C’était dans ma vie pré-herpétique, dans le temps où il m’était facile de sauter à pieds joints dans l’aventure d’un soir.  On était parti pour une belle fin de semaine en canot-camping aux States et afin d’alléger  les bagages pour le portage, j’allais partager ma tente avec le seul autre célibataire du groupe.  Appellons-le Garçon.  Cute, mon âge, pas mon style mais bien gentil et surtout disponible.

Alors après une belle journée au soleil à ramer, un souper au coleman et un feu à la belle étoile, nous rejoignons nos thermarests et brassons allègrement le duvet de nos sacs-à-couchage.  L’alcool aidant, nous tombons dans les bras de Morphée aussitôt le plaisir consommé.

Mais même sans l’herpès, les choses ne sont pas toujours simples.  Au petit matin, voulant effacer les traces de notre pêché, je demande à Garçon de me donner le condom.  Euhhhh, il ne sait pas trop où il l’a mis.  Il ne peut pas être bien loin que je me dis alors on fouille activement notre abri de toile.  Plus les recherches avancent et plus je sens la panique monter en moi.  Après avoir tout viré sens dessus-dessous, je dois me rendre à l’évidence: Notre assurance-tous-risques s’est poussée au plus profond de mon moi-même.  J’ai donc dirigé les recherches vers un autre endroit encore plus exigu que la tente lightweigh mais j’ai eu beau fouiller comme j’ai pu, je n’ai rien trouvé.

On est en plein milieu d’un lac, à deux jours de notre retour et je dois avouer que Garçon ne m’apparait plus aussi sympatique soudainement.  C’est probablement psycho-somatique mais je me sens un peu comme Ripley dans Alien.

En amour comme en plein air: Take only memories, leave nothing behind.  Non mais… ça prend combien de temps à se décomposer du latex?!  

Je me retrouve donc à la clinique, seule sur la table, le spéculum bien en place, à attendre Doc qui est allé chercher une paire de longnose à la quicaillerie.  C’est qu’il était bien caché notre ami Trojan.  Une chance que Doc avait la spéléologie comme passion.