Vous nous gâtez.  On reçoit de beaux témoignages.  On aura beau dire qu’on ne souhaite de malheur à personne, c’est toujours rassurant de savoir que l’on n’est pas seul dans sa petite misère.   

Outre de nous offrir le plaisir égoïste de nous déjanter, une des raisons qui motive justement l’écriture de ce blog est de faire réaliser aux gens qui souffrent du dommage collatéral le plus difficile de l’herpès – l’isolement – qu’ils sont loin d’être seuls avec leur petit bobo.  Et si en plus on peut les faire sourire un peu, ben…..hé…. on aura l’égo flatté du même coup!! 

Alors je disais donc qu’on reçoit de beaux témoignages et on avait envie de partager l’un d’eux.  Pour une question de confidentialité, quelques détails ont été modifiés mais l’essence elle, demeure.  Et ça sent bon croyez-moi.  On le sait parce qu’on a eu la chance d’assister aux premières loges à l’éclosion de la belle histoire entre une fleur et son jardinier.

Appelons là Marguerite (tant qu’à être concept).  Récemment divorcée, Marguerite avait envie de croire à l’amour et un nouveau capitaine qui voguait amoureusement jusqu’à elle à toutes les semaines, avait réussi à lui laisser entrevoir que c’était possible.  Mais le bougre, cet animal sans gouvernail, avait non seulement à l’autre bout de sa mer de bitume une autre fleur amarrée à son port,  mais également,  dans sa cale, un coloc qu’il s’est empressé de refiler à notre amie.

La suite a déferlé sur notre fleur comme un tsunami sur une côte thaïlandaise.  Honte, trahison, dépression, médicament, congé maladie.  Notre fleur s’étiolait à vitesse grand H.  Accrochée à son clavier comme à une bouée, Marguerite a trouvé in-extremis, un groupe d’entraide rassemblant des gens qui, comme elle, partageaient le squatter de la culotte.  C’est à ce contact apaisant et vivifiant que Marguerite a secoué ses pétales et acquis la conviction que l’herpès ne lui ferait pas mettre en berne son rêve de revivre l’amour.

Armée de sa conviction qu’on l’aimerait en dépit de son coloc, Marguerite a complété une fiche sur un site de rencontre en prenant bien soin de spécifier tous les termes du contrat.  Sans photo et un coloc en prime, les visites n’affluent pas sur sa fiche.  Un message de sympathie pour la féliciter de son courage arrive parfois mais le prince charmant lui, se fait toujours attendre.  Qu’à celà ne tienne.  On attendra.

Puis un jour, comme la pluie après la canicule, comme Shrek découvre sa Fiona, Roméo qui sort d’une relation où le mensonge a régné en maître, décide d’aller chercher les trésors qui se cachent derrière toutes ces fiches sans photo.  Celle de Marguerite l’attire au premier coup d’oeil.  Bien sûr Roméo remarque l’intelligence, l’humour et la joie de vivre de Marguerite, mais ce qui le séduit contre toute attente, c’est le fait que notre petite fleur s’affiche comme porteuse du virus de l’herpès.

Loin d’être débouté par l’annonce du coloc, Roméo y jette plutôt un regard différent. Cette femme doit être empreinte d’ honnêteté pour prendre le risque d’être rejetée si facilement. Lorsque comme lui on a vécu le mensonge, la promesse d’une relation franche et ouverte balaie la présence dérisoire de l’herpès. 

La suite relève du quotidien de n’importe quel célibataire.  Échanges, rencontres, papillons, le destin trace lentement et assurément son chemin.   Les amoureux se découvrent des affinités et des rêves qui s’emmêlent comme  les morceaux d’un casse-tête.  Devant la promesse de cet amour qui tranquillement prend forme, Marguerite soulève la présence du coloc

– As-tu l’herpès?, demande-t-elle à son prétendant. 

– Pas encore, lui répond un Roméo déterminé et heureux, mais ça ne saurait tarder

Et c’est sur ces échanges de voeux des plus inusités que se sont scellées les bases d’une union qui dure et s’épanouie depuis ce jour.  (soupiiiiir!  C’est qu’on a le coeur romantique sur MPB!!)

Je ne sais plus où on en est rendu dans le compte mais ce qui importe c’est qu’encore une fois:  MÉCHANT HERPAIZE CET INFÂME :  0!!

Écrivez-nous encore!!