La vie est bonne, la vie est belle, la vie est mouvante.  Heureusement.

L’année dernière, à pareille date, Amétys, Bobette et moi, toutes célibataires que nous étions, avions échouées dans une petite ville reculée, bien décidées à y faire la fête!  Un événement y était prévu et la faune humaine s’annonçait propice aux rencontres et aux plaisirs. 

Nous nous sommes donc retrouvées dans une chambre d’hôtel de l’endroit, enthousiastes à l’idée de faire la fête.  Nous avions prévu l’attirail de circonstance et c’est en se pomponnant pour la soirée qu’on s’est aperçues que nos garde-robes respectives nous avaient recraché le même uniforme: des jeans et un chandail noir.  

Lorsque c’est tout ce que ta garde-robe peut t’offrir pour en jeter plein la vue dans un bar, il est temps de sauter dans la case des has been!  On aurait dû se douter que ce « hasard » donnerait le ton à la soirée mais il n’était pas question de gâcher notre plaisir.

On file donc en ville pour rejoindre la fête!

Autre signe du destin;  J’avais fait erreur sur la date de l’événement et l’endroit avait plus les allures de Val Jalbert que de la rue Crescent un soir de Grand Prix!  La faune se résumait à quelques spécimens locaux qui devaient avoir la moitié de notre âge….. et le double de nos soutien-gorges!

Un peu dépitées (beaucoup pour moi, organisatrice de la soirée) nous nous sommes installées près du plancher de danse, décidées à s’éclater coûte que coûte!  On a enfilé martinis par dessus shooters pour colorer nos humeurs un peu moroses, déterminées à débusquer le plaisir au fond de nos verres.

Mais de toute évidence,  le plaisir, lorsqu’il ne vient pas, ne peut être forcé.  Encore moins bu.  Parce qu’alors il devient pathétique.

Trois matantes en jeans bleus et t-shirt noirs à l’estime et la démarche flageolantes, ça cassent pas la baraque devant des nymphettes sautillant en mini-jupe et talons vertigineux!   Même les yeux des vieux croulants passaient par-dessus le trio Levis!   Pathétique!

J’ai bien tenté quelques pas sur la piste en compagnie de Bobette mais devant le regard consterné d’Amétys, on a compris qu’aucun effort, qu’il vienne de nous ou de la barmaid,  n’y ferait! 

L’alcool dans sa chute entrainait les miettes d’estime et de charme qui pouvaient nous rester.

On a tenté de se reconstruire dans un petit pub non loin mais la faune y était tout aussi désertique.  Et le mal était fait.  Les martinis ne pouvaient plus rien pour nous sinon nous infliger un coma éthylique.

Nous sommes donc rentrées à l’hôtel chancelantes et dépitées.  C’est là qu’on s’est tapé une mémorable scéance de photos qui, en plus de réchapper la soirée, a donné naissance aux désormais célèbres  Herpes Angels …. et à un pénible mal de tête!

Ça c’était l’année dernière, à pareille date, alors qu’on croyait bien que le bonheur c’était pour les autres!  Ceux qui n’avaient pas l’herpès.  Aux trémoussantes midinettes de 20 ans.

Pourtant.

Pourtant cette année Bobette et Monsieur PresqueParfait on passé le weekend collé-collé,   Amétys a consacré son temps (et surtout son immense talent) à la danse et moi, j’ai célébré l’anniversaire de mon Amoureux.

L’année dernière, à pareille date, on n’y aurait jamais cru.