Misèèèère!!  Il y a de ces jours où on voudrait se glisser entre les touches de son clavier et n’en ressortir que lorsque son lap top sera doté d’un gros bon sens.   Je n’arrive pas à croire que je vais vous raconter ça.  Il faut que je sois rendue bien bas dans le trou de la honte pour vous confier une histoire pareille.  Comme si le destin avait décidé de me faire mentir après que  j’aie osé dire que je n’arriverais jamais à vous raconter une histoire croustillante.  Il me l’aura bien fait ravaler ma pudeur.

Bon allez.  Je vous raconte.  Tant qu’à s’humilier…… 

C’était une petite soirée solitaire et l’oisiveté aidant, mes pensées se sont mises à surfer sur la vague de la lubricité.  Armée de mon lap top et de mon internet sans fil, je suis allée fureter sur des sites non recommandables aux moins de 18 ans.  Hou là là !  C’est fou ce qu’on peut trouver sur le web en terme de stimulant solitaire ! 

J’explorais la forme 3 X de YouTube lorsqu’en plein milieu d’une vidéo, BANG !, ma batterie de lap top lâche !  Le fil est en bas et mon envie de sortir du lit pour aller le chercher encore plus basse.  Je décide donc d’arrêter là mon exploration grivoise et je ferme le lap top illico sans autre forme de shut down !   

Le lendemain matin, jasant avec les collègues alors que j’installe mon attirail en vue de la réunion, j’allume la bête que j’avais pris soin de recharger pendant le petit-déj.  Je m’éloigne ensuite.  À peine.   Quelques pieds sans plus, juste pour aller brancher le fil d’alimentation de mon petit DELL d’amour.  Quatre pas, peut-être même juste trois.  Si peu.  Mais juste assez du moins pour permettre à tous d’entendre mon cher lap top s’écrier sans aucun préavis: 

–         OH YEAH BABY!  YEAH !  RIGHT THERE.  KEEP GOING! KEEP GOING!  HARDER! HARDER!

Non.

Non ! 

NOOOOOONNNNNN!! 

Comment, dites-moi, un ordinateur qui n’est même plus branché sur internet peut-il continuer à diffuser une vidéo qui elle, n’a jamais quitté la toile ?  Comment dites- moi ?

Et dites-moi donc par la même occasion, ce qu’on doit, ou SI on doit répondre à son collègue aux bas blancs qui s’exclame devant tous vos autres distingués partenaires de vie professionnelle: « Ouais !  Ça a l’air d’être le party dans c’te lap top là » ! 

Monsieur le Destin m’a peut-être exempt de ses plus cruels desseins en ne diffusant que la bande sonore de sa joke plate mais reste que maintenant, en plus d’une honte innommable, je souffre également de Logizomechanophobie .  Plus particulièrement celle de mon propre lap top.  Que je n’arrive depuis plus à ouvrir sans entendre crouncher dans mon ventre tordu, les chips tranchantes de la Honte !