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Je devrais travailler.  Mais je préfère vous raconter une histoire.  Une toute jolie comme vous les aimez.

Cette histoire débute ici, avec une rencontre.  Au détour d’un blog que je visitais, écrit par un passionné d’un sujet qui me plaisait.  Le passionné et moi avons débuté un dialogue virtuel et une étincelle a jailli.  Toute petite.  Un jour, acte manqué me direz-vous, j’ai laissé un message sur son blog.  HORREUR!  Je l’ai fait, sans m’en rendre compte je vous le jure, sous l’identité de Nitouchka.  Vous comprendrez que j’ai une autre identité dans la vie et c’est sous mon identité « légale » que j’avais entrepris le dialogue avec mon passionné.  Horreur disais-je donc.  Vite vite j’ai effacé le message, espérant bien que mon correspondant n’en aurait vent.  Puis j’ai oublié ce petit incident.  Jusqu’au jour où…. Mais attendez…. Je vais le laisser vous raconter l’histoire.

Chères filles de Mon Petit Bobo,

Ça fait longtemps que je voulais vous écrire ou que j’aurais dû vous écrire. Pour plusieurs raisons en fait. Et depuis, elles ne cessent de s’accumuler ou de me rappeler que je devrais le faire.

Je suis tombé sur votre blogue il y a quelques semaines. Pas vraiment par hasard, mais presque. Quelqu’un était venu faire un tour sur mon blogue à partir du vôtre. Curieux, je suis allé vous visiter. Un blogue sur l’herpès? J’aurais jamais pensé. Je me suis mis à lire quelques billets mais surtout vos réponses aux commentaires ou questions de vos lecteurs. J’aurais dû vous écrire drette-là pour vous dire à quel point le réconfort et les encouragements que vous leur apportiez me touchaient. Je vous enviais de rejoindre autant de gens. Dans les médias, on fait l’éloge de personnes pour beaucoup moins que ça, si vous voulez mon avis…

Malgré tout, j’étais sur le point de vous oublier.

La vie en a décidé autrement. Voyez-vous j’ai rencontré une fille géniale. Vous connaître un peu plus, je vous dirais que j’espère que ce soit LA bonne.  Après s’être écrit plein de messages sans arrêt pendant deux semaines, je réussis enfin à lui soutirer une rencontre. La soirée se déroule bien et je me dis que j’aimerais bien la revoir. Mon souhait est exaucé. Une semaine et plein d’autres messages plus tard, elle vient donc souper chez moi. Le souper se déroule à merveille. On parle franchement. Le jeu de la séduction fait son oeuvre mais de part et d’autre on agit en gens civilisés. Le vin est excellent mais on n’abuse pas. Jusqu’au moment où je décide de l’embrasser… Et là mesdames ça dérape! Je vous laisse deviner la suite: je ne voudrais pas avoir l’air du gars qui se vante…

Attendez!  Laissez-moi préciser ici.  NON, je ne lui ai pas dit pour l’herpès.  Le vin, les inhibitions qui tombent…. et le déni, je dois l’admettre.   Nous avons consommé sans qu’il n’ait lu les fine prints!  Me sentais-je un peu coupable?  Même pas.  J’étais plus déçue d’avoir consommé si rapidement sans prendre le temps de le connaître que d’avoir omis de lui parler de mon coloc.  Mais bon…. Je le laisse continuer.

Le lendemain on discute du fait que faire l’amour est devenu banal. Que ça aurait peut-être été mieux d’attendre un peu avant de découvrir le jardin intime de l’autre. On est quand même intéressés l’un par l’autre et on souhaite se revoir. On se revoit une ou deux fois. Je n’arrête pas de me dire de relaxer, de ne pas partir en peur que de toute façon, c’est de moi dont il est question et qu’incessamment the shit would hit the fan et que ma belle histoire me péterait au visage. Comme ça le fait toujours depuis un peu plus d’un an.

Pourquoi je vous raconte ça?

Parce que c’est là que vous revenez dans mon histoire.

– « Je suis seule ce soir, ça te dit que j’aille te voir? »

– « C’est sûr! » (en contenant à peine ma joie)

– « J’ai quelque chose à te dire. La raison pour laquelle je te dis que j’ai quelque chose à te dire au lieu de te dire ce que j’ai à dire, c’est pour être certaine de te le dire quand j’arriverai chez toi sinon j’arriverai jamais à te le dire »

Je vous jure que c’est comme ça qu’elle me l’a dit…

« Hein? Qu’est-ce que tu as à me dire? J’achète seulement du vin ou j’achète un scotch aussi? »

45 minutes, C’est le temps qui s’écoule entre le record du monde du mot dire en une phrase et l’arrivée de celle de qui je fais tout pour ne pas tomber amoureux. C’est long, trèèès long. « J’ai quelque chose à te dire…»DIS-LE! Pas besoin de prévenir quand tu t’apprête à lâcher une bombe! Qui peut-être assez cruel pour laisser mariner l’autre comme ça? Qu’est-ce qu’elle a à m’annoncer? C’est jamais bon ce préambule. » Voilà le genre de trucs qui me viennent à l’esprit en attendant.

Elle arrive. Toujours aussi belle. Le malaise est énorme. Vite du vin!

Du vin?  Et comment!  Je ne connais pas de meilleur aidant naturel!  Enfin bref, ok!  Lui il n’a pas compris mais vous oui.  Si je ne lâche pas un éclaireur, la bombe ne suivra jamais.  Et puis 45 minutes, c’est pas si pire que ça.  J’avais beau ne pas m’être sentie coupable après qu’on ait fait l’amour, le secret me pesait lourd.  Vous savez quoi?  Même si je trouve ça horrible à dire, je préfère de loin le dire que de vivre avec le poids du non-dit.  N’empêche, la presque même nervosité qu’au premier jour m’habitait lorsque je suis arrivée chez lui.  Il me fallait laisser franchir le mot herpès de mes lèvres.  Horreur.  Nous nous sommes assis sur le divan, il a servi le vin.  Il attendait comme un condamné à mort que le couperet tombe.  Et moi, un peu cruelle, je m’enfargeais dans les mots et y allait d’un préambule qui n’en finissait plus de préambuler.  Et je lui ai dit.  Je lui ai parlé de mon petit ami.

La suite, je n’en suis plus trop certain. Comme dans les films où les voix deviennent tellement lentes qu’on ne comprend plus rien. Je perçois des mots, des bouts de phrases: « Peu importe ta réaction, elle ne peut me choquer » « Pas facile à te dire » « Herpès » Je n’ai même pas compris tout à fait comment elle l’a attrapé et tout le reste autour. Elle me demande si j’ai des questions. Et là mon cerveau se met en branle à vitesse Grand V. Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir assisté à une conférence sur les ITS où l’on avait mentionné que les feux sauvages étaient une forme d’herpès. Ou si c’est parce que j’ai déjà eu un coloc dans mes souliers de course (pied d’athlète). Ou si c’est à cause de votre blogue. Ou tout simplement parce que cette fille, j’ai vraiment le béguin pour elle. Je n’ai rien dit et je l’ai embrassée. Et je l’ai re-embrassée. Fin de la discussion.

Et là j’ai cliqué: « La fille qui est venue sur mon blogue, c’était toi! » « Le petit soulier rose, c’est toi! »

Holly fuck!  Ça y est je suis démasquée.  Il va tout lire, tout voir, tout savoir.  En ai-je vraiment envie à ce stade?  En ai-je vraiment le choix?  Ah puis merde!  La vie est trop courte.

Je ne suis pas certain mais je crois que c’est une première. Il y a peut-être de vos amoureux qui ont été sur votre blogue, pour avoir des réponses, après vous avoir rencontrées. Mais moi, j’ai eu les réponses avant même d’avoir les questions! (Et avant même d’être un amoureux…) Le fait d’être allé sur MPB a sans contredit teinté ma réaction. Merci.

Si j’avais été le moindrement chanceux, la première fois où je vous ai visité, je serais tombé sur le billet qui explique comment annoncer qu’on a l’herpès. Voyez-vous, j’aurais aimé savoir que « J’ai quelque chose à te dire » est un code. Ça m’aurait évité de m’en faire comme c’est pas permis. Je propose d’ailleurs un amendement à votre Herpize Bible: IL NE PEUT S’ÉCOULER PLUS DE TRENTE SECONDES ENTRE LA FIN DE LA PHRASE ET LA PRÉSENTATION DU COLOC! Comme ça, on évitera que quelqu’un dise « j’ai quelque chose à te dire » en étant à Matane à un autre qui habite Dolbeau. Patienter le temps que l’autre fasse le trajet entre Matane et Dolbeau, pour savoir ce dont il est question c’est oublier à quel point le temps nous ronge lorsqu’on attend.

En ce qui me concerne, je vis très bien avec le délai de 45 minutes mais ça demeure le privilège de chacun d’y mettre le délai qu’il veut. Et puis à s’attendre au pire, l’herpès peut du coup s’avérer un moindre mal! hé! hé!

Pour le reste, vous êtes vraiment géniales. J’ai passé de longues heures à vous lire. J’apprécie votre sincérité, votre franchise, votre délicatesse, votre humour mais surtout le temps que vous y consacrez: bref, je vous aime! Pas toutes de la même manière, mais quand même. Et je vous assure que ne suis pas du genre à lancer des « Je t’aime » comme ça.

C’est pas vrai!  Il me l’a déjà dit! 😉

Saviez-vous qu’il est inscrit sur l’étiquette du nettoyant liquide antibactérien M. Net qu’il tue plusieurs virus dont celui de l’herpès ?

C’est ce que Presque Parfait a découvert en fin de semaine.

Et alors qu’il lavait les planchers et que je m’apprêtais à fouler la surface toute propre il s’est écrié : NOOOON…  Ne passe pas par là ; tu vas te désintégrer!

Ce qu’il est comique mon homme! 🙂

Un manque de temps, quelques réponses non-écrites et le petit grain de sable est devenu une vraie montagne.  Ça c’est passé vite ; comme s’il y avait eu un trou dans l’espace temps.

J’ai tellement à vous dire que je ne sais pas trop par où commencer sauf que de vous demander de bien vouloir être indulgent à l’égard du fait que je vous ai un peu négligé.  Hormis pour les vacances, je n’ai pas été absente.  Non. Tout l’été j’ai pris à coeur vos messages ; j’ai lu chaque syllabe, chaque mot et chaque lettre que vous avez écrits et à chaque fois, j’ai voulu répondre…  Mais je n’ai pas pu et dans ma tête se sont accumulées des dizaines de réponses puis, un jour, il y en a eu tant que je n’ai plus osé.  J’ai été dépassée et la montagne de messages laissés pour compte est devenue si grosse que je n’ai plus su par ou la prendre.

J’ai vu que certains d’entre vous avez pris la relève. Nitouchka était là aussi.  Ça m’a rassurée et je vous remercie de votre implication.

Puis j’ai commencé à écrire ce texte, l’ai rangé dans le vortex temps et, puisque Lijo m’a ramenée à l’ordre, je le continue aujourd’hui avec beaucoup d’enthousiasme.

Dans cet espace temps, j’aurais voulu écrire à Matata que le choc va passer, que ce n’est pas la fin du monde et qu’elle trouvera l’adresse d’un groupe de soutien sous l’onglet liens de ce site.  Pendant un moment aussi, j’ai suivi l’histoire de Un salaud? et j’ai été heureuse de son déroulement.  Et dans ce foutu trou, j’ai laissé tomber Kare.  J’espère qu’elle a lu l’article comment annoncer qu’on a l’herpès mais j’aurais préféré prendre le temps de lui pointer.  Et puis, il y a eu Louise à qui j’aurais souhaité dire merci pour son merveilleux et touchant témoignage et qu’évidemment elle est à mille lieues d’être un monstre. Et que dire des sentiments que j’ai eu en lisant celui de Violette!  J’aurais aussi voulu remercier Éma d’avoir partagé son histoire et son bel optimisme. Et à Destinée dont le triste récit est resté dans l’oubli – et j’en suis vraiment profondément désolée –  à qui j’aurais répondu que tout est possible quand on est une battante comme elle semble l’être et qu’aujourd’hui, si elle a d’autres questions, je serai là. C’est promis. À Bribri j’aurais conseillé une petite confrontation entre amoureux.
Et tout ça sans oublier cette jeune fille dont je ne retrouve même plus le commentaire à qui, plus que compatissante, j’aurais certainement dit vouloir la serrer dans mes bras parce qu’elle a attrapé le petit bobo de la même manière que moi, après avoir passé des tests de dépistage avec son copain sans savoir que celui de l’herpès n’était pas inclut…

Il y a eu tellement de messages.

Je sais qu’un petit mot peut changer bien des choses et j’ai parfois le sentiment d’avoir, même s’il est anonyme, un rôle important à jouer dans l’histoire de quelqu’un et même si je n’ai aucun engagement envers ce site, je tiens à m’excuser d’avoir laissé vos mots sans réponse et, si jamais vous vous buttez sur un silence, j’aimerais vous dire que vous trouverez certainement plusieurs réponses dans les pages de ce blogue.

Voilà, je ressentais le besoin de vous faire mon petit mea culpa mais, ceci fait, je vous laisserai sur une note super-méga positive.

Non, tout cela n’est pas uniquement de ma faute ; c’est en grande partie celle de Presque Parfait. C’est lui le grand coupable, mon précieux gruge-temps, mon homme, mon sans-petit-bobo!

Nous avons eu un beau grand projet qui nous a beaucoup occupé et, après tohu-bohu, remue-ménage, boîtes et déménagement nous avons réunis enfants, poissons, chats sans oublier l’ami qui traine au fond de ma petite culotte et cohabitons maintenant tous ensemble!

Ça fait déjà quelques mois.  Nous sommes encore en période d’adaptation mais, sommes toutes, c’est vachement chouette !

Bien sûr que je tente de garder l’indésirable colocataire tranquille et bien à sa place et, bien qu’il vient me visiter encore beaucoup trop souvent, il reste sagement sur mon territoire !

Outre ma grande fille, les enfants ne sont bien évidemment pas au courant et pour mon Presque Parfait, je pense qu’il en connait maintenant suffisamment sur le sujet.

Je suis très heureuse et pourrais continuer à vous beurrer longtemps mon petit bonheur mais ce n’est pas mon but. Si je tenais tant à écrire ce billet c’est pour vous dire que, si aujourd’hui vous vous sentez seul, sans issue, triste ou en détresse, j’aimerais que vous sachiez qu’une fois que vous aurez accepté cet hôte – de toute façon vous ne pouvez rien y changer – vous réaliserez à quel point il est insignifiant.  Gardez confiance et, je ne le répéterai jamais assez, ne vous discréditez pas pour un petit bobo, ça ne diminue en rien ce que vous êtes.  L’herpès ne prend que l’importance qu’on lui donne ; c’est lui le sans valeur.

Au plaisir de vous lire, Bobette est sortie de son mutisme!

 

Il nous arrive de magnifiques cadeaux sous formes de commentaires et de messages.  Des cadeaux qui nous font vachement plaisir.  Parce qu’on a beau le faire d’abord pour nous, sans trop d’attentes, il n’en demeure pas moins qu’il est bon de savoir qu’on fait du bien aux autres. On aura beau dire, l’altruisme c’est jamais gratuit. 

Alors chacun de vos commentaires, quel qu’en soit la nature, nous fait plaisir.  Parce qu’on aime pas parler seule et parce qu’on aime savoir que ce qu’on fait ici peut servir à d’autres. 

C’est dans cet esprit que j’avais envie de partager avec vous deux messages que nous avons reçus et qui sont des success story made in MPB.  Bon……. pas juste MPB mais quand même, on y a en quelque sorte contribué et franchement, on en est pas peu fières!

D’abord ce commentaire de Betty.  Qui nous a beaucoup touchées. Beaucoup.  Parce qu’on voulait aider.

Et ensuite ce message de Julie que nous avons reçu dans notre boîte courriel et qui rappelle qu’en plus d’aider, on voulait démystifier……et dé-démoniser l’infâme!

Elle a gentiment accepté qu’on le publie, sans en changer un mot ni une virgule.

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 Bonjour à vous trois,

Vos deux derniers articles m’ont vraiment interpelés (« …Réponse à Monsieur B » paru le 9 avril et »Figer sa position » paru le 12 avril dernier) parce que je suis de ces fous (ou folle dans mon cas) qui vous aiment (ou plutôt aime un de ces « Zerpétiques »).

J’ai envie de partager avec vous mon histoire.

Il y a bientôt un an, j’ai rencontré ce gars pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre! Quelques jours à peine après notre rencontre, avant même qu’il ne soit soit passé quoique ce soit autre que des discussions qui ne finissaient plus (pas d’échange de salive et encore moins de soirée torride) il a quitté pour un mois dans le cadre d’un voyage pour son travail. Durant tout ce temps, on s’est écrit, tous les jours, parfois même plusieurs fois par jour, c’était génial! Quand il est revenu, on s’est revu, ça n’a pas pris de temps pour qu’on s’embrasse à bouche que veux-tu, mais après une dizaine de jours de ce régime, il n’avait toujours rien risqué pour attenter à ma pudeur. Je commençais à trouver ça louche. Surtout pour un gars de presque 40 ans qui avait tout de même réussit à faire deux enfants à sa blonde précédente. J’y allais d’hypothèses du genre: il est peut-être juste respectueux, il fait peut-être partie d’une génération qui précipite moins les choses, il n’a peut-être pas eu beaucoup de femmes dans son lit, il ne sait peut-être plus comment faire en début de relation après tout ce temps passé avec la même femme. J’avais en partie raison sur toutes ces hypothèses, mais la seule que je n’avais pas vu venir c’était celle qui le retenait au delà de tout: il avait l’herpès.

Le soir où il me l’a annoncé, c’était comme si mon monde s’écroulait. J’avais ENFIN trouvé un homme avec qui je me voyais faire ma vie, il était parfait en tout, sauf pour ça. Après 4 ans de célibat, j’avais eu largement le temps de constater que de rencontrer quelqu’un avec qui on clique si fort n’était pas chose facile. Il était nerveux, m’expliquant comment c’était arrivé, me racontant comment il vivait bien avec la situation surtout depuis qu’il prenait du Valtrex tous les jours et qu’il n’avait plus de crises. J’ai écouté, attentivement, et lui ai demandé de réfléchir à tout ça.

Puis m’est revenu en mémoire une adresse, celle de votre blogue. Celui sur lequel j’étais tombé 2 ans auparavant, quand après un one night et un condom qui glisse étaient apparus d’étranges symptômes. N’étant pas du genre à me précipiter à l’urgence, j’ai enduré cette terrible démangeaison qui me grattait l’entrejambe et qui rendait inconfortable toute position assise et même le port de la petite culotte, jusqu’à ce qu’elle passe. Quand quelques semaines plus tard elle est revenue, j’ai attendu quelques jours et me suis présentée à la clinique. Diagnostic? Vaginite à levures. On m’a prescrit du flaconazole, et une dizaine de jours plus tard j’étais comme neuve. Puis c’est revenu, encore et encore, je me suis présentée à la clinique je ne sais combien de fois durant une période d’environ 6 mois. Dans la majorité des cas, les docteurs ne voyaient rien. 1 ou 2 fois on me diagnostiquait à nouveau une vaginite. Je suis restée perplexe. J’ai demandé à faire des tests sanguins dont celui de l’herpès. Résultat? J’avais un type 1. Comme j’avais déjà fait des « feux sauvages » étant plus jeune, pas moyen de confirmer quel était ce mystérieux mal qui me brûlait régulièrement de l’intérieur. Puis comme c’était venu, les démangeaisons me quittèrent du jour au lendemain, pour ne plus revenir depuis. Je suis toujours restée sur un questionnement à savoir si c’était vraiment les vaginites la cause de cet inconfort. J’ai beaucoup lu au sujet de l’herpès, j’ai fouillé votre blogue de fond en comble, mais j’ai surtout appris à démystifier. Quand j’étais ado, l’herpès était la pire chose qui pouvait m’arriver après le VIH. Je suis restée convaincue de ça durant bien des années. Au fil de mes lectures, mon préjugé a diminué. Votre blogue est en grande partie responsable de ça, mais aussi plusieurs sites de références médicales qui sans banaliser le virus expliquent que ce n’est vraiment pas la fin du monde et que peu importe les précautions que l’on prend, on n’a jamais de garantie de ne pas contracter le virus, surtout avec le type 1 qui se propage de plus en plus sous la ceinture et l’augmentation des relations bucco-génitales.

J’avais donc tout ceci qui me revenait en tête, j’avais surtout la conviction que si je passais à côté de ce gars à cause de son petit bobo, je m’en voudrais toute ma vie. J’ai donc rapidement décidé de foncer, mais en prenant mon temps 😉 Il s’est écoulé encore un autre mois avant qu’on n’ait une première relation sexuelle complète, toujours avec condom et surtout avec la promesse de la part de l’hommme de la situation de me tenir au courant si le petit bobo se pointait. Sans vouloir entrer dans les détails, c’en fut toute une. En fait, l’expérience se répète à chaque fois que nous faisons l’amour depuis. Je croyais au départ que j’aurais toujours en tête le coloc entre nous deux lorsqu’on ferait l’amour et à mon plus grand étonnement, je crois que si j’y ai pensé 2 ou 3 fois max depuis c’est bien beau. Après environ 4 mois du régime condom, et après être allés passer des tests de dépistages et appris que son petit bobo était de type 1, mais surtout après une soirée beaucoup trop arrosée, on a oublié le condom et on ne l’a pas réutilisé depuis, donc depuis plus de 6 mois. Et dans mes bobettes? Toujours rien!

Je sais que rien ne me garantis que jamais je ne l’attraperai, mais j’ai décidé de vivre avec le risque et je ne l’ai toujours pas regretté. Bien sûr il m’arrive de me demander ce que je ferais si je l’attrapais et que notre histoire était terminée. Est-ce que ma vie serait terminée? Non, je ne crois pas! C’est certain que ce serait probablement plus difficile lors des rencontres, parce que pour moi le fait que mon copain me l’ait dit avant que notre relation ne soit trop avancée et surtout avant que nous ayions notre première relation sexuelle a tout changé. Ça peut paraître étrange mais ça a grandement contribué à établir une solide base de confiance à son égard. Chose qui m’apparaissait difficile auparavant avec les gars que je rencontrais. Je l’ai vu comme un signe de respect envers moi, comme un choix qui m’appartenait. J’aurais détesté me faire mettre au pied du mur. Ma décision aurait probablement été toute autre s’il me l’avait dit après avoir couché avec moi. J’aime avoir le choix, j’aime pouvoir décider des risques que je prends, et mon amoureux a su me donner cette liberté. Bien entendu, quand on s’engage dans une relation où le petit bobo sera toujours présent en filigranne, il faut être conscient que quoi qu’il arrive, ça ne sera pas le porteur de l’herpès qui sera responsable si on l’attrape, mais bien soi-même. Mon copain fait sa part pour me protéger (Valtrex et examen régulier et minutieux de cette partie de son anatomie) et moi j’accepte que malgré ça, rien ne garantie que le risque sera réduit à 100%. C’est mon choix, à moi, pas le sien.

Je trouve dommage que l’herpès soit encore un sujet si tabou quand on sait que près du quart de la population est atteinte du type 2, et que 9 personne sur 10 ont le type 1. Ça fait beaucoup de monde, mais surtout beaucoup de gens qui ignorent souvent leur condition et plus encore les modes de transmission. Alors avec mon amoureux ou un autre, qu’est-ce qui me garantis que je ne l’aurais jamais attrapé (si je ne l’ai pas déjà) et surtout qu’est-ce qui me garantis que je ne l’attraperai peut-être jamais? (on dirait vraiment que les filles de MPB m’ont brainwashé hein? 😉

La vie est ainsi faite, peu importe combien on pense faire les bons choix, elle nous réserve parfois des surprises, bonnes ou moins bonnes. Et si faire le bon choix dans mon cas c’était de choisir l’homme qu’il y a quelques années à peine j’aurais rejeté sous prétexte qu’un coloc partageait 3 ou 4 fois par année ses boxers alors que pour le reste il était parfait?

Pour terminer, il y a un truc auquel je réfléchis souvent, et c’est la façon dont on se lance rapidement dans une relation sans vraiment savoir ce qu’il en est. Je me dis que ce petit bobo a peut-être fait en sorte que nous fassions les choses dans le bon ordre, plutôt que de tout mélanger et restés pris avec les dégâts… peut-être que finalement le coloc a aidé au bon déroulement de notre relation (j’ai vraiment l’air pro herpès là, non 😉

Bientôt un an, et oui, je suis toujours follement amoureuse d’un homme qui me le rend au centuple. C’est tout ce qui compte pour moi! Le reste qui peut me garantir quoi que ce soit? J’ai décidé de suivre mon coeur, et jusqu’à présent, c’est une des meilleures décisions de ma vie.

Je désire donc vous dire un beau GROS merci, parce que sans votre blogue les filles, je serais peut-être restée sur mes vieux préjugés et je serais passée à côté d’un homme plus que merveilleux.

Julie 🙂

Dans la série Ces fous qui nous aiment, le voici, le voilà! L’ultime! Celui d’entre tous que j’attendais!  ENFIN!  Et j’ai nommé: Le texte de l’Amoureux! 

OUIII!  Mon Amoureux Moldu nous livre enfin sa vision de la vie avec l’herpétique que je suis. 

FIGER SA POSITION

Je suis le chum de Nitouchka. Je suis l’Amoureux.

J’ai longuement hésité à vous écrire. Les raisons sont multiples mais la plus importante est probablement l’impression que cela m’obligerait à figer ma pensée sur le petit bobo pour toujours. En plus, la barre avait été mise tellement haute par PresqueParfait… Qu’est-ce qui m’a fait changer d’idée? Nitouchka. Elle est tenace. Elle me relançait, semaine après semaine, sans lever le ton jamais mais j’ai finalement compris que c’était important pour elle. Pourquoi exactement? Simplement parce que du jour au lendemain, je n’en ai plus entendu parler, silence radio. Ça m’a décidé. Une fois décidé, le problème restait entier, je ne savais plus par quel bout prendre tout cela. En relisant les autres entrées sur MPB concernant la fameuse annonce, ou le dévoilement, j’ai découvert l’équivalent “Herpès” du questionnaire de Bernard Pivot. À partir de là, tout fut plus facile pour moi.

1. Est-ce que Nitouchka a bien choisi le moment pour t’annoncer qu’elle avait l’herpès?
Je pense que oui. Elle m’a averti à l’avance qu’elle avait quelque chose d’important à me dire. Ayant frayé avec des problèmes requérant l’aide d’un professionnel de la santé mentale et avec des femmes vivant des problèmes du même ordre, je m’attendais à tout sauf à ce qu’elle m’annonce qu’elle avait l’herpès… Je pensais qu’elle allait me dire qu’elle avait déjà été anorexique ou TOC ou je ne sais pas quoi d’autres.

Sincèrement, ça m’a scié en deux, pas tellement à cause de l’herpès en tant que tel mais plutôt parce que je ne m’y attendais pas du tout. De plus, ma connaissance du petit bobo était très limitée. J’avais une maîtrise ès problèmes psychologiques, pas une maîtrise es herpès! J’ai des feux sauvages qui refont surface depuis mon enfance mais je n’avais jamais vraiment fait le lien entre le type 1 et le type 2… La leçon que j’ai apprise de tout cela? Nous sommes tous dans notre monde, dans nos bobos, mais ceux des autres ne sont souvent pas les mêmes.

2. Est-ce qu’elle a dit les bonnes choses ?
Je pense que ça a été très difficile pour elle de m’en parler. En fois lancée, Nitouchka, m’a fait le topo de sa situation assez clairement: le virus lui-même, son arrivée, elle et son virus, sa vie avec son virus, etc. Je pense qu’à ce stade, j’avais besoin de digérer tout ce qu’elle m’avait dit. J’essayais d’avoir l’air en contrôle mais je pense que ça ne marchait pas trop. Elle a continué à me parler de sa manière de voir le petit bobo… c’est un peu bizarre parce qu’elle l’accepte tellement bien que j’avais presque le goût de l’attraper tout de suite!

3. Est-ce que ça aurait été différent si elle te l’avait dit après une première relation sexuelle ?
En fait non puisqu’on a eu une relation sexuelle protégée avant. Néanmoins, elle a vraiment bien fait de ne pas trop attendre à cause des risques que je prenais sans le savoir.

4. Pourquoi es-tu resté ?
Tout simplement parce que l’élan que j’avais pour elle ou vers elle était plus fort que son petit bobo.

5. Comment as-tu pris ta décision ?
Ce fut comme une non-décision, qui perdure depuis tout ce temps. Comme elle est asymptomatique, l’herpès est en filigrane, jamais en une. C’est donc très abstrait même si je me demande parfois si le côté plus dur de Nitouchka ne vient pas en partie de ça. J’ai fait des tests à l’automne, qui ont confirmé que j’avais bel et bien l’herpès de type 1 (asymptomatique depuis quelques années) mais pas celui de type 2. Ça m’a rassuré puisque ça fait plus de deux ans que je fornique avec elle. En somme, pour répondre à la question, c’est probablement comme dans n’importe quelle relation amoureuse, ça demande une grande part d’amour avec une petite dose d’inconscience.

6. Que ferais-tu si tu l’attrapais ?
Je pense qu’au départ je capoterais. L’idée qu’en 2012 on soit encore au prise avec un virus qui ne partira jamais ne me rentre pas dans la tête. Néanmoins, et je ne dis pas ça pour flatter la gang du petit bobo, j’ai découvert vraiment des gens supers ouverts dans ce monde interlope de l’herpès de tous les types. Probablement que je me tournerais davantage vers ceux qui l’ont, d’ailleurs j’en connais pas mal déjà alors je suis prêt!

Par ailleurs, je ne sais pas si la question sur l’état des recherches sur l’herpès a été abordée dans le blogue mais il me semble que ça serait intéressant d’en savoir plus sur le sujet.

7. Mets-tu ton choix en doute ?
Parfois, ce qui me vient en tête est plus: que ferais-je si je l’attrapais? Que ferais-je si je l’attrapais et que c’était fini entre nous? Et j’ai pas trouvé la réponse…

8. Est-ce que tu y penses souvent ?
Parfois, mais comme ma Nitouchka n’a pas de crise récurrente, c’est pas régulier. Je suis certainement plus attentif à l’évolution de mes parties intimes…

9. Voudrais-tu ajouter un commentaire ?
Je ne m’entends pas toujours avec Nitouchka sur le sujet du petit bobo, notamment le fait que pour elle les deux types d’herpès sont exactement pareils. Cela dit, avec le temps, je respecte son univers, c’est elle qui vit cela, pas moi. Parfois je me dis: pourquoi elle ne prend tout simplement pas du Valtrex puisqu’il semble que cela réduit les risques. Mais j’ai jamais osé lui en parler ouvertement. Oups.

Il y a un commentaire qui a retenu mon attention et c’est celui de Monsieur B.  Pertinent, lucide, logique et tout à fait normal.  L’herpès ça fait peur.

J’avais envie de lui répondre avec mon regard de colocataire malgré moi.  Impartiale?  Pas pantoute.  Partiale à l’os.  J’ai envie de donner un petit coup de main à cette Demoiselle dont il est tombé sous le charme.  Et des Monsieur B. il y en a des tonnes.  Je m’adresse à eux tous.

Cher Monsieur B.

 Je comprends tes inquiétudes mais permets-moi de te faire voir la chose sous une autre perspective. 

Partons du fait que 75% de la population est porteuse de l’herpès de type 1.  Poursuivons en rappelant que le type 1 buccal se transmet aisément sur le « partout partout incluant le partout en bas de la ceinture » les bisous aidant.

Considérons également que 25% de la population est porteuse de l’herpès de type 2. 

N’oublions surtout pas que, parmi tous ces porteurs, 1 et 2 confondus, 75% d’entre eux ne savent même pas que loge en eux l’indésirable coloc.

 Avec toutes ces statistiques à l’appui, bien que je n’aie nullement l’esprit mathématique et que je ne saurais vraiment pas actuariser le tout, on peut facilement conclure qu’il y a bien du monde, out there, qui se promènent à coloc que veux-tu !!  Le risque est omniprésent.  On s’entend.

Considérant tout ça, imaginons le scénario suivant. 

Ne sachant conjuguer avec le facteur de risque qu’implique le coloc de la très aimée demoiselle, et bien qu’il en ait le cœur brisé, notre valeureux chevalier (en l’occurence Monsieur B. mais ce pourrait être cent, voire mille autres personnes) décide d’attendre que se présente une dulcinée/future-mère-de-ses-enfants plus « propre » et moins risquée !

De prétendantes en déceptions, notre valeureux multiplie les conquêtes sans jamais réussir à trouver la perle rare, celle qui répondrait à tous les critères de l’autre, herpès en moins. 

Finalement, à bout d’espoir et de cadran qui tourne, notre chevalier se rabat sur cette gentille fille.

Bien sur le cœur de notre Charmant ne bat pas autant que la première fois.  Bien sur il tend à comparer, comment faire autrement, mais au moins, se raisonne-t-il, je ne risque pas d’attraper cette lèpre sociale.  Il a vérifié auprès de la douce.  L’herpès ?  Connais pas l’a-t-elle assuré.

Le temps suit donc son cours et notre héro plonge dans cette relation comme on plonge dans un bain tiède.  Le temps passe et un matin, alors qu’il sort de la douche, notre héro découvre sur le bout de sa verge un petit bouton purulent et douloureux.

Juste ciel !!!  Serait-ce l’infâme ?  Impossible pourtant!  La belle ne l’a-t-elle pas assuré qu’elle n’avait jamais vu l’ombre d’un petit bouton sur son petit jardin personnel.

Nos deux tourtereaux apeurés accourent en catastrophe au bureau du médecin.  Hum…., de s’exclamer le scientifique après les tests d’usage, il se peut fort bien que la belle ait été porteuse sans le savoir.  Vous savez, bien des gens sont porteurs et l’ignorent.  Ne vous en faites pas avec ça maintenant.  Ce n’est qu’un simple virus de peau que vous portez tous les deux.  Il n’y a pas de quoi s’en faire.

Pas de quoi s’en faire?  Laisser tomber un grand amour pour aller attraper l’herpès ailleurs c’est d’une cruelle ironie.    La vie ce n’est pas de se rendre à terme sans blessure mais plutôt de courir les plus beaux risques.  Et si ce n’eut été de ton papa qui a pris ce beau risque, tu ne serais même pas là pour te torturer avec cette question. 

Bonne chance dans ta réflexion.

p.s.  Herpès n’égale pas condom pour le reste de sa vie.  Mon amie Bobette  a eu deux beaux enfants malgré son petit coloc!

Tout va bien pour PersqueParfait et moi et nous prenons beaucoup de plaisir à s’envisager à deux : on se fait des scénarios, on s’invente des célébrations et on s’imagine vieux… Puis il faut dire que, heureuses de faire parties intégrantes de nos projets florissants, nos progénitures sont bien arrimées à nos idées.

Bref depuis quelques temps, vous l’avez surement deviné, nous conjuguons le verbe concubiner à tous les temps du futur en relayant aux oubliettes le plus virulent des colocataires.

L’herpès n’a jamais été un obstacle et, outre lors de ses visites spontanées, il ne fait presque plus parti de notre vocabulaire.  Croyez moi : j’aimerais bien en oublier la prononciation à tous jamais mais certaines situations nous la ramènent comme un chien inlassable rapporte sa balle!

L’autre jour par exemple nous jouions en famille à un jeu de mots où, à une catégorie donnée, il faut trouver un mot qui commence par une lettre tirée au hasard. Dans le cas qui nous concerne, nous devions nous ingénier à trouver des mots commençant par la lettre E à l’énoncé « On n’en veux pas dans notre maison ».

– Des enrhumés!  Que je réponds.

– Des éléphants!  S’éclate petit rejeton.

– Des ennuis!  De dire PresqueParfait.

– De l’erpès???  Se questionnant ado junior.

Ha, ha, ha!!! PresqueParfait et moi, on ne s’est même pas regardés et on s’est empressés de répondre sur le champ qu’herpès ça s’écrivait avec un H.

C’est qu’il sait ne pas se faire oublier le virulent!!!

Bref, on n’en a pas recausé sauf hier alors que mon amoureux se demandait si ça m’avait blessé.

Bien sûr que ça ne m’a pas blessé – ado junior n’est même pas au courant – mais disons que j’ai trouvé la situation plutôt cocasse :

Non, on n’en veut pas dans notre maison!!! 😛

L’autre jour, nous étions chez le beau frère à regarder les 872 photos de voyage commentées par la belle soeur…  J’étais sur le bord de sombrer dans un état comateux-végétatif lorsqu’un commentaire de ma BS m’a fait bondir hors de portée de Morphée:

– Aaaaah, je me souviens, lors de ce voyage là chéri avait un gros feu sauvage s’l’bord d’la bouche!  Hein chéri?… clic… Bien oui, R-E-G-A-R-D-E-Z  moi ça làààà on le voit très bien!….. Il était gros hein?

–  Oui il était gros mon amour…. De lui répondre BF.

C’était effectivement un MAGNIFIQUE spécimen herpéthique! Mais je n’ai rien dit. Il y a des occasions où faut vraiment savoir se taire sauf que là ça m’a tout pris et que j’ai dû me «Duct taper» les lèvres le temps des 142 photos restantes!

Une fois le calvaire achevé, sur le retour de la maison en compagnie de PresqueParfait, je reviens sur le sujet:

– Je parie que BS a le petit bobo de caché dans la culotte!

– Tu crois?

– Avec l’exemplaire que BF avait dans la face, il y a des maudites bonnes chances!  En plus, je n’ai jamais vu BS avec un feu sauvage et ils sont ensemble depuis si longtemps…

– Peut-être bien alors!

J’étais heureuse et j’arborais un fier sourire.  Pourquoi?  Je me suis posée la question et je crois que c’est parce qu’au fond je venais de démontrer à mon super amoureux que l’herpès il y en avait partout, même dans sa propre famille et que finalement, je venais encore une fois de consolider la notion qu’il pourrait aussi l’attraper avec quelqu’un d’autre….

C’est comme ça: même avec toutes ces années à partager ma culotte, il arrive encore que j’ai besoin de me rassurer!

L’autre jour, Meilleur Ami, celui de l’Amoureux, me lance tout bonnement, entre une Heineken et un Daiquiri aux fraises:

–          Nitouchka je voulais te féliciter!

–          Ah bon!?  (J’ai gagné quoi?)

–          Je voulais te féliciter pour ton site.  Mon Petit Bobo.

–          Hey ben……(Malaise!  On a beau dire, j’ai encore une grosse certaine gêne à parler de ma « condition »!)… merci.

–          C’est vraiment super ce que vous faites.  J’ai vu qu’il y avait beaucoup de monde qui vous écrivaient et que vous semblez aider.

–          (Avec un détachement tout ce qu’il y a de plus simulé.  Dans le genre, moi l’herpès, pfff……!) En effet.  On est bien heureuses.  Tu en as parlé à Philomène? ( Cette Philomène)

 –          Oui je lui en ai parlé et je lui ai refilé le lien.

 –          C’est bien! (Ok on peut tu passer à autre chose?  Un autre daiquiri genre? 

                        *****************************************

En débutant ce blog nous voulions  présenter une facette moins dramatique de l’herpès, plus humaine.  Je crois bien que nous y sommes arrivées. 

Et comme avec tous les succès, on a eu envie de le partager.  Mais du coup, avec tous ces amis, ces proches et ces amoureux qui peuvent mettre un visage aux avatars de ce blog,  une petite gêne s’est installée et avec elle,  une certaine forme de censure. 

Jusqu’où peut-on raconter des anecdotes de notre intimité sans être déplacées, sans froisser, sans impliquer des gens que d’autres pourraient reconnaitre.

                  *********************************************

Plus tard.  Seule avec l’Amoureux.

–         J’étais un peu mal à l’aise tout à l’heure avec l’Ami. 

–         Ah oui pourquoi?

–         Ça me rend mal à l’aise d’une part de parler d’herpès avec lui, et d’autre part, de savoir qu’il peut lire toutes ces histoires sur ma vie privée.  C’était sensé être un truc anonyme et là j’ai l’impression que je vais devoir faire attention à ce que j’écris.

–         Je comprends.  D’ailleurs il s’est reconnu dans l’histoire du wetsuit.

–         NONNNN!

–         Oui. 

–         Merde!!!

–         Mais il a aimé la conclusion, lorsque tu dis que tu ne lui en veux pas et que tu aurais pu faire la même chose.

–         Quand même…. Fiou!  Tu crois que je devrais enlever le paragraphe où je dis que dans le fond, il n’a jamais vraiment été amoureux de Philomène?   Parce que si elle aussi se reconnait il est mal barré.

–         Mouais…………

                  *****************************************

Après que mon petit hamster ait brûlé les bering de sa roue et ait frôlé la crise cardiaque j’ai fini par conclure.  Et puis merde!  C’est mon blog après tout. 

Alors sachez que les noms ont tous été changés mais que toute ressemble avec des personnes connues pourrait ne pas être fortuite. Et j’y peux rien. Gnan!

Petit échange entre PresqueParfait et moi :

– Puis comment va ton petit bobo ?

– Veux-tu dire le blogue ou mon herpès ?

– Ton herpès.

– Bien, il va bien, je n’ai pas trop de crise…

– Ce n’est pas si pire alors. 

– Non, ce n’est pas si pire.

– Te rends-tu compte que nous n’aurions pas cette belle relation si j’étais parti ?

– Je sais…

– Je suis content.

– Je suis contente aussi…

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

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