L’herpès, c’est un peu comme le petit cousin fatiguant qui reste pas trop loin.  En général, on s’en fout car il n’est pas là mais la peur de le rencontrer par mégarde reste présente.  On évite donc certaines activités, certains endroits, et on reste sur ses gardes.

Quand il arrive, on n’a pas le choix, faut faire avec.  On traverse l’épisode comme on peut et de savoir qu’il devra bien retourner à la maison pour souper est une mince consolation.  Mince car le p’tit maudit, il finit toujours par revenir et souvent au mauvais moment.

C’est comme s’il avait un sixième sens pour ça; tu pars en vacances, il veut y aller aussi; une fin de semaine en amoureux, il réserve au même hotel; une semaine difficile au travail, il vient te narguer, histoire d’en rajouter.

De plus, comme il est le mouton noir foncé de la famille, on a honte de lui.  On n’en parle pas et on ne veut surtout pas le présenter à ses amis, de peur d’être jugé par affiliation.

Mais la bonne nouvelle c’est qu’en général, en vieillisant, il devient de moins en moins accaparant.  Ses visites s’espacent et s’écourtent et quand il est là, on s’en fait un peu moins.  J’imagine qu’on s’habitue aux embêtements qu’il nous cause. Il le faut bien car on a beau se battre, se cacher, se pousser à l’étranger, la famille est là pour rester.  Pour toujours!