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L’autre jour je fus charmée par un prospect venu d’un site de rencontre pour personnes à culottes squattées.  Après quelques échanges, nous décidons de profiter d’une occasion où nous sommes à proximité afin de se rencontrer.

Je ne suis pas déçue. La photo, préambule inévitable à ce genre de drague, était bien honnête: je reconnaissais le beau p’tit pétard que j’avais évalué.

Il est tout souriant et semble aussi bien heureux de la matérialisation de mon image!

Wow! C’est une belle rencontre!

Plus nous jasons, plus ma balloune gonfle!

Nous rions, commandons un autre bière et elle gonfle et gonfle et gonfle encore d’avantage jusqu’à ce que qu’il ne reste que de l’espace pour lui et moi.

Ses yeux magnifiques se mirent aux miens… J’ai chaud et je sais que la chope que je viens de recevoir n’assouvira pas ma soif.

Rien pour assombrir le paysage hormis le passage en éclair de l’ombre d’une cigogne au bec bien acéré:

- Je cherche une femme pour fonder une famille. Je veux des enfants!

Pssshhiiii!!! et elle dégonfle

- Heu, j’ai déjà donné merci! Impossible pour moi!

- Mais au fait j’y pense! Comme tu es pas mal impliquée dans le milieu, tu dois bien connaître des filles qui ont l’herpès et qui veulent des enfants?

Pssshhiiii!!!

- Oui. J’en connais…

__________

- Allo?

- Lulu! C’est Bobette! J’ai un super mec à te présenter. Belle gueule, cherche femme avec coloc pour fonder une famille et être heureux jusqu’à la fin des temps.

- Hein? C’est vrai! Wow c’est donc bien hot!

- Je t’envoie la photo, dis moi ce que tu en penses!

Quelques secondes passent, Lulu me rappelle pour me dire, qu’en plus de le trouver super mignon, elle fait tout-à-fait confiance à mon jugement et est prête pour la suite.

Nous raccrochons et Lulu est tellement excitée à l’idée de rencontrer le futur père de ses enfants qu’elle s’empresse à en parler à une collègue de bureau:

- Ma t’chum va me présenter LE prince charmant…. Elle pense qu’on va faire un super bon match! J’me peux plus et il est tellement cute!

Tiens! J’te montre la photo!

-…

-??

-…

- Bien quoi????

- C’est mon ex!

- Tabarnak!

- Mets-en! Tu sais c’est lui l’Ostie de chien sale dont je te parle depuis des mois!

- Nooooooooooooooooooon!

- Ouais, celui qui a préféré de loin ses maudits problèmes de jeux au bel amour qu’on vivait ensemble…. J’ai été vraiment écorchée dans cette histoire là en essayant le sauver de son vice en plus d’avoir presque tout vidé mon compte en banque pour l’aider!

- Ah l’Ostie…

- Ouais…

Pssshhiiii!!!

* Quelques faits ont été modifiés afin de conserver l'anonymat des acteurs.

Notre histoire d’amour n’est pas digne d’un grand roman, ni parfumée l’eau de rose…  Elle est toute simple à l’exception d’un détail important: sans la présence de notre hôte, elle n’aurait jamais eu lieu!

Porteurs tous deux depuis plus de quinze ans, nous nous sommes intéressés l’un à l’autre parce que nous cherchions l’âme sœur catégorie H ou l’amour avec un grand HA!

J’avoue que, bien qu’il était croquable et tout à fait mignon,  il n’était pas du tout mon type. Trop réservé, clean cut, je l’aurais préféré plus grand, plus rebelle, etc, etc, etc…

Mais j’étais si affamée et en manque qu’avec l’obstacle du coloc écarté, il devenait une proie facile à me mettre sous la dent…

J’ai donc accepté l’invitation lorsqu’il s’appâtât à souper!

Il allait devenir ma prochaine victime… J’avais l’intention de n’en faire qu’une bouchée!

Mon plan consistait à passer à l’attaque lorsqu’il viendrait me reconduire. Mon piège: le vestibule!  Une fois pris entre les quatre murs, je n’avais qu’à lui offrir un doux baiser. Il n’avait aucune chance s’en sortir…

Le stratagème fonctionnât à merveille sauf qu’à ma grande surprise, Monsieur réservé s’est avéré être un conquérant dévoilant une poigne virile qui me plaqua contre un sexe déjà durci. Ses mains chaudes et gourmandes, son doigté alerte et expérimenté se mirent à parcourir mon corps. Il n’était plus ma proie, j’étais devenue la sienne, soumise à ses moindres caresses.

Il m’a séduit, ça m’a plu, j’en ai redemandé…

Et j’ai appris à connaître l’homme-réservé que je n’aurais jamais pris le temps de découvrir sans la présence de notre hôte herpétique… Aujourd’hui je l’apprécie grandement, je l’aime…

Nous nous ajustons constamment l’un à l’autre… Notre relation s’améliore chaque jour, j’apprends à l’accepter tel qu’il est, hors du moule de l’homme que j’aurais choisi, et c’est parfait comme ça…

En fin de semaine il m’a offert une douzaine de roses pour souligner notre deuxième anniversaire et nous savons que nous avons toutes les chances de vieillir ensemble, avec une tare qui est devenue notre alliée…

Tout ça c’est de la faute à Marilou.  Elle se plaignait de l’absence désolante de détails croustillants dans nos histoires à Amétys et moi.  C’est vrai que la dernière histoire d’Amétys nous a tous un peu laissés sur notre faim mais de là à m’inclure, c’était assez pour gifler ma fierté.    

On a beau être prude, on sait très bien que le sexe, ça vend.  Et comme on est marketingting chez MPB,  j’avais décidé de sacrifier notre légendaire pudeur pour la cause. 

Mais calmez-vous immédiatement.  J’ai bien essayé mais je ne crois pas être en mesure de vous écrire une histoire salace.  Le cul j’aime le faire, j’aime en parler, mais quand vient le temps de l’écrire,  la verve me ramollit. 

En fait, ce qui m’a réellement inspirée ce n’est pas le cul mais la question soulevée par Marilou :

Est-ce que nos beaux mâles moldus (sans herpès) nous font l’amour avec autant de passion que si nous n’avions pas de coloc?  Est-ce une barrière à l’abandon?

Je ne m’étais jamais posée la question.  Mais quelle question !  J’ai eu envie de me la poser et d’y répondre.

Je ne peux pas parler pour les autres et surtout pas pour ceux qui me font ou m’ont fait l’amour.  Pourtant, si je me fie aux hommes que j’ai connus post H, je peux affirmer que l’herpès n’a jamais été un frein à leur abandon.  Au mien peut-être à quelques reprises, mais jamais au leur.

Même que, vous allez peut-être trouver ça étrange mais, j’ai souvent eu l’impression que la présence de l’herpès, loin de réduire leur ardeur, semblait plutôt la décupler.  

Attendez, laissez-moi m’expliquer.  Je n’ai pas fréquenté de psycho-weardo qui fantasmait sur des lésions d’herpès. Rassurez-vous. 

En fait, c’est leur ardeur machiste que mon coloc a semblé éveiller chez mes partenaires.  Comme si le fait d’avoir eu à m’ouvrir aussi intimement à eux, d’avoir dévoilé une fragilité que de prime abord ne laissait pas soupçonner ma personnalité, les avait séduits et confirmés dans le rôle de mâles protecteurs que tout homme aime à prendre (et qu’on a tendance à castrer parfois, jeeee l’avoue !!).  Cette vulnérabilité insoupçonnée a semblé conforter leur vitalité masculine et c’est moi la chanceuse qui en ai fait les frais.

Entre la tendresse qu’ils ont mis à me rassurer par leurs caresses et le contrôle que je leur ai abandonné au lit, question de leur offrir le loisir de m’indiquer les limites que mon coloc leur imposait, je me suis trouvée très choyée et croyez-moi, des limites, je n’en ai vue aucune.  Du moins, aucune dictée par mon coloc.

Je ne sais pas si ça y joue pour beaucoup et j’aurais tendance à croire que oui mais, lorsque j’ai reçu mon diagnostique d’herpès, je me suis promis une chose :  Jamais je ne ferais de compromis quel qu’il soit sur ma vie sexuelle et affective à cause de l’herpès.  Et jamais je ne permettrais à quiconque, en commençant par moi-même, de me traiter comme un bouton.

Alors est-ce que les hommes m’ont fait l’amour avec autant de passion qu’ils en auraient mis si je n’avais pas eu l’herpès ?  Je tends à dire que oui.

Et malheureusement, je n’ai aucune histoire croustillante à vous donner en exemple.  Désolée Marilou.  Je croyais pouvoir y parvenir mais apparemment je vais devoir me rendre à l’évidence :  J’ai le verbe prude.

Vous nous gâtez.  On reçoit de beaux témoignages.  On aura beau dire qu’on ne souhaite de malheur à personne, c’est toujours rassurant de savoir que l’on n’est pas seul dans sa petite misère.   

Outre de nous offrir le plaisir égoïste de nous déjanter, une des raisons qui motive justement l’écriture de ce blog est de faire réaliser aux gens qui souffrent du dommage collatéral le plus difficile de l’herpès – l’isolement – qu’ils sont loin d’être seuls avec leur petit bobo.  Et si en plus on peut les faire sourire un peu, ben…..hé…. on aura l’égo flatté du même coup!! 

Alors je disais donc qu’on reçoit de beaux témoignages et on avait envie de partager l’un d’eux.  Pour une question de confidentialité, quelques détails ont été modifiés mais l’essence elle, demeure.  Et ça sent bon croyez-moi.  On le sait parce qu’on a eu la chance d’assister aux premières loges à l’éclosion de la belle histoire entre une fleur et son jardinier.

Appelons là Marguerite (tant qu’à être concept).  Récemment divorcée, Marguerite avait envie de croire à l’amour et un nouveau capitaine qui voguait amoureusement jusqu’à elle à toutes les semaines, avait réussi à lui laisser entrevoir que c’était possible.  Mais le bougre, cet animal sans gouvernail, avait non seulement à l’autre bout de sa mer de bitume une autre fleur amarrée à son port,  mais également,  dans sa cale, un coloc qu’il s’est empressé de refiler à notre amie.

La suite a déferlé sur notre fleur comme un tsunami sur une côte thaïlandaise.  Honte, trahison, dépression, médicament, congé maladie.  Notre fleur s’étiolait à vitesse grand H.  Accrochée à son clavier comme à une bouée, Marguerite a trouvé in-extremis, un groupe d’entraide rassemblant des gens qui, comme elle, partageaient le squatter de la culotte.  C’est à ce contact apaisant et vivifiant que Marguerite a secoué ses pétales et acquis la conviction que l’herpès ne lui ferait pas mettre en berne son rêve de revivre l’amour.

Armée de sa conviction qu’on l’aimerait en dépit de son coloc, Marguerite a complété une fiche sur un site de rencontre en prenant bien soin de spécifier tous les termes du contrat.  Sans photo et un coloc en prime, les visites n’affluent pas sur sa fiche.  Un message de sympathie pour la féliciter de son courage arrive parfois mais le prince charmant lui, se fait toujours attendre.  Qu’à celà ne tienne.  On attendra.

Puis un jour, comme la pluie après la canicule, comme Shrek découvre sa Fiona, Roméo qui sort d’une relation où le mensonge a régné en maître, décide d’aller chercher les trésors qui se cachent derrière toutes ces fiches sans photo.  Celle de Marguerite l’attire au premier coup d’oeil.  Bien sûr Roméo remarque l’intelligence, l’humour et la joie de vivre de Marguerite, mais ce qui le séduit contre toute attente, c’est le fait que notre petite fleur s’affiche comme porteuse du virus de l’herpès.

Loin d’être débouté par l’annonce du coloc, Roméo y jette plutôt un regard différent. Cette femme doit être empreinte d’ honnêteté pour prendre le risque d’être rejetée si facilement. Lorsque comme lui on a vécu le mensonge, la promesse d’une relation franche et ouverte balaie la présence dérisoire de l’herpès. 

La suite relève du quotidien de n’importe quel célibataire.  Échanges, rencontres, papillons, le destin trace lentement et assurément son chemin.   Les amoureux se découvrent des affinités et des rêves qui s’emmêlent comme  les morceaux d’un casse-tête.  Devant la promesse de cet amour qui tranquillement prend forme, Marguerite soulève la présence du coloc

- As-tu l’herpès?, demande-t-elle à son prétendant. 

- Pas encore, lui répond un Roméo déterminé et heureux, mais ça ne saurait tarder

Et c’est sur ces échanges de voeux des plus inusités que se sont scellées les bases d’une union qui dure et s’épanouie depuis ce jour.  (soupiiiiir!  C’est qu’on a le coeur romantique sur MPB!!)

Je ne sais plus où on en est rendu dans le compte mais ce qui importe c’est qu’encore une fois:  MÉCHANT HERPAIZE CET INFÂME :  0!!

Écrivez-nous encore!!

J’ai toujours été convaincue que rien n’arrivait pour rien et voilà que tout dernièrement, ce fut au tour de la famille Poux de renforcer cette conviction…

Nitouchka vous a raconté l’histoire mais lorsque j’ai réalisée ce qui m’arrivait, ne pouvant plus dénier l’évidence que j’avais de nouveaux locataires au niveau de cuir chevelu, j’étais complètement dégoutée…

Je me suis mise à tourner en rond dans la maison, tentant de fuir et de perdre au loin ces petits monstres qui se tenaient trop fermement à mes mèches mais en vain. Je me suis arrêtée devant mon miroir, je me suis regardée, j’ai fait une grimace et dans un ultime geste de désespoir, j’ai pris d’une main la longue crinière noire qui se perdait sur mon dos et de l’autre une paire de ciseaux. J’ai posé la mèche sur le métal froid d’une des lames et, d’un geste rapide, sans trop réfléchir, je l’ai coupée au ras de ma nuque… J’ai poussé un cri, c’était affreux…

L’arrière de ma tête était séparé net, en deux étages et comme je savais qu’aucun pouilleux n’est bienvenu dans un salon de coiffure qui se respecte et que je ne pouvais profiter du sauvetage d’un expert, j’ai entrepris d’émécher ce qu’il me restait de poils avant de me passer au peigne fin…

Dépouillée avec une nouvelle coupe ma foi pas si mal, je devais aller au centre ville quelques jours plus tard. Je me stationne, sors de ma voiture et me fait accoster sur le champ…

- Wow… You look sooooo great…

- Bah heuuu Thank you, you’re very nice!

- What are you doing? Where is the Lucky guy?

- I have an appointment and the Lucky guy is working!

- Wow… You look like you’re from France or Italy… Where are you from?

- Oh non, I’m born here, I’m from Montréal…

- Well, lady, I wish you the greatest day!

Cette conversation a eu l’effet d’une bombe. Moi qui me sentais à la déroute sur la mer des âges et du manque d’estime de soi, je venais de plonger au cœur de la fontaine de Jouvence! Je ne m’étais pas sentie comme ça depuis des lunes… Belle, désirable et sûre de moi…

Saisissant l’élan que je venais de recevoir, et tant qu’à prendre une cure de jeunesse en haussant l’estime de soi, je me suis arrêtée dans une boutique afin de me procurer une paire d’escarpins que je me suis empressée d’enfiler. J’avais l’impression d’être une star…

En me voyant, les copines du MPB avec qui j’avais rendez-vous émirent, dans le plus charmant des duos, un : Wow t’es donc bien belle!

Nous sommes allées souper, je me sentais tellement bien. Elles m’ont répété comment elles me trouvaient belle, nous avons jasé, ri et écouté les histoires croustillantes d’Amétys, de retour de son voyage au coeur des Cubains. - Je les aime tellement ces deux là!

À la fin de la soirée, je suis allée à la rencontre du Lucky guy sur qui mon nouveau look a aussi eu l’effet d’une bombe et je me suis laissée prendre.

Je suis rentrée chez moi, les jambes affilées sur mes talons hauts, le cœur en fête, la tête relevée et le coloc bien au fond de ma culotte…

Depuis cette histoire, j’ai repris une certaine confiance que j’avais perdu. Mes yeux pétilles, je me sens belle et désirable, je me retrouve là où je m’étais peut-être un peu perdu.

Vive les poux!

Hier, je jasais avec un de nos pots, un chic type… Il était un peu désespéré car il aimerait bien rencontrer l’amour et il est sérieux. Il se sent prêt depuis un moment à s’embarquer dans la grande aventure et a beaucoup à offrir, coloc en prime!

Je pense souvent à lui et je me suis toujours dit que le jour où il trouverait la perle rare, elle serait traitée aux petits oignons…

Nous jasons et jasons. Il me dit qu’il ne sait plus à quel saint se vouer, que son petit ami lui rend la tâche beaucoup plus difficile…  Tout en parlant, j’ai un flash de génie – ce qui n’est pas rare, je dois vous l’avouer – mais bon, toujours est-il que je lui garoche mon génie en pleine face en lui disant :

-    Je viens d’avoir une hostie de bonne idée – bien oui, il sacre mon hostie de génie.  Es-tu game pour une expérience hors du commun?

-    Heuuuu……. Oui, oui, chu game!

-    Bon ok, on va parler de toi sur MPB… On essaie de te matcher!

-    Hein, es-tu sérieuse?…. Bien t’es donc bien fine, ça va tu me coûter cher?!

-    Bah, tu nous donneras un bec sur les joues la prochaine fois que tu nous verras, on va être ben contentes!

-    Heuuuu…. Ok, ok, je suis d’accord… Wow, c’est donc bien cool!

-    Bon t’as un courriel?

-    Bien oui mais c’est avec mon vrai nom…..

-    Hummmm, ça ne marche pas on ne peut pas donner ton nom à tout l’monde…… Hummm? Puis là y’a mon génie qui me crie à tue-tête d’utiliser le courriel de MPB… – Ha voilà! On utilise notre courriel et on te transmet les messages!

-    Wow, Super… J’en reviens pas!

-    Ok, j’organise ça et je te tiens au courant!

De retour devant mon clavier, je me dis que la meilleure façon de vous en parler c’est de vous raconter la conversation, telle qu’on l’a eue, en vous laissant quelques détails supplémentaires!

Détails supplémentaires :
Cuvée 64, 5’7’’, Montréal, prêt à faire du kilométrage, gentil, drôle, généreux, trrrrrès bien proportionné, autonome, coloc de culotte à partager.

Pour lui écrire, ce sera via  monpetitbobo@live.ca.  On lui transmet votre message, c’est promis… Puis on le connaît, il va être tellement énervé qu’il ne dormira pas de la nuit…

Après, vous vous arrangez entre vous, nous autres, on aura fait notre job! 

Hi, hi, hi… On est toutes énervées nous autres aussi là!!!
:-D

Bon, pas que je veuille me vanter mais la statistique, c’est moi!  C’est moi le 33.3333% des filles de MPB qui a plongé dans une relation amoureuse malgré la présence du coloc.  L’amour étant plus fort que la peur, et le désir plus fort que l’abstinence, j’ai accepté l’homme et tout son bagage. 

Étant très accueillante de nature, la chose s’est jettée sur moi comme la misère sur le pauvre monde dès que les condoms ont pris le bord.  Fallait s’y attendre!  Je dois vous avouer que ma libido en a pris tout un coup de genou dans les parties et ma confiance en moi, un coup sur la gueule.  Je connaissais les risques mais je ne pouvais pas prévoir l’effet que ce coloc aurait sur moi.

On me demande parfois si je regrette mon choix.  À chaque fois, je dois y réfléchir un instant mais comment regretter 5 ans d’amour, de respect, de voyages et d’expériences.  Ce fut une belle relation et j’en garde de très bons  souvenirs.

Malgré tout, cinq ans de célibat plus tard, il est facile de penser que sans l’herpès, ma vie amoureuse serait plus heureuse (ou au minimum existante) mais elle pourrait aussi être pire.  J’aurais pu vivre de folles rencontres et me retrouver au même point… ou non, qui sait!

Ce que je regrette le plus c’est ce que je me fais subir à moi-même.  Étant convaincue de ma dépréciation, je me suis embaricadée dans vingt livres de protection afin de ne pas séduire et de ne jamais avoir à affronter le jugement/rejet de l’Autre.

À défaut d’avoir baisé, j’aurai bien mangé… pas la même satisfaction, croyez-en ma parole!  Il y a bien eu quelques escapades (quand même) mais rien qui ne vaille une pinte de Haagen Dazs rocky road.

Mais il y a de l’espoir car je ne suis pas seule.  Avec les 80% qui ont le type 1 et les 25% qui ont le type 2, ça fait 105% des gens atteint de l’herpès. ;) Alors, si je compte les hommes au Québec; 3 687 695 et que je divise par… 30% d’hommes dans la trentaine; 1 106 308.5 et que je divise encore par 50% de célibataires; 553 154.25 et que je multiplie le tout par 105% de ceux qui ont l’herpès, ça me donne un beau bassin de 580 811.96 québécois à courtiser.  WOW!!!

J’ai jamais ben ben aimé les maths mais pour une fois, les chiffres sont encourageants.  Vive les statistiques libres et Bonne St-Jean!! :-)

La situation de Bobette est celle que nous souhaitons tous un peu secrètement.  C’est tellement plus facile d’être accompagné par quelqu’un qui vit la même chose que nous.  Pourtant, il y a un danger à se limiter à ce seul et unique modèle. 

Je sortais d’une relation qui, après un départ un peu chaotique à cause de mon coloc, s’était merveilleusement bien poursuivie en matière d’herpès.  La question avait été vidée dès le départ et la suite s’était déroulée à l’image de n’importe quelle histoire du genre :  des hauts, des bas et …..une fin ! 

Au sortir de la montagne russe, autour d’un martini avec les copines, j’avais décrit l’homme idéal.  Exit les cérébraux pragmatiques.  J’avais besoin d’un artiste.  Et un artiste avec l’herpès en plus.  Rien de moins.  Je n’avais plus envie de retraverser l’angoisse des débuts.  La commande était passée.

Je m’étais donc mise à la recherche de mes semblables sur les sites de rencontres question de voir s’il est vrai que tout se magasine sur internet.  Quelques clics et une fiche plus tard, euréka, je rencontrais la perle rare. 

Artiste à la situation envieuse, cohabiant avec un coloc dans sa culotte ! 

Man it’s for me !!  

Je n’ai fait ni un ni deux et j’ai pris le téléphone……..pour appeler les copines.  Ça y était, je venais de rencontrer l’homme de ma vie ai-je dit, en riant bien sur mais au fond, en voulant y croire très fort.  C’était si simple. Il suffisait de passer la commande et l’univers vous la livrait sur un plateau d’argent. 

Il est tentant dans ces situations de se laisser convaincre qu’on est au bon endroit juste pour ne pas avoir à enfiler son courage et aller voir au delà de l’illusion si c’est vraiment soi qui s’y trouve ou si on a donné sa main à la peur pour qu’elle nous guide.

J’ai bien tenté de me convaincre pendant quelques semaines, peut-être même quelques mois, que cette relation pourrait me convenir, comme on tente d’emboiter des morceaux de deux casse-têtes disparates.

La tentation est grande de s’offrir à petit prix, parce qu’on traine un petit plus qui nous dévalue à nos propres yeux.  Parce qu’on peine à se sortir de sa zone de confort, qu’on rebute à se mettre en danger et s’offrir dans son entièreté. 

Pourtant lorsqu’on se décide à le faire, le gain est immense.  

En rétrospective, mes plus belles relations, celles qui m’ont le plus fait grandir, celles de qui j’ai le plus appris, mêmes si je n’ai pu les conclure par un « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », sont celles où j’ai eu à me dévoiler en avançant sur le fil de l’honnêteté  et en m’offrant dans ce que j’avais de plus vrai.  Moi.

Ce sont celles où chaque fois, (mais que faisait-il encore là le p’tit cousin fatiguant ?), mon coloc m’accompagnait.

L’autre jour, alors que je vous faisais ma p’tite crise de nerf je vous titillais un tantinet en vous susurrant à l’oreille la chance que j’ai d’avoir un chum qui co-habite aussi avec un coloc dans sa culotte!

Ça va bientôt faire deux ans qu’on se fait des partouzes à quatre et c’est, ma foi, fort fantasmique, je m’en tape trois à la fois!…

Mon mec………… et les deux types!

Entre nous, ça s’annule. C’est comme si on n’avait rien…. NIET!… NADA! … Et je vous avoue, que c’est toute une trêve parce que nous avons tous deux reçu notre hôte dans la jeune vingtaine et que c’est la première fois de notre vie qu’on peut partager nos fluides corporels à qui mieux mieux sans se passer à la loupe en guise de préliminaires…

C’est ce qu’on pourrait nommer la vengeance des fluides glacials…

Aussi, dans un monde de surconsommation relationnelle, dans le je te prends, je te jette… Mettons que ça fait réfléchir un brin et que ça fait pencher la balance vers le je te prends, je te garde et je te consomme jusqu’à plus soif…

Puis avant que je sois rassasiée, ça va être long!!!! J’étais complètement déshydratée…
;-)

_____________

P.S.: Rien n’exclut qu’on peut aussi avoir d’excellentes relations avec des gens qui ne sont pas porteurs mais n’oubliez pas qu’une personne sur quatre partage sa bobette alors ça se trouve facilement!… Ce n’est pas comme de chercher une aiguille dans une botte de foin!

Pendant que j’y suis, j’ai envie de vous faire une autre montée de lait…

Bon je vous entends dire «Ça doit être la plus mal baisée des trois, a chiale tout l’temps!» mais détrompez-vous tout de suite, je suis LA plus baisée na, na, na car j’ai la chance d’avoir un chum qui co-habite aussi avec un coloc dans sa culotte ce qui nous permet de se faire de petites partouzes à trois!

Hé, hé, vous brûlez d’en savoir plus làààà? Je vous promets de vous en parler un jour mais pas tout de suite car y’a un truc qui me turlupine.

Voilà, c‘est en lisant l’autre jour le billet d’Amétys que la moutarde m’est montée au nez!

À l’heure ou notre système de santé ne répond plus à la demande et qu’on nous parle de tickets modérateurs, on nous fait suer avec des prescriptions qui ne sont renouvelables que pour une année… Voyons donc!

Prenons mon exemple! À chaque fois que le coloc me pique une crise, faut que je lui balance une couple de Valtrex (petites pilules bleues) en pleine gueule afin de le calmer subito presto! Je sais ce que j’ai à faire pour le remettre à sa place, ça fait vingt ans que je vis avec et je l’ai pour le restant de mes jours…DA! J’ai tu vraiment besoin d’aller voir un médecin tous les ans pour lui dire que j’ai l’herpès et lui demander exactement ce que je veux comme prescription?

N-O-N -!

J’ai besoin de mes petites pilules bleues et, parce que pas mal de mes amis en consomment, chaque fois que je vais chez le doc je lui demande le gros traitement suppressif d’une pilule par jour pendant un an ce qui m’en donne exactement 365 + une en bonus pour les années bissextiles alors, qu’entre vous et moi qui n’aime pas consommer quand ce n’est pas nécessaire, j’en ai peut-être besoin d’une soixantaine par année au max!  Ça fait que je bourre ma pharmacie d’une réserve à tout casser afin de pouvoir fournir mes tisamis qui n’ont pas de prescription comme Amétys…

Ouais, je l’sais que j’ai l’herpès! J’ai tu besoin d’aller encombrer la clinique pour avoir mes tites pilules bleues?

Je peux comprendre que pour certaines pathologies faut voir le doc régulièrement mais, franchement, me semble qu’il devrait y avoir une liste de médicaments qui se renouvellent automatiquement ou tous les 5 ans genre… Non?

Votre pusher anonyme… Heuuuu, j’vous fais un deal?

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

Première visite?

Tout d'abord bienvenue chez MPB! Afin de vous aider à nous connaître un peu et à en comprendre d’avantage sur notre situation, nous vous invitons à commencer la lecture de notre blogue par l'onglet «Billets choisis». Bonne visite!

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