Quand j’étais plus jeune, j’aimais, pour m’endormir, me faire des scénarios amoureux.  Je pouvais passer des semaines à me rejouer à chaque nuit des rencontres idylliques avec l’homme désiré du moment.  je détaillais chaque parole, chaque regard.  Des fois, je ne me rendais même pas au baiser tellement je perdais du temps à imaginer mes vêtements, l’endroit, la situation et bien sûr, l’Homme.

De mes nuits blanches, il me restait des scénarios dignes des plus grands Harlequins de ce monde.

Ces lubies habitent encore mes nuits, mes jours aussi, mes moments libres si la saveur du mois à un effet très intense sur mes hormones.  Si vous me voyez pensive, dites-vous bien que je suis ailleurs, avec quelqu’un d’autre, en train de faire des affaires cochonnes.  Sauf que maintenant, ce n’est plus sur ma tenue que je mets autant d’effort de créativité mais plutôt sur les façons d’annoncer à mon amant fantasmagorique que j’ai quelque chose d’important à lui dire avant de pouvoir lui faire l’amour comme une bête assoiffée.  J’ai l’imagination tellement forte que j’en ressens la nervosité et la douleur créées par ma peur.  Souvent, j’abandonne et même dans mes rêveries je ne baise plus.

C’est drôle, avant, je n’avais pas un tel souci de la réalité.  J’ai déjà eu des portes magiques dans ma chambre qui s’ouvraient sur des mondes imaginaires et maintenant, je ne peux même pas juste m’imaginer sans its.