Vous connaissez la fille au bureau qui emmerde toujours tout le monde à raconter ses rêves comme s’il s’agissait du nouveau Spielberg!?  Et bien, je ne suis pas elle mais là, faut que je vous raconte les dernières folies oniriques de mon inconscient.

C’est pas le rêve où l’on vole comme un oiseau ni celui où, pourchassé par des méchants, on ne peut bouger, comme pris dans des sables mouvants, ni ce dernier où l’on tombe dans le vide et où on se réveille juste avant de percuter le sol.

Non!  En fait, ce n’est pas le rêve comme tel qui m’a d’abord marquée mais plutôt le sentiment de colère intense qui m’accompagnait à mon réveil.  Vous auriez du me voir l’air bête à 7h du matin.  Une chance que c’était dimanche!   Il est clair qu’un rêve ayant autant d’impact sur l’émotif ne peut pas être vide de sens alors après avoir boudé mon chat, la vie et ce merveilleux soleil matinal dans mon lit pendant plus d’une heure, j’ai décidé d’ouvrir ma fenêtre psychique et d’y jeter un œil. 

La scène se déroule dans ce qui semble être une cuisine d’appart ben normal.  Je suis assise à table avec deux hommes et on joue au poker.  L’homme à ma gauche est mon ex (celui qui m’a donné l’H, que je réalise en relisant mon texte) et il aurait bien pu ne pas y être car son rôle en est un de figuration (peut-être pas tant que ça finalement!).  L’autre homme, par contre, m’est inconnu mais je ne l’aime pas.

Arrive le temps de la dernière main, celui qui gagne remportera la cagnotte bien cachée dans l’enveloppe près de moi.  Le tout se passe très vite.  L’Étranger me dit que les règles ont changées, nous passe à chacun une vingtaine de cartes et me dit que nous devons y choisir notre main.   Je scan mes cartes pêle-mêle que je tiens avec difficulté et là, je la vois, je la tiens … La Flush Royale.  Oh bonheur!  Pas tant pour l’argent que pour la réalisation de la perfection.

C’est là que tout fout le camp.  L’Étrange me vole deux cartes, m’explique que c’est ça les règles, mon ex pige aussi dans ma main, je panique!  Vient mon tour de piger dans leurs mains mais mes cartes royales ont disparues.  Là, je capote, il me manque ma dame de pique que je cherche partout, je chiale, je ne comprends pas que l’on puisse changer les règles ainsi, à la fin d’un jeu et la colère monte en moi comme  un tsunami.  Je trouve enfin ma dame de pique, dans le paquet de pige du milieu, celui où selon Étrange, on ne peut piger.  Il dépose sa main sur la table, mon ex en fait de même et ils me regardent, attendant de voir la mienne.  Je les regarde, baisse  ensuite les yeux sur mes cartes mais n’y vois rien, la vision embuée de colère, jette le tout sur la table et sort en claquant la porte.  Je me réveille.

 Quand j’y repense, je réalise que je ne sais même pas ce qu’ils ont joué.  J’aurais probablement très bien pu les battre car parmi toutes ces cartes que j’ai jetées se trouvaient plusieurs as et autres bonnes figures.

 C’est bien moi ça!  Plutôt que de jouer avec la main que la vie m’a offerte et d’essayer d’en tirer profit au maximum, je rêve de la perfection, de l’improbable, n’y arrive pas et abandonne la partie avant la fin. 

Il y a des songes comme ça des fois qui nous placent devant un grand miroir et si on prend le temps d’y réfléchir, d’analyser un peu, de grandes vérités sur notre psyché nous sont révélées. 

Personnellement, je préfère le strip poker et les rêves qui se terminent par une suite de contractions musculaires intenses laissant au rêveur (moi de préférence) un sentiment d’apaisement profond.  Au diable l’introspection !