Un manque de temps, quelques réponses non-écrites et le petit grain de sable est devenu une vraie montagne.  Ça c’est passé vite ; comme s’il y avait eu un trou dans l’espace temps.

J’ai tellement à vous dire que je ne sais pas trop par où commencer sauf que de vous demander de bien vouloir être indulgent à l’égard du fait que je vous ai un peu négligé.  Hormis pour les vacances, je n’ai pas été absente.  Non. Tout l’été j’ai pris à coeur vos messages ; j’ai lu chaque syllabe, chaque mot et chaque lettre que vous avez écrits et à chaque fois, j’ai voulu répondre…  Mais je n’ai pas pu et dans ma tête se sont accumulées des dizaines de réponses puis, un jour, il y en a eu tant que je n’ai plus osé.  J’ai été dépassée et la montagne de messages laissés pour compte est devenue si grosse que je n’ai plus su par ou la prendre.

J’ai vu que certains d’entre vous avez pris la relève. Nitouchka était là aussi.  Ça m’a rassurée et je vous remercie de votre implication.

Puis j’ai commencé à écrire ce texte, l’ai rangé dans le vortex temps et, puisque Lijo m’a ramenée à l’ordre, je le continue aujourd’hui avec beaucoup d’enthousiasme.

Dans cet espace temps, j’aurais voulu écrire à Matata que le choc va passer, que ce n’est pas la fin du monde et qu’elle trouvera l’adresse d’un groupe de soutien sous l’onglet liens de ce site.  Pendant un moment aussi, j’ai suivi l’histoire de Un salaud? et j’ai été heureuse de son déroulement.  Et dans ce foutu trou, j’ai laissé tomber Kare.  J’espère qu’elle a lu l’article comment annoncer qu’on a l’herpès mais j’aurais préféré prendre le temps de lui pointer.  Et puis, il y a eu Louise à qui j’aurais souhaité dire merci pour son merveilleux et touchant témoignage et qu’évidemment elle est à mille lieues d’être un monstre. Et que dire des sentiments que j’ai eu en lisant celui de Violette!  J’aurais aussi voulu remercier Éma d’avoir partagé son histoire et son bel optimisme. Et à Destinée dont le triste récit est resté dans l’oubli – et j’en suis vraiment profondément désolée –  à qui j’aurais répondu que tout est possible quand on est une battante comme elle semble l’être et qu’aujourd’hui, si elle a d’autres questions, je serai là. C’est promis. À Bribri j’aurais conseillé une petite confrontation entre amoureux.
Et tout ça sans oublier cette jeune fille dont je ne retrouve même plus le commentaire à qui, plus que compatissante, j’aurais certainement dit vouloir la serrer dans mes bras parce qu’elle a attrapé le petit bobo de la même manière que moi, après avoir passé des tests de dépistage avec son copain sans savoir que celui de l’herpès n’était pas inclut…

Il y a eu tellement de messages.

Je sais qu’un petit mot peut changer bien des choses et j’ai parfois le sentiment d’avoir, même s’il est anonyme, un rôle important à jouer dans l’histoire de quelqu’un et même si je n’ai aucun engagement envers ce site, je tiens à m’excuser d’avoir laissé vos mots sans réponse et, si jamais vous vous buttez sur un silence, j’aimerais vous dire que vous trouverez certainement plusieurs réponses dans les pages de ce blogue.

Voilà, je ressentais le besoin de vous faire mon petit mea culpa mais, ceci fait, je vous laisserai sur une note super-méga positive.

Non, tout cela n’est pas uniquement de ma faute ; c’est en grande partie celle de Presque Parfait. C’est lui le grand coupable, mon précieux gruge-temps, mon homme, mon sans-petit-bobo!

Nous avons eu un beau grand projet qui nous a beaucoup occupé et, après tohu-bohu, remue-ménage, boîtes et déménagement nous avons réunis enfants, poissons, chats sans oublier l’ami qui traine au fond de ma petite culotte et cohabitons maintenant tous ensemble!

Ça fait déjà quelques mois.  Nous sommes encore en période d’adaptation mais, sommes toutes, c’est vachement chouette !

Bien sûr que je tente de garder l’indésirable colocataire tranquille et bien à sa place et, bien qu’il vient me visiter encore beaucoup trop souvent, il reste sagement sur mon territoire !

Outre ma grande fille, les enfants ne sont bien évidemment pas au courant et pour mon Presque Parfait, je pense qu’il en connait maintenant suffisamment sur le sujet.

Je suis très heureuse et pourrais continuer à vous beurrer longtemps mon petit bonheur mais ce n’est pas mon but. Si je tenais tant à écrire ce billet c’est pour vous dire que, si aujourd’hui vous vous sentez seul, sans issue, triste ou en détresse, j’aimerais que vous sachiez qu’une fois que vous aurez accepté cet hôte – de toute façon vous ne pouvez rien y changer – vous réaliserez à quel point il est insignifiant.  Gardez confiance et, je ne le répéterai jamais assez, ne vous discréditez pas pour un petit bobo, ça ne diminue en rien ce que vous êtes.  L’herpès ne prend que l’importance qu’on lui donne ; c’est lui le sans valeur.

Au plaisir de vous lire, Bobette est sortie de son mutisme!