On a beau se dire qu’on assume, on a beau se convaincre que notre petit ami nous protège de la connerie, on a beau se promettre de ne pas le laisser décider à notre place, il a l’ascendant despotique le p’tit criss.

J’m’explique. 

Dernièrement j’ai fait la connaissance d’un représentant de la gent masculine.  Pas le grand amour, plutôt une amitié intéressée.  Genre. 

Vendredi dernier, après le boulot on se rencontre pour une activité.  Tout à fait charmant et plaisant.  Assez pour qu’on ait envie de continuer.  Chez moi, suggère-t-il, je t’invite à souper.  Why not. 

Les pâtes et la salade ont accompagné la bouteille de vin alors que le cidre, la liqueur de ci, la liqueur de ça de même que l’absinthe, y ont succédé.  

Je suis convaincue que vous pouvez aisément visualiser l’état dans lequel nous nous trouvions.   Je vous le mets dans le mille:   disposés. 

Tu veux que je te fasse un massage, qu’il me propose.  Le classique.  L’efficace prémisse.  

Je me suis laissée faire bien entendu.  J’ai la volonté et le bon sens qui se liquéfie devant un massage.   Un minou devant une touffe d’herbe à chat.

La suite normale des choses vous l’imaginez.  Moi aussi.  

Mais……..on n’a fait que ça, vous comme moi, l’imaginer.  Parce que rien ne s’est produit.  NIET!  J’ai complètement fermé la porte à la suite logique et souhaitée ! 

À cause de quoi ?  À cause du coloc bien entendu.   Le despote!

Demandez-moi si ça me tentait de l’embrasser jusqu’à plus soif (tout à fait), de le caresser à mains que veux-tu (Brrrnaarrr!) et surtout, de sentir son désir me harponner le ventre (huuumm ouiii!) pour, au moment propice, soit couper sec aux ébats comme une agace sans scrupule ou alors, lui prêcher la bonne nouvelle (SCHLACK!!).

Pas pantoute que ça me tentait.   Surtout pas à deux heures du matin.  Surtout pas avec le jugement intoxiqué.  Surtout pas à froid sans préparation mentale.  La présentation du coloc est une discipline qui demande un minimum d’entrainement. 

J’ai donc remballé les hormones et le désir qui se noyaient au fond de ma dentelle et j’ai joué la carte de l’amitié t-o-t-a-l-e-m-e-n-t désintéressée. 

Il fallait les entendre  me défiler un collier de bêtises alors que la petite bête, ce tyran, se prélassait en ricanant au fond du spa de ma culotte!

Exit le sexe facile avec mon petit ami.  Il faut réfléchir chaque baise.  En calculer les coûts émotifs.  Évaluer si l’enjeu vaut qu’on y risque son amour-propre.  C’est mettre à nu bien plus que son corps et ça, ça exige une confiance qui ne se construit pas en deux blind date. 

Alors la suite ?  J’ai envie de voir s’il y en aura une et  qu’elle tangente elle prendra.   Je vous raconterai si ça se trouve!

Bien qu’il fasse suer,  il me faut admettre que le coloc oblige à une lenteur et une patience inhabituelles à notre culture de consommer-jeter.  

C’est pas sans déplaire.

C’est pas sans faire chier.

L’herpès et moi, c’est une relation amour-haine.