Ah l’herpès, l’herpès, l’herpès!  Mais quand allons-nous arrêter d’en parler?

Got news for you;  Jamais!  En tout cas, pas ici sur MPB car c’est la seule et unique raison d’être de ce blogue: parler d’herpès!  Alors les  amateurs de course ou les adeptes de scrapbooking peuvent passer leur chemin….à moins qu’ils aient des intérêts dans notre petit business.  L’un n’empêchant pas l’autre bien entendu.

Pour ceux qui restent, parlons herpaizzzze!

Je serai peut-être redondante parce que tout ce que j’avais à dire sur le sujet, je l’ai, à peu de mots près, écrit ici.  Mais je me suis dit que de nouvelles tournures de phrases ne seraient pas sans vous déplaire.  Vous avez besoin d’entendre parler d’herpès et, ô lecteurs avides de nos croustillantes histoires licencieuses, vous  avez probablement déjà tout lu et relu ce qu’on a pu écrire jusqu’à ce jour.  Laissez-moi  donc vous égayer de mes dernières réflexions sur l’infâme.

J’en ai déjà fait mention dans mes derniers commentaires mais pour le lecteur paresseux qui se contente uniquement de lire nos délicieux billets en laissant de côté les propos avisés de nos lecteurs, je vais me répéter:  J’ai réintégré mes souliers de célibataire.  Hé oui!  J’ai abandonné les élimés moelleux baskets de la vie à deux pour rechausser les égrillards douloureux stilettos du célibat.

Misère me direz-vous!

Et bien NON!  En fait, je vous répondrais que c’est une question de point vue car le célibat en soi peut s’avérer ressourçant,  voire même divertissant.  Là par contre où le bât blesse pour vous et moi c’est que ce nouvel ordre des choses implique que l’on doive tôt ou tard renouer avec notre misérable petit casse-pied de la culotte afin de l’introduire à un nouveau prétendant.  Et ça, on ne se le cachera pas et on ne s’enfargera pas dans le choix des mots, ça fait ch….suer!!

Célibataire vous ai-je dit?  Bien en fait je vous dirais… un peu moins. Ou si peu.  C’est fou tout ce qui peut se passer entre le moment où on commence un billet et celui où on le finit.  Un monde.  Un homme aussi.  Je vous raconterai c’est certain.  Je vous connais vous allez A-D-O-R-E-R!!  Mais une autre fois car là n’est pas mon propos du jour.

Vous les connaissez les aléas de ces nouvelles rencontres.  Il y a l’angoisse de l’annonce, il y a l’annonce et il y a la suite, la réaction de l’autre.  En revivant pour la Xième fois (j’ai compté; c’était la 5e) ces douloureux moments  j’ai réalisé une chose : le drame ce n’est pas d’avoir l’herpès.  Le drame c’est de DIRE qu’on a l’herpès.  Et tout l’odieux de ce virus est contenu dans cette nuance.

TOUTES les fois où j’ai eu à le dire j’ai revécu la même chose.  D’abord cette terrible anxiété de devoir introduire notre petit ami,  l’envie de mettre fin à ce début de relation juste pour ne pas avoir à parler du coloc. Parce chance à cette étape,  il y a les copines pour nous crinquer le moral.

Ensuite ce moment terrible où face à l’autre, il faille extraire de sa bouche ce douloureux aveu.  La haine de ce mot si laid, si incongru sur mes lèvres, la honte,  ô oui la honte, de s’associer à notre corps défendant à cette « maladie honteuse » ?

Notre copine Amétys (oui elle existe encore!!) a trouvé une analogie qui ma foi, bien que très vulgaire et à la limite de l’abjecte, exprime avec une profonde justesse l’inconfort de la situation.

« Dire qu’on a l’herpès c’est un peu comme chier devant quelqu’un;  PERSONNE ne veut avoir à faire ça! »

Nous aurions pu vous éviter ce parallèle scabreux en comparant le malaise de DIRE qu’on a l’herpès aux souffrances d’un accouchement mais on s’entend que ce n’est pas d’un joli petit bébé qu’on parle ici.  C’est drôlement plus laid et s’apparente définitivement plus aux analogies d’Amétys qu’à la beauté d’un enfantement.

De tous les inconvénients d’avoir l’herpès, c’est le seul qui m’atteigne vraiment.  Ma douleur c’est d’extraire ces mots de ma bouche.  De me placer dans une extrême position de vulnérabilité et de faiblesse.  Pour le court instant où ces mots franchissent ma bouche.

Parce qu’après, après ce pénible aveu, je ressens toujours un immense soulagement.  Une force tranquille.  Une certitude.  Celle que la seule chose qui puisse m’atteindre c’est la gentillesse, la compassion et le respect de l’autre.

Son jugement, son rejet, voire même son dégoût ne sauraient trouver leur chemin jusqu’à moi.  Pourquoi?  Parce qu’il y a eu cette première fois où j’ai eu à l’annoncer et où j’ai compris que je n’étais pas ce petit virus,  qu’il était un petit détail insignifiant dans l’ensemble de ce que je suis.  Il y a eu cette tendresse, ce respect qu’on m’a démontré à toutes les fois.  Et que celui qui ne saurait faire face à ce petit inconvénient wouldn’t be strong enough to be my man anyway!

Mais pour en venir à ce moment il faut le DIRE!

Et dire on doit.  Et dire je fus.  Mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterai.  Vous ai-je dit que vous alliez l’aimer?