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Des fois, je me sens comme une vraie sainte qui se baigne dans l’eau bénite mettant toujours à nu son p’tit coloc avant de se déshabiller elle-même! Oui, oui…. Vraiment! J’ai toujours dit aux intéressés qu’un câlisse de squatteur est bien encré au fond de ma petite culotte!

Mais parfois, le petit diable en moi a juste envie de dire FUCK IT! Fais toi baiser pis ferme ta grande gueule!

Il va sans dire que, sans y consentir, l’idée me turlupine royalement! Je suis en manque flagrant!

Ce qui fait que l’autre jour, j’ai voulu savoir si vous êtiez tous aussi honnêtes que bibi…

Ouais…

Alors j’ai fait un petit sondage auquel vous avez bien voulu répondre. Je vous en remercie et je suis fin prête à vous dévoiler les résultats!

Bien que rien ne soit vraiment scientifique autant dans le processus que dans l’échantillonnage, j’ai réalisé qu’il n’y a pas de quoi se péter les bretelles avec l’honnêteté de notre classe sociale.

La question était simple : Et vous, si vous aviez l’herpès, seriez-vous aussi honnête?

J’avais divisé chacune des situations selon deux possibilités :

1) Vous avez l’herpès génital avec symptômes, vous avez donc des crises évidentes de temps à autre.

2) Vous êtes porteur sans symptôme (chanceux), donc asymptomatique.

 

Voici les résultats :

Dans le cas «Le diriez-vous lors d’une baise One night?»

50% de ceux qui font crises le diraient alors que seulement 17% des asymptomatiques s’en donneraient la peine!

Là, les résultats ne m’étonnent pas trop sauf qu’en ce qui me concerne, j’ai toujours cru bon de le dire au cas où la relation irait plus loin. Mais ça, c’est mon petit côté sainteté-martyr-bienheureuse… Passons!

Dans le cas «Le diriez-vous à une personne avec qui vous croyez pouvoir établir une relation stable

92% de ceux qui font crises le diraient contre 46% chez les asymptomatiques!

Du côté des gens qui font des crises il me semble qu’une note parfaite serait préférable mais là où ça me dépasse royalement c’est que la moitié des asymptomatiques ne le diraient même pas…. Oufff!

Comment ne peut-on ne pas le dire en connaissant les conséquences de la chose?

 

Et qu’en est-il des gens qui font des feux sauvages ?

Et bien selon mes résultats… Une personne sur trois aborderait le sujet avec un partenaire potentiel.

Wow! J’avoue que la réponse m’a agréablement surprise parce que je m’attendais à moins quoi qu’après mûre réflexion  je me suis dit que le mot aborder ne veut peut-être pas dire grand chose si on ne fait que dire sans aucun détail: «Ah, en passant, j’ai déjà eu un feu sauvage!».

Bref, de mon questionnaire non scientifique, une conclusion bien sage s’impose:

Protégez-vous et ne croyez pas tout ce qu’on vous dit parce que les gens de ma catégorie ne sont pas tous des saints!

Je roule sur St-Urbain direction sud (pas encore les couilles ou la bêtise pour rouler vers le nord!).  Je vais rejoindre Amétys pour un petit 5 à 7 chez BU.  Je suis au téléphone avec Bobette (oui j’ai un main libre) et je peste contre l’herpès parce que oui, encore, l’herpès me fait chier.

Nitouchka:   Rien à faire, ça ne passe pas.  Je hais l’herpès.  Comme chaque fois que je dois le dévoiler à quelqu’un et que je peine à rassembler le courage pour le faire.  Je hais le mec qui me l’a donné.  Je hais la judéo-chrétienneté qui fait de ce petit bouton qui a eu le malheur de choisir un endroit gênant pour s’épanouir, un tabou de notre société.  Je hais que cette teigne ait choisi d’élire domicile dans ma culotte. 

Bobette:  Je me joins à toi pour l’haïr alors.  On hait toujours mieux à deux.

Nitouchka:  Ben kin!  Pour qui il se prend au juste?   Non mais réfléchis la chose 30 secondes.  Y’existe ben  plus dramatique que ça!  Sans blague écoute!  Le weekend passé j’ai eu mal au dos.  Solide!  Ben criss, c’est ben plus d’ouvrage avoir mal dans le dos qu’avoir l’herpès.  Fait qui peut ben se prendre pour qui il veut le coloc mais je te jure que j’aime mieux avoir l’herpès qu’avoir mal au dos. 

Bobette: C’est vrai à qui le dis-tu!  Avoir mal dans le dos ça handicape en sale!  C’est comme les migraines chroniques.  Moi j’ai connu une fille qui avait ça.  Elle pouvait arrêter de vivre pendant une semaine quand elle avait mal à la tête.

Nitouchka:  Mets-en!  Couchée au lit pus de vie! Au yable la job, la vie sociale!  Et le sexe?  Penses-y même pus!!  T’es un petit légume avec une tête d’une tonne et quart.  On s’entend-tu que l’herpès ça empêche pas de fonctionner?

 Bobette: En effet!  J’abonde!  Le coloc est moins incommodant qu’un mal de dos ou un mal de tête.  Bon…. un peu incommodant parfois mais quand même.  C’est mieux que….. souffrir d’emphysème genre!! 

Nitouchka:  My god!!  Vas demander au gars qui traine sa bonbonne d’oxygène si y’aimerait pas mieux avoir un petit bouton à la place!!  La question se pose pas me semble!!

Bobette: C’est vrai qu’y'a des tares ben pire.  Imagine que t’as une grosse tache de vin dans le visage?  Une qui te mange la moitié de la face!!  Ouuuuuu!!  J’pense que j’aime mieux l’herpès.

Nitouchka:  Rire.  You bet!!    Ou t’être fait amputer un sein après un cancer genre!  Me semble que c’est ben pire pour l’estime que le coloc non?!  Ça vient te charcuter la féminité bien plus sauvagement que notre tit ami.

Bobette: Ou ben être né avec juste trois vertèbres ou pas de bras ou pas de  jambe!

Nitouchka:  Ou le sida!!  Moi quand l’herpès me fait ben chier, je me dis que j’aurais pu pogner le sida!

Bobette: Ça c’est clair.  Je pense qu’on a tous pensé à ça.

Nitouchka:  Mouais.

Bobette: ……

Nitouchka:  Tsé l’eczéma c’est une forme d’herpès.  C’est pourtant socialement plus acceptable d’avoir de l’eczéma que d’avoir l’herpès.

Bobette: Ouais.  Socialement peut-être mais esthétiquement par contre……..

Nitouchka:  Hiiiiiii!!!  Ouais!  Pas joli joli!!  Imagine avoir les jambes arquées.  Tsé comme la fille dans Cruising Bar!!

Bobette: Ouiiiiiiii!!!  J’échangerais jamais mon herpès contre une obésité morbide genre!!

Nitouchka:  Ou être ben laid!!

Bobette: C’est comme pour un homme!  Imagine:  t’as pas l’herpès et tu as le choix entre un gentil monsieur avec un ti ti ti  pénis ou un gentil monsieur avec une belle grosse queue……….et l’herpès!!!

Nitouchka:  Hiiiii!!  My god!  J’avoue que j’aurais eu un méchant meeting avec ma conscience!!

Bobette: C’est comme un gars stomisé!!  Ou pire!!!  Être soi-même stomisée!!  Never in a life time!!

Nitouchka:  Stomisé?  C’est quoi ça?

Bobette: Tsé quand t’es pogné avec un sac?

Nitouchka:  Ouuuuuffff!!  METS-EN!!!!  Je prendrais la totale anytime!  Herpès bucal, génital, oculaire, nasal, name it mais, oh my god, laissez-moi chier dans les toilettes svp!!!

Bobette: Ouais.  Ça c’est pas drôle.

Nitouchka:  Ouais.

Bobette: On est chanceuses dans le fond.

Nitouchka:  Ouais.  Imagine que t’aies des jambes de cowboy, une stomie et qu’en plus, t’as l’herpès.

Bobette: Hiiiiii!!!  Ça c’est gagné à la loterie du looser!  C’est clair.

Nitouchka:  Mouais…..

Bobette: ……..

Nitouchka:  …….

Bobette: Ouais.  Y’a quand même du monde qui ont des jambes de déesse, pas de stomie, ni de cancer, ni d’emphysème pis…….. pas d’herpès non plus.

Nitouchka:  Ouin.  Pis qui sont ni grosses, ni laides.

Bobette soupirant: Ouin.

Nitouchka soupirant itoo :  Ouais ben….. quand on se compare ou bedon on se console, ou bedon on se désole.

Bobette: Ouais!  Qui  disent…….

Nitouchka:  Fait que, toi aussi t’es célibataire maintenant.

Bobette: Mouais.

Nitouchka:  Fait que toi aussi………

Bobette: J’vais devoir annoncé que j’ai……..

Nitouchka:  Ouin ben!  Re-bienvenue!

Bobette: Misère!  ……….. tu fais quoi là?

Nitouchka:  Je m’en vais prendre un verre avec Amétys.  Tu viens?

Bobette: J’irais bien mais… j’ai mal dans le dos!

On le sait tous, ce qui a de pire chez le coloc, c’est d’avoir à l’annoncer…. C’est une vraie calamité! On angoisse, on a peur du rejet, on en tremble bref, on passe par une multitudes d’émotions pas plus jojos les unes que les autres.

Mais NOUS, on a pensé à vous! Pis on veut tellement vous aider qu’on a décidé de mettre à votre disposition un petit guide contenant une multitude de formules pratiques pour annoncer à votre partenaire que vous avez l’herpès.

Et parce qu’on vise haut et que l’herpès fait dans la globalisation, on lui a trouvé un nom international à notre petit guide:

THE  HERPIZE  BIBLE

Là où annoncer qu’on a l’herpès devient un art!

La classique des classiques

Celle qui s’apparente à un saut en parachute et qui consiste à dire:

- J’ai quelque chose à te dire… (bien que peu originale, elle demeure d’une efficacité à toute épreuve.  Essayez de reculer après ça!)

Les moyens odieux détournés

- Laves-tu souvent ta salle de bain? Parce que j’pense que j’ai pogné quelque chose chez vous! (L’attaque!!  Agressif sans contredit!  Si vous la testez, on en veut des nouvelles!)

- T’sais l’autre jour quand on riait du gars avec le bobo dans la face?  Ben moi c’est bien moins pire que lui.  On le voit pas au moins! (À utiliser avec parcimonie et sur des gens à intelligence réduite de préférence)

- J’arrive du médecin il m’a dit que j’ai le sida…… Bien non, c’t’une joke, j’ai juste l’herpès!  (Une des préférées à Nitouchka.  On a toutes nos petits chouchoux!)

- Au préalable, il faut coucher avec la personne au moins une fois. Attendre quelques jours. Lui téléphoner en pleurant et sur un ton accusateur… – Salaud, tu m’as refilé l’herpès! (Hi! Hi! Hi!  C’est chien mais c’est drôle en criss!)

- J’pensais que j’étais juste irrité mais devine quoi? (c’est juste l’herpès?  On travaille sur la réponse.  Pas encore au point!)

- C’est quoi le bobo que t’as là, dans la face????? Ouache, cache ça dans tes culottes!  Moi c’est ça que j’ai fait! (Dans le genre:  Allo le con!  Tout le monde a compris ça depuis longtemps!)

- Ça te pique tu toi des fois? (D’un air innocent qui assure de notre ignorance.  Ça appelle le sens protecteur de l’autre.  À utiliser de préférence par les filles.  C’est pas qu’on est sexistes, loin de là, juste très calculatrices!! hé! hé!)

- Ben là, je pense que tu m’as donné l’herpès… (Vlan!  Dret de même.  Sans autre préavis.  Avec un ton accusateur bien entendu)  Dépendamment de la réaction de votre interlocuteur, voici quelques options de réparties:  Ben oui ça saute sur le monde!  Tout le monde sait ça! (pour les épais)  Ben où c’est que tu penses que j’aurais pogné ça hein?! (pour celui qui soulèverait un doute)   Vous pouvez même poursuivre l’odieux sur celui qui voudrait s’en excuser:  Ben non, capote pas!  Je te laisserai pas de même.  Pauvre toi!

Les moyens coquins

- Si t’es fin – maudit chanceux – j’ai un petit cadeau pour toi! (L’air coquin séduit toujours!)

- T’aimes-tu ça le picoté rouge toi? Viens voir dans ma culotte tu vas voir c’est cute! (Trop chou!!!)

- As-tu déjà gagné à la loterie?  Ben moi j’ai le numéro chanceux dans ma culotte!! (Tous les manuels le disent:  il faut demeurer positif!!)

- Je t’aime mais il te manque un petit quelque chose! (Ça pique la curiosité c’est certain!  Pour l’efficacité?……….hummm…….faudrait tester!!)

La façon Harlequin ou L’art de s’ouvrir les veines

- Si je ne veux pas coucher avec toi, c’est pour te protéger! (snif! snif!  Le bras dans le front, en démontrant bien l’acte d’abnégation que vous êtes entrain de faire!  À utiliser avec les âmes de sauveurs!)

- Est-ce que peu importe ce qui va arriver, tu vas m’aimer? (La culpabilisation est une option qui fonctionne encore très bien de nos jours!)

- Serais-tu prêt à mourir pour moi?…… Je ne t’en demanderai pas tant mais… (variante de “J’ai le sida….”)

- Tu es l’amour de ma vie! J’irais jusqu’au bout du monde pour toi! Et toi, irais-tu jusqu’à la pharmacie pour m’acheter du Valtrex? (Un peu d’humour et d’éducation.  Heureux mélange!)

- En échange de tout l’amour que tu me portes, j’aimerais aussi t’offrir un petit quelque chose qui vas nous unir pour la vie! (D’un romantisme à toute épreuve!!)

À la Paris Hilton ou Quand être conne devient un art

- On m’avait dit herpès mais je pensais qu’il parlait du designer moi.  Ah c’est Hermès???  J’savais pas.

- Quand mon ex m’a dit qu’il allait me donner un Herpès, je pensais que c’était le sac haute couture.  J’étais tellement contente!  Heille j’ai tu pogné mon air tu penses quand j’ai réalisé que c’était l’herPès!!  Pfff!

Pour les intellos

- Savais-tu que selon Statistiques Canada, 105% des gens ont l’herpès?  Je suis tellement contente d’être au dessus de la moyenne.  Toi?

Les indéfinissables

- Aimes-tu ça dégaler des bobos avec tes dents? (Dégueux mais efficace pour se débarrasser rapidement d’un prétendant embêtant!)

Bien entendu, ceci est la première version et nous comptons améliorer notre produit.  D’ailleurs, à cet effet, votre apport est souhaité.  Vous connaissez un moyen infaillible d’annoncer l’herpès?  On veut savoir!!!

Il n’y pas très longtemps, on vous parlait d’un copain de MPB qui a fondé un site de rencontres en ligne entièrement québécois pour gens vivant avec une its.  C’est en faisant lui-même la connaissance avec le coloc que l’idée lui est venue. 

On parle maintenant de lui dans les médias.  Et surtout de son site.  Vous pouvez le lire sur Rue Frontenac et l’entendre sur Dutrizac.

Chapeau Guy, pour cette merveilleuse initiative et pour le courage de t’afficher ouvertement avec ton coloc.  On te salue bien bas!

Un de nos lecteurs nous a refilé le lien.  On dira ce qu’on voudra, c’est vraiment un ami pour  la vie!!

 

J’ai bien envie de vous raconter comment un jour, fraichement initiée au coloc, j’ai décidé d’affronter ma plus grande peur du moment: celle d’annoncer en toute première que j’avais l’herpès!

Pour ce faire, j’avais imaginé le plan parfait, presque diabolique. UN TEST d’une importance capitale qui allait être garant de mon avenir sexuel, de ma vie après l’H.

Cette rude épreuve m’imposerait d’un trait un avenir de chasteté pure ou m’accorderait une trêve en me redonnant espoir que je pourrais encore recevoir les caresses d’un homme. Oui, cette épreuve allait être plus que décisive!

Bien que plutôt froide à tenter l’expérience, j’étais plus que déterminée.

Il ne me manquait que le cobaye dont j’avais tracé, d’un coup d’imagerie mentale, le portrait parfait!

Armée de ma mini-jupe foudroyante, je suis entrée dans un bar du centre ville et j’ai attendu.

Après un court moment, le cobaye en question est apparu!!! EXACTEMENT LE TYPE QUE JE CHERCHAIS qui en fait, n’était pas mon type du tout : bedonnant, boutonneux, prétentieux, affreux…. Il était très certainement en manque de sexe!

Donnons lui un nom…. Tiens!…… Appelons-le Frankenstein!

Alors Frank, m’offrit quelques verres que j’acceptai volontiers question de me donner le courage dont j’avais besoin pour atteindre mon objectif et pour briser cette glace qui me tenait en otage.

Nous avons jasé un peu… À peine…. En fait, je ne faisais que gravir les échelles de mon jeu afin de m’approcher, à vitesse vaporeuse, de mon but…

IL FALLAIT QUE JE LE FASSE…

En choisissant un type aux antipodes de mes fantasmes, je choisissais de ne pas tomber de bien haut en cas de rejet sauf qu’en même temps, je savais que ça pouvait aussi se conclure en un ticket direct pour aller chez les bonnes sœurs…….. Ouais…… Parce que si l’épouvantable Frank -grand bien lui fasse- me rejetait du revers de la main, j’étais certaine que seul le curé de la paroisse voudrait encore de moi!

Évidemment, mon plan fonctionna à merveille et Frankenstein m’invita chez lui……. Non mais fallait bien battre le fer tant qu’il est chaud et tant qu’à être chaude aussi bien le battre illico!

Bref, Frank me fit faire le tour de son appartement en profitant peu subtilement de la visite de la chambre à coucher pour me sauter dessus. L’heure du «Ça passe ou ça casse!» était finalement arrivée et c’est avec une langue profondément enfouie dans la bouche que j’arrivai à prononcer ces mots:

- Chtop! Cha chuffit…. J’ai quelque chose à te dire!

Je le repoussais. Il me regardait d’un air étrange. J’avais les yeux pleins d’eau. J’avais tellement peur qu’il me rejette comme ce détritus qui nous lève tant le cœur…

Mais il n’en fit rien et écouta ce que j’avais à dire!

Probablement à cause de mes larmes, ne sachant comment réagir et ses élans sexuels refroidis, il m’offrit un peu de compassion et me prit dans ses bras. Tièdement. Sans plus. Mais pour moi, ce fut une réelle victoire…

Rendue sur la case d’arrivé et je n’avais pas mis le pied sur le serpent qui aurait pu me faire glisser vers le bas!

J’étais soulagée. Tant et aussi bien que pour le remercier -mais avant tout surtout pour savoir s’il accepterait une forme quelconque de sexualité avec moi- je lui offris une petite compensation orale!

Wow, quand je repense à ces moments de ma jeune vie d’adulte que je croyais gâchée à jamais je trouve que j’ai fait pas mal de chemin… J’accepte et j’assume. L’herpès ce n’est pas un drame, c’est un obstacle à franchir, une épreuve à surmonter…

Et aujourd’hui, j’ai conscience que cette première annonce fut probablement la pire de toutes: celle où j’ai été le plus rejetée. Mais je l’ai vécu comme une grande victoire!

Je n’ai plus jamais eu de nouvelles de Frank mais j’ai cru entendre la complainte du pauvre curé qui a dû se priver d’une nouvelle none!!!

;-)

$ 11 600 C’est le montant de la facture pour avoir omis d’aviser sa conjointe qu’il avait l’herpès.   Ainsi en a décidé monsieur le Juge.

On m’a fait le coup une fois sans que je l’attrape.  Mais la deuxième fois par contre, j’ai eu moins de chance et je tends à croire que Monsieur n’était pas si innocent face à sa situation!

Mais de là à le poursuivre, je ne sais pas.  Je suis drôlement mitigée.  D’une part, je suis d’avis qu’il est juste et honnête d’aviser notre partenaire de la situation.  C’est une question de respect.

Mais il y a réellement des gens qui considèrent l’herpès comme un mal banal.  Je connais une femme qui s’est effondrée de rire lorsqu’elle a su qu’il existait des groupes de soutien pour les gens souffrant d’herpès.  Pourquoi pas un groupe de soutien pour gens souffrant de rhume hivernal, a-t-elle ironisé.  Pour elle, l’herpès se compare à une grippe.  Elle fait une ou deux poussées par année et pour elle, ce n’est pas pire qu’un mal de tête.  Pourrait-on alors qualifier son geste de criminel ou d’irresponsable si elle n’en parle pas à ses partenaires?

Je ne pense pas ainsi mais je ne crois pas non plus qu’elle ait complètement tord.  Si on doit absolument aviser notre partenaire qu’on a l’herpès sous peine d’être poursuivi en justice, ne devrait-on pas alors aviser ces mêmes partenaires des risques encourus lorsqu’on souffre d’herpès labial?  Le risque est le même, ou à tout le moins, similaire.

Dans mon cas, je n’ai jamais de lésion (je touche du bois).  Après ma primo j’ai fait 2 récurences et après, je n’ai plus jamais rien eu.  Alors si je choisissais de ne pas aviser mes éventuels partenaires sous prétexte que l’herpès est d’une banalité déroutante dans mon cas et que par conséquent, l’herpès EST banal dans mon échelle de valeurs, pourrait-on me condamner pour ça?

La médecine ne nous aide pas non plus.  Lorsque nous allons passer des tests pour les ITS, jamais il n’est fait mention de l’herpès.  Aucun test, aucune mise en garde, aucune explication sur la possibilité d’en être infecté  ou non.  C’est le néant total.  Bien des médecins d’ailleurs ignorent bien des choses au sujet de l’herpès.  Tous les tests sont négatifs?  Allez et baisez en paix!  Peut-on après être condamné pour banaliser un virus que les médecins eux-mêmes, de façon générale, considèrent si peu.

Je suis contre la dissimulation, qu’on s’entende bien.  Je suis contre le fait que ce monsieur ait caché son état à sa conjointe et je suis convaincue que cette femme subit de réels dommages psychologiques à cause de cette expérience.

Mais va-t-on se mettre à poursuivre tous les hommes qui trompent leur femme sous prétexte que ces dernières subissent ,de par les agissements de leurs conjoints, des dommages permanents à leur estime d’elle-même et à la confiance qu’elles n’ont plus envers les hommes?

L’herpès n’est pas une maladie mortelle , c’est une maladie honteuse.  Uniquement.  Et la honte se transmet de bien d’autres façons que dans la culotte.  Devrait-on punir tous les transmetteurs de honte?  Nos tribunaux n’arriveraient plus à fournir. 

L’herpès ce n’est ni le sida, ni l’hépatite C, ni le H1N1.  On meurt de la grippe.  On meurt même de la varicelle.  Mais pas de l’herpès.  Pourquoi condamner Georges d’avoir transmis un petit bobo alors qu’à côté, Antoine a transmis la grippe à Rita qui en mourra et ce, en toute impunité.

Je suis contre la dissimulation.  Mais je suis aussi contre ces jugements qui ouvrent des portes sur l’abus.

Je ne sais pas si c’est la vie qui m’a fait un pied de nez ce jour là ou si, prévenante, elle me disposait à accueillir ce cher coloc.

C’était il y a longtemps, quelque part dans une autre vie,  j’avais 25 ans.  C’était six ans après le début d’une relation qui battait de l’aile et qui tardait à rendre son dernier souffle. 

Il était dans la salle de bain, je le voyais du coin de l’oeil observer son pénis.  Je me suis approchée et j’ai vu la lésion.

- Qu’est-ce que c’est?

- Rien.  Je me suis coincé le pénis dans ma fermeture éclair.

Bien que n’étant pas dotée d’un tel organe à organiser dans ma culotte lorsque je la remontais, je pouvais quand même figurer que selon l’emplacement qu’elle occupait, cette lésion n’avait pu être causée par un geste maladroit.

- Ben là!  Franchement!  Prends-moi pas pour une idiote!

- …..

-  C’est quoi?

- …..

- C’EST QUOI?????

- L’herpès.

- L’herpès?

- …..

- L’HERPÈS?  Et c’est maintenant après 6 ans que j’apprends, par le plus pur des hasard, que tu as l’herpès?  ALLO????  Ça sort d’où ça?

- Ça fait des années que j’ai ça.  Bien avant de te connaître.

- Bien avant de me connaître!?  Et ça ne te tentait pas de m’en faire part?  Me semble que ça me concerne un peu non?  De quel droit tu m’as caché ça?  DE QUEL DROIT??

- Écoute, as-tu pensé deux minutes que je n’avais peut-être pas envie de te le dire?  Que j’étais gêné?

Je ne vous dis pas le sentiment de colère qui m’a envahie.  J’avais l’impression d’avoir été volée.

- GÊNÉ??????  Mais on s’en fout de ta gêne!  Assume mon homme!!! C’était à MOIde décider si je voulais courir ce risque!  C’était MON CHOIX et tu l’as fait à ma place sans même me consulter!!!  DE QUEL DROIT?????

- J’ai toujours fait attention!

- JE ME FOUS DE CE QUE TU AS PU FAIRE!!!  C’était à moi de choisir.  MOI! MOI! MOI! 

J’étais flabergastée.  Pour moi l’herpès était la pire des ITS après le VIH parce que c’était celle qu’on devait traîner avec soi toute sa vie.  Comme un boulet.  Une condamnation.  Je me rappelle le sentiment de trahison que j’ai ressenti.  Six ans de dissimulation.  De mensonge.  Mon conjoint de six ans ne m’avait jamais dit qu’il avait l’herpès, ne m’avait jamais offert le loisir de choisir si je voulais courir le risque d’être contaminée.  Et ça revenait toujours à ça; le choix que je n’avais pas eu.  Choisir en connaissance de cause.  Informée.  Éclairée.  Il se l’était gardé et m’en avait privée.

Ce fût les dernières miettes de courage dont j’avais besoin pour mettre fin à cette relation qui de toute façon, se mourait déjà.

C’est près de dix ans plus tard que le coloc est revenu me hanter mais cette fois, c’est dans ma chair que le zipper allait à tout jamais laisser sa morsure.

Et le souvenir de cette journée est remonté à ma mémoire, très vif.  Comme s’il s’était tapi à l’orée de mon inconscient, prêt à ressurgir à ce moment bien précis qu’il semblait attendre depuis toujours. Depuis ce jour.  Comme s’il avait été forgé uniquement pour m’accompagner dans cette expérience qui, selon cette logique, était destinée à arriver.

Je me suis bien demandée pendant un court instant si ce n’était pas la vie qui me punissait d’avoir été si peu compréhensive envers mon conjoint de l’époque, si incisive.  Mais plus que n’importe quelle complainte où j’aurais pu facilement m’enliser, ce souvenir a fait naître en moi, de façon instantanée,  la conviction que jamais je ne priverais quelqu’un de ce choix. 

Et je me demande encore aujourd’hui si ma conviction aurait été aussi profonde si je n’avais pas vécu ce moment.

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Hou la la!!  C’est qu’on s’énerve ici!  Surtout Amétys et Nitouchka.  À un point tel d’ailleurs que Bobette en est presque jalouse.  On la soupçonne même d’avoir eu pendant quelques fractions de secondes, l’idée de larguer sa tendre moitié pour pouvoir bénéficier elle aussi d’une telle aubaine!  Mais comme il pourrait lui aussi succomber à l’excitation et que n’importe qui pourrait profiter de l’occasion pour le lui chiper, Bobette s’est vite ravisée!

Imaginez-vous donc qu’on a un copain, lui aussi vivant avec le coloc, qui a pris le taureau par les cornes et qui s’est lancé dans l’entremettage de ses pairs.  Oui! Oui!  Entremettage comme dans entremetteur.  Et lui, il entremet ses petits amis aux prises avec l’herpès.  Parce que vous le savez, on vous le dit et le redit à toutes les sauces, dans la conquête amoureuse, l’herpès s’avère souvent un obstacle encombrant.

C’est d’ailleurs ce qui l’a décidé à ouvrir un site de rencontre pour gens vivant avec le coloc.  Et tant qu’à faire, il s’est dit: Pourquoi ne pas entremettre la gamme complète des its?  Ça c’est bien gentil de sa part mais en ce qui nous concerne, on demeure concentrées sur nos pairs à la culotte squattée.

Alors vous imaginez-bien qu’Amétys et Nitouchka se sont empressées d’aller compléter le formulaire pour trouver leur bourreau des cœurs.  Et Ô surprise qui a suivi?  Bobette, la curieuse.

Et double Ô surprise, question de peupler ce site fraîchement né, les inscriptions sont gratuites!!  Oui! Oui!  Gratuites comme dans ça coûte rien.  Pour un temps du moins.  Si vous vous abonnez rapidement, vous bénéficierez de six mois gratuits!  Comme membre privilège plus, rien de moins!!

Et comme les filles de MPB on n’est quand même pas n’importe qui, on a usé de notre vile séduction de femmes et on lui a ronronné dans le cou pour vous avoir un mois de plus gratuit.  Donc si vous vous inscrivez en mentionnant que ce sont les filles de Mon Petit Bobo qui vous réfèrent, vous obtiendrez un mois de plus gratuit.  Oui! Oui!  Un mois de plus comme dans 7 mois au lieu de 6.  On est big shot ou on l’est pas!!!   Vous avez juste à envoyer un petit courriel à notre ami pour lui dire que vous êtes copain-copine avec les filles de MPB et c’est dans la poche! Voici l’adresse:  info@itsrencontres.com

On vous invite donc en grande pompe et en grands nombres à venir vous inscrire et surtout,  à venir nous visiter sur ITS Rencontres .  Plus on est de fous, plus on se matche!!

Bon je me sens un peu mal à l’aise de vous entretenir de sujets puérils et insignifiants après ce que nous racontait Bobette, mais en même temps, ça prend parfois plus con pour nous faire oublier les vacheries de la vie.  Et moi, dans la futilité et la connerie, je peux donner tant qu’on veut.  Un puit sans fond, une fontaine intarrissable.   Alors permettez-moi.

J’avais rendez-vous avec cet inconnu.  Filet d’espoir dans l’océan déchaîné du célibat.  Un espoir malingre, anémique, quasi fantoche.  En fait, tout ce que j’espérais était de ne pas me retrouver avec la facture à payer et encore, parfois vaut mieux payer pour mieux se pousser.  En terme d’attentes,  je ne suis pas très exigeante vous voyez bien.  Pour le reste messieurs, je sais m’accomoder avec bonhommie de vos plus vils propos et travers, quitte à en rire comme une démone avec les copines ou en garnir les pages de ce virtuel journal.

Parfois, je n’en doute pas, vous faites les gorges chaudes avec les miens.  J’accepte de bonne grâce cet échange de bassesses.

Pour faire une histoire courte donc d’un événement qui ne saurait de toute façon se targuer de plus, la soirée se déroule finalement plutôt correctement.  Rien à marquer d’une croix le calendrier, ni pour les papillons, ni pour le titre de champion de l’idiotie, mais assez agréable pour prendre le temps de savourer le narcissisme grandissant de mon interlocuteur.

Le prétendant numéro 438 est pilote de ligne et semble bien heureux de me faire part de son statut particulier.  Bien lui en prit mais pour une raison que j’ignore complètement,  j’ai un peu de difficulté avec les uniformes.  Peut-être celà trouve-t-il son origine au souvenir d’une soirée bien arrosée ou j’avais osé l’aventure d’un soir avec un militaire - pilote également de surcroit- qui s’était avéré bien piètrement membré. 

M’enfin bref, mon fier-heureux pilote n’allume rien qui vaille dans l’antre frigorifié de mes espoirs amoureux mais la soirée va bon train et j’écoute les yeux débordant d’admiration vachement bien simulée, mon prétendant me vanter les mérites de son statut d’ange-ailé.

On jase de tout et de rien et le vin aidant, je lui raconte le jour ou j’avais passé une soirée mémorable dans un bar à apprendre l’alphabet phonétique de l’OTAN auprès d’un contrôleur aérien:

Le pilote:  Et tu t’en rappelles?

Nitouchka:  Ben oui je crois bien.  Ça fait quand même un bail.  Attends……… Alpha – Beta….

Le pilote:  Bravo.

Nitouchka:  Ah oui!  Alpha – Bravo – Charlie – Delta …….euhhhh……….merde!!

Le pilote:  Allez!  E…….  E comme dans…….!  E comme dans…. dans….dans……dans….

Nitouchka:  Eeeee……………

Le pilote:  Echo!!

Nitouchka:  ouiiii!!  Echo!  F………  Misère c’est loin.  Je t’assure à la fin de la soirée je savais tout très bien.

Le pilote:  Fox trot!  G tu te rappelles?

Nitouchka:  Niet!  C’est bête!

Le pilote:  Golf.  Et H?

Nitouchka:  Ah facile!!  HERPÈS!

Le pilote les yeux écarquillés:  ……….

Nitouchka les yeux et le sourire écarquillés: ………….

Le serveur:  Prendriez-vous autre chose?

Le Pilote:  Non merci ce sera tout pour moi.  Toi?

Nitouchka:  Non, merci!

Le pilote:  L’addition svp.

Nitouchka dotée d’un mauvaise foi flagrante et s’amusant ferme:  Ben quoi?  Ça dit ce que ça dit non?  H comme Herpès.  Alpha – Bravo – Charlie – Delta – Echo – Foxtrot – Golf – Herpès!  Tu sais que 80% de la population est porteur de ce virus alors ce serait tout à fait normal qu’il se retrouve dans l’alphabet non?  Moi je trouve que ça va de soi mais c’est pas grave.  Rien n’est parfait non?!   Et les gens ont tellement de préjugés de toute façon.  C’est fou.  Tu as envie d’aller te balader?

Le pilote:  Hotel

Nitouchka:  HEIN???  Tu ne trouves pas ça un peu prématuré?  En ce qui me concerne le premier soir……………

Le pilote:  H c’est hotel, pas herpès.

Nitouchka:  Ah!  Bien oui, c’est bête.  Pourquoi je croyais que c’était herpès!?! hi! hi! 

Le pilote:  Je sais pas.  C’est toi qui pourrait le dire…… Tu sembles en connaître un bail. 

Nitouchka:  Oui en effet.  J’en connais un peu.  C’est la vie qui veut ça hein!  Que veux-tu.  Alors on se la fait cette ballade?

Le pilote:  En fait ce ne sera pas possible.

Nitouchka se bidonnant solide:  Une autre fois alors?

Le pilote pressé de lever les feutres soudainement:  Oui pourquoi pas.

N’empêche que si c’était moi qui avait choisi, j’aurais d’emblée opté pour Herpès.  C’est vachement plus efficace qu’hotel.  Surtout lorsque vient le temps de se sauver d’un prétendant inintéressant et d’une adition.  Allez!  Je lui en dois encore une à cet infâme herpès.

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

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