Le texte suivant m’est inspiré par un commentaire de l’un de nos lecteurs.

«Je suis convaincu maintenant que le fait de prendre le temps d’annoncer que je suis porteur est bénéfique pour mon estime personnelle.»

Je me suis souvent demandé pourquoi j’annonçais toujours le coloc à quiconque m’offrait un préliminaire à une baise (même un one-night). La réponse est pourtant si simple: j’aurais été incapable de porter le poids de l’avoir transmis et encore moins sans avoir mis l’autre au courant. Cet aveu n’étant en fait que pour mon bénéfice personnel, un genre de protection anti-culpabilité.

Notre lecteur écrivait aussi qu’il était passé de victime à écœurant… Comme il l’explique sur un commentaire qu’il a fait sur ce billet, il avait commencé à douter du fait qu’il avait vraiment l’herpès.  Un déni qui fut malheureusement fatal pour une nouvelle abonné au coloc qui, évidemment, accepta très mal cette nouvelle…

J’ai aussi connu un homme qui l’a transmis alors que l’autre personne (qui était au courant) en était à sa toute première relation sexuelle. Il s’est senti si responsable qu’il est resté en couple par culpabilité. Évidemment, la relation basée sur ce sentiment n’a pas pu durer.

Quant à moi, celui qui me l’a transmis est un parfait irresponsable qui a continué sa vie comme si de rien n’était, parsemant son petit virus à qui mieux mieux sans se sentir responsable et encore pire, en rejetant la faute sur l’autre… Il m’avait tout simplement accusé de l’avoir trompé.

Mais qu’en est-il des gens honnêtes qui le transmettent malgré eux? Comment se sentent-ils? Pour ma part je crois que ce aurait été un poids probablement plus difficile à supporter que de l’avoir attrapé.

Notre lecteur, en parlant de la jeune fille qui lui a transmis ajoute ceci:

«… la fille qui me l’a donné au CEGEP… J’étais fou de rage après elle, elle a eu peur ou honte je crois. Elle a changé de gang et on n’a pas eu de nouvelle d’elle. Et bien, aujourd’hui, si je la croise par hasard, je pense que je vais lui faire un gros câlin. Maudit que j’ai dû la blesser. Aujourd’hui, c’est moi qui comprends la tristesse qu’elle a eue.»

Comme quoi, tout est relatif… Et vous? Vous en pensez quoi?