Après m’avoir fortement convaincu que nous étions fait l’un pour l’autre, après que je lui ai avoué le secret qui brûle ma chair et après m’être laissée emporter par son merveilleux conte de fées, mon chevalier s’est défilé dès qu’il a frôlé l’ombre d’une épine, découronné de son titre de valeureux parce que c’est au téléphone qu’il a eu le courage d’annoncer le changement de cap.

À ses dires, ce n’était ni l’herpès, ni les enfants mais une toute autre raison sans réel fondement qui m’a relégué du côté des déchets.

Évidemment, toutes les roses qui habillaient mon royaume ont perdu leurs pétales et sous l’effet du vent glacial les lieux se sont recouverts de glace….

Je suis déçue et je réalise à cette froideur que comme un chat est un chat et un rat, un rat, l’herpès m’a rendu trop vulnérable à l’amour : dès que j’entends le ronron de l’acceptation, je mangerais les yeux fermés n’importe quel fromage moisi.

Ce qu’il est âcre le goût d’une vie remplie d’échecs amoureux.

Mais un rat n’abandonne jamais…