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Je devrais travailler.  Mais je préfère vous raconter une histoire.  Une toute jolie comme vous les aimez.

Cette histoire débute ici, avec une rencontre.  Au détour d’un blog que je visitais, écrit par un passionné d’un sujet qui me plaisait.  Le passionné et moi avons débuté un dialogue virtuel et une étincelle a jailli.  Toute petite.  Un jour, acte manqué me direz-vous, j’ai laissé un message sur son blog.  HORREUR!  Je l’ai fait, sans m’en rendre compte je vous le jure, sous l’identité de Nitouchka.  Vous comprendrez que j’ai une autre identité dans la vie et c’est sous mon identité « légale » que j’avais entrepris le dialogue avec mon passionné.  Horreur disais-je donc.  Vite vite j’ai effacé le message, espérant bien que mon correspondant n’en aurait vent.  Puis j’ai oublié ce petit incident.  Jusqu’au jour où…. Mais attendez…. Je vais le laisser vous raconter l’histoire.

Chères filles de Mon Petit Bobo,

Ça fait longtemps que je voulais vous écrire ou que j’aurais dû vous écrire. Pour plusieurs raisons en fait. Et depuis, elles ne cessent de s’accumuler ou de me rappeler que je devrais le faire.

Je suis tombé sur votre blogue il y a quelques semaines. Pas vraiment par hasard, mais presque. Quelqu’un était venu faire un tour sur mon blogue à partir du vôtre. Curieux, je suis allé vous visiter. Un blogue sur l’herpès? J’aurais jamais pensé. Je me suis mis à lire quelques billets mais surtout vos réponses aux commentaires ou questions de vos lecteurs. J’aurais dû vous écrire drette-là pour vous dire à quel point le réconfort et les encouragements que vous leur apportiez me touchaient. Je vous enviais de rejoindre autant de gens. Dans les médias, on fait l’éloge de personnes pour beaucoup moins que ça, si vous voulez mon avis…

Malgré tout, j’étais sur le point de vous oublier.

La vie en a décidé autrement. Voyez-vous j’ai rencontré une fille géniale. Vous connaître un peu plus, je vous dirais que j’espère que ce soit LA bonne.  Après s’être écrit plein de messages sans arrêt pendant deux semaines, je réussis enfin à lui soutirer une rencontre. La soirée se déroule bien et je me dis que j’aimerais bien la revoir. Mon souhait est exaucé. Une semaine et plein d’autres messages plus tard, elle vient donc souper chez moi. Le souper se déroule à merveille. On parle franchement. Le jeu de la séduction fait son oeuvre mais de part et d’autre on agit en gens civilisés. Le vin est excellent mais on n’abuse pas. Jusqu’au moment où je décide de l’embrasser… Et là mesdames ça dérape! Je vous laisse deviner la suite: je ne voudrais pas avoir l’air du gars qui se vante…

Attendez!  Laissez-moi préciser ici.  NON, je ne lui ai pas dit pour l’herpès.  Le vin, les inhibitions qui tombent…. et le déni, je dois l’admettre.   Nous avons consommé sans qu’il n’ait lu les fine prints!  Me sentais-je un peu coupable?  Même pas.  J’étais plus déçue d’avoir consommé si rapidement sans prendre le temps de le connaître que d’avoir omis de lui parler de mon coloc.  Mais bon…. Je le laisse continuer.

Le lendemain on discute du fait que faire l’amour est devenu banal. Que ça aurait peut-être été mieux d’attendre un peu avant de découvrir le jardin intime de l’autre. On est quand même intéressés l’un par l’autre et on souhaite se revoir. On se revoit une ou deux fois. Je n’arrête pas de me dire de relaxer, de ne pas partir en peur que de toute façon, c’est de moi dont il est question et qu’incessamment the shit would hit the fan et que ma belle histoire me péterait au visage. Comme ça le fait toujours depuis un peu plus d’un an.

Pourquoi je vous raconte ça?

Parce que c’est là que vous revenez dans mon histoire.

– « Je suis seule ce soir, ça te dit que j’aille te voir? »

– « C’est sûr! » (en contenant à peine ma joie)

– « J’ai quelque chose à te dire. La raison pour laquelle je te dis que j’ai quelque chose à te dire au lieu de te dire ce que j’ai à dire, c’est pour être certaine de te le dire quand j’arriverai chez toi sinon j’arriverai jamais à te le dire »

Je vous jure que c’est comme ça qu’elle me l’a dit…

« Hein? Qu’est-ce que tu as à me dire? J’achète seulement du vin ou j’achète un scotch aussi? »

45 minutes, C’est le temps qui s’écoule entre le record du monde du mot dire en une phrase et l’arrivée de celle de qui je fais tout pour ne pas tomber amoureux. C’est long, trèèès long. « J’ai quelque chose à te dire…»DIS-LE! Pas besoin de prévenir quand tu t’apprête à lâcher une bombe! Qui peut-être assez cruel pour laisser mariner l’autre comme ça? Qu’est-ce qu’elle a à m’annoncer? C’est jamais bon ce préambule. » Voilà le genre de trucs qui me viennent à l’esprit en attendant.

Elle arrive. Toujours aussi belle. Le malaise est énorme. Vite du vin!

Du vin?  Et comment!  Je ne connais pas de meilleur aidant naturel!  Enfin bref, ok!  Lui il n’a pas compris mais vous oui.  Si je ne lâche pas un éclaireur, la bombe ne suivra jamais.  Et puis 45 minutes, c’est pas si pire que ça.  J’avais beau ne pas m’être sentie coupable après qu’on ait fait l’amour, le secret me pesait lourd.  Vous savez quoi?  Même si je trouve ça horrible à dire, je préfère de loin le dire que de vivre avec le poids du non-dit.  N’empêche, la presque même nervosité qu’au premier jour m’habitait lorsque je suis arrivée chez lui.  Il me fallait laisser franchir le mot herpès de mes lèvres.  Horreur.  Nous nous sommes assis sur le divan, il a servi le vin.  Il attendait comme un condamné à mort que le couperet tombe.  Et moi, un peu cruelle, je m’enfargeais dans les mots et y allait d’un préambule qui n’en finissait plus de préambuler.  Et je lui ai dit.  Je lui ai parlé de mon petit ami.

La suite, je n’en suis plus trop certain. Comme dans les films où les voix deviennent tellement lentes qu’on ne comprend plus rien. Je perçois des mots, des bouts de phrases: « Peu importe ta réaction, elle ne peut me choquer » « Pas facile à te dire » « Herpès » Je n’ai même pas compris tout à fait comment elle l’a attrapé et tout le reste autour. Elle me demande si j’ai des questions. Et là mon cerveau se met en branle à vitesse Grand V. Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir assisté à une conférence sur les ITS où l’on avait mentionné que les feux sauvages étaient une forme d’herpès. Ou si c’est parce que j’ai déjà eu un coloc dans mes souliers de course (pied d’athlète). Ou si c’est à cause de votre blogue. Ou tout simplement parce que cette fille, j’ai vraiment le béguin pour elle. Je n’ai rien dit et je l’ai embrassée. Et je l’ai re-embrassée. Fin de la discussion.

Et là j’ai cliqué: « La fille qui est venue sur mon blogue, c’était toi! » « Le petit soulier rose, c’est toi! »

Holly fuck!  Ça y est je suis démasquée.  Il va tout lire, tout voir, tout savoir.  En ai-je vraiment envie à ce stade?  En ai-je vraiment le choix?  Ah puis merde!  La vie est trop courte.

Je ne suis pas certain mais je crois que c’est une première. Il y a peut-être de vos amoureux qui ont été sur votre blogue, pour avoir des réponses, après vous avoir rencontrées. Mais moi, j’ai eu les réponses avant même d’avoir les questions! (Et avant même d’être un amoureux…) Le fait d’être allé sur MPB a sans contredit teinté ma réaction. Merci.

Si j’avais été le moindrement chanceux, la première fois où je vous ai visité, je serais tombé sur le billet qui explique comment annoncer qu’on a l’herpès. Voyez-vous, j’aurais aimé savoir que « J’ai quelque chose à te dire » est un code. Ça m’aurait évité de m’en faire comme c’est pas permis. Je propose d’ailleurs un amendement à votre Herpize Bible: IL NE PEUT S’ÉCOULER PLUS DE TRENTE SECONDES ENTRE LA FIN DE LA PHRASE ET LA PRÉSENTATION DU COLOC! Comme ça, on évitera que quelqu’un dise « j’ai quelque chose à te dire » en étant à Matane à un autre qui habite Dolbeau. Patienter le temps que l’autre fasse le trajet entre Matane et Dolbeau, pour savoir ce dont il est question c’est oublier à quel point le temps nous ronge lorsqu’on attend.

En ce qui me concerne, je vis très bien avec le délai de 45 minutes mais ça demeure le privilège de chacun d’y mettre le délai qu’il veut. Et puis à s’attendre au pire, l’herpès peut du coup s’avérer un moindre mal! hé! hé!

Pour le reste, vous êtes vraiment géniales. J’ai passé de longues heures à vous lire. J’apprécie votre sincérité, votre franchise, votre délicatesse, votre humour mais surtout le temps que vous y consacrez: bref, je vous aime! Pas toutes de la même manière, mais quand même. Et je vous assure que ne suis pas du genre à lancer des « Je t’aime » comme ça.

C’est pas vrai!  Il me l’a déjà dit! 😉

Il nous arrive de magnifiques cadeaux sous formes de commentaires et de messages.  Des cadeaux qui nous font vachement plaisir.  Parce qu’on a beau le faire d’abord pour nous, sans trop d’attentes, il n’en demeure pas moins qu’il est bon de savoir qu’on fait du bien aux autres. On aura beau dire, l’altruisme c’est jamais gratuit. 

Alors chacun de vos commentaires, quel qu’en soit la nature, nous fait plaisir.  Parce qu’on aime pas parler seule et parce qu’on aime savoir que ce qu’on fait ici peut servir à d’autres. 

C’est dans cet esprit que j’avais envie de partager avec vous deux messages que nous avons reçus et qui sont des success story made in MPB.  Bon……. pas juste MPB mais quand même, on y a en quelque sorte contribué et franchement, on en est pas peu fières!

D’abord ce commentaire de Betty.  Qui nous a beaucoup touchées. Beaucoup.  Parce qu’on voulait aider.

Et ensuite ce message de Julie que nous avons reçu dans notre boîte courriel et qui rappelle qu’en plus d’aider, on voulait démystifier……et dé-démoniser l’infâme!

Elle a gentiment accepté qu’on le publie, sans en changer un mot ni une virgule.

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 Bonjour à vous trois,

Vos deux derniers articles m’ont vraiment interpelés (« …Réponse à Monsieur B » paru le 9 avril et »Figer sa position » paru le 12 avril dernier) parce que je suis de ces fous (ou folle dans mon cas) qui vous aiment (ou plutôt aime un de ces « Zerpétiques »).

J’ai envie de partager avec vous mon histoire.

Il y a bientôt un an, j’ai rencontré ce gars pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre! Quelques jours à peine après notre rencontre, avant même qu’il ne soit soit passé quoique ce soit autre que des discussions qui ne finissaient plus (pas d’échange de salive et encore moins de soirée torride) il a quitté pour un mois dans le cadre d’un voyage pour son travail. Durant tout ce temps, on s’est écrit, tous les jours, parfois même plusieurs fois par jour, c’était génial! Quand il est revenu, on s’est revu, ça n’a pas pris de temps pour qu’on s’embrasse à bouche que veux-tu, mais après une dizaine de jours de ce régime, il n’avait toujours rien risqué pour attenter à ma pudeur. Je commençais à trouver ça louche. Surtout pour un gars de presque 40 ans qui avait tout de même réussit à faire deux enfants à sa blonde précédente. J’y allais d’hypothèses du genre: il est peut-être juste respectueux, il fait peut-être partie d’une génération qui précipite moins les choses, il n’a peut-être pas eu beaucoup de femmes dans son lit, il ne sait peut-être plus comment faire en début de relation après tout ce temps passé avec la même femme. J’avais en partie raison sur toutes ces hypothèses, mais la seule que je n’avais pas vu venir c’était celle qui le retenait au delà de tout: il avait l’herpès.

Le soir où il me l’a annoncé, c’était comme si mon monde s’écroulait. J’avais ENFIN trouvé un homme avec qui je me voyais faire ma vie, il était parfait en tout, sauf pour ça. Après 4 ans de célibat, j’avais eu largement le temps de constater que de rencontrer quelqu’un avec qui on clique si fort n’était pas chose facile. Il était nerveux, m’expliquant comment c’était arrivé, me racontant comment il vivait bien avec la situation surtout depuis qu’il prenait du Valtrex tous les jours et qu’il n’avait plus de crises. J’ai écouté, attentivement, et lui ai demandé de réfléchir à tout ça.

Puis m’est revenu en mémoire une adresse, celle de votre blogue. Celui sur lequel j’étais tombé 2 ans auparavant, quand après un one night et un condom qui glisse étaient apparus d’étranges symptômes. N’étant pas du genre à me précipiter à l’urgence, j’ai enduré cette terrible démangeaison qui me grattait l’entrejambe et qui rendait inconfortable toute position assise et même le port de la petite culotte, jusqu’à ce qu’elle passe. Quand quelques semaines plus tard elle est revenue, j’ai attendu quelques jours et me suis présentée à la clinique. Diagnostic? Vaginite à levures. On m’a prescrit du flaconazole, et une dizaine de jours plus tard j’étais comme neuve. Puis c’est revenu, encore et encore, je me suis présentée à la clinique je ne sais combien de fois durant une période d’environ 6 mois. Dans la majorité des cas, les docteurs ne voyaient rien. 1 ou 2 fois on me diagnostiquait à nouveau une vaginite. Je suis restée perplexe. J’ai demandé à faire des tests sanguins dont celui de l’herpès. Résultat? J’avais un type 1. Comme j’avais déjà fait des « feux sauvages » étant plus jeune, pas moyen de confirmer quel était ce mystérieux mal qui me brûlait régulièrement de l’intérieur. Puis comme c’était venu, les démangeaisons me quittèrent du jour au lendemain, pour ne plus revenir depuis. Je suis toujours restée sur un questionnement à savoir si c’était vraiment les vaginites la cause de cet inconfort. J’ai beaucoup lu au sujet de l’herpès, j’ai fouillé votre blogue de fond en comble, mais j’ai surtout appris à démystifier. Quand j’étais ado, l’herpès était la pire chose qui pouvait m’arriver après le VIH. Je suis restée convaincue de ça durant bien des années. Au fil de mes lectures, mon préjugé a diminué. Votre blogue est en grande partie responsable de ça, mais aussi plusieurs sites de références médicales qui sans banaliser le virus expliquent que ce n’est vraiment pas la fin du monde et que peu importe les précautions que l’on prend, on n’a jamais de garantie de ne pas contracter le virus, surtout avec le type 1 qui se propage de plus en plus sous la ceinture et l’augmentation des relations bucco-génitales.

J’avais donc tout ceci qui me revenait en tête, j’avais surtout la conviction que si je passais à côté de ce gars à cause de son petit bobo, je m’en voudrais toute ma vie. J’ai donc rapidement décidé de foncer, mais en prenant mon temps 😉 Il s’est écoulé encore un autre mois avant qu’on n’ait une première relation sexuelle complète, toujours avec condom et surtout avec la promesse de la part de l’hommme de la situation de me tenir au courant si le petit bobo se pointait. Sans vouloir entrer dans les détails, c’en fut toute une. En fait, l’expérience se répète à chaque fois que nous faisons l’amour depuis. Je croyais au départ que j’aurais toujours en tête le coloc entre nous deux lorsqu’on ferait l’amour et à mon plus grand étonnement, je crois que si j’y ai pensé 2 ou 3 fois max depuis c’est bien beau. Après environ 4 mois du régime condom, et après être allés passer des tests de dépistages et appris que son petit bobo était de type 1, mais surtout après une soirée beaucoup trop arrosée, on a oublié le condom et on ne l’a pas réutilisé depuis, donc depuis plus de 6 mois. Et dans mes bobettes? Toujours rien!

Je sais que rien ne me garantis que jamais je ne l’attraperai, mais j’ai décidé de vivre avec le risque et je ne l’ai toujours pas regretté. Bien sûr il m’arrive de me demander ce que je ferais si je l’attrapais et que notre histoire était terminée. Est-ce que ma vie serait terminée? Non, je ne crois pas! C’est certain que ce serait probablement plus difficile lors des rencontres, parce que pour moi le fait que mon copain me l’ait dit avant que notre relation ne soit trop avancée et surtout avant que nous ayions notre première relation sexuelle a tout changé. Ça peut paraître étrange mais ça a grandement contribué à établir une solide base de confiance à son égard. Chose qui m’apparaissait difficile auparavant avec les gars que je rencontrais. Je l’ai vu comme un signe de respect envers moi, comme un choix qui m’appartenait. J’aurais détesté me faire mettre au pied du mur. Ma décision aurait probablement été toute autre s’il me l’avait dit après avoir couché avec moi. J’aime avoir le choix, j’aime pouvoir décider des risques que je prends, et mon amoureux a su me donner cette liberté. Bien entendu, quand on s’engage dans une relation où le petit bobo sera toujours présent en filigranne, il faut être conscient que quoi qu’il arrive, ça ne sera pas le porteur de l’herpès qui sera responsable si on l’attrape, mais bien soi-même. Mon copain fait sa part pour me protéger (Valtrex et examen régulier et minutieux de cette partie de son anatomie) et moi j’accepte que malgré ça, rien ne garantie que le risque sera réduit à 100%. C’est mon choix, à moi, pas le sien.

Je trouve dommage que l’herpès soit encore un sujet si tabou quand on sait que près du quart de la population est atteinte du type 2, et que 9 personne sur 10 ont le type 1. Ça fait beaucoup de monde, mais surtout beaucoup de gens qui ignorent souvent leur condition et plus encore les modes de transmission. Alors avec mon amoureux ou un autre, qu’est-ce qui me garantis que je ne l’aurais jamais attrapé (si je ne l’ai pas déjà) et surtout qu’est-ce qui me garantis que je ne l’attraperai peut-être jamais? (on dirait vraiment que les filles de MPB m’ont brainwashé hein? 😉

La vie est ainsi faite, peu importe combien on pense faire les bons choix, elle nous réserve parfois des surprises, bonnes ou moins bonnes. Et si faire le bon choix dans mon cas c’était de choisir l’homme qu’il y a quelques années à peine j’aurais rejeté sous prétexte qu’un coloc partageait 3 ou 4 fois par année ses boxers alors que pour le reste il était parfait?

Pour terminer, il y a un truc auquel je réfléchis souvent, et c’est la façon dont on se lance rapidement dans une relation sans vraiment savoir ce qu’il en est. Je me dis que ce petit bobo a peut-être fait en sorte que nous fassions les choses dans le bon ordre, plutôt que de tout mélanger et restés pris avec les dégâts… peut-être que finalement le coloc a aidé au bon déroulement de notre relation (j’ai vraiment l’air pro herpès là, non 😉

Bientôt un an, et oui, je suis toujours follement amoureuse d’un homme qui me le rend au centuple. C’est tout ce qui compte pour moi! Le reste qui peut me garantir quoi que ce soit? J’ai décidé de suivre mon coeur, et jusqu’à présent, c’est une des meilleures décisions de ma vie.

Je désire donc vous dire un beau GROS merci, parce que sans votre blogue les filles, je serais peut-être restée sur mes vieux préjugés et je serais passée à côté d’un homme plus que merveilleux.

Julie 🙂

Dans la série Ces fous qui nous aiment, le voici, le voilà! L’ultime! Celui d’entre tous que j’attendais!  ENFIN!  Et j’ai nommé: Le texte de l’Amoureux! 

OUIII!  Mon Amoureux Moldu nous livre enfin sa vision de la vie avec l’herpétique que je suis. 

FIGER SA POSITION

Je suis le chum de Nitouchka. Je suis l’Amoureux.

J’ai longuement hésité à vous écrire. Les raisons sont multiples mais la plus importante est probablement l’impression que cela m’obligerait à figer ma pensée sur le petit bobo pour toujours. En plus, la barre avait été mise tellement haute par PresqueParfait… Qu’est-ce qui m’a fait changer d’idée? Nitouchka. Elle est tenace. Elle me relançait, semaine après semaine, sans lever le ton jamais mais j’ai finalement compris que c’était important pour elle. Pourquoi exactement? Simplement parce que du jour au lendemain, je n’en ai plus entendu parler, silence radio. Ça m’a décidé. Une fois décidé, le problème restait entier, je ne savais plus par quel bout prendre tout cela. En relisant les autres entrées sur MPB concernant la fameuse annonce, ou le dévoilement, j’ai découvert l’équivalent “Herpès” du questionnaire de Bernard Pivot. À partir de là, tout fut plus facile pour moi.

1. Est-ce que Nitouchka a bien choisi le moment pour t’annoncer qu’elle avait l’herpès?
Je pense que oui. Elle m’a averti à l’avance qu’elle avait quelque chose d’important à me dire. Ayant frayé avec des problèmes requérant l’aide d’un professionnel de la santé mentale et avec des femmes vivant des problèmes du même ordre, je m’attendais à tout sauf à ce qu’elle m’annonce qu’elle avait l’herpès… Je pensais qu’elle allait me dire qu’elle avait déjà été anorexique ou TOC ou je ne sais pas quoi d’autres.

Sincèrement, ça m’a scié en deux, pas tellement à cause de l’herpès en tant que tel mais plutôt parce que je ne m’y attendais pas du tout. De plus, ma connaissance du petit bobo était très limitée. J’avais une maîtrise ès problèmes psychologiques, pas une maîtrise es herpès! J’ai des feux sauvages qui refont surface depuis mon enfance mais je n’avais jamais vraiment fait le lien entre le type 1 et le type 2… La leçon que j’ai apprise de tout cela? Nous sommes tous dans notre monde, dans nos bobos, mais ceux des autres ne sont souvent pas les mêmes.

2. Est-ce qu’elle a dit les bonnes choses ?
Je pense que ça a été très difficile pour elle de m’en parler. En fois lancée, Nitouchka, m’a fait le topo de sa situation assez clairement: le virus lui-même, son arrivée, elle et son virus, sa vie avec son virus, etc. Je pense qu’à ce stade, j’avais besoin de digérer tout ce qu’elle m’avait dit. J’essayais d’avoir l’air en contrôle mais je pense que ça ne marchait pas trop. Elle a continué à me parler de sa manière de voir le petit bobo… c’est un peu bizarre parce qu’elle l’accepte tellement bien que j’avais presque le goût de l’attraper tout de suite!

3. Est-ce que ça aurait été différent si elle te l’avait dit après une première relation sexuelle ?
En fait non puisqu’on a eu une relation sexuelle protégée avant. Néanmoins, elle a vraiment bien fait de ne pas trop attendre à cause des risques que je prenais sans le savoir.

4. Pourquoi es-tu resté ?
Tout simplement parce que l’élan que j’avais pour elle ou vers elle était plus fort que son petit bobo.

5. Comment as-tu pris ta décision ?
Ce fut comme une non-décision, qui perdure depuis tout ce temps. Comme elle est asymptomatique, l’herpès est en filigrane, jamais en une. C’est donc très abstrait même si je me demande parfois si le côté plus dur de Nitouchka ne vient pas en partie de ça. J’ai fait des tests à l’automne, qui ont confirmé que j’avais bel et bien l’herpès de type 1 (asymptomatique depuis quelques années) mais pas celui de type 2. Ça m’a rassuré puisque ça fait plus de deux ans que je fornique avec elle. En somme, pour répondre à la question, c’est probablement comme dans n’importe quelle relation amoureuse, ça demande une grande part d’amour avec une petite dose d’inconscience.

6. Que ferais-tu si tu l’attrapais ?
Je pense qu’au départ je capoterais. L’idée qu’en 2012 on soit encore au prise avec un virus qui ne partira jamais ne me rentre pas dans la tête. Néanmoins, et je ne dis pas ça pour flatter la gang du petit bobo, j’ai découvert vraiment des gens supers ouverts dans ce monde interlope de l’herpès de tous les types. Probablement que je me tournerais davantage vers ceux qui l’ont, d’ailleurs j’en connais pas mal déjà alors je suis prêt!

Par ailleurs, je ne sais pas si la question sur l’état des recherches sur l’herpès a été abordée dans le blogue mais il me semble que ça serait intéressant d’en savoir plus sur le sujet.

7. Mets-tu ton choix en doute ?
Parfois, ce qui me vient en tête est plus: que ferais-je si je l’attrapais? Que ferais-je si je l’attrapais et que c’était fini entre nous? Et j’ai pas trouvé la réponse…

8. Est-ce que tu y penses souvent ?
Parfois, mais comme ma Nitouchka n’a pas de crise récurrente, c’est pas régulier. Je suis certainement plus attentif à l’évolution de mes parties intimes…

9. Voudrais-tu ajouter un commentaire ?
Je ne m’entends pas toujours avec Nitouchka sur le sujet du petit bobo, notamment le fait que pour elle les deux types d’herpès sont exactement pareils. Cela dit, avec le temps, je respecte son univers, c’est elle qui vit cela, pas moi. Parfois je me dis: pourquoi elle ne prend tout simplement pas du Valtrex puisqu’il semble que cela réduit les risques. Mais j’ai jamais osé lui en parler ouvertement. Oups.

La vie nous laisse des marques.  On voudrait certainement en effacer quelques-unes mais on les accumule et on les encaisse les unes après les autres.  Elles font partie de notre vie et c’est dans cette idéologie que je vous laisse découvrir un superbe texte qu’une lectrice nous a fait parvenir. 

Vraiment, nous sommes privilégiées de recevoir et de partager de si beaux cadeaux.

Bravo et merci!

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Comme plusieurs personnes ici, l’herpès fait partie de ma vie et je ne fais même plus le décompte des années.

Depuis quelques temps, j’essaie de comprendre mon mur infranchissable face au dévoilement de cette intimité et maintenant que je sais la contagiosité sournoise en dehors des crises, je reste seule, n’ose le dire et ce n’est pourtant pas de la honte.

J’ai finalement compris la raison de ce mur…

Cet herpès fût tout simplement associé à des années de bonheur, c’est juste ça, mais tout est là pour moi.

Chacun à sa propre histoire avec l’herpès et les circonstances d’arrivée de ce coloc sont toutes aussi uniques que l’unicité de chaque personne.

Pour moi ce fût associé à l’amour de ma vie, rien d’autre.

J’étais jeune lorsque j’ai connu Roméo, c’était mon chum, c’est devenu mon mari et ensuite le papa de mes jumeaux.  J’ai attrapé l’herpès avec cet homme que j’ai aimé. Cela ne me dérangeait aucunement.

J’ai tout pris de lui et je lui ai aussi tout donné de moi… C’était notre engagement mutuel et total, à l’époque.  Nous ne somme plus ensembles aujourd’hui, mais je ne regrette absolument rien de ma vie.

Vivre un rejet maintenant, parce que j’ai aimé entièrement le père de mes enfants et que cela m’a laissé le tatouage de l’herpes à vie, je ne peux m’y résoudre encore.

Je ne suis pas prête et je l’assume pour le moment.

Le rejet n’est facile pour personne, je sais, mais je ne fais que vous dévoiler le sens que prendrait le mien, si on me rejetait, et jusqu’où cela pourrait venir me chercher…

J’ai eu des jumeaux (fille et garçon) alors essayez de vous imaginer ce à quoi peut ressembler une maman qui porte des jumeaux presque jusqu’à terme, le ventre gonflé et étiré à l’extrême… Césarienne pour couronner le tout.

Le résultat de cette grossesse gémellaire est un ventre complètement dégonflé et zébré de vergetures.

Voila je suis confinée à vivre avec cette autre particularité.

Le ventre tatoué du don la vie.

Je suis déjà allée consulter pour subir une éventuelle opération de reconstruction, mais j’ai changé d’avis après mure réflexion… J’ai porté mes 2 enfants et je ne peux me résoudre à effacer cette partie de mon corps, sans effacer cette tranche de maternité si belle et si importante à mes yeux.

Alors j’ai décidé de l’accepter ce ventre unique qui a servi de nid.

Je sais très bien je ne contaminerais jamais quelqu’un avec mon ventre flasque et texturé, mais voyez-vous, si un homme m’arrive et me fait le commentaire que mon ventre mou lui donne envie de fuir… et bien, ça me ferait aussi mal que de vivre un rejet à cause de l’herpès qui est entré, lui aussi, dans mon corps, par amour…

C’est juste mon histoire à moi, mais je l’aime cette histoire et l’herpès en fait aussi partie, comme le reste.

Et si la vie m’offre le cadeau de revivre à nouveau l’amour, et bien voilà, je viens de vous partager exactement tout ce que j’aimerais lui dire à cet homme…

Anonyme

Vivre avec l’herpès n’est pas toujours facile…

Bien que je sois très heureuse avec PresqueParfait mon chéri, il arrive que mon petit bobo porte une ombre à ce joli tableau.  Ça m’ébranle à chaque fois.  Depuis plus de vingt ans déjà chaque visite, et il y en a, me rappelle à quel point l’herpès me rend vulnérable.

J’étais justement dans l’une de ces périodes lorsque j’ai reçu un merveilleux texte écrit de la main d’une de nos lectrice : Silène.  Je l’ai lu.  J’ai pleuré.  Et cette lettre a eu l’effet d’un baume.  J’ai demandé à Silène la permission de vous le partager et elle a accepté.  Je suis donc fière de vous présenter ce texte qui, je l’espère, vous fera autant de bien qu’il m’a fait.

Mais avant tout, je voulais vous remercier d’être là…  Si vous êtes ici à lire et à vous informer, c’est que vous êtes certainement une personne sensible avec de grandes qualités dont une indéniable : votre souci des autres. Si l’herpès, en plus de son lot de petits bobos, venait avec cette belle qualité, on aurait intérêt à le partager au plus vite!  Alors voilà, merci de nous lire et de nous écrire et merci à Silène pour ce superbe texte.

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Bonjour Bobette
Un petit mot pour vous dire que votre beau billet concernant votre fille a fait ressurgir de beaux souvenirs maternels en moi que je voulais vous partager. On voudrait ce qu’il y a de mieux pour nos enfants, on voudrait éviter le pire pour eux et en même temps on voudrait qu’ils soient nourris de nos valeurs profondes.

Et la vie n’est que choix et risques… dans tout.

Alors voici:

Mon fils a 23 ans et depuis 3 ans il fréquente sa petite copine. Du temps qu’il était célibataire et tout juste avant qu’il la fréquente, je ne la connaissais pas du tout… Alors un jour comme les autres, spontanément et sans raison particulière autre que ma curiosité, je lui demande:

– Mon Coco, si une fille te plaît beaucoup et qu’elle t’annonce qu’elle vit avec l’herpès génital au tout début de votre fréquentation, que feras-tu?

Et je vous précise qu’il n’est pas au courant de ma situation herpétique. Personne ne le sait sauf son papa qui me l’a transmis lorsque nous sortions ensembles, avant de nous marier, voilà très longtemps…..

Et mon Coco me répond : – Ben, je fais rien…

– Que veux-tu dire Coco par, tu ne fais rien?

– Ben maman, ça ne change absolument rien au fait qu’elle me plaise. On prend des moyens et c’est tout, quelle question!

Voilà, mon garçon m’a fait un grand bien par sa réponse tout simple.  Son acceptation et son respect des différences, juste ça c’était un cadeau, un beau retour des choses pour moi. Il ignore totalement le bien qu’il m’a fait, puisqu’il ignore complètement ma condition.

Et lorsqu’il a commencé à fréquenter sa petite copine, sachant sa mère hyper curieuse, il est venu me la présenter avant que je le harcèle.  Mon garçon est beau, grand et mince, ben oui je le trouve beau, on est toutes pareilles les mères!!! Je le sais!!

J’ai trouvé sa copine très jolie et gentille, mais elle a une particularité bien à elle… elle est grassette.

Alors moi, la mère curieuse qui veut toujours tout comprendre je cherchais un moyen discret de saisir ses motivations de gars. Étant certaine qu’à cet âge, les gars regardent et convoitent les petits bodys parfaits et que les filles, quant à elles, sont axées sur le leur, pour être parfaites et séduire les gars en retour.

Je marchais sur des oeufs dans cette discussion très délicate. Je ne me rappelle même plus LA question que je lui ai posée, mais j’ai retenu le plus important: sa réponse.

– Maman, je sais trèèès bien où tu veux en venir et je te vois arriver de loin avec tes questions existentielles. J’ai choisi ma Cocotte sachant très bien qu’elle  n’était pas au sommet des tops body, mais tu sais quoi?   Je suis bien avec elle et je suis heureux, c’est tout.

J’étais tellement comblée que mon Coco ait vu et saisi l’ESSENTIEL.  Je n’oublierai jamais ce jour. J’étais heureuse de son bonheur et ne demandais rien de plus à la vie.

Alors voici Bobette mon partage et ce que votre texte a soulevé de beau dans ma mémoire, merci.

Silène

En réponse au billet «L’amour au temps de l’herpès» nous avons reçu ce texte avec la permission de le publier. Merci à l’auteure de qui nous n’avons pas la griffe (ce n’est peut-être qu’un oubli) et qui reste donc dans l’anonymat…

N’hésitez pas à laisser vos commentaires, elle les lira très certainement!

____________

La vie est vraiment mal faite et je vais vous expliquer pourquoi je dis ça. Certains ne me comprendront pas… Normal, parce qu’en quelque part, je ne me comprends pas non plus.

Voilà. Je lis le blogue depuis assez longtemps pour en avoir bénéficié énormément et pour avoir fait un constat important : le dire et le redire est compliqué. On a peur de le rappeler, d’en rediscuter, de tout remettre en péril, etc. parce qu’en fait on a un humain devant soi et étant nous même humain, on se dit qu’on prendrait peut-être peur nous aussi devant la nouvelle et les multiples rappels qui doivent être fait.

Vous souhaitez tous avoir un copain qui n’en fera pas de cas, qui vous verra comme vous étiez avant et qui ignorera ce détail de votre vie pour qu’enfin elle redevienne à peu près normale et que son je m’en foutisme, vous l’espérez, sera contagieux. Et bien, j’ai ce copain. Mais croyez le ou non, je viens de lui péter une solide coche il y a de ça une heure, à cause de ça précisément. Son comportement ne fait pas mon affaire!

Cinglée vous me direz ? Peut-être. Je m’explique.

J’étais avec lui lorsque j’ai appris que le petit bobo que j’avais entre les jambes c’était l’herpès. Arrivée à la maison, je lui ai dit sans hésitation et lui ai expliqué ce qu’il en était. À ce moment j’affichais un certain positivisme parce que le médecin que je venais de rencontrer avait été positive. Sa réaction a été des plus banales : il a fait son vrai gars : «ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort». J’aurais très bien pu suivre son état d’âme et penser la même chose mais, non, je ne le pouvais pas.

Le lendemain, après avoir dormi là dessus, je me suis dit qu’il allait bien se réveiller. Non rien jamais, jamais rien. Et quelques jours plus tard, après avoir été positive un certain temps, j’ai pleuré toute une nuit avec lui à mes côtés. Il ne disait rien parce que fondamentalement, il ne voit pas pourquoi j’en fais un cas. Il ne comprend vraiment pas parce que pour lui, ce n’est réellement rien : ce n’est pas grave même s’il est au courant des douleurs, des médicaments à prendre chaque jour et tout.

Je suis avec un éternel positif et ça me rend folle. Je suis avec l’homme supposément parfait qui m’accepte tel que je suis et pourtant j’ai qu’une envie, c’est qu’il me dise : «Wow pauvre toi. Je t’accompagne dans la rage et je vais être frustré contre la vie un bout avec toi, tu seras pas toute seule dans ta rancœur.»

Sachez qu’être complice de l’herpès ce n’est pas seulement l’accepter, c’est le comprendre et ça malheureusement, je pense que seules les personnes prises avec une maladie peuvent comprendre ça, toutes maladies confondues. Il y a des journées comme ça où je m’ouvrirais la poitrine et que je sortirais un microscope pour essayer de le trouver le petit criss de coloc. Il est en quelque part pas trop loin je le sais !!! Je paierais des milliers de dollars pour avoir une analyse d’un de mes cheveux pour savoir à quel moment précis de ma vie je l’ai pogné. Même si on s’en fou et que ça changerait rien. JE VEUX SAVOIR. Je réussis beaucoup dans la vie, mais ça, ÇA, je n’y peux rien !!!

Qui peux comprendre ça à part vous ? À part un gars qui l’a aussi ? Je compare ça à un meurtre dont la famille veut savoir qui est le coupable, même si leur être cher est déjà décédé. ON VEUT SAVOIR. Et le jour où le coupable sera incarcéré, on sera enfin «libre», pourtant non, on ne le sera jamais réellement parce que la réalité sera toujours pareille.

Je veux le contraire de ce que vous souhaitez. Je veux un chum conscient qui va avoir un peu peur, du moins pendant une certaine période, qui va trouver ça donc plate et difficile de temps en temps. Un chum qui va comprendre comment je suis en criss de ne pas pouvoir faire l’amour un soir et que non non et NON, je n’ai pas envie que de caresse et que j’ai envie d’une vraie bonne baise sans pouvoir le faire parce que j’ai le principal intéressé qui me chauffe !!!!!!!!!!! Mon chum me dit des trucs comme « ben voyons, c’est bien pire de peser 300 lbs me semble, t’es tu vu? T’es une chicks et tous les gars te regardent tout le temps ».

SI TU SAVAIS COMMENT J’AIMERAIS PESER 300 LBS!

Je pourrais le perdre viarge !!! J’irais au gym pis je le perdrais !! L’herpès c’est irréversible !! S’il savait tout ce que j’échangerais pour ne plus l’avoir !!

Je chiale contre un gars qui a la bonté de me demander : pisss qu’est-ce que Bobette à raconter cette semaine ? Pouvez-vous le croire ?

Je l’aime mon chum. Je l’aime, mais je m’éloigne de lui parce que je me sens incomprise. Et au fond, ça doit être moi qui ne comprends pas l’amour suffisamment et que je ne comprends pas que l’amour c’est fort à ce point là. Mais pour moi, l’amour ce n’est pas diminuer ou ignorer ce qui fait partie de moi, mais c’est partager ce qui fait partie de moi. Et je ne parle pas de le transmettre évidemment, je parle de vivre la tristesse et le désarroi qu’il me fait vivre, autant que les fous rires. Je vois bien qu’avec le temps on y pense moins, mais on y pense pareil, malheureusement. Pour une personne non-atteinte, les mauvaises expériences restent là où on les a laissées et on les oublie réellement je crois. Le coloc il n’y a pas trop de façon de le laisser.

Mon commentaire : Be careful what you wish for! Présentement, je souhaite un copain qui ne va pas prendre dans ses mains le boulet accroché à mon pied, mais qui va souder une seconde chaîne à mon boulet pour prendre la difficulté à moitié. Qu’il comprenne qu’on peut diminuer son impact dans notre vie de couple sans le taire complètement. Présentement je veux ça et vous voyez, si mon copain était comme ça, bien peut-être que je voudrais qu’il revienne en arrière et qu’il continue d’agir comme si ce n’était rien.

Alors ça revient à ce que je disais… La vie est mal faite.

Il nous lit, il commente, nous argumente… Puis dernièrement, il nous surprend en nous faisant parvenir un très beau texte, signé d’une griffe mâle!!

On avait grandement de besoin de testostérone ici!!!  Alors aujourd’hui on le remercie en espérant qu’il y aura récidive, on se tait et on écoute le pouls d’un homme avec un nom long de même: Çafaitongtempsquejetaime!

La fable a pris fin.

Malgré l’harmonie apparente régnant dans la basse-cour, tout porte à croire qu’une grenouille n’est pas à l’aise parmi toute cette ménagerie. Elle s’est fait la malle et s’en est retournée dans sa mare.

Je l’ai un peu aidée, j’avoue. Bien qu’accompagné de mes « ex » : latex et Valtrex, le doute subsistait. Une crainte pour elle qui bien légitimement, ne voulait pas du coq qu’est mon coloc alors que moi j’aurais bien voulu laisser tomber l’un de mes « ex » un peu encombrant (surtout au lit)… Elle le comprenait.

Nous nous sommes quittés avant que l’amour ne s’installe trop profondément…

Curieusement, je me sentais libéré.

Je n’avais plus peur de lui faire du mal. Mais cette sensation de liberté n’a pas durée. Le lendemain la chape de plomb est tombée… Je ne pourrai plus profiter du plaisir que me procurait la sensation d’être collé, lové tout contre elle et de sentir la douceur de sa peau.

Des quelques rencontres pendant les trois semaines qu’a duré notre courte idylle, nous ne sommes jamais sortis ensemble. Elle n’est même jamais venue chez moi. Tout c’est passé chez elle. On se contentait de se repaître mutuellement chacun l’un de l’autre. Pas de luxure en n’en plus finir… être blotti l’un à l’autre, c’était déjà bien.

« Rationnelle » voilà comment qualifier la décision de nous séparer : « Rationnelle »… Ça me fait à moi une belle jambe ça et à elle, une belle cuisse de… Grenouille!

Je serais bien parti avec ses seins que je lui ai dit, je les aimais bien… Et elle, elle me les aurait bien laissés car je savais y faire qu’elle m’a répondu… Un dialogue d’adieu qui ne facilite pas les choses.

Voilà ce qui peut arriver quand on s’approche en catimini sans le dire avant…

Et c’est ici, que pour beaucoup, le dilemme reste entier : le dit-on avant?… Ou plus tard?

Bon, avec tout votre respect chères dames de MPB. On est dû pour petite intervention psycho-pop……….

Un gars, une fille : pas pareil pantoute!

The Herpize Bible, ce magnifique ouvrage s’adresse, il me semble, plutôt à la gente féminine.

Je m’explique. Certaines scientifiques de renom avancent l’hypothèse que le corps masculin ne contient pas assez de sang pour irriguer à la fois le cerveau et le pénis en érection…

Donc, l’homme en manque de sexe et ayant à portée de la main l’objet de sa convoitise, a une certaine incapacité à synthétiser entièrement l’information qui lui est transmise.

Les mots « danger de contagion » se trouve souvent relayés en second plan s’il entend dans le même élan « très peu de chance que cela arrive ». Pour parer au plus urgent (faire diminuer la taille de son sexe) c’est cette seconde information qui va primer!

C’est plus tard, lorsque le cerveau aura retrouvé un semblant de fonctionnement normal, que l’information sera analysée de façon plus… Rationnelle, disons.

Je n’oserais ici prétendre à une certaine connaissance du comportement féminin, mais ma simple observation de situations passées m’amènerais à penser que, c’est lorsque la dame devient amoureuse que son cerveau se met à fonctionner… disons, autrement (je n’ai pas écrit moins bien. J’ai écris autrement !). Dans ces cas là, son niveau d’acceptation d’une situation donnée, amenée ici par l’être devenu cher, peut s’en trouver augmenter. C’est pour cela, je pense, qu’avant que la flèche d’Éros n’ait atteint son but, il est fort à parier que la décision ne penche en faveur de la prudence plutôt que dans celui de la témérité…

Donc, la rencontre crapaud-moldue ne peut peut-être pas se dérouler comme celle rat (ou mouette)-moldu…

Pour ma part, tout est à refaire…

Un autre accroc à mon cœur que je dois recoudre qui, je dois l’avouer, prend de plus en plus l’aspect d’une monumentale courtepointe faite de grandes et de petites pièces chapardées et raccommodées ça et là aux hasards de la vie…

Et tant que le fil de ma vie se déroula, je pourrai continuer à en rapiécer toutes les blessures.

Çafaitongtempsquejetaime

Mlle YX nous a envoyé ce texte en nous laissant libre arbitre de le publier ou non………  Mais c’est certain qu’on va le publier pardi!!  Non seulement parce qu’il est très bien écrit mais également et surtout parce que c’est tellement ça!  Ce que nous vivons tous, ce que nous appréhendons.  Le temps.  Le temps avant et le temps après.  Cette marque laissée par l’herpès.  Comme une lame sur le poignet de l’âme!  Merci Mlle YX.  Vous êtes bienvenue quand vous voulez!

C’est en me retapant la lecture quasi complète de tous les textes de ce blogue, le but étant de tenter d’équilibrer ma pression sanguine (si je me coupe par inadvertance, je vous garantis que le sang va gicler jusque dans la cour du troisième voisin) dans un moment d’angoisse intense (qui dure depuis une semaine) que j’ai décidé de me rejeter sur une page blanche virtuelle.  J’implose.  Respirer dans un sac brun ne suffit plus.  Me tenir loin de tout objet contondant non plus.

Mise en contexte rapide.  J’ai eu mon diagnostic d’herpès il y a un an, j’ai suivi le même chemin de croix que tout le monde ici.  Envers et contre tous ces raisonnements rationnels et irrationnels avec lesquels j’ai dû me débattre en bonne nouvelle stigmate digne de ce nom, j’ai croisé un charmant prince dernièrement, un puceau de l’herpès et le premier qui m’a mis assez en confiance pour lui donner la clé de mon identité et de mon secret.  Le premier qui sait « tout » sur moi.  Je l’ai informé, éduqué, et je crois que j’ai accompli cette tache tâche comme une grande fille.  Je lui ai ensuite donné l’espace nécessaire pour sa réflexion.  Et là, maintenant, j’attends patiemment depuis une semaine, depuis 10080 minutes, son verdict à savoir s’il y aura une suite à notre relation.   

Dans le dernier mois, mes contacts avec lui étaient aux deux jours environ.  Pas évident d’être maintenant assourdie par le silence…parsemé du chant d’un criquet au mois d’août…à l’aube du mois de décembre.  Je fais présentement le piquet à cette lumière rouge, dans ce « twilight zone » qu’on redoute tous et celui qui risque de faire le plus mal dans toute cette aventure que l’on vit; la peur du rejet.  La peur de passer à côté du bonheur à deux.

Oui, je me suis raisonnée un million de fois depuis ces 10082 minutes.  « S’il me rejette, ce n’est pas à cause de ce que je suis, ce n’est pas ma personne qui est en cause…je dois garder confiance en moi et en la vie…ce n’est pas la fin du monde…s’il disparaît, c’est seulement qu’il n’était pas le bon pour moi…etc ».  N’en reste pas moins que, même si on a trouvé le moyen de ne pas prendre ce possible rejet de façon personnelle, il fait tout aussi mal aux sentiments et aux émotions.  Il ecchymose la confiance, il grafigne l’espoir.  Il joue au yo-yo avec le petit lac qui se forme dans la rangée du bas de nos cils.  Il ravale difficilement la salive.  Il nous donne un aperçu de ce que ce doit être de vivre avec de l’asthme, sans pompe à portée de la main.  Il donne une volée à nos besoins fondamentaux :   manger et dormir.  Il siphonne le seul neurone de logique qu’il nous reste.  Et on accumule, sans trop s’en rendre compte, trop je dis, beaucoup trop…10094 minutes de sourde souffrance.  Preuve que les dommages psychologiques sont à des années lumières plus importants que les impacts physiques de cette condition tellement humaine, et qui pourrait être d’une banalité digne d’un barreau de chaise, si ce n’était justement de la présence de ces dommages psychologiques.

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai l’impression de vivre et revivre les étapes du deuil, en boucle et en accéléré :

Le choc :   à chaque matin, lorsque je me réveille et que je reprends conscience de ma position dans l’univers de ma vie.  Des dizaines de fois par jour, c’est-à-dire chaque fois que je reviens sur le sujet dans ma tête après l’avoir laissé tombé un instant pour faire avancer les autres domaines de ma vie.

Le déni :   je pèse sur « snooze » et retombe endormie de facto durant 8 minutes, car j’ai passé le plus clair de ma nuit à faire de l’insomnie.

La colère :   POURQUOI EST-CE QUE JE N’AI PAS ENCORE REÇU DE SES NOUVELLES ?!?!?!?! 

L’abattement, la tristesse, la dépression :   Nettoyage des glandes lacrymales en cours.  Douche de joues.

La résignation :   Ouin…pis ? 

L’acceptation :   NEXT !!!

Et là, je reprends conscience qu’il ne m’a pas encore donné sa réponse définitive malgré tous les scénarios que j’ai pu me farcir en réponse à l’interprétation de son silence.  Je n’ai pas entendu SA réponse à lui, son verdict final.  Sagement, j’attendrai la voie voix de mon charmant prince.  L’espoir grafigné lève timidement la main.  Je lui tends la mienne pour qu’il se relève.  Et le petit manège recommence.

Tout ça est normal et vous n’êtes pas seul(e).  Mais ça fait mal.  Mais vous n’êtes pas seul(e).  Tout ça est ma compréhension de cette petite phrase que j’ai lue souvent ici :   « on vous comprend !».

Un site comme celui-ci m’aidera cependant à passer l’étape la plus importante, celle que je n’ai pas encore atteinte :   la résilience.  Cette étape que les fondatrices du lieu virtuel de réconfort  dans lequel vous vous situez présentement ont dépassée et apprivoisée.

Bon, je retourne à mes 10151 minutes d’attente.  Merci d’être là.

Mlle YX

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

Première visite?

Tout d'abord bienvenue chez MPB! Afin de vous aider à nous connaître un peu et à en comprendre d’avantage sur notre situation, nous vous invitons à commencer la lecture de notre blogue par l'onglet «Billets choisis». Bonne visite!

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