Je m’apprête à rédiger une liste en bon et dû forme des cadeaux que j’aimerais vraiment recevoir.  De fait, si on pense à m’offrir quelque chose, que ce soit pour mon anniversaire, ou Noël, ou Pâques, ou la Ste-Catherine ou le Festival de la Gibelotte de Coaticook, même si on veut m’offrir quelque chose juste de même, parce qu’on pense à moi, parce que c’est mon tour de recevoir au grand dépouillement de la vie, il faudra s’y référer.  Un point c’est tout.  Aucune entorse à la règle ne sera désormais tolérée.

Ce n’est pas sur ma liste?  Alors ce n’est pas pour moi!  Je n’en veux pas.  Je passe mon tour, dus ai-je me priver de cadeaux pour l’éternité.  Parce que y’en a marre des cadeaux pourris.

Mais qu’est-ce qu’elle raconte êtes-vous entrain de vous interroger.

Tout ça a débuté un vendredi d’apéro chez Bobette, devant une sangria âprement méritée, alors que les enfants avaient pris le chemin de leur papa respectif.  Dieu merci pour la suite des choses.  On passait en revue nos sujets préférés lorsque:

Bobette :          J’ai le fond de la tête tellement sec que ça me pique à mort.

Nitouchka:       T’es certaine que t’as pas des poux?

Bobette :          Non ma chère.  J’y ai bien pensé mais j’ai vérifié et aucune bibitte à pattes en vue.  Mais on est de même chez nous.  On a le cuir chevelu sensible.

En me couchant le soir, je réalise que moi aussi j’ai le scalp qui se rappelle à moi.  Ça pique.    Et pas à peu près!  Je voudrais bien blâmer le temps sec mais ces temps ci, le temps n’a de cesse de nous morver son humidité dessus.   J’ai beau dénier, ça pique comme ça devrait pas.

Le lendemain matin, appel affolé de Bobette :

Bobette :          J’ai des poux!  Les enfants aussi!  VIARGE!!

Ah FUCK!  Vérification faite me voilà aussi avec un nouveau petit coloc!!  TABARNACK!!!

Non mais!!!!  Dans le genre cadeau indésirable et petites bibittes envahissantes, on s’entend tu qu’on a assez donné comme ça!  Quand ce n’est pas un amoureux transi qui nous refile un forever-in-the-culotte-coloc, ce sont les enfants qui nous ramènent tout sourire du camp de jour, un bouquet de pissenlits à la main, de la visite dans le fond de la tête!

Par chance, ce coloc là fait plus office de visite indésirable.  On peut toujours le foutre à la porte même si parfois ça peut s’avérer ardu.

C’est ce qu’on a fait d’ailleurs.  Inutile de chercher quel pou a sauté sur qui en premier, Bobette et moi avons plutôt décidé d’unir nos forces pour éradiquer le parasite encombrant!  On a tout nettoyé.  Incluant les lits où l’on s’était toutes les trois vautrées un samedi pluvieux alors qu’on avait fait le tour de chacune de nos garde-robe dans un élan de What-not-to-wear.

Et là on a réalisé que c’était peut-être par là que l’ennemi s’était infiltré.   Et on a aussi réalisé qu’Amétys pouvait aussi avoir été contaminée.  Et qu’Amétys était présentement à Cuba à boire des Mojitos, à distribuer nos cartes d’affaire et peut-être même maintenant, des poux québécois à quelque cubain transi de désir.  Hiiii!  Devrait-on appeler l’ambassade cubaine? Le service à la clientèle d’Air Canada?  Quand même, on a notre orgueil!  On a préféré laisser le beau-frère de Fidel s’arranger avec son département de santé publique et Air Canada avec son département des plaintes et on s’est occupé de ce que nous, nous avions de plus précieux.  Notre amie.

Il fallait voir la tête de tous ces gens à l’aéroport, les mains remplies de ballons et de fleurs alors qu’on attendait tout sourire notre amie Amétys, armées de gants de latex, de Nix et de peignes fins!