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J’en avais marre. C’est demandant annoncer l’herpès. C’est demandant de s’investir dans une relation. Et échouer.
Alors on cherche des voies plus faciles. Moins souffrantes. Juste pour ne pas être seule.
J’ai ouvert une fiche sur un site de rencontre. Droit au but. J’ai l’herpès. Que ça vous plaise – laissez-moi un message - ou non - passez votre chemin.
Il a écrit. Il aimait la différence, le courage et était curieux j’imagine. Il ne m’a pas particulièrement plu au premier contact. Arrogant. Suffisant.
Par un soir de déprime, de manque, je me suis dit pourquoi pas. Il sait, il veut me voir. S’il m’en donne le goût, let’s go. Qu’est-ce qu’une fille ne ferait pas lorsque les hormones et la solitude la mettent au supplice.
On se donne rendez-vous dans un petit bar. Il est beau comme un coeur, plutôt charmant. Superficiel. Mais who cares, le calvaire du dévoilement est évité et à ce moment, ça n’avait pas de prix.
Durant une semaine et quelques une de trop, je me suis rendue chez lui oublier un paquet de choses dans ses bras. Et on oublie, pour un moment.
On oublie qu’on a l’herpès. On oublie qu’on se vend à rabais à cause de lui. On oublie qu’on s’est déjà vendue pour plein d’autres raisons.
Mais la réalité, cette ratoureuse, nous débusque toujours. Où qu’on se rende. Se renier pour ne pas affronter la souffrance du dévoilement, ça a un prix. La souffrance.
Celle de réaliser qu’on se désavoue. Qu’on se négocie à la baisse. Et c’est vachement plus souffrant que de dévoiler notre coloc.
Et on se rend à l’évidence: le bonheur de se choisir vaut bien la souffrance du dévoilement.
Pour un rien, je croirais que j’ai hâte à la prochaine fois.
Juste pour être fière.
Celle-là m’a bien fait rire…
Il s’agit du auvent du restaurant Heroes Sandwich Bar à Oxford en Angleterre.
Imaginez! Un seul coup de crayon, le mot Heroes devient Herpes!
Je n’y aurais même pas pensé moi-même et du coup j’ai mis un marqueur dans ma sacoche juste au cas où je croiserais un Heroes sur ma route!
C’est encore mieux que de dessiner une moustache sur une affiche et……… Hop! Un coup de crayon! Une nouvelle œuvre des Herpes Angels!
Et dites donc! Croyez-vous qu’ils servent cette marque de bière au Herpes Sandwich Club ?
Never mind buying souvenirs
You’re taking home HERPES!
Life sucks, have a pint…
Je suis célibataire. Le saviez-vous? Si vous ne le saviez pas, de deux choses l’une: ou vous faites semblant de lire, ou vous en êtes à votre première visite. Un ou l’autre, ce n’est pas grave. Je vous pardonne. Parce que ce texte, je l’écris pour moi, pour m’encourager sans doute. Dans mes jours plus sombres. Une petite thérapie à prix modique.
Pour mon plaisir, j’ai dressé la liste de toutes les relations amoureuses /sexuelles que j’aie entretenues depuis la rencontre. Ce jour où on m’a fait le petit cadeau qui allait me donner l’incommensurable chance de vous entretenir de mes états d’âme. Et de ma vie sexuelle débridée.
Il y a d’abord eu cette première rencontre. Déterminante. Positive. J’ai cru naïvement qu’après une si belle expérience, annoncer l’herpès me serait plus facile. Parce que peu importe la réaction à laquelle j’aurais à faire face, je saurais que rencontrer des hommes qui acceptent ma situation serait possible. Et c’est vrai, c’est possible. Par contre, j’attends toujours que l’annonce de l’herpès devienne plus facile et force m’est de constater que je vais attendre encore longtemps.
D’ailleurs, n’arrivant pas à m’infliger encore une fois cette épreuve, j’ai fait ce faux pas. Ne rien dire pouvait sembler facile comme solution mais quand comme moi, on succombe facilement au poids de la culpabilité, le secret devient vite trop lourd à porter. Exit la tranquilité d’esprit, bonjour les nuits blanches.
Entre l’angoisse de l’annoncer et celle de ne rien dire, j’ai cherché d’autres avenues. Je me suis dit que ce serait plus facile de rencontrer quelqu’un de mon select club. C’est émotivement moins éprouvant en effet, mais partager l’herpès n’est pas une raison pour demeurer avec quelqu’un. Dommage par contre parce que c’est franchement plus facile. À tout point de vue.
J’ai tenté une variante de mon expérience précédente afin, encore une fois, de ne pas avoir à affronter la terrible annonce. Oui c’est moins souffrant lorsque l’autre vous aborde en “sachant” . Mais ils ne sont pas légion à écumer les sites de rencontres à la recherche d’une Juliette-à-coloc et ils ne sont pas forcément compatibles. Ne cherchez pas. Je ne vous ai pas encore raconté cette histoire. Mais pour vous faire patienter jusqu’à ce que je vous la raconte, je dirais qu’elle ressemble étrangement à cette histoire. Mais avec une fin moins idylique.
Alors j’ai affronté ma grande angoisse et je l’ai annoncé, encore et encore , toujours avec des résultats qui m’ont remplie d’amour et de confiance envers la vie et la nature humaine. Mais qui n’ont jamais réussi à adoucir la violence de cette épreuve. Rien n’y fait: Çafamal!!!!
Pourtant, à la lumière de toutes ces expériences, je réalise que l’herpès n’a jamais été un facteur d’échec. Jamais. Le plus pénible en fait pour moi, vous l’aurez compris, c’est de le dévoiler. Me montrer dans toute ma vulnérabilité est mon pire supplice. Encore aujourd’hui. Et tant que je n’ai pas franchi ce pas, je me sens comme une imposteure.
Parce qu’une fois traversée cette épreuve, jamais l’herpès n’a été un obstacle dans les relations que j’ai entretenues. Je n’ai jamais failli à la promesse que je m’étais faite de ne jamais accepter d’être considérée comme un bouton ou de me considérer moi-même comme tel et de ce fait, faire quelque compromis que ce soit sur ma sexualité ou sur mes choix amoureux.
En fait, ce que l’herpès a modifié, c’est ma façon d’aborder les rencontres amoureuses. J’ai perdu mon insouciance. Je n’ai plus la confiance de me lancer dans une expérience amoureuse juste en me disant “have fun et pour le reste, on verra”. Il y a toujours le spectre de devoir annoncer l’herpès, la peur du rejet, qui plane et qui influence mes choix et mes décisions.
Mais ce n’est pas sans être positif à certains égards. Parce que si ce n’était de l’herpès, sans doute que mon palmarès comporterait un nombre de prétendants un peu trop gênant pour en faire la nomenclature exhaustive.
Dois-je encore conclure que malgré mon aigreur à son endroit, mon petit coloc persévère à me montrer son côté positif? C’est qu’il est tenace à se faire apprécier!!
Va-t-il y arriver? Hummm……. j’en doute!! Mais quoi qu’il en soit, s’il m’envoie mon Jules, je serai peut-être prête à revoir ma position à son égard. Et ne vous avisez surtout pas de me souhaiter le contraire juste pour pouvoir continuer à vous marrer sur le pathétisme de ma vie sexuelle. Je ne saurais vivre en vous sachant si mesquins!!!
Allez! Sans rancune!!

Ça c’est le genre de truc qui pourrait bien m’arriver… Misère !
Traduction libre :
(Hostie qu’il est pourri au lit, lui… Vite, vite faut que je trouve un moyen de m’en débarrasser…)
- Faut j’te dise : J’ai l’herpès!
- Cool… Moi aussi!
- …
Ma copine Loulou m’appelle pratiquement tous les matins. On se raconte tout et rien et on partage nos idées sur la vie. Il arrive parfois qu’une de nous deux ait un fait marquant à raconter. Ce matin là, Loulou n’en pouvait plus de ne pas me dire.
Loulou dans un souffle: Aaaaaaah! Faut que je te dise.
Nitouchka sentant le potin croustillant: Raconte!
Loulou embarrassée: Ben……. j’voulais pas te le dire……… J’ai hooooonte
Nitouchka assurée d’un potin croustillant: BEN LÀ!!! Raconte!!
Loulou: J’ai un amant!
Nitouchka: Oh! Ça on aime ça! Je suis toute ouïe!
Loulou: Il y a un mois, j’ai eu une soirée avec ma gang de …. J’avais du fun, le vin coulait pis toute la soirée, ce gars là tournait autour mais rien ne semblait vouloir vraiment se dessiner. J’avais aucune attente d’ailleurs. Je prévoyais rentrer sagement chez moi. Au moment de partir, il m’a offert de partager un taxi. Premier arrêt chez lui. Deuxième chez moi.
Nitouchka: Et?
Loulou: Je ne me suis jamais rendue chez moi.
Nitouchka: Ohhhh!! T’as couché avec?
Loulou: Beeeen…… oui!
Nitouchka: Et………….? Tu lui as dit?
Loulou: Ben……… Noooon!
Nitouchka: Condom?
Loulou: Ben là! Franchement………
Nitouchka: J’sais ben mais tsé comment chus mère poule! Ça valait la peine au moins?
Loulou: Franchement? Super!! Gentleman le monsieur. J’ai rien à dire! Il m’a collée toute la nuit, m’a fait le café le matin, a soigné ma gueule de bois aux aspirin et est venu me reconduire chez moi. C’était cool, relax et je suis rentrée chez moi prête à ranger ce moment dans le tiroir des bons souvenirs.
Nitouchka: Cool. Mais pourquoi t’as honte?
Loulou: Ben……… j’y ai pas dit.
Nitouchka: Ben là!!! Penses-tu franchement que je te jugerais là-dessus. Tu as fait ce que tu devais faire: t’as mis un condom, tu n’étais pas en crise, tu prends du Valtrex et en plus, il est un homme (il faut savoir que le risque de transmission de la femme vers l’homme est beaucoup plus faible que l’inverse). Tu connais ma position là-dessus! Il a plus de chance de gagner au 6/49 que d’avoir attraper l’herpès. Vous étiez chauds, c’est sans lendemain. Des risques tu en cours autant que lui. Voilà! No reason to be ashamed!
Loulou: Je le sais et je partage ton opinion aussi. Mais l’affaire c’est que je ne pensais pas qu’il me rappellerait. Mais il l’a fait. Et j’avais envie de le revoir. Et on s’est revu. Hier.
Nitouchka: oh!?…….
Loulou: ……….
Nitouchka: Tu as recouché avec sans lui dire.
Loulou piteuse: Hum! hum! ……… J’ai ben essayé de lui dire. Je passais mon temps à aller au toilette pour me faire des meetings de motivation mais chaque fois que je sortais de la salle de bain, le courage que je pensais avoir rassemblé arrivait même pas à passer le cadre de porte. Misèèèère!!! Là je pense rien qu’à ça. Je sais qu’il va rappeler. Je sais qu’on va se revoir. J’ai le goût de le revoir mais…….Pffff! Je suis épouvantable.
Nitouchka: Loulou rassure-toi. Je te comprends tellement. Mais TELLEMENT!! Ça fait toujours mal de devoir dévoiler notre petit secret! Ça coûte cher. Je le sais, tu le sais! C’est comme se lancer d’un avion, sans parachute, en sachant que la seule chose qui peut atténuer la chute c’est un tas de marde!! L’enfer mon p’tit minou! N’importe qui hésiterait à sauter! Par contre, dès que tu en as l’occasion, décharge toi de ton petit singe. Plus tu attends pour lui dire, plus ce sera difficile. Faut que tu lui dises!
Loulou: Je sais. Je le sais tellement. Mais avec déjà deux strikes, j’ai l’impression que le bout de la manche vient de me pogner dans l’engrenage mortel du scénario d’horreur!
Mon amie Loulou et moi on s’est fait un petit peptalk mutuel pour l’aider à plonger la prochaine fois que Monsieur Gentleman lui ferait signe. D’une part, on s’est entendues sur le fait que c’est bien pire d’être pris avec son secret que de le partager. Et plus on attend, pire c’est. Une rage de dent multipliée par 10 chaque fois qu’on remet ça à plus tard. Un court bilan de toutes les fois où on a eu à le dire a suffit pour conclure qu’on se sent tellement plus légère après.
D’autre part, M. Gentleman, on en était convaincues, n’était pas pour lui faire une scène et la traiter de tous les noms. Pas un gars qui te coule un café et te grille deux aspirines le lendemain de ce qui a tous les traits d’un one night.
Monsieur Gentleman a rappelé. Loulou avait eu le temps de mémoriser la Bible, de solidifier son courage et de faire la preuve qu’il ne sert absolument à rien de cacher quoi que ce soit à ses amies. L’union fait la force qu’ils disaient et c’est tellement vrai.
Devant une tasse de thé Loulou a dévoilé son secret comme on régurgite une livre de clous. Ça faisait mal et elle lui a dit. Monsieur Gentleman a été surpris bien entendu mais fidèle à ce qu’on attendait de lui. Il a posé des questions et cherché à comprendre ce qui lui était inconnu. Il a remercié Loulou de sa franchise, l’a saluée pour son courage et a reçu sa vulnérabilité comme une marque de confiance.
Ils ont eu une conversation très sincère, une conversation qui dépassait le niveau superficiel, comme rarement on peut en avoir avec des gens qu’on connait si peu. Loulou lui a dit que c’était sa réalité, qu’elle vivait relativement bien avec mais que le choix de l’accepter ou non, lui revenait à lui et qu’elle le respecterait, quel qu’il soit. M. Gentleman a été soulagé, elle l’a bien vu.
Même si elle aimerait bien qu’il le fasse, Loulou ne s’attend pas à ce qu’il rappelle. Elle le sait. Ça se sent ce genre de truc. Monsieur Gentleman, c’était implicitement clair depuis le début, ne cherchait pas une relation sérieuse.
Mais ce qui est bien dans cette histoire c’est que Loulou a réalisé que, quoi qu’il puisse décider, Monsieur Gentleman n’a pas le pouvoir de la rejeter. Quoi qu’il arrive, son choix se limite à accepter ou non l’herpès. Il n’a pas le pouvoir de changer qui elle est et ce qu’elle vaut. Ce choix, lui appartient à elle.
Et j’ai pensé à cette citation d’Eleanor Roosevelt et je me suis presque réconciliée avec l’herpès: “No one can make you feel inferior without your consent.”
Je roule sur St-Urbain direction sud (pas encore les couilles ou la bêtise pour rouler vers le nord!). Je vais rejoindre Amétys pour un petit 5 à 7 chez BU. Je suis au téléphone avec Bobette (oui j’ai un main libre) et je peste contre l’herpès parce que oui, encore, l’herpès me fait chier.
Nitouchka: Rien à faire, ça ne passe pas. Je hais l’herpès. Comme chaque fois que je dois le dévoiler à quelqu’un et que je peine à rassembler le courage pour le faire. Je hais le mec qui me l’a donné. Je hais la judéo-chrétienneté qui fait de ce petit bouton qui a eu le malheur de choisir un endroit gênant pour s’épanouir, un tabou de notre société. Je hais que cette teigne ait choisi d’élire domicile dans ma culotte.
Bobette: Je me joins à toi pour l’haïr alors. On hait toujours mieux à deux.
Nitouchka: Ben kin! Pour qui il se prend au juste? Non mais réfléchis la chose 30 secondes. Y’existe ben plus dramatique que ça! Sans blague écoute! Le weekend passé j’ai eu mal au dos. Solide! Ben criss, c’est ben plus d’ouvrage avoir mal dans le dos qu’avoir l’herpès. Fait qui peut ben se prendre pour qui il veut le coloc mais je te jure que j’aime mieux avoir l’herpès qu’avoir mal au dos.
Bobette: C’est vrai à qui le dis-tu! Avoir mal dans le dos ça handicape en sale! C’est comme les migraines chroniques. Moi j’ai connu une fille qui avait ça. Elle pouvait arrêter de vivre pendant une semaine quand elle avait mal à la tête.
Nitouchka: Mets-en! Couchée au lit pus de vie! Au yable la job, la vie sociale! Et le sexe? Penses-y même pus!! T’es un petit légume avec une tête d’une tonne et quart. On s’entend-tu que l’herpès ça empêche pas de fonctionner?
Bobette: En effet! J’abonde! Le coloc est moins incommodant qu’un mal de dos ou un mal de tête. Bon…. un peu incommodant parfois mais quand même. C’est mieux que….. souffrir d’emphysème genre!!
Nitouchka: My god!! Vas demander au gars qui traine sa bonbonne d’oxygène si y’aimerait pas mieux avoir un petit bouton à la place!! La question se pose pas me semble!!
Bobette: C’est vrai qu’y'a des tares ben pire. Imagine que t’as une grosse tache de vin dans le visage? Une qui te mange la moitié de la face!! Ouuuuuu!! J’pense que j’aime mieux l’herpès.
Nitouchka: Rire. You bet!! Ou t’être fait amputer un sein après un cancer genre! Me semble que c’est ben pire pour l’estime que le coloc non?! Ça vient te charcuter la féminité bien plus sauvagement que notre tit ami.
Bobette: Ou ben être né avec juste trois vertèbres ou pas de bras ou pas de jambe!
Nitouchka: Ou le sida!! Moi quand l’herpès me fait ben chier, je me dis que j’aurais pu pogner le sida!
Bobette: Ça c’est clair. Je pense qu’on a tous pensé à ça.
Nitouchka: Mouais.
Bobette: ……
Nitouchka: Tsé l’eczéma c’est une forme d’herpès. C’est pourtant socialement plus acceptable d’avoir de l’eczéma que d’avoir l’herpès.
Bobette: Ouais. Socialement peut-être mais esthétiquement par contre……..
Nitouchka: Hiiiiiii!!! Ouais! Pas joli joli!! Imagine avoir les jambes arquées. Tsé comme la fille dans Cruising Bar!!
Bobette: Ouiiiiiiii!!! J’échangerais jamais mon herpès contre une obésité morbide genre!!
Nitouchka: Ou être ben laid!!
Bobette: C’est comme pour un homme! Imagine: t’as pas l’herpès et tu as le choix entre un gentil monsieur avec un ti ti ti pénis ou un gentil monsieur avec une belle grosse queue……….et l’herpès!!!
Nitouchka: Hiiiii!! My god! J’avoue que j’aurais eu un méchant meeting avec ma conscience!!
Bobette: C’est comme un gars stomisé!! Ou pire!!! Être soi-même stomisée!! Never in a life time!!
Nitouchka: Stomisé? C’est quoi ça?
Bobette: Tsé quand t’es pogné avec un sac?
Nitouchka: Ouuuuuffff!! METS-EN!!!! Je prendrais la totale anytime! Herpès bucal, génital, oculaire, nasal, name it mais, oh my god, laissez-moi chier dans les toilettes svp!!!
Bobette: Ouais. Ça c’est pas drôle.
Nitouchka: Ouais.
Bobette: On est chanceuses dans le fond.
Nitouchka: Ouais. Imagine que t’aies des jambes de cowboy, une stomie et qu’en plus, t’as l’herpès.
Bobette: Hiiiiii!!! Ça c’est gagné à la loterie du looser! C’est clair.
Nitouchka: Mouais…..
Bobette: ……..
Nitouchka: …….
Bobette: Ouais. Y’a quand même du monde qui ont des jambes de déesse, pas de stomie, ni de cancer, ni d’emphysème pis…….. pas d’herpès non plus.
Nitouchka: Ouin. Pis qui sont ni grosses, ni laides.
Bobette soupirant: Ouin.
Nitouchka soupirant itoo : Ouais ben….. quand on se compare ou bedon on se console, ou bedon on se désole.
Bobette: Ouais! Qui disent…….
Nitouchka: Fait que, toi aussi t’es célibataire maintenant.
Bobette: Mouais.
Nitouchka: Fait que toi aussi………
Bobette: J’vais devoir annoncé que j’ai……..
Nitouchka: Ouin ben! Re-bienvenue!
Bobette: Misère! ……….. tu fais quoi là?
Nitouchka: Je m’en vais prendre un verre avec Amétys. Tu viens?
Bobette: J’irais bien mais… j’ai mal dans le dos!
L’autre matin, je me suis levée de bonne humeur, je me sentais bien dans ma peau et je me croyais dans un film de Walt Disney avec chansons, animaux parlant et tout le tralala.
Je suis arrivée au travail dans cet état d’esprit et quand j’ai vu mes collègues, j’ai eu une envie soudaine de leur parler de mon petit secret. Quand même, que je me suis dit, c’est juste l’herpès, ils ont bien des feux sauvages eux pis de toute façon y’a rien là l’herpès, y’a tellement pire. Ils vont enfin arrêter de me demander pourquoi je suis encore célibataire, ils ont peut-être même des amis herpétiques à me présenter. Je n’aurai plus ce lourd secret à porter et je pourrai leur parler librement. Notre relation n’en sera que plus forte. Je gagne sur tous les points.
J’imagine que je devais avoir l’air bizarre car ils ont arrêté leur conversation et m’ont regardée d’un drôle d’air.
Collègue – T’as quelque chose de différent toi ce matin, raconte!
Ametys -…..
Ametys – Quelqu’un voudrait un p’tit café?
On le sait tous, ce qui a de pire chez le coloc, c’est d’avoir à l’annoncer…. C’est une vraie calamité! On angoisse, on a peur du rejet, on en tremble bref, on passe par une multitudes d’émotions pas plus jojos les unes que les autres.
Mais NOUS, on a pensé à vous! Pis on veut tellement vous aider qu’on a décidé de mettre à votre disposition un petit guide contenant une multitude de formules pratiques pour annoncer à votre partenaire que vous avez l’herpès.
Et parce qu’on vise haut et que l’herpès fait dans la globalisation, on lui a trouvé un nom international à notre petit guide:
THE HERPIZE BIBLE
Là où annoncer qu’on a l’herpès devient un art!
La classique des classiques
Celle qui s’apparente à un saut en parachute et qui consiste à dire:
- J’ai quelque chose à te dire… (bien que peu originale, elle demeure d’une efficacité à toute épreuve. Essayez de reculer après ça!)
Les moyens odieux détournés
- Laves-tu souvent ta salle de bain? Parce que j’pense que j’ai pogné quelque chose chez vous! (L’attaque!! Agressif sans contredit! Si vous la testez, on en veut des nouvelles!)
- T’sais l’autre jour quand on riait du gars avec le bobo dans la face? Ben moi c’est bien moins pire que lui. On le voit pas au moins! (À utiliser avec parcimonie et sur des gens à intelligence réduite de préférence)
- J’arrive du médecin il m’a dit que j’ai le sida…… Bien non, c’t’une joke, j’ai juste l’herpès! (Une des préférées à Nitouchka. On a toutes nos petits chouchoux!)
- Au préalable, il faut coucher avec la personne au moins une fois. Attendre quelques jours. Lui téléphoner en pleurant et sur un ton accusateur… – Salaud, tu m’as refilé l’herpès! (Hi! Hi! Hi! C’est chien mais c’est drôle en criss!)
- J’pensais que j’étais juste irrité mais devine quoi? (c’est juste l’herpès? On travaille sur la réponse. Pas encore au point!)
- C’est quoi le bobo que t’as là, dans la face????? Ouache, cache ça dans tes culottes! Moi c’est ça que j’ai fait! (Dans le genre: Allo le con! Tout le monde a compris ça depuis longtemps!)
- Ça te pique tu toi des fois? (D’un air innocent qui assure de notre ignorance. Ça appelle le sens protecteur de l’autre. À utiliser de préférence par les filles. C’est pas qu’on est sexistes, loin de là, juste très calculatrices!! hé! hé!)
- Ben là, je pense que tu m’as donné l’herpès… (Vlan! Dret de même. Sans autre préavis. Avec un ton accusateur bien entendu) Dépendamment de la réaction de votre interlocuteur, voici quelques options de réparties: Ben oui ça saute sur le monde! Tout le monde sait ça! (pour les épais) Ben où c’est que tu penses que j’aurais pogné ça hein?! (pour celui qui soulèverait un doute) Vous pouvez même poursuivre l’odieux sur celui qui voudrait s’en excuser: Ben non, capote pas! Je te laisserai pas de même. Pauvre toi!
Les moyens coquins
- Si t’es fin – maudit chanceux – j’ai un petit cadeau pour toi! (L’air coquin séduit toujours!)
- T’aimes-tu ça le picoté rouge toi? Viens voir dans ma culotte tu vas voir c’est cute! (Trop chou!!!)
- As-tu déjà gagné à la loterie? Ben moi j’ai le numéro chanceux dans ma culotte!! (Tous les manuels le disent: il faut demeurer positif!!)
- Je t’aime mais il te manque un petit quelque chose! (Ça pique la curiosité c’est certain! Pour l’efficacité?……….hummm…….faudrait tester!!)
La façon Harlequin ou L’art de s’ouvrir les veines
- Si je ne veux pas coucher avec toi, c’est pour te protéger! (snif! snif! Le bras dans le front, en démontrant bien l’acte d’abnégation que vous êtes entrain de faire! À utiliser avec les âmes de sauveurs!)
- Est-ce que peu importe ce qui va arriver, tu vas m’aimer? (La culpabilisation est une option qui fonctionne encore très bien de nos jours!)
- Serais-tu prêt à mourir pour moi?…… Je ne t’en demanderai pas tant mais… (variante de “J’ai le sida….”)
- Tu es l’amour de ma vie! J’irais jusqu’au bout du monde pour toi! Et toi, irais-tu jusqu’à la pharmacie pour m’acheter du Valtrex? (Un peu d’humour et d’éducation. Heureux mélange!)
- En échange de tout l’amour que tu me portes, j’aimerais aussi t’offrir un petit quelque chose qui vas nous unir pour la vie! (D’un romantisme à toute épreuve!!)
À la Paris Hilton ou Quand être conne devient un art
- On m’avait dit herpès mais je pensais qu’il parlait du designer moi. Ah c’est Hermès??? J’savais pas.
- Quand mon ex m’a dit qu’il allait me donner un Herpès, je pensais que c’était le sac haute couture. J’étais tellement contente! Heille j’ai tu pogné mon air tu penses quand j’ai réalisé que c’était l’herPès!! Pfff!
Pour les intellos
- Savais-tu que selon Statistiques Canada, 105% des gens ont l’herpès? Je suis tellement contente d’être au dessus de la moyenne. Toi?
Les indéfinissables
- Aimes-tu ça dégaler des bobos avec tes dents? (Dégueux mais efficace pour se débarrasser rapidement d’un prétendant embêtant!)
Bien entendu, ceci est la première version et nous comptons améliorer notre produit. D’ailleurs, à cet effet, votre apport est souhaité. Vous connaissez un moyen infaillible d’annoncer l’herpès? On veut savoir!!!
Je vous avais promis une histoire de sexe. C’était pour vous apâter. En fait, c’est une histoire de haine et d’amour. De haine envers le grand H. D’amour envers le grand A.
Il est cher à mon coeur depuis longtemps. Très très longtemps. Bien avant que je ne rencontre le coloc. Bien avant que la vie ne me balance son lot d’expériences et quelques rides.
Et le revoilà. Il est marié. Rien n’est parfait dans ce bas monde.
Il est venu chez moi, une première fois. Chastement. Mais lorsque sa tête s’est nichée sur mon épaule et que nos corps se sont accrochés l’un à l’autre dans un aurevoir, j’ai senti la muraille trembler.
Puis une deuxième fois. Moins chastement. Sur le pas de la porte, nos lèvres se sont reconnues. C’était comme si les vannes d’un vieux barrage cédaient. J’ai su que le torrent ratisserait large si je n’endiguais pas immédiatement ce flot violent.
Mais il est revenu une troisième fois. Et j’ai sombré dans les abysses du désir. Aucune digue ne pouvait plus retenir ces eaux dormantes soudainement libérées. Ma volonté et mes principes ont été emportés.
Bien entendu, mon petit coloc me regardait, amusé: “Et dis-moi Nitouche, tu fais quoi maintenant?”
Moi: J’ai la situation bien en main t’inquiète.
Coloc: C’est évident. Une fille nue dans un bain avec un homme, tout aussi nu, c’est l’image parfaite du contrôle.
Moi: Ta gueule!
Je ressemblais à une Nitouche qui n’a rien de sainte. Nue, me noyant dans la mousse et le vin et l’assurant que je ne coucherais pas avec lui. Pitoyable.
Mais Lui: Ça me convient parfaitement. Je ne suis pas pressé. Aujourd’hui, demain, à l’Halloween, ça se présentera c’est tout.
Et il m’a attirée à lui, lovant mon corps au sien. Devant ma résistance à l’abandon il a rigolé:
Relaxe Nitouche. Tu sais que si tu veux me parler de ta Chlamydia je vais comprendre.
J’ai ri juste un peu trop fort. Juste une seconde trop longtemps.
Nous avons noyé nos corps et leurs plaisirs sans jamais toutefois mélanger nos fluides. C’était divin. C’était souffrant.
Lorsqu’il a quitté je savais qu’il me fallait sauter du navire mais ma volonté était une guimauve grillée. J’ai passé en revue mes beaux principes sur les hommes mariés mais je savais pertinemment que si ça n’avait été du coloc, j’aurais plongé à corps perdu dans sa galère.
C’est là qu’Ametys m’a ramenée à la raison.
Puis il est revenu. Une quatrième fois.
C’était contre toute raison mais juste une fois, une seule fois, je souhaitais m’y laisser couler.
Je me devais de l’introduire au coloc.
J’en ai été incapable. Parce que de tous les rejets, le sien aurait été trop douloureux. Je n’ai pas su assumer.
C’est là que je l’ai détesté.
Je me suis cachée derrière mes principes, prétextant que cette situation risquait d’être trop douloureuse, que mes attentes surpassaient les siennes. Que je l’attendais depuis si longtemps que je ne pourrais jamais me résoudre à une si infime partie de lui.
Le pire c’est que c’est vrai.
Mais l’encore plus pire si ça se trouve, c’est que je sais pertinemment que sans l’herpès, j’aurais sauté dans cette galère malgré la certitude de m’y fendre le coeur.
L’herpès a fait ce qui se devait.
Je devrais lui dire merci sans doute. Mais je ne l’aimerai jamais pour autant.



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