ta décision ?

Que ferais-tu si tu l’attrapais ?

Mets-tu ton choix en doute ?

Est-ce que tu y penses souvent ?

Et en finale : Est-ce que tu voudrais ajouter un commentaire ?

Voilà… Je crois que ça risque d’être étrange et bouleversant de parler de ce sujet aussi ouvertement – parce que oui, c’est toujours difficile d’en parler – mais j’ai vraiment hâte de connaître à fond son point de vue…

Ouiiiiiiiiiiiiii….

Et puis NON!

JE NE VOUS DIS PLUS RIEN!

Je n’en dis pas plus pour ne pas que ça fouèèèèèère….

Parce qu’à chaque fois que je vous en parle ça se termine en queue de poisson!

C’est ça!!!!

CE BLOGUE ME PORTE MALHEUR… 😉

Alors! Chuuuuuuut!

?!?

Ah puis Ok!!! Juste un petit secret…..

C’est un superbe spécimen de la famille des moldus!

Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir!!!

Bobette nous tance depuis un bon moment: 

–   Je suis seule à faire vivre ce blog.  Mais qu’est-ce que vous foutez bordel.  Vous viendrait pas l’envie de contribuer un peu par hasard bordel de ….. )&* »()%?$ ???

Comme elle nous semonce séparément Amétys et moi, je ne sais pas ce que ma collègue d’ingratitude répond.  Mais moi je le sais pourquoi je n’écris pas :  Je n’ai rien à dire!

Vous le savez; le gros drame avec l’herpès c’est la peur de se faire rejeter et de ne plus pouvoir rencontrer un amoureux digne de ce nom.  L’autre petit problème, c’est d’avoir des crises à n’en plus finir.

Ben…….je ne veux faire chier personne avec ça mais, dans mon cas, je suis de ces chanceuses qui ont l’herpès de façon asymptomatique.  Alors exit le petit problème.  Et pour le gros drame, vous le savez si vous nous suivez depuis quelques mois, j’ai rencontré un Jules! (ici vous pouvez vous imaginer ma bouille de la façon que vous voulez et y coller un petit sourire de satisfaction un peu niais!)  Alors je peux vous raconter quoi au juste hein?  Dites-moi parce que je manque franchement d’idée.

C’est pas des blagues!  Dites-moi ce que vous voulez savoir et je vous le raconte avec humour, sensibilité, rage ou philosophie mais surtout – et prenez mes mots pour une garantie écrite- sans aucune censure.  Je suis ainsi, quand l’exhibitionnisme a été distribué, je suis demeurée coincée sous le distributeur.  L’affaire c’est que je ne sais pas quoi exhiber.  Peut-être parce que lorsque la chaine est repartie, on a du me faire sauter l’étape de l’imagination pour ne pas devenir une maniaque en puissance.  Qui sait.  N’en demeure pas moins que maintenant, Bobette, la pauvre, se retrouve seule à causer petite gale et Valtrex. C’est inacceptable!

Allez!  Demandez et je vous promets du show time!!!

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

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