J’ai bien envie de vous raconter comment un jour, fraichement initiée au coloc, j’ai décidé d’affronter ma plus grande peur du moment: celle d’annoncer en toute première que j’avais l’herpès!

Pour ce faire, j’avais imaginé le plan parfait, presque diabolique. UN TEST d’une importance capitale qui allait être garant de mon avenir sexuel, de ma vie après l’H.

Cette rude épreuve m’imposerait d’un trait un avenir de chasteté pure ou m’accorderait une trêve en me redonnant espoir que je pourrais encore recevoir les caresses d’un homme. Oui, cette épreuve allait être plus que décisive!

Bien que plutôt froide à tenter l’expérience, j’étais plus que déterminée.

Il ne me manquait que le cobaye dont j’avais tracé, d’un coup d’imagerie mentale, le portrait parfait!

Armée de ma mini-jupe foudroyante, je suis entrée dans un bar du centre ville et j’ai attendu.

Après un court moment, le cobaye en question est apparu!!! EXACTEMENT LE TYPE QUE JE CHERCHAIS qui en fait, n’était pas mon type du tout : bedonnant, boutonneux, prétentieux, affreux…. Il était très certainement en manque de sexe!

Donnons lui un nom…. Tiens!…… Appelons-le Frankenstein!

Alors Frank, m’offrit quelques verres que j’acceptai volontiers question de me donner le courage dont j’avais besoin pour atteindre mon objectif et pour briser cette glace qui me tenait en otage.

Nous avons jasé un peu… À peine…. En fait, je ne faisais que gravir les échelles de mon jeu afin de m’approcher, à vitesse vaporeuse, de mon but…

IL FALLAIT QUE JE LE FASSE…

En choisissant un type aux antipodes de mes fantasmes, je choisissais de ne pas tomber de bien haut en cas de rejet sauf qu’en même temps, je savais que ça pouvait aussi se conclure en un ticket direct pour aller chez les bonnes sœurs…….. Ouais…… Parce que si l’épouvantable Frank –grand bien lui fasse- me rejetait du revers de la main, j’étais certaine que seul le curé de la paroisse voudrait encore de moi!

Évidemment, mon plan fonctionna à merveille et Frankenstein m’invita chez lui……. Non mais fallait bien battre le fer tant qu’il est chaud et tant qu’à être chaude aussi bien le battre illico!

Bref, Frank me fit faire le tour de son appartement en profitant peu subtilement de la visite de la chambre à coucher pour me sauter dessus. L’heure du «Ça passe ou ça casse!» était finalement arrivée et c’est avec une langue profondément enfouie dans la bouche que j’arrivai à prononcer ces mots:

Chtop! Cha chuffit…. J’ai quelque chose à te dire!

Je le repoussais. Il me regardait d’un air étrange. J’avais les yeux pleins d’eau. J’avais tellement peur qu’il me rejette comme ce détritus qui nous lève tant le cœur…

Mais il n’en fit rien et écouta ce que j’avais à dire!

Probablement à cause de mes larmes, ne sachant comment réagir et ses élans sexuels refroidis, il m’offrit un peu de compassion et me prit dans ses bras. Tièdement. Sans plus. Mais pour moi, ce fut une réelle victoire…

Rendue sur la case d’arrivé et je n’avais pas mis le pied sur le serpent qui aurait pu me faire glisser vers le bas!

J’étais soulagée. Tant et aussi bien que pour le remercier -mais avant tout surtout pour savoir s’il accepterait une forme quelconque de sexualité avec moi– je lui offris une petite compensation orale!

Wow, quand je repense à ces moments de ma jeune vie d’adulte que je croyais gâchée à jamais je trouve que j’ai fait pas mal de chemin… J’accepte et j’assume. L’herpès ce n’est pas un drame, c’est un obstacle à franchir, une épreuve à surmonter…

Et aujourd’hui, j’ai conscience que cette première annonce fut probablement la pire de toutes: celle où j’ai été le plus rejetée. Mais je l’ai vécu comme une grande victoire!

Je n’ai plus jamais eu de nouvelles de Frank mais j’ai cru entendre la complainte du pauvre curé qui a dû se priver d’une nouvelle none!!!

😉