Tout ça c’est de la faute à Marilou.  Elle se plaignait de l’absence désolante de détails croustillants dans nos histoires à Amétys et moi.  C’est vrai que la dernière histoire d’Amétys nous a tous un peu laissés sur notre faim mais de là à m’inclure, c’était assez pour gifler ma fierté.    

On a beau être prude, on sait très bien que le sexe, ça vend.  Et comme on est marketingting chez MPB,  j’avais décidé de sacrifier notre légendaire pudeur pour la cause. 

Mais calmez-vous immédiatement.  J’ai bien essayé mais je ne crois pas être en mesure de vous écrire une histoire salace.  Le cul j’aime le faire, j’aime en parler, mais quand vient le temps de l’écrire,  la verve me ramollit. 

En fait, ce qui m’a réellement inspirée ce n’est pas le cul mais la question soulevée par Marilou :

Est-ce que nos beaux mâles moldus (sans herpès) nous font l’amour avec autant de passion que si nous n’avions pas de coloc?  Est-ce une barrière à l’abandon?

Je ne m’étais jamais posée la question.  Mais quelle question !  J’ai eu envie de me la poser et d’y répondre.

Je ne peux pas parler pour les autres et surtout pas pour ceux qui me font ou m’ont fait l’amour.  Pourtant, si je me fie aux hommes que j’ai connus post H, je peux affirmer que l’herpès n’a jamais été un frein à leur abandon.  Au mien peut-être à quelques reprises, mais jamais au leur.

Même que, vous allez peut-être trouver ça étrange mais, j’ai souvent eu l’impression que la présence de l’herpès, loin de réduire leur ardeur, semblait plutôt la décupler.  

Attendez, laissez-moi m’expliquer.  Je n’ai pas fréquenté de psycho-weardo qui fantasmait sur des lésions d’herpès. Rassurez-vous. 

En fait, c’est leur ardeur machiste que mon coloc a semblé éveiller chez mes partenaires.  Comme si le fait d’avoir eu à m’ouvrir aussi intimement à eux, d’avoir dévoilé une fragilité que de prime abord ne laissait pas soupçonner ma personnalité, les avait séduits et confirmés dans le rôle de mâles protecteurs que tout homme aime à prendre (et qu’on a tendance à castrer parfois, jeeee l’avoue !!).  Cette vulnérabilité insoupçonnée a semblé conforter leur vitalité masculine et c’est moi la chanceuse qui en ai fait les frais.

Entre la tendresse qu’ils ont mis à me rassurer par leurs caresses et le contrôle que je leur ai abandonné au lit, question de leur offrir le loisir de m’indiquer les limites que mon coloc leur imposait, je me suis trouvée très choyée et croyez-moi, des limites, je n’en ai vue aucune.  Du moins, aucune dictée par mon coloc.

Je ne sais pas si ça y joue pour beaucoup et j’aurais tendance à croire que oui mais, lorsque j’ai reçu mon diagnostique d’herpès, je me suis promis une chose :  Jamais je ne ferais de compromis quel qu’il soit sur ma vie sexuelle et affective à cause de l’herpès.  Et jamais je ne permettrais à quiconque, en commençant par moi-même, de me traiter comme un bouton.

Alors est-ce que les hommes m’ont fait l’amour avec autant de passion qu’ils en auraient mis si je n’avais pas eu l’herpès ?  Je tends à dire que oui.

Et malheureusement, je n’ai aucune histoire croustillante à vous donner en exemple.  Désolée Marilou.  Je croyais pouvoir y parvenir mais apparemment je vais devoir me rendre à l’évidence :  J’ai le verbe prude.