J’ai l’air d’avoir pleins de beaux principes de même.  Et je les ai aussi.  Et je les défends.  Mais, parfois, comme toute représentante de la race humaine qui se respecte, je me garde bien d’être parfaite et je les égratigne quelque peu au passage.  Que voulez-vous.  Je ne sais plus à qui je disais ça mais, rien n’est tout noir, rien n’est tout blanc. 

Dans le registre des aidants naturels pour vous faire oublier tous vos beaux principes, se situe tout en haut de ma liste, l’illustre, le divin, le délectable défenseur de l’imperfection humaine et j’ai nommé, le vin. 

Le vin, ce vilain, se fiche royalement du petit coloc.  Il n’en a foutrement rien à cirer croyez-moi.  Tellement qu’il arrive presque parfois, lorsqu’il se met à beaucoup, à l’occulter. 

C’était une autre de ces rencontres virtuels, dans un autre de ces moments où on se dit qu’il nous faudrait bien essayer, qu’on ne sait jamais.  Ou peut-être seulement en fait, un de ces moments où un excès de libido à assouvir nous pousse à finalement rencontrer Pkoipas41 qui ma foi, ne parait pas si mal sur ses photos.

Comme je suis une fille avec des semblants de principes, je n’assouvis jamais rien le premier soir, question de me laisser le temps de revenir à la raison et de vérifier si en définitive, mon vibrateur ne s’avère pas posséder plus de sex appeal que la date virtuelle. 

Bien que fort agréable, je savais déjà après notre premier souper que si histoire il y avait avec Pkoipas41, elle ne dépasserait jamais le niveau de la ceinture.  Et ça c’était si elle s’y rendait.  Mais, quand on a rien de mieux à faire un jeudi soir solitaire, on se dit, je vous le donne dans le mille, pourquoi pas!  et on remet ça pour un autre souper!!

Et une bouteille de vin. 

Et plus le vin coule, plus on rit.  Et plus on débouche la deuxième bouteille, plus ça nous titille.  Et plus ça nous titille, plus on s’aventure.  Et plus on s’aventure, plus on se ramasse la manche pognée dans le convoyeur.  Et la langue dans sa bouche, et les mains sous son chandails, et le cul dans son auto, et le dos sur son lit.  Tout ça sans qu’on ait cherché à l’éviter et sans surtout, qu’on l’ait un tant soit peu réfléchi parce que si on l’avait fait, on serait sagement retournée chez soi pour changer les batteries de son vibrateur.

Alors avec  la jupe à la taille et le soutien-gorge dans le cou, je me trouvais pas mal compromise et je considérais que j’avais sauté depuis un bon moment déjà, l’étape où j’aurais dû jaser herpès.  J’avais beau tenter d’évaluer tous les angles  possibles pour aborder la question, aucun ne me paraissait adéquat. 

Bien que le « bon moment » se soit largement fait distancé par ma libido,  ma conscience elle,  bien qu’amochée, continuait à mener le combat.  Elle était d’ailleurs sur le point de gagner lorsque Pkoipas41, sans doute soutenu par ma concupiscence, a eu la brillante idée d’ouvrir une autre bouteille.  

Vous direz ce que vous voudrez mais il l’a cherché c’te con non?!  C’t’idée d’ouvrir une troisième bouteille alors qu’une fille, déjà noyée dans la luxure, doit vous annoncer qu’elle a l’herpès.  Pfff!!  C’était signé l’arrêt de mort de ma conscience dret là.  La pauvre.  Comment la blâmer? Elle ne s’est jamais levée au compte de 10 et a perdu par knock out.

Je ne me sentais pas au top de ma forme le lendemain.  Ma conscience non plus d’ailleurs.  Je venais de bafouer un de mes beaux principes.  Entre un café bien corsé et quelques aspirines, je me suis bien jurée de ne plus recommencer.  Mais ma libido elle, bien qu’au tapis pour un moment, allait se relever tôt ou tard et je savais qu’il me faudrait la mater……… ou l’éloigner du vin!  Sinon…..  Ouch!  NOus allions en remettre c’est certain. 

Mais c’était sans compter les drôles de desseins que la vie nous réserve parfois pour régler ces petites questions du quotidien.  Mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterai bien un jour.