J’aimerais bien vous dire que j’aime mon herpès, que grâce à lui, je scrute plus adéquatement mes Jules et que je fais de meilleures rencontres.  J’aimerais vous dire que dans le fond c’est pas si pire que ça et que je vis bien avec.  J’aimerais pourvoir offrir ce réconfort à ceux qui nous lisent et qui en ont besoin mais vous savez quoi…?  Avoir l’herpès me fait vachement chier. 

En fait, avoir l’herpès a fait de moi une vache… une vraie vache.  Pas du genre qu’on trouve au bureau et qui bitche sur tout le monde (quoi que ça m’arrive de bitcher, surtout quand j’ai une poussée d’H), non, du genre de celles que l’on trouve sur le bord des routes de la montérégie.  Vous savez, le type mammifère ruminant!  Imaginez une belle holstein dans son champs qui regarde les trains passer tout en mâchant, remâchant et reremâchant son ti-tas de trèfles…  Vous la voyez?  Et bien ça, c’est moi.

Les trains passent… je les regarde…  et au lieu de sauter dedans, je rumine, pesant le pour et le contre, évaluant les dangers.  Bien sûr, le train disparaît et là, je regrette de ne pas y avoir monté.  La gueule m’arrête pas de regretter.  Toutes mes minutes de cellulaire y passent à raconter aux copines (qui ne voyagent pas toujours en classe affaire, mais quand même) ce que je viens de manquer.  Je leur promets de ne pas laisser filer le prochain et quand il arrive enfin…   J’y pense un peu, prend une tite-bouchée de gazon et rumine encore comme je le fais si bien.

Mais là, ce train n’est pas comme l’autre… Les dangers sont différents… faut que j’évalue… Y va trop vite… Pas assez vite… Trop vieux… Trop moderne…  Si c’était le train d’avant j’irais sans faute mais blablabli, bliblabla…

Et quand le même train passe une deuxième fois, vous savez, celui que je regrette de ne pas avoir pris et que je me suis promis de monter s’il repasse et bien,  j’ai tellement pas bougé depuis longtemps que j’ai de la bouse jusqu’aux genoux.

Tchouchou!!  le train est passé… veni vidi vici

J’aime bien la campagne, ça me rappelle mon enfance mais sti que je suis due pour de nouveaux paysages. 

La vérité c’est que… en fait, je ne la connais pas la vérité mais à bien y penser, ce n’est peut-être pas l’H qui m’empêche de monter à bord de la vie, c’est peut-être moi et juste moi.  Ou la bouse.

Je suis pathétique!  Je sais!  Que voulez vous! Vous avez déjà vu une vache dynamique et fonceuse?