La situation de Bobette est celle que nous souhaitons tous un peu secrètement.  C’est tellement plus facile d’être accompagné par quelqu’un qui vit la même chose que nous.  Pourtant, il y a un danger à se limiter à ce seul et unique modèle. 

Je sortais d’une relation qui, après un départ un peu chaotique à cause de mon coloc, s’était merveilleusement bien poursuivie en matière d’herpès.  La question avait été vidée dès le départ et la suite s’était déroulée à l’image de n’importe quelle histoire du genre :  des hauts, des bas et …..une fin ! 

Au sortir de la montagne russe, autour d’un martini avec les copines, j’avais décrit l’homme idéal.  Exit les cérébraux pragmatiques.  J’avais besoin d’un artiste.  Et un artiste avec l’herpès en plus.  Rien de moins.  Je n’avais plus envie de retraverser l’angoisse des débuts.  La commande était passée.

Je m’étais donc mise à la recherche de mes semblables sur les sites de rencontres question de voir s’il est vrai que tout se magasine sur internet.  Quelques clics et une fiche plus tard, euréka, je rencontrais la perle rare. 

Artiste à la situation envieuse, cohabiant avec un coloc dans sa culotte ! 

Man it’s for me !!  

Je n’ai fait ni un ni deux et j’ai pris le téléphone……..pour appeler les copines.  Ça y était, je venais de rencontrer l’homme de ma vie ai-je dit, en riant bien sur mais au fond, en voulant y croire très fort.  C’était si simple. Il suffisait de passer la commande et l’univers vous la livrait sur un plateau d’argent. 

Il est tentant dans ces situations de se laisser convaincre qu’on est au bon endroit juste pour ne pas avoir à enfiler son courage et aller voir au delà de l’illusion si c’est vraiment soi qui s’y trouve ou si on a donné sa main à la peur pour qu’elle nous guide.

J’ai bien tenté de me convaincre pendant quelques semaines, peut-être même quelques mois, que cette relation pourrait me convenir, comme on tente d’emboiter des morceaux de deux casse-têtes disparates.

La tentation est grande de s’offrir à petit prix, parce qu’on traine un petit plus qui nous dévalue à nos propres yeux.  Parce qu’on peine à se sortir de sa zone de confort, qu’on rebute à se mettre en danger et s’offrir dans son entièreté. 

Pourtant lorsqu’on se décide à le faire, le gain est immense.  

En rétrospective, mes plus belles relations, celles qui m’ont le plus fait grandir, celles de qui j’ai le plus appris, mêmes si je n’ai pu les conclure par un « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », sont celles où j’ai eu à me dévoiler en avançant sur le fil de l’honnêteté  et en m’offrant dans ce que j’avais de plus vrai.  Moi.

Ce sont celles où chaque fois, (mais que faisait-il encore là le p’tit cousin fatiguant ?), mon coloc m’accompagnait.