Archive de Catégorie pour ‘Uncategorized’.
J’avais quasiment oublié cette annonce lorsque tout dernièrement, branchée à mon réseau, les yeux rivés sur ma virtualité, elle m’est revenue comme une claque sur la gueule en même temps qu’un sentiment de rage qui m’habite chaque fois que je la vois.
Je voulais la mettre en lien, ne l’ai pas retrouvé sur le net mais en résumé, on y voit une jolie dame avec un gros feu sauvage allant à la rencontre de la gent masculine. Elle pose un timbre Polysporin sur son petit bobo, y applique du rouge à lèvres et le fait disparaitre en un rapide trait, rejoignant tout sourire son Adonis.
Au passage des images un flot de mots dont voici quelques extraits :
- Les feux sauvages vous empêchent d’aller de l’avant?
- …camouffle instantanément et guérit efficacement…
- …grâce à sa technologie hydrocolloïde crée une barrière protectrice et accélère la guérison, données cliniques à l’appui!
En fait on nous laisse entendre que le timbre-machin guérit le feu sauvage et le camoufle illico, redonnant du coup la confiance nécessaire à une bonne drague!
Et pendant que vous me lisez, c’est ici que je vous demande de prendre deux minutes sept secondes de votre temps et pour visionner cette très courte et plus qu’intéressante capsule de l’émission La Facture à radio Canada qui analyse justement cette publicité.
C’est fait? Alors j’imagine que - surtout si vous avez attrapé l’herpès génital suite à une relation orale - ça vous irrite là, un p’tit peu.
J’aurais bien aimé qu’il mentionne également que non seulement on ne guérit pas l’herpès buccal mais qu’il se transmet aux parties génitales. Ouais! J’y ferais une suite moi à cette publicité avec l’Adonis qui se présente à la clinique Actuelle avec des bobos plein la verge!
Franchement, je trouve ça pitoyable de la part de la CRTC (par qui tout message publicitaire radio ou télé doit être approuvé) de laisser passer de telles débilités. Non seulement la compagnie Johnson & Johnson joue avec la vulnérabilité des gens, elle leur ment à plein nez ; le timbre en question ne contient aucun médicament. C’est un simple diachylon!
Encore un coup de lobbying pharmaceutique? Je ne me prononcerai pas là-dessus mais ça me fâche tellement de voir que non seulement on est mal informé au sujet de l’herpès, on est faussement induit en erreur.
Tellement de gens passent ici après avoir été infectés par un porteur de feux sauvages… Et bien, timbre ou pas, on n’est pas à la veille de manquer de membres!
On vous a déjà parlé de notre ami Guy Leduc et de son site de rencontre pour les adeptes du coloc et autres petites infections importunes. Les affaires vont bien et on parle encore de lui dans les médias.
Nous sommes toujours heureuses lorsque les médias parlent de l’herpès parce qu’en parler c’est aider à démystifier. Toutefois, lorsque je lis des témoignages comme celui de Josée, je ne peux m’empêcher d’être attristée et même choquée. C’est cette perception de l’herpès qui ostracise les gens et démonise notre petit virus.
Comment faire accepter l’herpès lorsqu’on se voit soi-même comme un lépreux et un danger pour la société. Je ne dis pas qu’il faille se foutre de l’herpès et s’amuser à le répandre à qui mieux mieux mais de là à se limiter à fréquenter les gens qui sont également porteurs c’est pour moi innacceptable. L’herpès n’est rien d’autre qu’un feu sauvage qu’on traine dans sa culotte et le jour où nous le verrons comme tel, la société commencera à le percevoir ainsi aussi.
Trois étudiantes en sexologie de l’UQAM nous ont écrit afin de nous demander de l’aide. Dans le cadre de leur cours d’initiation aux techniques d’entrevue sexologique, elles cherchent à interviewer trois femmes célibataires aux prises avec l’herpès génital depuis plus d’un an.
L’objectif global de l’entrevue est de connaître comment les femmes célibataires souffrant d’herpès génital vivent leur sexualité et quelles stratégies elles utilisent pour rencontrer de nouveaux partenaires. Les thèmes qu’elles désirent aborder dans l’entrevue sont:
(1) Historique et anamnèse (quel grand mot!!!), (2) Réaction à l’annonce du diagnostic, (3) Évolution personnelle de sa sexualité, (4) Comportements sexuels et fréquentations, (5) Dévoilement ou non, (6) Planification familiale et futur relationnel.
Cette demande nous a été faite via courriel et comme les filles de MPB sont déjà casées, on vous refile l’invitation si jamais vous êtes tentés de faire avancer la science sexologique de l’herpès et que vous correspondez au profil recherché.
Nous ne connaissons pas personnellement ces trois demoiselles mais si vous voulez en savoir plus sur leur projet, écrivez-nous (monpetitbobo@live.ca) et on vous refilera leur adresse courriel.
L’autre jour, Meilleur Ami, celui de l’Amoureux, me lance tout bonnement, entre une Heineken et un Daiquiri aux fraises:
- Nitouchka je voulais te féliciter!
- Ah bon!? (J’ai gagné quoi?)
- Je voulais te féliciter pour ton site. Mon Petit Bobo.
- Hey ben……(Malaise! On a beau dire, j’ai encore une grosse certaine gêne à parler de ma « condition »!)… merci.
- C’est vraiment super ce que vous faites. J’ai vu qu’il y avait beaucoup de monde qui vous écrivaient et que vous semblez aider.
- (Avec un détachement tout ce qu’il y a de plus simulé. Dans le genre, moi l’herpès, pfff……!) En effet. On est bien heureuses. Tu en as parlé à Philomène? ( Cette Philomène)
- Oui je lui en ai parlé et je lui ai refilé le lien.
- C’est bien! (Ok on peut tu passer à autre chose? Un autre daiquiri genre?
*****************************************
En débutant ce blog nous voulions présenter une facette moins dramatique de l’herpès, plus humaine. Je crois bien que nous y sommes arrivées.
Et comme avec tous les succès, on a eu envie de le partager. Mais du coup, avec tous ces amis, ces proches et ces amoureux qui peuvent mettre un visage aux avatars de ce blog, une petite gêne s’est installée et avec elle, une certaine forme de censure.
Jusqu’où peut-on raconter des anecdotes de notre intimité sans être déplacées, sans froisser, sans impliquer des gens que d’autres pourraient reconnaitre.
*********************************************
Plus tard. Seule avec l’Amoureux.
- J’étais un peu mal à l’aise tout à l’heure avec l’Ami.
- Ah oui pourquoi?
- Ça me rend mal à l’aise d’une part de parler d’herpès avec lui, et d’autre part, de savoir qu’il peut lire toutes ces histoires sur ma vie privée. C’était sensé être un truc anonyme et là j’ai l’impression que je vais devoir faire attention à ce que j’écris.
- Je comprends. D’ailleurs il s’est reconnu dans l’histoire du wetsuit.
- NONNNN!
- Oui.
- Merde!!!
- Mais il a aimé la conclusion, lorsque tu dis que tu ne lui en veux pas et que tu aurais pu faire la même chose.
- Quand même…. Fiou! Tu crois que je devrais enlever le paragraphe où je dis que dans le fond, il n’a jamais vraiment été amoureux de Philomène? Parce que si elle aussi se reconnait il est mal barré.
- Mouais…………
*****************************************
Après que mon petit hamster ait brûlé les bering de sa roue et ait frôlé la crise cardiaque j’ai fini par conclure. Et puis merde! C’est mon blog après tout.
Alors sachez que les noms ont tous été changés mais que toute ressemble avec des personnes connues pourrait ne pas être fortuite. Et j’y peux rien. Gnan!
La vie est bonne, la vie est belle, la vie est mouvante. Heureusement.
L’année dernière, à pareille date, Amétys, Bobette et moi, toutes célibataires que nous étions, avions échouées dans une petite ville reculée, bien décidées à y faire la fête! Un événement y était prévu et la faune humaine s’annonçait propice aux rencontres et aux plaisirs.
Nous nous sommes donc retrouvées dans une chambre d’hôtel de l’endroit, enthousiastes à l’idée de faire la fête. Nous avions prévu l’attirail de circonstance et c’est en se pomponnant pour la soirée qu’on s’est aperçues que nos garde-robes respectives nous avaient recraché le même uniforme: des jeans et un chandail noir.
Lorsque c’est tout ce que ta garde-robe peut t’offrir pour en jeter plein la vue dans un bar, il est temps de sauter dans la case des has been! On aurait dû se douter que ce “hasard” donnerait le ton à la soirée mais il n’était pas question de gâcher notre plaisir.
On file donc en ville pour rejoindre la fête!
Autre signe du destin; J’avais fait erreur sur la date de l’événement et l’endroit avait plus les allures de Val Jalbert que de la rue Crescent un soir de Grand Prix! La faune se résumait à quelques spécimens locaux qui devaient avoir la moitié de notre âge….. et le double de nos soutien-gorges!
Un peu dépitées (beaucoup pour moi, organisatrice de la soirée) nous nous sommes installées près du plancher de danse, décidées à s’éclater coûte que coûte! On a enfilé martinis par dessus shooters pour colorer nos humeurs un peu moroses, déterminées à débusquer le plaisir au fond de nos verres.
Mais de toute évidence, le plaisir, lorsqu’il ne vient pas, ne peut être forcé. Encore moins bu. Parce qu’alors il devient pathétique.
Trois matantes en jeans bleus et t-shirt noirs à l’estime et la démarche flageolantes, ça cassent pas la baraque devant des nymphettes sautillant en mini-jupe et talons vertigineux! Même les yeux des vieux croulants passaient par-dessus le trio Levis! Pathétique!
J’ai bien tenté quelques pas sur la piste en compagnie de Bobette mais devant le regard consterné d’Amétys, on a compris qu’aucun effort, qu’il vienne de nous ou de la barmaid, n’y ferait!
L’alcool dans sa chute entrainait les miettes d’estime et de charme qui pouvaient nous rester.
On a tenté de se reconstruire dans un petit pub non loin mais la faune y était tout aussi désertique. Et le mal était fait. Les martinis ne pouvaient plus rien pour nous sinon nous infliger un coma éthylique.
Nous sommes donc rentrées à l’hôtel chancelantes et dépitées. C’est là qu’on s’est tapé une mémorable scéance de photos qui, en plus de réchapper la soirée, a donné naissance aux désormais célèbres Herpes Angels …. et à un pénible mal de tête!
Ça c’était l’année dernière, à pareille date, alors qu’on croyait bien que le bonheur c’était pour les autres! Ceux qui n’avaient pas l’herpès. Aux trémoussantes midinettes de 20 ans.
Pourtant.
Pourtant cette année Bobette et Monsieur PresqueParfait on passé le weekend collé-collé, Amétys a consacré son temps (et surtout son immense talent) à la danse et moi, j’ai célébré l’anniversaire de mon Amoureux.
L’année dernière, à pareille date, on n’y aurait jamais cru.
L’amoureux fait des feux sauvages. On a beau savoir qu’il s’agit également d’herpès, on ne peut nier que c’est une tare beaucoup plus facile à porter que celle qui se loge dans nos culottes.
Mais quand même, d’l'herpès c’est d’l'herpès.
L’Amoureux et moi dinions au resto avec des amis. Toute la soirée durant, j’avais cette petite irritation sur la lèvre qui m’agaçait.
De retour à la maison, je lui fais remarquer cette enflure qui grossit sur ma lèvre supérieure.
On dirait bien un feu sauvage, me fait-il remarquer innocemment.
J’éclate alors de rire. Devant son air surpris je lui explique.
C’est bien pour dire. En final ce ne sera pas moi qui t’aurai refilé l’herpès. Ce sera toi qui m’aura fait cadeau d’un deuxième petit coloc!
Cette histoire aurait été bien croustillante si elle s’était avérée mais finalement, l’herpès présumé s’est révélé être une réaction allergique à une quelconque épice indienne.
N’empêche, ce n’est pas sans me rappeler que la menace n’arrive pas toujours d’où l’on croit.
Et que l’herpès prend plusieurs visages. On a juste hérité du plus laid.
Vous connaissez l’adage : Les gens heureux n’ont pas d’histoire. Ou peu. Mon coloc se tenant peinard (et qu’il le demeure)et ma vie voguant doucement sur les eaux calmes du bonheur, du coup, je me retrouve devant un écran bien blanc lorsque vient mon tour d’alimenter nos voraces lecteurs. Gros Néant.
Jusqu’à ce que ma copine Loulou fasse la connaissance de l’Abruti. Faut bien que ça serve les amies.
Loulou et moi avons un rendez-vous téléphonique quotidien. Pour parler de quoi? De nos déboires amoureux pardi!
Pour faire un petit retour en arrière, Loulou avait un amoureux. L’amoureux a levé les feutres. Loulou cuve sa peine depuis et en parallèle, tente sa chance sur le marché des agents libres. On ne sait jamais. Le miracle peut survenir à tout moment. Il s’est produit pour Bobette, il s’est produit pour moi, alors pourquoi pas Loulou!
L’Abruti s’est donc présenté à elle déguisé en prince charmant. Et elle est passée à deux poils près d’y croire. Sauf que l’expérience aidant (il faut bien que ça servent tous ces déboires!) elle a rapidement flairé que la couronne du prétendant, c’était que du toc!
Loulou a fait comme se doit. Après quelques rencontres, elle lui a parlé du coloc.
Le pauvre Abruti a eu un choc. La femme de sa vie (déjà après une semaine!!) était au prise avec une horrible « maladie » (ses mots!) et franchement, il ne savait pas du tout ce qu’il devait faire. On le comprend quand même. Il a beau être abruti, c’est légitime d’avoir peur de contracter l’herpès.
Il est passé par toute la gamme des émotions. Mais surtout par le mépris. Bien déguisé sous ses déclarations mièvreuses d’amoureux déçu.
Il s’inquiétait de l’attraper, même avec un condom, malgré le Valtrex. Il naviguait sur les eaux de son indécision, furieux contre l’herpès, blâmant Loulou pour ses choix amoureux passés (déjà!)qui l’empêchaient de l’aimer pleinement mais assuré qu’elle l’attendrait comme une assoiffée attend le porteur d’eau puisqu’anyway, qui voudrait d’une Loulou herpétique, si belle soit elle!!
N’était-il pas le plus valeureux et généreux parti que Loulou pourrait jamais espérer avoir considérant “son état”?
Mais le truc avec l’herpès c’est qu’il n’y a pas cinquante-six solutions. Il y en a deux. Tu l’acceptes ou tu ne l’acceptes pas.
L’Abruti ne l’avait pas compris, convaincu qu’il était de faire une fleur à Loulou en ne la dumpant pas comme la vulgaire lépreuse qu’elle était.
C’était bien mal connaître sa Loulou. C’était être un abruti à la puissance dix. C’était sans savoir qu’en plus d’avoir une tête sur les épaules et une estime d’elle-même aguerrie aux idiots, Loulou porte en elle sa force et celle de toutes ses amies réunies qui ont, ensemble et en solitaire, fait l’autopsie de ce que l’on pouvait accepter au nom du coloc.
Rien. Pas même un abruti.
Un soir donc, sous l’appel pressant de son système d’alarme intérieur, Loulou a coupé court à l’indécision de l’Abruti. Elle lui a fait savoir que, bien qu’elle respecte sa crainte qui est somme toute légitime, elle n’accepterait jamais d’être avec quelqu’un qui craindrait tout le temps d’être infecté. Too bad for you honey!
On s’est bien marré sur sa réaction en rétrospective. Le pauvre ne pouvait y croire! Se faire dumper par une brebis galeuse. Le comble de l’insulte!
Mais pour Loulou, l’herpès n’était en fait qu’une belle excuse pour se débarasser plus rapidement d’un autre de ces paumés qui sévissent malheureusement sur le marché du célibat!
Et pour franchir un pas de plus sur le chemin de l’estime de soi.
Keep on walking Loulou. Il est quelque part sur ta route. Suffit d’avancer.
Tout d’abord, je tiens à mentionner que j’adore les animaux, surtout les chats. J’aime beaucoup les humains aussi. Ils sont parfois mignons, souvent affectueux et généralement plus propres que les chats. Je préfère les bas qui traînent aux graines de litière collées sous mes pieds et les ronrons des chatons sont adorables mais les grrrr des hommes sont encore meilleurs. Mais j’aime surtout les copines de MPB et depuis qu’elles sont en couple (pas ensemble, partez pas de rumeurs!), on se voit un peu moins souvent, naturellement.
Tout ça pour dire que j’étais très contente de me retrouver chez Bobette en fin de semaine, comme dans le temps, à jaser de tout et de rien. Et comme on n’en est pas à un secret près avec vous, je vous partage ce petit bout de conversation tout à fait banal.
Ametys, coquine: Heille Bobette, ta chatte a un feu sauvage sur la lèvre.
Bobette, curieuse: Hein?! Montre voir! Ben non c’est parce qu’elle se bat la nuit
Amétys, informative: Quand même, tu sais que les chats peuvent avoir l’herpès.
Bobette, expérimentée: Je sais, j’ai un ami qui a un chat herpétique… il éternue du sang.
Amétys, convaincue: C’est pas drôle ça, il devrait le faire euthanasier.
Bobette, outrée: Non mais te rends-tu compte de ce que tu dis!
O.k., c’est pas si drôle mais après une fraction de seconde de stupeur, on a bien rit toutes les deux. Y’a rien comme passer du temps avec vous les copines. Merci!
On ne vous l’a pas raconté. En fait, on ne s’en est même pas reparlé entre nous. Bobette me le pardonnera sans doute. Même si c’est son histoire, c’est un peu aussi la nôtre parce qu’à ce moment précis, on voguait toutes sur le même bateau. Et croyez-moi, on ramait en sale!!
Bobette vous en a soufflé un mot: elle a une nouvelle flamme. Nous avons d’ailleurs eu la chance Amétys et moi, de le rencontrer. Charmant garçon et on l’aime d’autant plus que celui là, il ne s’effraie pas devant deux petites mouettes!
N’empêche, nous n’avions pas pris de chance. Bien qu’avec le recul on puisse maintenant affirmer que M. Mouette n’en valait franchement pas la peine, on ne voulait quand même pas risquer de souffler sur cette flamme naissante. Alors Amétys et moi avions promis à Bobette de bien nous comporter devant la nouvelle prise.
Bobette et son prétendant sont donc arrivés à la maison au moment où Amétys et moi portions la dernière touche à la tarte d’anniversaire de Bobette. C’était le prétexte choisi pour nous introduire à M. Presque Parfait.
La soirée se déroulait plutôt bien. On s’amusait, la tension se relâchait, le courant passait . On l’aimait et on lui donnait notre bénédiction. Pour ce qu’elle vaut bien entendu….. Et on se comportait presque comme des anges.
M. Presque Parfait sentait la complicité qui nous unissait. Il semblait même tranquillement s’y installer, tout naturellement. On voguait tous ensemble sur les eaux bleus du bonheur lorsque tout à coup, M. Presque Parfait (d’où le Presque) a lâché une bombe.
Celle qu’on hait. Celle qui pue. Celle qui fait s’installer un nuage vert malaisant que nous avons tant bien que mal, tenté de dissiper sans qu’il n’en paraisse trop. Je ne sais pas s’il a détecté quelque chose mais moi, je trouvais que ça transpirait le gros embarras mal camouflé.
LA BOMBE : Dites-moi les filles, comment vous êtes vous connues?
LA question!
Il me faut ici faire un petit retour en arrière. Pour ceux qui ont lu notre blog depuis le début, on ne vous a pas dit toute la vérité, rien que la vérité, dites je le jure. En réalité ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça.
En fait, Amétys Bobette et moi avons fait la connaissance l’une de l’autre, dans un groupe de soutien/social/rencontre-ou-pas-rencontre-c’est-selon, pour gens souffrant…………vous l’aurez deviné……….. d’herpès.
Hé oui. Chacune de notre côté, se sentant seules au monde avec notre petit coloc (comme certains parmi vous sans doute) on a tapé herpès/rencontre/soutien/etc…. sur un moteur de recherche et on est tombé, pour faire une histoire très courte, sur l’une l’autre. Béni ait été l’herpès ce jour parce qu’on s’aime depuis.
MAIS (car bien entendu il y a un mais) on assume difficilement. Oui oui! Vous avez bien lu. On assume mal le fait de s’être connues dans un groupe de soutien pour gens souffrant d’herpès. C’est bête nous direz-vous. On devrait au contraire se sentir chanceuses et choyées. Et nous le sommes, ne vous méprenez pas. Seulement, prenez quelques secondes pour imaginer. Et nous juger si le coeur vous en dit:
Lorsqu’un Monsieur Hommedemavie débarque c’est déjà très, mais alors là, TRÈS pénible de lui balancer la bonne nouvelle. Vous en connaissez un bail là-dessus. On se sent plus près du sac de vidange que de la Miss Populaire de l’école.
Alors lorsque vient le temps de lui raconter que nos meilleures amies ont été rencontrées dans un groupe d’herpétiques, tout à coup on a l’impression d’avoir le gros L du looser tatoué dans le front. Par conséquent, on a tendance à s’éviter ce deuxième affront et à raconter des bobards sur les circonstances de notre rencontre.
Cette question s’est présentée plus d’une fois. Et on s’embrouille tout le temps. Vraiment. Ne me demandez pas pourquoi, on a jamais eu la présence d’esprit de mettre au point une stratégie collective pour y répondre. Chaque fois, on bafouille et on s’enfarge.
Or donc, où en étais-je?? Ah oui, M. Parfait qui balance sa fameuse bombe à cafouillage.
Silence.
Amétys et moi on se plante, une les yeux au plafond, l’autre le nez dans ses chaudrons, bien décidées à laisser Bobette se démener avec SON problème. C’est SON chum après tout.
Sa réponse donnait l’impression qu’elle mettait en pratique son cours de berbère 101 ou encore qu’elle s’était mise au mongol la semaine d’avant et qu’elle mélangeait les deux.
- Blwwou…….oualllw…………mmircc kwonn………boff…….crouuinchhh…….
En bref, je crois qu’elle a parlé de rencontres amicales, d’amis communs peut-être, je ne sais plus. Je ne me souviens plus également qui d’entre moi ou Amétys nous a sorties de l’embarras mais j’aurais tendance à penser que j’ai proposé à mes invités un petit refill de vin. Bacchus ce grand sauveur.
On croyait bien avoir encore une fois échappé de justesse à l’odieux de devoir révéler qu’on s’était fait des amies herpétiques sur internet.
MAIS NON!!! Le berbère/mongol bancale de Bobette ne l’avait pas convaincu! Et il a fait quoi le Monsieur pour avoir sa réponse? Il s’est tourné vers Nitouchka à la fin du repas, alors qu’Amétys était aux toilettes et que Bobette se payait ma gueule.
- Comment vous vous êtes rencontrées déjà Nitouchka?
Pas con le monsieur. Juste un peu trop insistant.
- Ben on s’est rencontré dans le cadre de….genre….heu….. d’activités sportives. Oui c’est ça, des sorties genre Détour Nature, tu connais?
Et là j’ai l’air allumée mais croyez-moi, je n’aurais pas gagné d’Oscar pour cette prestation. Même pas un Métrostar. Exit ma carrière d’actrice/improvisatrice.
Finalement, comme on a une bonne étoile ou encore qu’on fréquente des gens respectueux, il n’a pas insisté et la soirée s’est gentiment poursuivie.
L’incident s’est relégué de lui-même et on n’en a jamais reparlé entre nous.
Jusqu’à ce que me vienne l’idée d’écrire ce texte. Je me suis dit qu’il fallait que j’en parle à Bobette. Non mais rigoler qu’on a fait toutes les deux, je vous dis pas.
Et on s’est dit que c’était con d’être gênées. Pour une fois que quelque chose de bon sortait d’une expérience négative, pourquoi le cacher. Pourquoi en être embarassées?
Lorsque le coloc a frappé, on a pris les moyens pour se sortir de notre misère, de notre isolement. Au lieu de se replier, on a pianoté sur nos claviers, on a cherché des ressources, et non seulement on les a trouvées mais en plus, on les a utilisées.
On a fait fi de notre gêne, de nos peurs, de nos angoisses, on a enfilé notre courage et on s’est présenté à un groupe d’inconnus qui pour la plupart, n’avait en commun avec nous que le coloc. Et dans ce groupe, trois petites étoiles qui brillaient du même éclat se sont reconnues.
Et on voudrait le cacher?
Ben oui!
Que voulez-vous.
Bien que je les aime, bien qu’elles m’aient procuré de la lumière les jours de noirceur et qu’elles m’en procurent encore aujourd’hui, j’aurais préféré pouvoir dire que je les ai connues au cégep.
Elle est tellement imparfaite la fille de MPB. Dieu merci!



Commentaires Récents