C’est samedi soir, je suis seule à la maison.  Gelée!  Je n’ai pourtant pris aucune substance illégale, sinon un merlot accompagnant mes états d’âme.  Je pourrais être en train d’étrenner la table de salon, le comptoir et mes nouveaux draps santé mais je suis seule.  Gelée!

Je m’explique.  Depuis septembre, j’ai repris contact avec un homme qui déjà me plaisait il y a quelques années.  À l’époque, j’étais convaincue qu’il ne savait même pas que j’existais mais moi, j’en rêvais.  La vie a fait en sorte de nous éloigner pour un instant et maintenant, de nous rapprocher, par un pur hasard. 

Dès que je l’ai revu, mon désir pour lui est revenu.  Il me fait de l’effet, je n’y peux rien et au lieu de faire comme dans le passé et de rajouter une brique à mon barrage, je me suis permis une tentation au flirt.  J’ai attaqué de façon aussi agressive qu’un panda en hibernation mais le monsieur en question semblerait doté d’un sixième sens et à su voir en moi.  Donc, du flirt banal, nous sommes passée aux commentaires à double sens pour en venir finalement au in-your-face-j’ai-envie-de-toi.

Ces trois derniers mois ont été comme le monstre à la ronde.  Des hauts et des bas, des hauts le coeur, des papillons au ventre et beaucoup de bruit pour rien, dans les oreilles des copines du moins.  Je suis passé du Ça me fait du bien de flirter et c’est tout ce que je veux au Finalement, je pourrais le baiser pour ensuite en venir au Il fiterait tellement bien dans ma famille, je suis sûre que mes frères vont l’aimer pour revenir à Juste du flirt et Pourquoi pas une baise.  Si je me blesse, au moins j’aurais vécu… et je serai venue!

Il y a une semaine, Bob (car il faut bien lui donner un nom!) m’a suivie jusqu’à ma voiture et m’aurait bien suivie à la maison.  Sa proposition était claire: Sexe!  N’étant pas trop certaine que je pourrais survivre à un tel acte et aux possibles complications que mon coeur me jouerait, j’ai refusé.  Non sans lui dire et redire que j’en avais VRAIMENT envie mais que je n’étais pas prête à jouer mon bien-être en ce lieu commun et bla bla bli…  Bob a été super compréhensif et respectueux.  J’étais fière de moi, jusqu’à ce que je me retrouve seule dans ma voiture… à me trouver bien seule. 

911:  Les fiiiiiiiilles, j’ai fait une connerie, j’ai dit non à Booooob!  Il ne voudra plus de moi.  Exit le flirt qui me faisait tellement de bien…  Sti que je suis conne! 

Je n’aurais pas pu être si loin de la réalité.  À notre rencontre suivante, il a sorti l’artillerie lourde et m’a fait sentir son désir montant pour moi.  Je l’ai bien senti, sur ma cuisse.  Le in-your-face… est devenu je-vais-t’avoir-à-l’usure-car-j’aime-bien-un-peu-de-challenge et ça a donné des moments d’attouchements secrets et intenses dignes de mention.

Mais voilà, je l’ai revu encore aujourd’hui.  Ses mains baladeuses sont devenues exploratrices et ses lèvres charnues ont enfin fait contact avec les miennes.  Imaginez!  Se faire désirer avec passion dans un coin noir, à ne pas vouloir se faire prendre.  Wow!  Woooooooow!  Faut ben avoir une crisse d’herpès pour être capable de dire non à ça.  Je lui ai encore fait le coup du vieux-jeu pour m’en sortir.  Plutôt mal j’ai l’impression.

C’est samedi soir.  Je suis seule au bout du quai.  Gelée.  Je me rappelle mes expériences de pêche et une seule idée me vient en tête:  Un poisson a beau être ferré, il peut toujours se libérer… et aller frayer ailleurs.

Un premier refus attise le désir.  Un deuxième…?