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C’est pas parce qu’on a un coloc qu’on n’a plus de libido…  Ouais, ouais…   J’vous l’dis sauf qu’après avoir essuyé plusieurs échecs amoureux relevés du goût amer de la présence de mon ami,  j’ai cru, pendant un certain temps, que tout espoir de baise était devenu vain et que le seul moyen de calmer ma libido était l’auto suffisance.

Je venais de tuer d’épuisement mon amant de l’autonomie, Pharaon premier en forme de sarcophage, ainsi que son fidèle compagnon dauphin Flipper. Un couple très mal assorti, mais d’une efficacité exemplaire…

J’étais donc en deuil le jour où le coloc et moi nous sommes retrouvés dans l’un des sex shop où on vend le plus de gadgets au pied carré.

- Ouiiiiii, bonjour, on peut vous aider?

- Heuuuuuu, ben, heuuu ouais, heu je me cherche un truc genre de heuuu gadget… vibrateur? Vous voyez……………..?  Si j’ai des préférences?  Bien humm je ne sais pas trop, mon ancien modèle était un type du genre  pharaon à dauphin… Heu environ long de même… Il tournait… Je l’aimais bien le dauphin làààà sur le dessus pour stimuler le… le… le…e…

La vendeuse qui nous dirige vers le rayon de la débandade me sort un premier modèle.  Une énormité - que dis-je - un monstre…….. Le King Kong des vibrateurs!  Oufff!………. N’ayant peine à imaginer la crise d’irritabilité du coloc en réaction à un pareil attirail, je demande à la vendeuse de me montrer quelque chose d’un peu plus raisonnable.  Elle me sort alors une panoplie de verges qui se mettent à se tortiller sur les présentoirs.   Certaines font rouler des billes, d’autres vrombissent alors que plusieurs font trémousser leur petit pingouin, tentant chacune, de leurs meilleurs atouts,  de justifier leur prix  allant de 125$ à 200$.

- Heu bien c’est juste que….. heuuuu… (petite gène humiliante). Vous n’auriez rien de plus abordable pour une fille monoparentale sans trop de budget?

Elle me fait alors un large sourire et m’amène vers l’arrière boutique où elle me sort un petit vibrateur à quarante cinq dollars, tout ce qu’il y a de plus mignon, avec billes, dauphin et courbe à point G. Elle le place devant moi en me disant de mettre mon doigt sur le dauphin et actionne le petit bijou en faisant alterner ses 7 modes de vibrations et ses 3 vitesses de rotation… Wow, je sens illico mes sous vêtement s’humecter et mon compte en banque se réjouir!

Fière de ma trouvaille, j’avais vraiment hâte d’atteindre la maison mais ce jour là, il y avait un trafic monstre, si bien que j’ai cru que j’arriverais une fois l’école terminé et les enfants rentrés.   Z-U-T! Mais finalement  j’ai de la chance et je jouis d’une bonne heure avant leur retour…  

J’ouvre le paquet, examine le bijou et me rends compte que Monsieur X consomme des triples A… RE Z-U-T!  Feu Pharaon lui, consommait des doubles et je n’ai aucune pile pour Monsieur X!!! Je fulmine et me torture d’envie d’essayer mon nouveau gadget.  Alors que je me crois prise au dépourvue, j’ai le flash d’avoir acheté des triples A pour un des jouets de mes petits… Ouais mais lequel, je ne m’en souvenais plus!

Tournevis en main, Monsieur X de l’autre, j’entrepris alors de retrouver les fameuses piles qui m’apporteraient le bonheur momentané dont j’avais tant envie et après avoir démonté multiples bidules, Eurêka! Elles se trouvaient dans la petite locomotive musicale rouge de mon petit dernier. Je pris les piles, équipai Monsieur X et alla à la rencontre de mon petit bonheur.

Je n’y repensais plus jusqu’à ce qu’une une petite voix attristée me dise :

- Maman… Ma locomotive rouge ne fonctionne plus! :-(

- Oh, mon pauvre chéri! Les piles doivent être morte, maman ira t’en acheter demain! :-D

Pas que je veuille faire compétition à Amétys mais ma journée magasinage d’hier a certainement irrité le coloc au plus haut point!

Rien de plus simple, je n’avais besoin que d’un ballon de flottaison dorsal pour un de mes enfants qui a développé le style roche en bassin d’eau! Mon idée première était de commencer chez Walmart mais puisqu’à chaque fois que j’y vais je regrette de ne pas être allée chez Zellers, nous sommes allés chez Zellers en premier lieu…

Évidemment, il n’y avait pas de ballon! Mais, tant qu’à y être, nous avons visité les rayons des robes et sacoches pour maman, et des sandales pour roche.
Facture : 62$.

Comme on passait tout près de chez Jisk qui annonçait de superbes aubaines gonflables… Et qui dit aubaine, interpelle Bobette…!  Nous nous sommes arrêtés net! Pfffttttt! Dégonflage subit, j’en suis ressortie bredouille mais indemne!

Au tour de Costco, où on trouve des trucs saisonniers en quantité industrielle mais rien pour faire flotter une roche, j’en ai profité pour acheter une meule de Cambozola et quelques babioles. En arrivant à la caisse, la caissière me dit:
«Mais madame, votre abonnement est échu depuis mai… Vous n’avez pas reçu votre avis? Il vous faut payer dès maintenant»…
Avoir su!… Facture: 169$

La roche et moi étions affamés… Arrêt dans une aire de service…
Et on additionne 19$!

Ultime tentative: Toy R Us, l’endroit où il y a une tonne de jouets et assurément un ballon dorsal!… Bien non!… Y en avait pas!… Frustrée, j’ai acheté des brassards flottants en mousse -supers chers- et une babiole à la roche qui était prête, elle aussi, à se taper une crise de nerf…
Je m’en suis sortie pour la modique somme de 34$!

Revenue à la maison, j’ai réalisée que je venais de dépenser près de 300$ pour quelques niaiseries et une robe patate! :shock:J’aurais donc dû aller chez Walmart!

J’étais tellement frustrée que j’ai téléphoné Amétys qui était aussi en grande période de magasinage infructueuse et frustrante. Non mais quel adon!… Elle se cherchait un soutien-gorge et en était à son Xième essayage…

Tout en me jasant, elle entre dans un magasin et je l’entends dire :
Bonjour! Avez-vous des ballons de flottaison?…… – Mais bien sûr madame, ils sont juste là! :-?

Je lui dois 25$.

Reste à savoir maintenant à laquelle de nous deux le coloc va faire sa crise en premier… C’est un défi!

Ce jour là fut mémorable…
Pour ses poussés, ses douleurs, ses pleurs, ses joies et pour le miracle qu’est la venue au monde d’un petit être humain.

Mais ce jour là fut aussi mémorable à cause du comportement imbécile d’une horde de médecins et d’étudiants sans cœur…

À quarante et une semaine de grossesse, je n’en pouvais plus de faire le tonneau et je fus fort soulagée lorsque le moment tant attendu arriva enfin. Tout se déroula parfaitement bien à l’exception que j’étais atteinte d’une petite crise d’herpès; le coloc étant toujours bon premier à arriver lors d’un événement stressant!

Ça devait aussi être une nuit de pleine lune car le département d’obstétrique, rempli à craquer, n’avait plus de chambre privée ce qui fait que je me suis retrouvée dans un dortoir communautaire avec une bonne douzaine de femmes. Fières mamans que nous étions, nous avions entrepris de parler de nos expériences de délivrance: «Votre premier? Ça bien été? Douloureux?»…

La suite s’est déroulée comme un film absurde et de mauvais goût où j’aurais obtenu le rôle de première actrice. Chanceuse va!…

Des pas s’approchent, on dirait un troupeau. Tout le monde se tait.
Les portes du dortoir s’ouvrent, laissant apparaître une horde de médecins et d’étudiants. Le premier d’entre eux a un spot d’éclairage au beau milieu du front.

Le silence règne et toutes les femmes se regardent devinant que ce n’est pas de bon augure.  La horde avance à pas soutenus jusqu’au beau milieu de la pièce et l’éclaireur s’écrit : «C’est qui la madame avec l’herpès?».

Je me sens fiévreuse, ma pression monte et j’ai des sueurs froides comme si je devais aller à l’abattoir. Je sens que les yeux du monde cherchent la bête alors que les miens se baissent… Prise au piège, sans aucune avenue disponible, je soulève doucement la main comme pour avouer mon crime…

J’ai la voix qui tremblote un «C’est moi» à peine audible. Les regards inquisiteurs stoppent leur course et se posent sur moi.

La horde se précipite sur mon lit, tire les rideaux avec fracas et l’éclaireur s’exclame avec la voix d’un baryton qui aurait eu de la poudre à canon au cul: «Écartez les jambes, nous sommes venus étudier le coloc, vous êtes sous observation!». Ébahie, je m’exécute stupidement devant le spot frontal de l’éclaireur alors que le restant du troupeau s’approche, observant les moindres replis de mes parties intimes endolories et gonflées par la naissance. Personne ne remarque les larmes qui coulent sur mes joues.

Après quelques huuummm humm savants, la horde disparut aussi subitement qu’elle était arrivée en prenant bien soin de retirer les rideaux qui m’isolaient. J’étais assommée. Et c’est en secouant la tête pour tenter de sortir de ma torpeur que j’ai réalisé que nous étions une douzaine de femmes à discuter accouchement avant que le troupeau d’imbéciles se jette sur moi.

J’ai haussé mon regard et pas moins de 22 yeux m’épiaient… Je me suis levée, j’ai refermé les rideaux, j’étais humiliée et j’ai pleuré. J’imagine que les onze autres femmes ont eu peur que je les contamine et ont fait pression car, comme par magie, une chambre privée s’est libérée. Juste pour moi!

Au moins, j’ai eu la paix pour le restant de mon séjour! ;-)

____________
Malgré tout, j’ai appris de cette froide expérience.  Je me suis bien préparée en vue de mon deuxième accouchement qui s’est aussi déroulé par voie naturelle. Cette fois, à l’hôpital Ste-justine où les médecins ont été beaucoup plus respectueux.
Si vous êtes enceinte et que vous avez l’herpès, il y a des médicaments que vous pouvez prendre une ou deux semaines avant d’accoucher afin de prévenir les crises et qui sont sans danger pour bébé… N’hésitez pas à en parler à votre médecin et référez-vous à une clinique obstétrique spécialisée. Vous pouvez aussi m’en parler dans la section questions, ça me fera plaisir de vous répondre et de vous donner des références.

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Mon cher coloc m’a souvent fait suer, c’est vrai! Mais je dois admettre qu’il m’a aussi apporté d’excellents souvenirs dont j’ai gardé quelques clichés…

Ça c’est la jour où j’ai annoncé à ma plus vieille la présence de mon hôte.  On a bien jasé, pleuré et ri! De merveilleux moments remplis d’émotions où mon coloc a apporté pas mal de positif dans ma vie en me donnant tout un coup de pouce dans mon rôle parental.

Nous nous sommes serrés dans nos bras, tous les trois, et ce fut le début d’une belle relation!… ;-)

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

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