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Je devrais travailler.  Mais je préfère vous raconter une histoire.  Une toute jolie comme vous les aimez.

Cette histoire débute ici, avec une rencontre.  Au détour d’un blog que je visitais, écrit par un passionné d’un sujet qui me plaisait.  Le passionné et moi avons débuté un dialogue virtuel et une étincelle a jailli.  Toute petite.  Un jour, acte manqué me direz-vous, j’ai laissé un message sur son blog.  HORREUR!  Je l’ai fait, sans m’en rendre compte je vous le jure, sous l’identité de Nitouchka.  Vous comprendrez que j’ai une autre identité dans la vie et c’est sous mon identité « légale » que j’avais entrepris le dialogue avec mon passionné.  Horreur disais-je donc.  Vite vite j’ai effacé le message, espérant bien que mon correspondant n’en aurait vent.  Puis j’ai oublié ce petit incident.  Jusqu’au jour où…. Mais attendez…. Je vais le laisser vous raconter l’histoire.

Chères filles de Mon Petit Bobo,

Ça fait longtemps que je voulais vous écrire ou que j’aurais dû vous écrire. Pour plusieurs raisons en fait. Et depuis, elles ne cessent de s’accumuler ou de me rappeler que je devrais le faire.

Je suis tombé sur votre blogue il y a quelques semaines. Pas vraiment par hasard, mais presque. Quelqu’un était venu faire un tour sur mon blogue à partir du vôtre. Curieux, je suis allé vous visiter. Un blogue sur l’herpès? J’aurais jamais pensé. Je me suis mis à lire quelques billets mais surtout vos réponses aux commentaires ou questions de vos lecteurs. J’aurais dû vous écrire drette-là pour vous dire à quel point le réconfort et les encouragements que vous leur apportiez me touchaient. Je vous enviais de rejoindre autant de gens. Dans les médias, on fait l’éloge de personnes pour beaucoup moins que ça, si vous voulez mon avis…

Malgré tout, j’étais sur le point de vous oublier.

La vie en a décidé autrement. Voyez-vous j’ai rencontré une fille géniale. Vous connaître un peu plus, je vous dirais que j’espère que ce soit LA bonne.  Après s’être écrit plein de messages sans arrêt pendant deux semaines, je réussis enfin à lui soutirer une rencontre. La soirée se déroule bien et je me dis que j’aimerais bien la revoir. Mon souhait est exaucé. Une semaine et plein d’autres messages plus tard, elle vient donc souper chez moi. Le souper se déroule à merveille. On parle franchement. Le jeu de la séduction fait son oeuvre mais de part et d’autre on agit en gens civilisés. Le vin est excellent mais on n’abuse pas. Jusqu’au moment où je décide de l’embrasser… Et là mesdames ça dérape! Je vous laisse deviner la suite: je ne voudrais pas avoir l’air du gars qui se vante…

Attendez!  Laissez-moi préciser ici.  NON, je ne lui ai pas dit pour l’herpès.  Le vin, les inhibitions qui tombent…. et le déni, je dois l’admettre.   Nous avons consommé sans qu’il n’ait lu les fine prints!  Me sentais-je un peu coupable?  Même pas.  J’étais plus déçue d’avoir consommé si rapidement sans prendre le temps de le connaître que d’avoir omis de lui parler de mon coloc.  Mais bon…. Je le laisse continuer.

Le lendemain on discute du fait que faire l’amour est devenu banal. Que ça aurait peut-être été mieux d’attendre un peu avant de découvrir le jardin intime de l’autre. On est quand même intéressés l’un par l’autre et on souhaite se revoir. On se revoit une ou deux fois. Je n’arrête pas de me dire de relaxer, de ne pas partir en peur que de toute façon, c’est de moi dont il est question et qu’incessamment the shit would hit the fan et que ma belle histoire me péterait au visage. Comme ça le fait toujours depuis un peu plus d’un an.

Pourquoi je vous raconte ça?

Parce que c’est là que vous revenez dans mon histoire.

– « Je suis seule ce soir, ça te dit que j’aille te voir? »

– « C’est sûr! » (en contenant à peine ma joie)

– « J’ai quelque chose à te dire. La raison pour laquelle je te dis que j’ai quelque chose à te dire au lieu de te dire ce que j’ai à dire, c’est pour être certaine de te le dire quand j’arriverai chez toi sinon j’arriverai jamais à te le dire »

Je vous jure que c’est comme ça qu’elle me l’a dit…

« Hein? Qu’est-ce que tu as à me dire? J’achète seulement du vin ou j’achète un scotch aussi? »

45 minutes, C’est le temps qui s’écoule entre le record du monde du mot dire en une phrase et l’arrivée de celle de qui je fais tout pour ne pas tomber amoureux. C’est long, trèèès long. « J’ai quelque chose à te dire…»DIS-LE! Pas besoin de prévenir quand tu t’apprête à lâcher une bombe! Qui peut-être assez cruel pour laisser mariner l’autre comme ça? Qu’est-ce qu’elle a à m’annoncer? C’est jamais bon ce préambule. » Voilà le genre de trucs qui me viennent à l’esprit en attendant.

Elle arrive. Toujours aussi belle. Le malaise est énorme. Vite du vin!

Du vin?  Et comment!  Je ne connais pas de meilleur aidant naturel!  Enfin bref, ok!  Lui il n’a pas compris mais vous oui.  Si je ne lâche pas un éclaireur, la bombe ne suivra jamais.  Et puis 45 minutes, c’est pas si pire que ça.  J’avais beau ne pas m’être sentie coupable après qu’on ait fait l’amour, le secret me pesait lourd.  Vous savez quoi?  Même si je trouve ça horrible à dire, je préfère de loin le dire que de vivre avec le poids du non-dit.  N’empêche, la presque même nervosité qu’au premier jour m’habitait lorsque je suis arrivée chez lui.  Il me fallait laisser franchir le mot herpès de mes lèvres.  Horreur.  Nous nous sommes assis sur le divan, il a servi le vin.  Il attendait comme un condamné à mort que le couperet tombe.  Et moi, un peu cruelle, je m’enfargeais dans les mots et y allait d’un préambule qui n’en finissait plus de préambuler.  Et je lui ai dit.  Je lui ai parlé de mon petit ami.

La suite, je n’en suis plus trop certain. Comme dans les films où les voix deviennent tellement lentes qu’on ne comprend plus rien. Je perçois des mots, des bouts de phrases: « Peu importe ta réaction, elle ne peut me choquer » « Pas facile à te dire » « Herpès » Je n’ai même pas compris tout à fait comment elle l’a attrapé et tout le reste autour. Elle me demande si j’ai des questions. Et là mon cerveau se met en branle à vitesse Grand V. Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir assisté à une conférence sur les ITS où l’on avait mentionné que les feux sauvages étaient une forme d’herpès. Ou si c’est parce que j’ai déjà eu un coloc dans mes souliers de course (pied d’athlète). Ou si c’est à cause de votre blogue. Ou tout simplement parce que cette fille, j’ai vraiment le béguin pour elle. Je n’ai rien dit et je l’ai embrassée. Et je l’ai re-embrassée. Fin de la discussion.

Et là j’ai cliqué: « La fille qui est venue sur mon blogue, c’était toi! » « Le petit soulier rose, c’est toi! »

Holly fuck!  Ça y est je suis démasquée.  Il va tout lire, tout voir, tout savoir.  En ai-je vraiment envie à ce stade?  En ai-je vraiment le choix?  Ah puis merde!  La vie est trop courte.

Je ne suis pas certain mais je crois que c’est une première. Il y a peut-être de vos amoureux qui ont été sur votre blogue, pour avoir des réponses, après vous avoir rencontrées. Mais moi, j’ai eu les réponses avant même d’avoir les questions! (Et avant même d’être un amoureux…) Le fait d’être allé sur MPB a sans contredit teinté ma réaction. Merci.

Si j’avais été le moindrement chanceux, la première fois où je vous ai visité, je serais tombé sur le billet qui explique comment annoncer qu’on a l’herpès. Voyez-vous, j’aurais aimé savoir que « J’ai quelque chose à te dire » est un code. Ça m’aurait évité de m’en faire comme c’est pas permis. Je propose d’ailleurs un amendement à votre Herpize Bible: IL NE PEUT S’ÉCOULER PLUS DE TRENTE SECONDES ENTRE LA FIN DE LA PHRASE ET LA PRÉSENTATION DU COLOC! Comme ça, on évitera que quelqu’un dise « j’ai quelque chose à te dire » en étant à Matane à un autre qui habite Dolbeau. Patienter le temps que l’autre fasse le trajet entre Matane et Dolbeau, pour savoir ce dont il est question c’est oublier à quel point le temps nous ronge lorsqu’on attend.

En ce qui me concerne, je vis très bien avec le délai de 45 minutes mais ça demeure le privilège de chacun d’y mettre le délai qu’il veut. Et puis à s’attendre au pire, l’herpès peut du coup s’avérer un moindre mal! hé! hé!

Pour le reste, vous êtes vraiment géniales. J’ai passé de longues heures à vous lire. J’apprécie votre sincérité, votre franchise, votre délicatesse, votre humour mais surtout le temps que vous y consacrez: bref, je vous aime! Pas toutes de la même manière, mais quand même. Et je vous assure que ne suis pas du genre à lancer des « Je t’aime » comme ça.

C’est pas vrai!  Il me l’a déjà dit! 😉

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

Première visite?

Tout d'abord bienvenue chez MPB! Afin de vous aider à nous connaître un peu et à en comprendre d’avantage sur notre situation, nous vous invitons à commencer la lecture de notre blogue par l'onglet «Billets choisis». Bonne visite!

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