Je suis célibataire.  Le saviez-vous?  Si vous ne le saviez pas, de deux choses l’une:  ou vous faites semblant de lire, ou vous en êtes à votre première visite.  Un ou l’autre, ce n’est pas grave.  Je vous pardonne.  Parce que ce texte, je l’écris pour moi, pour m’encourager sans doute.  Dans mes jours plus sombres.  Une petite thérapie à prix modique.

Pour mon plaisir, j’ai dressé la liste de toutes les relations amoureuses /sexuelles que j’aie entretenues depuis la rencontre.  Ce jour où on m’a fait le petit cadeau qui allait me donner l’incommensurable chance de vous entretenir de mes états d’âme.  Et de ma vie sexuelle débridée.

Il y a d’abord eu cette première rencontre.  Déterminante.  Positive.  J’ai cru naïvement qu’après une si belle expérience, annoncer l’herpès me serait plus facile.  Parce que peu importe la réaction à laquelle j’aurais à faire face, je saurais que rencontrer des hommes qui acceptent ma situation serait possible.  Et c’est vrai, c’est possible.   Par contre, j’attends toujours que l’annonce de l’herpès devienne plus facile et force m’est de constater que je vais attendre encore longtemps.

D’ailleurs, n’arrivant pas à m’infliger encore une fois cette épreuve, j’ai fait ce faux pas.  Ne rien dire pouvait sembler facile comme solution mais quand comme moi, on succombe facilement au poids de la culpabilité,  le secret devient vite trop lourd à porter. Exit la tranquilité d’esprit, bonjour les nuits blanches.

Entre l’angoisse de l’annoncer et celle de ne rien dire, j’ai cherché d’autres avenues.  Je me suis dit que ce serait plus facile de rencontrer quelqu’un de mon select club.  C’est émotivement moins éprouvant en effet,  mais partager l’herpès n’est pas une raison pour demeurer avec quelqu’un.  Dommage par contre parce que c’est franchement plus facile.  À tout point de vue.

J’ai tenté une variante de mon expérience précédente afin, encore une fois, de ne pas avoir à affronter la terrible annonce.  Oui c’est moins souffrant lorsque l’autre vous aborde en « sachant » .  Mais ils ne sont pas légion à écumer les sites de rencontres à la recherche d’une Juliette-à-coloc et ils ne sont pas forcément compatibles.  Ne cherchez pas.  Je ne vous ai pas encore raconté cette histoire.  Mais pour vous faire patienter jusqu’à ce que je vous la raconte, je dirais qu’elle ressemble étrangement à cette histoire.  Mais avec une fin moins idylique.

Alors  j’ai affronté ma grande angoisse et je l’ai annoncé,  encore et encore , toujours avec des résultats qui m’ont remplie d’amour et de confiance envers la vie et la nature humaine.  Mais qui n’ont jamais réussi à adoucir la violence de cette épreuve.  Rien n’y fait:  Çafamal!!!!

Pourtant, à la lumière de toutes ces expériences, je réalise que l’herpès n’a jamais été un facteur d’échec.  Jamais.  Le plus pénible en fait pour moi, vous l’aurez compris, c’est de le dévoiler.  Me montrer dans toute ma vulnérabilité est mon pire supplice.  Encore aujourd’hui.  Et tant que je n’ai pas franchi ce pas, je me sens comme une imposteure.

Parce qu’une fois traversée cette épreuve, jamais l’herpès n’a été un obstacle dans les relations que j’ai entretenues.  Je n’ai jamais failli à la promesse que je m’étais faite de ne jamais accepter d’être considérée comme un bouton ou de me considérer moi-même comme tel et de ce fait, faire quelque compromis que ce soit sur ma sexualité ou sur mes choix amoureux.

En fait, ce que l’herpès a modifié, c’est ma façon d’aborder les rencontres amoureuses.  J’ai perdu mon insouciance.  Je n’ai plus la confiance de me lancer dans une expérience amoureuse juste en me disant « have fun et pour le reste, on verra ».  Il y a toujours le spectre de devoir annoncer l’herpès, la peur du rejet,  qui plane et qui influence mes choix et mes décisions.

Mais ce n’est pas sans être positif à certains égards.   Parce que si  ce n’était de l’herpès, sans doute que mon palmarès comporterait un nombre de prétendants un peu trop gênant pour en faire la nomenclature exhaustive.

Dois-je encore conclure que malgré mon aigreur à son endroit, mon petit coloc persévère à me montrer son côté positif?  C’est qu’il est tenace à se faire apprécier!! 

Va-t-il y arriver?  Hummm……. j’en doute!!  Mais quoi qu’il en soit, s’il m’envoie mon Jules, je serai peut-être prête à revoir ma position à son égard.   Et ne vous avisez surtout pas de me souhaiter le contraire juste pour pouvoir continuer à vous marrer sur le pathétisme de ma vie sexuelle.  Je ne saurais vivre en vous sachant si mesquins!!! 😉   Allez!  Sans rancune!!