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J’en avais marre.  C’est demandant annoncer l’herpès.  C’est demandant de s’investir dans une relation.   Et échouer.

Alors on cherche des voies plus faciles.   Moins souffrantes.  Juste pour ne pas être seule.

J’ai ouvert une fiche sur un site de rencontre.  Droit au but.  J’ai l’herpès.  Que ça vous plaise – laissez-moi un message - ou non - passez votre chemin.

Il a écrit.  Il aimait la différence, le courage et était curieux j’imagine.  Il ne m’a pas particulièrement plu au premier contact.  Arrogant.  Suffisant.

Par un soir de déprime, de manque, je me suis dit pourquoi pas.  Il sait, il veut me voir.  S’il m’en donne le goût, let’s go.  Qu’est-ce qu’une fille ne ferait pas lorsque les hormones et la solitude la mettent au supplice.

On se donne rendez-vous dans un petit bar.  Il est beau comme un coeur, plutôt charmant.  Superficiel.  Mais who cares, le calvaire du dévoilement est évité et à ce moment, ça n’avait pas de prix.

Durant une semaine et quelques une de trop, je me suis rendue chez lui oublier un paquet de choses dans ses bras.  Et on oublie, pour un moment. 

On oublie qu’on a l’herpès.  On oublie qu’on se vend à rabais à cause de lui.  On oublie qu’on s’est déjà vendue pour plein d’autres raisons.

Mais la réalité, cette ratoureuse, nous débusque toujours.  Où qu’on se rende.   Se renier pour ne pas affronter la souffrance du dévoilement, ça a un prix.  La souffrance.

Celle de réaliser qu’on se désavoue.  Qu’on se négocie à la baisse.  Et c’est vachement plus souffrant que de dévoiler notre coloc. 

Et on se rend à l’évidence:  le bonheur de se choisir vaut bien la souffrance du dévoilement. 

Pour un rien, je croirais que j’ai hâte à la prochaine fois. 

Juste pour être fière.

Je suis célibataire.  Le saviez-vous?  Si vous ne le saviez pas, de deux choses l’une:  ou vous faites semblant de lire, ou vous en êtes à votre première visite.  Un ou l’autre, ce n’est pas grave.  Je vous pardonne.  Parce que ce texte, je l’écris pour moi, pour m’encourager sans doute.  Dans mes jours plus sombres.  Une petite thérapie à prix modique.

Pour mon plaisir, j’ai dressé la liste de toutes les relations amoureuses /sexuelles que j’aie entretenues depuis la rencontre.  Ce jour où on m’a fait le petit cadeau qui allait me donner l’incommensurable chance de vous entretenir de mes états d’âme.  Et de ma vie sexuelle débridée.

Il y a d’abord eu cette première rencontre.  Déterminante.  Positive.  J’ai cru naïvement qu’après une si belle expérience, annoncer l’herpès me serait plus facile.  Parce que peu importe la réaction à laquelle j’aurais à faire face, je saurais que rencontrer des hommes qui acceptent ma situation serait possible.  Et c’est vrai, c’est possible.   Par contre, j’attends toujours que l’annonce de l’herpès devienne plus facile et force m’est de constater que je vais attendre encore longtemps.

D’ailleurs, n’arrivant pas à m’infliger encore une fois cette épreuve, j’ai fait ce faux pas.  Ne rien dire pouvait sembler facile comme solution mais quand comme moi, on succombe facilement au poids de la culpabilité,  le secret devient vite trop lourd à porter. Exit la tranquilité d’esprit, bonjour les nuits blanches.

Entre l’angoisse de l’annoncer et celle de ne rien dire, j’ai cherché d’autres avenues.  Je me suis dit que ce serait plus facile de rencontrer quelqu’un de mon select club.  C’est émotivement moins éprouvant en effet,  mais partager l’herpès n’est pas une raison pour demeurer avec quelqu’un.  Dommage par contre parce que c’est franchement plus facile.  À tout point de vue.

J’ai tenté une variante de mon expérience précédente afin, encore une fois, de ne pas avoir à affronter la terrible annonce.  Oui c’est moins souffrant lorsque l’autre vous aborde en “sachant” .  Mais ils ne sont pas légion à écumer les sites de rencontres à la recherche d’une Juliette-à-coloc et ils ne sont pas forcément compatibles.  Ne cherchez pas.  Je ne vous ai pas encore raconté cette histoire.  Mais pour vous faire patienter jusqu’à ce que je vous la raconte, je dirais qu’elle ressemble étrangement à cette histoire.  Mais avec une fin moins idylique.

Alors  j’ai affronté ma grande angoisse et je l’ai annoncé,  encore et encore , toujours avec des résultats qui m’ont remplie d’amour et de confiance envers la vie et la nature humaine.  Mais qui n’ont jamais réussi à adoucir la violence de cette épreuve.  Rien n’y fait:  Çafamal!!!!

Pourtant, à la lumière de toutes ces expériences, je réalise que l’herpès n’a jamais été un facteur d’échec.  Jamais.  Le plus pénible en fait pour moi, vous l’aurez compris, c’est de le dévoiler.  Me montrer dans toute ma vulnérabilité est mon pire supplice.  Encore aujourd’hui.  Et tant que je n’ai pas franchi ce pas, je me sens comme une imposteure.

Parce qu’une fois traversée cette épreuve, jamais l’herpès n’a été un obstacle dans les relations que j’ai entretenues.  Je n’ai jamais failli à la promesse que je m’étais faite de ne jamais accepter d’être considérée comme un bouton ou de me considérer moi-même comme tel et de ce fait, faire quelque compromis que ce soit sur ma sexualité ou sur mes choix amoureux.

En fait, ce que l’herpès a modifié, c’est ma façon d’aborder les rencontres amoureuses.  J’ai perdu mon insouciance.  Je n’ai plus la confiance de me lancer dans une expérience amoureuse juste en me disant “have fun et pour le reste, on verra”.  Il y a toujours le spectre de devoir annoncer l’herpès, la peur du rejet,  qui plane et qui influence mes choix et mes décisions.

Mais ce n’est pas sans être positif à certains égards.   Parce que si  ce n’était de l’herpès, sans doute que mon palmarès comporterait un nombre de prétendants un peu trop gênant pour en faire la nomenclature exhaustive.

Dois-je encore conclure que malgré mon aigreur à son endroit, mon petit coloc persévère à me montrer son côté positif?  C’est qu’il est tenace à se faire apprécier!! 

Va-t-il y arriver?  Hummm……. j’en doute!!  Mais quoi qu’il en soit, s’il m’envoie mon Jules, je serai peut-être prête à revoir ma position à son égard.   Et ne vous avisez surtout pas de me souhaiter le contraire juste pour pouvoir continuer à vous marrer sur le pathétisme de ma vie sexuelle.  Je ne saurais vivre en vous sachant si mesquins!!! ;-)    Allez!  Sans rancune!!

Je roule sur St-Urbain direction sud (pas encore les couilles ou la bêtise pour rouler vers le nord!).  Je vais rejoindre Amétys pour un petit 5 à 7 chez BU.  Je suis au téléphone avec Bobette (oui j’ai un main libre) et je peste contre l’herpès parce que oui, encore, l’herpès me fait chier.

Nitouchka:   Rien à faire, ça ne passe pas.  Je hais l’herpès.  Comme chaque fois que je dois le dévoiler à quelqu’un et que je peine à rassembler le courage pour le faire.  Je hais le mec qui me l’a donné.  Je hais la judéo-chrétienneté qui fait de ce petit bouton qui a eu le malheur de choisir un endroit gênant pour s’épanouir, un tabou de notre société.  Je hais que cette teigne ait choisi d’élire domicile dans ma culotte. 

Bobette:  Je me joins à toi pour l’haïr alors.  On hait toujours mieux à deux.

Nitouchka:  Ben kin!  Pour qui il se prend au juste?   Non mais réfléchis la chose 30 secondes.  Y’existe ben  plus dramatique que ça!  Sans blague écoute!  Le weekend passé j’ai eu mal au dos.  Solide!  Ben criss, c’est ben plus d’ouvrage avoir mal dans le dos qu’avoir l’herpès.  Fait qui peut ben se prendre pour qui il veut le coloc mais je te jure que j’aime mieux avoir l’herpès qu’avoir mal au dos. 

Bobette: C’est vrai à qui le dis-tu!  Avoir mal dans le dos ça handicape en sale!  C’est comme les migraines chroniques.  Moi j’ai connu une fille qui avait ça.  Elle pouvait arrêter de vivre pendant une semaine quand elle avait mal à la tête.

Nitouchka:  Mets-en!  Couchée au lit pus de vie! Au yable la job, la vie sociale!  Et le sexe?  Penses-y même pus!!  T’es un petit légume avec une tête d’une tonne et quart.  On s’entend-tu que l’herpès ça empêche pas de fonctionner?

 Bobette: En effet!  J’abonde!  Le coloc est moins incommodant qu’un mal de dos ou un mal de tête.  Bon…. un peu incommodant parfois mais quand même.  C’est mieux que….. souffrir d’emphysème genre!! 

Nitouchka:  My god!!  Vas demander au gars qui traine sa bonbonne d’oxygène si y’aimerait pas mieux avoir un petit bouton à la place!!  La question se pose pas me semble!!

Bobette: C’est vrai qu’y'a des tares ben pire.  Imagine que t’as une grosse tache de vin dans le visage?  Une qui te mange la moitié de la face!!  Ouuuuuu!!  J’pense que j’aime mieux l’herpès.

Nitouchka:  Rire.  You bet!!    Ou t’être fait amputer un sein après un cancer genre!  Me semble que c’est ben pire pour l’estime que le coloc non?!  Ça vient te charcuter la féminité bien plus sauvagement que notre tit ami.

Bobette: Ou ben être né avec juste trois vertèbres ou pas de bras ou pas de  jambe!

Nitouchka:  Ou le sida!!  Moi quand l’herpès me fait ben chier, je me dis que j’aurais pu pogner le sida!

Bobette: Ça c’est clair.  Je pense qu’on a tous pensé à ça.

Nitouchka:  Mouais.

Bobette: ……

Nitouchka:  Tsé l’eczéma c’est une forme d’herpès.  C’est pourtant socialement plus acceptable d’avoir de l’eczéma que d’avoir l’herpès.

Bobette: Ouais.  Socialement peut-être mais esthétiquement par contre……..

Nitouchka:  Hiiiiiii!!!  Ouais!  Pas joli joli!!  Imagine avoir les jambes arquées.  Tsé comme la fille dans Cruising Bar!!

Bobette: Ouiiiiiiii!!!  J’échangerais jamais mon herpès contre une obésité morbide genre!!

Nitouchka:  Ou être ben laid!!

Bobette: C’est comme pour un homme!  Imagine:  t’as pas l’herpès et tu as le choix entre un gentil monsieur avec un ti ti ti  pénis ou un gentil monsieur avec une belle grosse queue……….et l’herpès!!!

Nitouchka:  Hiiiii!!  My god!  J’avoue que j’aurais eu un méchant meeting avec ma conscience!!

Bobette: C’est comme un gars stomisé!!  Ou pire!!!  Être soi-même stomisée!!  Never in a life time!!

Nitouchka:  Stomisé?  C’est quoi ça?

Bobette: Tsé quand t’es pogné avec un sac?

Nitouchka:  Ouuuuuffff!!  METS-EN!!!!  Je prendrais la totale anytime!  Herpès bucal, génital, oculaire, nasal, name it mais, oh my god, laissez-moi chier dans les toilettes svp!!!

Bobette: Ouais.  Ça c’est pas drôle.

Nitouchka:  Ouais.

Bobette: On est chanceuses dans le fond.

Nitouchka:  Ouais.  Imagine que t’aies des jambes de cowboy, une stomie et qu’en plus, t’as l’herpès.

Bobette: Hiiiiii!!!  Ça c’est gagné à la loterie du looser!  C’est clair.

Nitouchka:  Mouais…..

Bobette: ……..

Nitouchka:  …….

Bobette: Ouais.  Y’a quand même du monde qui ont des jambes de déesse, pas de stomie, ni de cancer, ni d’emphysème pis…….. pas d’herpès non plus.

Nitouchka:  Ouin.  Pis qui sont ni grosses, ni laides.

Bobette soupirant: Ouin.

Nitouchka soupirant itoo :  Ouais ben….. quand on se compare ou bedon on se console, ou bedon on se désole.

Bobette: Ouais!  Qui  disent…….

Nitouchka:  Fait que, toi aussi t’es célibataire maintenant.

Bobette: Mouais.

Nitouchka:  Fait que toi aussi………

Bobette: J’vais devoir annoncé que j’ai……..

Nitouchka:  Ouin ben!  Re-bienvenue!

Bobette: Misère!  ……….. tu fais quoi là?

Nitouchka:  Je m’en vais prendre un verre avec Amétys.  Tu viens?

Bobette: J’irais bien mais… j’ai mal dans le dos!

Je vous avais promis une histoire de sexe.  C’était pour vous apâter.  En fait, c’est une histoire de haine et d’amour.  De haine envers le grand H.  D’amour envers le grand A.

Il est cher à mon coeur depuis longtemps.  Très très longtemps.  Bien avant que je ne rencontre le coloc.  Bien avant que la vie ne me balance son lot d’expériences et quelques rides.

Et le revoilà.  Il est marié.  Rien n’est parfait dans ce bas monde.

Il est venu chez moi, une première fois.  Chastement.  Mais lorsque sa tête s’est nichée sur mon épaule et que nos corps se sont accrochés l’un à l’autre dans un aurevoir, j’ai senti la muraille trembler.

Puis une deuxième fois.  Moins chastement.  Sur le pas de la porte, nos lèvres se sont reconnues.  C’était comme si les vannes d’un vieux barrage cédaient.  J’ai su que le torrent ratisserait large si je n’endiguais pas immédiatement ce flot violent.

Mais il est revenu une troisième fois.  Et j’ai sombré dans les abysses du désir.  Aucune digue ne pouvait plus retenir ces eaux dormantes soudainement libérées.  Ma volonté et mes principes ont été emportés.

Bien entendu, mon petit coloc me regardait, amusé:  “Et dis-moi Nitouche, tu fais quoi maintenant?”

Moi:    J’ai la situation bien en main t’inquiète.

Coloc:   C’est évident.  Une fille nue dans un bain avec un homme, tout aussi nu, c’est l’image parfaite du contrôle.

Moi:  Ta gueule!

Je ressemblais à une Nitouche qui n’a rien de sainte.  Nue, me noyant dans la mousse et le vin et l’assurant que je ne coucherais pas avec lui.  Pitoyable.

Mais Lui: Ça me convient parfaitement.  Je ne suis pas pressé.  Aujourd’hui, demain, à l’Halloween, ça se présentera c’est tout.

Et il m’a attirée à lui, lovant mon corps au sien.  Devant ma résistance à l’abandon il a rigolé:

Relaxe Nitouche.  Tu sais que si tu veux me parler de ta Chlamydia je vais comprendre.

J’ai ri juste un peu trop fort.  Juste une seconde trop longtemps.

Nous avons noyé nos corps et leurs plaisirs sans jamais toutefois mélanger nos fluides.  C’était divin.  C’était souffrant.

Lorsqu’il a quitté je savais qu’il me fallait sauter du navire mais ma volonté était une guimauve grillée.  J’ai passé en revue mes beaux principes sur les hommes mariés mais je savais pertinemment que si ça n’avait été du coloc, j’aurais plongé à corps perdu dans sa galère.

C’est là qu’Ametys m’a ramenée à la raison.

Puis il est revenu.  Une quatrième fois.

C’était contre toute raison mais juste une fois, une seule fois, je souhaitais m’y laisser couler.

Je me devais de l’introduire au coloc.

J’en ai été incapable.  Parce que de tous les rejets, le sien aurait été trop douloureux.  Je n’ai pas su assumer.

C’est là que je l’ai détesté.

Je me suis cachée derrière mes principes, prétextant que cette situation risquait d’être trop douloureuse, que mes attentes surpassaient les siennes.  Que je l’attendais depuis si longtemps que je ne pourrais jamais me résoudre à une si infime partie de lui.

Le pire c’est que c’est vrai.

Mais l’encore plus pire si ça se trouve, c’est que je sais pertinemment que sans l’herpès, j’aurais sauté dans cette galère malgré la certitude de m’y fendre le coeur.

L’herpès a fait ce qui se devait.

Je devrais lui dire merci sans doute.  Mais je ne l’aimerai jamais pour autant.

On est sage hein !?  Je ne sais pas pour mes collègues mais moi, je vais vous le dire pourquoi je me tiens bien peinarde ces derniers temps.   Je le sais elles vont peut-être m’en vouloir un peu parce que le but ici, c’est de dédramatiser l’herpès et non pas d’en faire un plat. 

Mais je vais vous dire un truc pour vous rassurer, vous qui vous morfondez de devoir vivre avec ce petit parasite et qui vous demandez comment je peux sembler si sereine avec mon petit ami :  Je ne vis pas en harmonie avec l’herpès.  Il me fait chier et je l’endure parce que vous savez quoi?   JE N’AI PAS LE CHOIX.  

Oui oui !  Vous avez bien lu.  Le coloc me fait royalement chier et si j’avais le choix, j’aimerais mieux vivre sans.   

Voilà c’est dit.  C’est affirmé.  Maintenant vous savez qu’à quelque part, derrière mon image de stilleto, je suis de nature plutôt humaine.  Et putain que ça fait du bien.  Tiens je vais même m’en permettre une autre :   MANGE DE LA MARDE MAUDIT HERPÈS !!!  Un peu puéril j’en conviens mais vous ne me l’enlèverez pas.  Je le garde tel quel en grosses lettres « capitales » ! 

Quoi ?  Je ne vous apprends rien ?  Vous aviez vu à travers mon jeu lorsque je vous laissais sous-entendre que l’herpès avait pratiquement été une bénédiction du ciel ?  Vous avez bien fait de ne pas y croire.  C’était faux.  L’herpès c’est une merde qui se loge d’abord dans la culotte pour après vous beurrer de brun jusqu’au fond de l’âme !   

Mais pour rassurer les copines, qui doivent à ce moment ci de leur lecture avoir envie de me crucifier pour avoir écrit un texte si noir – et parce que c’est vrai auss – les coups de gueule et les coups de cafard provoqués par notre petit ami, comme la majorité des autres coups d’ailleurs, on s’en remet.  Toujours.  Ça passe.  J’avais juste pas envie de le garder pour moi celui là.   

Si vous êtes bien gentils (mais vous l’êtes toujours !) et que j’arrive à trouver les mots justes, je vous raconterai la raison de mon coup de gueule.  Puéril aussi bien entendu.  Mais je parie que vous le savez déjà.  Parce qu’en final, le coloc n’a de pouvoir qu’à un seul et unique endroit :  dans la culotte !!  

Alors ma gang de chanceux, vous allez avoir le droit à une autre histoire de sexe !!  Encore !  

V’voyez !!  Ça va déjà mieux !  Ah si je ne vous avais pas !!

Je vous avais commencé un petit texte plutôt sombre, chargé de la colère que, veut veut pas, le petit coloc soulève parfois en moi.  Rien pour remonter le moral des troupes.  C’était toutefois sans compter le support irritant  indéfectible de mes bonnes amies qui savent toujours ramener de force la bonne humeur en moi. 

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1er Acte:  Le texte

À première vue, vite de même, j’ai l’air bien heureuses de vivre avec “mon” herpès.  Avouez!  J’assure et j’assume comme une grande!

L’herpès a changé ma vie pour le mieux n’est-ce pas?  N’ai-je pas fait d’inestimables rencontres?  N’ai-je pas appris à mieux me connaître, à m’accepter, à prendre mon temps, à dédramatiser?  

En plus, de par mon expérience, j’arrive même à aider les autres.  Non mais ne suis-je pas une femme comblée qui devrait bénir le jour où l’herpès est entré dans sa vie? 

Et cette vie, serait-elle aussi accomplie sans lui?   Non mais franchement, dites-moi, que serais-je sans mon cher et bien-heureux coloc? 

BEN JE SERAIS MIEUX CÂLISSE!!!   

Parce que je dois me l’avouer, ma vie serait drôlement plus simple sans ce bacille indélogeable.  Je n’aurais pas à enfiler une armure de courage chaque fois que se pointerait le prince charmant;  juste un condom. 

Je vais me permettre de vous le dire; ça me fait royalement chier d’avoir l’herpès et j’ai beau faire contre mauvaise fortune bon coeur, il n’en demeure pas moins que je préfèrerais, et de loin, me balader la culotte libre de cet infâme.

Pourquoi cette montée de lait soudaine?  Parce que d’une part faut bien se dire les vraies affaires; avoir l’herpès, peu importe l’angle d’où on l’aborde,  ce n’est quand même pas la joie.  Un point c’est tout. 

Mais en fait, la véritable raison de cette montée de lait est plus circonstancielle.  J’aurais ces jours ci l’opportunité de vivre un moment doux et de me plonger à corps que veux-tu dans un voluptueux instant présent sans trop songer aux lendemains. 

Ses douces et chaudes mains ont glissé sous ma robe, ses lèvres ont tracé un chemin de ma gorge à ma bouche et parce que le temps nous faisait défaut, il a chuchoté à mon oreille que ce ne serait pas aujourd’hui mais que ce serait, sans aucun doute. 

Mais voilà,  malgré le fait que  j’en aie langoureusement envie, ce moment ne sera pas.    Parce que, grâce à ma conscience opiniâtre, pas question de lui cacher la tierce partie.  Mais vous pensez bien que lui avouer au risque d’être rejetée et ce, pour un instant qui se conjuguera au singulier, que je trimbale un petit ami collant?  No way! 

Alors, thanks to mon petit coloc,  je vais hélas laisser s’ouvrir la parenthèse et laisser filer l’instant. 

Le coeur chargé d’acrimonie à l’égard du p’tit criss qui squatte ma culotte.

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2ième Acte:  La bonne amie

Amétys mon texte à la main:  Ouais.  C’est vrai que ça fait chier quand même de ne plus se sentir libre de s’envoyer en l’air.

Nitouchka encore pompée:  Oui fait chier!  Royalement.  Fait chier aussi toutes ces belles théories sur le fait d’assumer, d’être devenue meilleure, du positif que c’te merde est supposée m’avoir apporté et bla bla bla……..

Amétys surprise: Et ben……….  J’avoue que c’est rare qu’on t’entend dire ça!   D’habitude ton discours tend plus de l’autre côté!

Nitouchka:  Ouais d’habitude mon verre est à moitié plein!  Mais là il est à moitié vide faique gêne-toi pas pour le remplir.

Amétys remplissant les coupes à moitié vides:  Tu penses vraiment qu’il n’y a rien de positif à tout ça?

Nitouchka:  Bof……….

Amétys:  Ok , mettons qu’on frotte le shiraz et qu’un petit génie sorte de la bouteille.  Mais un petit génie un peu tordu,  du genre qui troque au lieu de donner. 

Nitouchka le sourcil dans les airs:  …….. mouais………?????

Amétys:  Le petit génie bien il t’offre de te débarasser de ton coloc en échange de mon amitié.  Plus de coloc, mais plus d’Amétys non plus.

Nitouchka intéressée:  Plus de coloc?  Jamais jamais?  Genre, immunisée?

Amétys:  Mouais.

Nitouchka faisant mine d’y réfléchir sérieusement:  ……..huuummmm…………

Amétys levant le sourcil à son tour:  ……

Nitouchka:  BEN NON!!!  Qu’est-ce que tu penses!  J’échangerais rien pantoute!!

Amétys:  Quand même……..

Nitouchka:  J’échangerais jamais votre amitié c’est clair.   Pis en y réfléchissant,  bien que toutes les  fois où j’ai eu à l’annoncer ait relevé du supplice, je n’en échangerais aucune non plus.  C’est vrai!  Chaque homme et chacune de leur réaction m’a fait vivre un moment de véritable bonheur que je porte comme un cadeau que je ne retournerais pour rien au monde.  À vrai dire,  si je savais d’avance que leurs réactions seraient toujours celles que j’ai connues, je me ferais un job à temps plein de l’annoncer.  Frissons de bonheur et surtout, d’authenticité garantis!!

Amétys:  Quand même…….  Pour une fille qui maudissait son herpès y’a pas dix minutes, tu me rassures.  Je pensais qu’on avait perdu notre optimiste en titre.

Nitouchka:  L’affaire c’est qu’on la connaît jamais d’avance la réaction et que chaque fois, le risque est présent.

Amétys:  Vrai.  Mais ça ne t’as jamais empêché.  Pourquoi tu ne risquerais pas de savoir avec lui?

Nitouchka:  Parce que je la connais d’avance sa réaction.

Amétys sceptique:  Ah bon?!?!  Et pourquoi, ce qu’apparamment on ne sait jamais d’avance, soudainement tu le sais.

Nitouchka:  Parce que je sais……..

Amétys:  ………

Nitouchka s’impatientant:  Parce que c’est clair qu’il ne voudra jamais prendre le risque d’être contaminé bon!  Aussi infinitésimal puisse être ce risque.

Amétys:  Et pourquoi lui plus qu’un autre?

Nitouchka:  Parce que……..

Amétys:  Parce que quoi?

Nitouchka:  Par-ce-que bon!!!

Amétys:  Par-ce-que-quoi ciboire????

Nitouchka:  Parce qu’il est MARIÉ!!!!

Amétys:  Marié?

Nitouchka:  Oui, marié!

Amétys:  Es-tu entrain de me dire que tu maudis l’herpès de t’avoir empêché de t’emmêler le coeur dans les filets d’un homme marié?????

Nitouchka:  Ben………

Amétys:  BEN  ……   ALLO!!!!

Nitouchka:  Ouais……….. vu de même………

Amétys:  Ben kin!  On va pas le maudire ma chère, on va lui déboucher une autre bouteille et si ça se trouve, lui ériger un monument tiens!!!  Un homme marié!  Pffff……… Cheers l’herpès ouais!!!

Nitouchka:  Ok! Ok!  C’correct là.  Rajoute s’en pas!  Donne-moi pas le goût de rappeler le p’tit génie ok!!

Amétys:  Je ne sais pas t’étais rendu où dans ton décompte mais laisse-moi te dire une chose, on aura pas à faire à un blanchissage.  L’herpaize, cet  infâme, vient de scorer ma chère!

Nitouchka:  pffff……….. Débouche donc l’autre bouteille au lieu de dire des conneries!

Ainsi elles burent heureuses et rêvèrent de beaucoup d’amants………. libres!  Et d’herpès pour les protéger des autres.

Je suis de celles qui détestent les conflits. De celles qui préfèrent fuir l’hypocrisie et le mensonge et qui portent parfois le poids de la folie des autres…

Je suis de celles qui font confiance, trop, aveuglement…

De celles qui s’oublient, de celles qui tendent l’oreille et qui comprennent…

De celles qui sont fortes, toujours pleines de ressources.

Je suis de celles qui se battent.

Je suis une bonne amie, une bonne blonde, une bonne mère, une bonne conseillère…

Tantôt sur une terre ferme, tantôt sur un sol glissant, aujourd’hui je suis parmi celles qui naviguent sur une mer houleuse dans un navire dont la carlingue prend l’eau, un équipage à bout de bras.

Je suis aussi de celles qui savent qu’elles atteindront la rive. Peut-être écorchées, abusées, épuisées mais qui y arriveront…

On a chacun nos guerres. La vie n’est-elle pas remplie d’épreuves?

Et pourquoi est-elle aussi éphémère? Peut-être pour qu’on puisse en apprécier toute sa valeur.

Les événements tristes et heureux me rappellent que je suis toujours vivante, comblée… Par ceux qui m’entourent, par ce qui m’arrive ou par mon cher coloc qui ne se tarit pas de me démontrer toute son affection…

Oui, je suis de celles qui sont vivantes.

Je vous souhaite une belle journée, bien comblée!

C’est une journée triste, il pleut, je me sens full SPM… Ma tête est pleine; ça déraille un peu, je n’ai pas le contrôle de ma vie… De toute façon, je n’en veux plus du contrôle, y’en a mare…

J’ai juste envie de prendre les choses telles qu’elles sont, d’accepter les événements tels qu’ils viennent et de vivre avec les gens que je choisi, avec leurs qualités et défauts… Je suis définitivement dans une période de ma vie où les changements s’imposent… Je ne sais pas si c’est dû à la crise de la quarantaine mais ça fesse…

On se sait (au mieux) en plein centre de sa vie, que le sommet est atteint et qu’on arrive de l’autre côté de la pente… C’est glissant, hostie que c’est glissant… On a peur de débouler et de dévaler la pente jusqu’en bas plus vite qu’on ne l’aurait voulu…

Hier j’étais allé faire un tour chez mes parents, je pensais à tout ça, je regardais mes enfants d’un côté et mes parents de l’autre puis la sonnerie du téléphone s’est faite entendre. C’était mon oncle. Je l’aime beaucoup mon oncle… Il téléphonait pour nous apprendre une bien mauvaise nouvelle: ils ont découvert qu’il a des taches au cerveau, possiblement un cancer. Il se fait opérer cette semaine, on en saura un peu plus après.

Je lui ai parlé… Mais qu’est ce qu’on dit ?

On se fait rassurant, on dit que ça va aller, on parle des cas qu’on connaît, des gens qui s’en sont sortis en prenant soin de taire les autres… On rassure, on dit qu’on est là, qu’on envoie des ondes positives qu’on peut compter sur nous, nuit et jour…

Mais qu’est ce qu’on dit ?

Puis si le téléphone avait sonné et que j’avais entendu: «Ma vie est finie, j’ai pogné l’herpès, personne ne voudra plus de moi, je ne vaux plus rien, je ne baiserai plus jamais!»

Voilà ce que j’aurais dit: Y’a rien là… Get a life! Secoues toi les puces… Allume… C’est de la p’tite bière, du pipi de chat… La vie continue!

Mais je n’ai pas pu lui dire, non ça, je n’ai pas pu…

Misèèèère!!  Il y a de ces jours où on voudrait se glisser entre les touches de son clavier et n’en ressortir que lorsque son lap top sera doté d’un gros bon sens.   Je n’arrive pas à croire que je vais vous raconter ça.  Il faut que je sois rendue bien bas dans le trou de la honte pour vous confier une histoire pareille.  Comme si le destin avait décidé de me faire mentir après que  j’aie osé dire que je n’arriverais jamais à vous raconter une histoire croustillante.  Il me l’aura bien fait ravaler ma pudeur.

Bon allez.  Je vous raconte.  Tant qu’à s’humilier…… 

C’était une petite soirée solitaire et l’oisiveté aidant, mes pensées se sont mises à surfer sur la vague de la lubricité.  Armée de mon lap top et de mon internet sans fil, je suis allée fureter sur des sites non recommandables aux moins de 18 ans.  Hou là là !  C’est fou ce qu’on peut trouver sur le web en terme de stimulant solitaire ! 

J’explorais la forme 3 X de YouTube lorsqu’en plein milieu d’une vidéo, BANG !, ma batterie de lap top lâche !  Le fil est en bas et mon envie de sortir du lit pour aller le chercher encore plus basse.  Je décide donc d’arrêter là mon exploration grivoise et je ferme le lap top illico sans autre forme de shut down !   

Le lendemain matin, jasant avec les collègues alors que j’installe mon attirail en vue de la réunion, j’allume la bête que j’avais pris soin de recharger pendant le petit-déj.  Je m’éloigne ensuite.  À peine.   Quelques pieds sans plus, juste pour aller brancher le fil d’alimentation de mon petit DELL d’amour.  Quatre pas, peut-être même juste trois.  Si peu.  Mais juste assez du moins pour permettre à tous d’entendre mon cher lap top s’écrier sans aucun préavis: 

-         OH YEAH BABY!  YEAH !  RIGHT THERE.  KEEP GOING! KEEP GOING!  HARDER! HARDER!

Non.

Non ! 

NOOOOOONNNNNN!! 

Comment, dites-moi, un ordinateur qui n’est même plus branché sur internet peut-il continuer à diffuser une vidéo qui elle, n’a jamais quitté la toile ?  Comment dites- moi ?

Et dites-moi donc par la même occasion, ce qu’on doit, ou SI on doit répondre à son collègue aux bas blancs qui s’exclame devant tous vos autres distingués partenaires de vie professionnelle: « Ouais !  Ça a l’air d’être le party dans c’te lap top là » ! 

Monsieur le Destin m’a peut-être exempt de ses plus cruels desseins en ne diffusant que la bande sonore de sa joke plate mais reste que maintenant, en plus d’une honte innommable, je souffre également de Logizomechanophobie .  Plus particulièrement celle de mon propre lap top.  Que je n’arrive depuis plus à ouvrir sans entendre crouncher dans mon ventre tordu, les chips tranchantes de la Honte !

Je m’apprête à rédiger une liste en bon et dû forme des cadeaux que j’aimerais vraiment recevoir.  De fait, si on pense à m’offrir quelque chose, que ce soit pour mon anniversaire, ou Noël, ou Pâques, ou la Ste-Catherine ou le Festival de la Gibelotte de Coaticook, même si on veut m’offrir quelque chose juste de même, parce qu’on pense à moi, parce que c’est mon tour de recevoir au grand dépouillement de la vie, il faudra s’y référer.  Un point c’est tout.  Aucune entorse à la règle ne sera désormais tolérée.

Ce n’est pas sur ma liste?  Alors ce n’est pas pour moi!  Je n’en veux pas.  Je passe mon tour, dus ai-je me priver de cadeaux pour l’éternité.  Parce que y’en a marre des cadeaux pourris.

Mais qu’est-ce qu’elle raconte êtes-vous entrain de vous interroger.

Tout ça a débuté un vendredi d’apéro chez Bobette, devant une sangria âprement méritée, alors que les enfants avaient pris le chemin de leur papa respectif.  Dieu merci pour la suite des choses.  On passait en revue nos sujets préférés lorsque:

Bobette :          J’ai le fond de la tête tellement sec que ça me pique à mort.

Nitouchka:       T’es certaine que t’as pas des poux?

Bobette :          Non ma chère.  J’y ai bien pensé mais j’ai vérifié et aucune bibitte à pattes en vue.  Mais on est de même chez nous.  On a le cuir chevelu sensible.

En me couchant le soir, je réalise que moi aussi j’ai le scalp qui se rappelle à moi.  Ça pique.    Et pas à peu près!  Je voudrais bien blâmer le temps sec mais ces temps ci, le temps n’a de cesse de nous morver son humidité dessus.   J’ai beau dénier, ça pique comme ça devrait pas.

Le lendemain matin, appel affolé de Bobette :

Bobette :          J’ai des poux!  Les enfants aussi!  VIARGE!!

Ah FUCK!  Vérification faite me voilà aussi avec un nouveau petit coloc!!  TABARNACK!!!

Non mais!!!!  Dans le genre cadeau indésirable et petites bibittes envahissantes, on s’entend tu qu’on a assez donné comme ça!  Quand ce n’est pas un amoureux transi qui nous refile un forever-in-the-culotte-coloc, ce sont les enfants qui nous ramènent tout sourire du camp de jour, un bouquet de pissenlits à la main, de la visite dans le fond de la tête!

Par chance, ce coloc là fait plus office de visite indésirable.  On peut toujours le foutre à la porte même si parfois ça peut s’avérer ardu.

C’est ce qu’on a fait d’ailleurs.  Inutile de chercher quel pou a sauté sur qui en premier, Bobette et moi avons plutôt décidé d’unir nos forces pour éradiquer le parasite encombrant!  On a tout nettoyé.  Incluant les lits où l’on s’était toutes les trois vautrées un samedi pluvieux alors qu’on avait fait le tour de chacune de nos garde-robe dans un élan de What-not-to-wear.

Et là on a réalisé que c’était peut-être par là que l’ennemi s’était infiltré.   Et on a aussi réalisé qu’Amétys pouvait aussi avoir été contaminée.  Et qu’Amétys était présentement à Cuba à boire des Mojitos, à distribuer nos cartes d’affaire et peut-être même maintenant, des poux québécois à quelque cubain transi de désir.  Hiiii!  Devrait-on appeler l’ambassade cubaine? Le service à la clientèle d’Air Canada?  Quand même, on a notre orgueil!  On a préféré laisser le beau-frère de Fidel s’arranger avec son département de santé publique et Air Canada avec son département des plaintes et on s’est occupé de ce que nous, nous avions de plus précieux.  Notre amie.

Il fallait voir la tête de tous ces gens à l’aéroport, les mains remplies de ballons et de fleurs alors qu’on attendait tout sourire notre amie Amétys, armées de gants de latex, de Nix et de peignes fins!

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

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