Il faisait réellement beau… Ni trop frais, ni trop chaud : la température idéale pour se taper un joli marathon.

Je courais. Les gouttes des sueurs perlaient sur mon front et sur la peau de mon dos. J’étais rendue environ au tiers de ma course…

Des centaines de personnes qui avaient pris part au départ, je n’avais pas encore remarqué cet homme jusqu’à ce qu’il s’écroule à quelques mètres de moi.  Il s’agissait d’un ancien collègue de travail.

Je l’ai reconnu au moment où, serrant ses mains contre sa poitrine, il fit un demi-tour sur lui même, le visage crispé de douleur et qu’il s’effondra sur le sol.

Je me précipitai alors sur lui. Il semblait terriblement souffrant. Je plongeai ma main dans ses cheveux mouillés et lui soufflai que j’étais là.  Le son de ma voix le rassura. Il ouvrit légèrement les yeux et m’expliqua la sensation qu’il avait que son cœur allait exploser. Il prit ma main et la posa doucement sur sa poitrine…

Je sentais les douloureuses contractions de son cœur. Chaque battement propulsait tout son corps au creux ma paume. Je le sentais s’affaiblir et lui répétais que les secours arriveraient.

Il n’y avait plus que lui et moi.

Lui sur le bord du gouffre et moi lui tendant désespérément la main… Je sentais qu’il m’échappais et qu’il me quitterait pour toujours…

Et dans un élan rempli d’émotions, je lui dis :

«Je t’aime, tiens bon… Je t’aime encore…»

Il ouvrit les yeux murmura qu’il m’aimerait toujours. Puis me quitta…

Dans un soubresaut, le cœur palpitant, les draps trempés je me suis réveillée seule au beau milieu de mon lit. Envahie d’un profond malaise, j’ai eu peine à retrouver le sommeil.