You are currently browsing Nitouchka's articles.

J’en avais marre.  C’est demandant annoncer l’herpès.  C’est demandant de s’investir dans une relation.   Et échouer.

Alors on cherche des voies plus faciles.   Moins souffrantes.  Juste pour ne pas être seule.

J’ai ouvert une fiche sur un site de rencontre.  Droit au but.  J’ai l’herpès.  Que ça vous plaise – laissez-moi un message - ou non - passez votre chemin.

Il a écrit.  Il aimait la différence, le courage et était curieux j’imagine.  Il ne m’a pas particulièrement plu au premier contact.  Arrogant.  Suffisant.

Par un soir de déprime, de manque, je me suis dit pourquoi pas.  Il sait, il veut me voir.  S’il m’en donne le goût, let’s go.  Qu’est-ce qu’une fille ne ferait pas lorsque les hormones et la solitude la mettent au supplice.

On se donne rendez-vous dans un petit bar.  Il est beau comme un coeur, plutôt charmant.  Superficiel.  Mais who cares, le calvaire du dévoilement est évité et à ce moment, ça n’avait pas de prix.

Durant une semaine et quelques une de trop, je me suis rendue chez lui oublier un paquet de choses dans ses bras.  Et on oublie, pour un moment. 

On oublie qu’on a l’herpès.  On oublie qu’on se vend à rabais à cause de lui.  On oublie qu’on s’est déjà vendue pour plein d’autres raisons.

Mais la réalité, cette ratoureuse, nous débusque toujours.  Où qu’on se rende.   Se renier pour ne pas affronter la souffrance du dévoilement, ça a un prix.  La souffrance.

Celle de réaliser qu’on se désavoue.  Qu’on se négocie à la baisse.  Et c’est vachement plus souffrant que de dévoiler notre coloc. 

Et on se rend à l’évidence:  le bonheur de se choisir vaut bien la souffrance du dévoilement. 

Pour un rien, je croirais que j’ai hâte à la prochaine fois. 

Juste pour être fière.

Je suis célibataire.  Le saviez-vous?  Si vous ne le saviez pas, de deux choses l’une:  ou vous faites semblant de lire, ou vous en êtes à votre première visite.  Un ou l’autre, ce n’est pas grave.  Je vous pardonne.  Parce que ce texte, je l’écris pour moi, pour m’encourager sans doute.  Dans mes jours plus sombres.  Une petite thérapie à prix modique.

Pour mon plaisir, j’ai dressé la liste de toutes les relations amoureuses /sexuelles que j’aie entretenues depuis la rencontre.  Ce jour où on m’a fait le petit cadeau qui allait me donner l’incommensurable chance de vous entretenir de mes états d’âme.  Et de ma vie sexuelle débridée.

Il y a d’abord eu cette première rencontre.  Déterminante.  Positive.  J’ai cru naïvement qu’après une si belle expérience, annoncer l’herpès me serait plus facile.  Parce que peu importe la réaction à laquelle j’aurais à faire face, je saurais que rencontrer des hommes qui acceptent ma situation serait possible.  Et c’est vrai, c’est possible.   Par contre, j’attends toujours que l’annonce de l’herpès devienne plus facile et force m’est de constater que je vais attendre encore longtemps.

D’ailleurs, n’arrivant pas à m’infliger encore une fois cette épreuve, j’ai fait ce faux pas.  Ne rien dire pouvait sembler facile comme solution mais quand comme moi, on succombe facilement au poids de la culpabilité,  le secret devient vite trop lourd à porter. Exit la tranquilité d’esprit, bonjour les nuits blanches.

Entre l’angoisse de l’annoncer et celle de ne rien dire, j’ai cherché d’autres avenues.  Je me suis dit que ce serait plus facile de rencontrer quelqu’un de mon select club.  C’est émotivement moins éprouvant en effet,  mais partager l’herpès n’est pas une raison pour demeurer avec quelqu’un.  Dommage par contre parce que c’est franchement plus facile.  À tout point de vue.

J’ai tenté une variante de mon expérience précédente afin, encore une fois, de ne pas avoir à affronter la terrible annonce.  Oui c’est moins souffrant lorsque l’autre vous aborde en “sachant” .  Mais ils ne sont pas légion à écumer les sites de rencontres à la recherche d’une Juliette-à-coloc et ils ne sont pas forcément compatibles.  Ne cherchez pas.  Je ne vous ai pas encore raconté cette histoire.  Mais pour vous faire patienter jusqu’à ce que je vous la raconte, je dirais qu’elle ressemble étrangement à cette histoire.  Mais avec une fin moins idylique.

Alors  j’ai affronté ma grande angoisse et je l’ai annoncé,  encore et encore , toujours avec des résultats qui m’ont remplie d’amour et de confiance envers la vie et la nature humaine.  Mais qui n’ont jamais réussi à adoucir la violence de cette épreuve.  Rien n’y fait:  Çafamal!!!!

Pourtant, à la lumière de toutes ces expériences, je réalise que l’herpès n’a jamais été un facteur d’échec.  Jamais.  Le plus pénible en fait pour moi, vous l’aurez compris, c’est de le dévoiler.  Me montrer dans toute ma vulnérabilité est mon pire supplice.  Encore aujourd’hui.  Et tant que je n’ai pas franchi ce pas, je me sens comme une imposteure.

Parce qu’une fois traversée cette épreuve, jamais l’herpès n’a été un obstacle dans les relations que j’ai entretenues.  Je n’ai jamais failli à la promesse que je m’étais faite de ne jamais accepter d’être considérée comme un bouton ou de me considérer moi-même comme tel et de ce fait, faire quelque compromis que ce soit sur ma sexualité ou sur mes choix amoureux.

En fait, ce que l’herpès a modifié, c’est ma façon d’aborder les rencontres amoureuses.  J’ai perdu mon insouciance.  Je n’ai plus la confiance de me lancer dans une expérience amoureuse juste en me disant “have fun et pour le reste, on verra”.  Il y a toujours le spectre de devoir annoncer l’herpès, la peur du rejet,  qui plane et qui influence mes choix et mes décisions.

Mais ce n’est pas sans être positif à certains égards.   Parce que si  ce n’était de l’herpès, sans doute que mon palmarès comporterait un nombre de prétendants un peu trop gênant pour en faire la nomenclature exhaustive.

Dois-je encore conclure que malgré mon aigreur à son endroit, mon petit coloc persévère à me montrer son côté positif?  C’est qu’il est tenace à se faire apprécier!! 

Va-t-il y arriver?  Hummm……. j’en doute!!  Mais quoi qu’il en soit, s’il m’envoie mon Jules, je serai peut-être prête à revoir ma position à son égard.   Et ne vous avisez surtout pas de me souhaiter le contraire juste pour pouvoir continuer à vous marrer sur le pathétisme de ma vie sexuelle.  Je ne saurais vivre en vous sachant si mesquins!!! ;-)    Allez!  Sans rancune!!

Ma copine Loulou m’appelle pratiquement tous les matins.  On se raconte tout et rien et on partage nos idées sur la vie.  Il arrive parfois qu’une de nous deux ait un fait marquant à raconter.   Ce matin là, Loulou n’en pouvait plus de ne pas me dire.

Loulou dans un souffle:   Aaaaaaah!  Faut que je te dise.

Nitouchka sentant le potin croustillant:   Raconte!

Loulou embarrassée:  Ben……. j’voulais pas te le dire………  J’ai hooooonte

Nitouchka assurée d’un potin croustillant:  BEN LÀ!!!  Raconte!!

Loulou:  J’ai un amant!

Nitouchka:  Oh!  Ça on aime ça!  Je suis toute ouïe!

Loulou:  Il y a un mois,  j’ai eu une soirée avec ma gang de ….  J’avais du fun, le vin coulait pis toute la soirée, ce gars là tournait autour mais rien ne semblait vouloir vraiment se dessiner.  J’avais aucune attente d’ailleurs.  Je prévoyais rentrer sagement chez moi.  Au moment de partir, il m’a offert de partager un taxi.  Premier arrêt chez lui.  Deuxième chez moi.

Nitouchka:  Et? 

Loulou:  Je ne me suis jamais rendue chez moi.

Nitouchka:  Ohhhh!!  T’as couché avec? 

Loulou:  Beeeen…… oui!

Nitouchka:  Et………….?  Tu lui as dit?

Loulou:  Ben……… Noooon!

Nitouchka:  Condom?

Loulou:  Ben là!  Franchement………

Nitouchka:  J’sais ben mais tsé comment chus mère poule!  Ça valait la peine au moins?

Loulou:  Franchement?  Super!!  Gentleman le monsieur.  J’ai rien à dire!  Il m’a collée toute la nuit, m’a fait le café le matin, a soigné ma gueule de bois aux aspirin et est venu me reconduire chez moi.   C’était cool, relax et je suis rentrée chez moi prête à ranger ce moment dans le tiroir des bons souvenirs.

Nitouchka:  Cool.  Mais pourquoi t’as honte?

Loulou:  Ben……… j’y ai pas dit.

Nitouchka:  Ben là!!!  Penses-tu franchement que je te jugerais là-dessus.  Tu as fait ce que tu devais faire:  t’as mis un condom, tu n’étais pas en crise, tu prends du Valtrex et en plus, il est un homme (il faut savoir que le risque de transmission de la femme vers l’homme est beaucoup plus faible que l’inverse).  Tu connais ma position là-dessus!  Il a plus de chance de gagner au 6/49 que d’avoir attraper l’herpès.  Vous étiez chauds, c’est sans lendemain.  Des risques tu en cours autant que lui.  Voilà!  No reason to be ashamed!

Loulou:  Je le sais et je partage ton opinion aussi.  Mais l’affaire c’est que je ne pensais pas qu’il me rappellerait.  Mais il l’a fait.  Et j’avais envie de le revoir.  Et on s’est revu.  Hier.

Nitouchka:  oh!?…….

Loulou:  ……….

Nitouchka:  Tu as recouché avec sans lui dire.

Loulou piteuse:  Hum! hum!  ……… J’ai ben essayé de lui dire.  Je passais mon temps à aller au toilette pour me faire des meetings de motivation mais chaque fois que je sortais de la salle de bain, le  courage que je pensais avoir rassemblé arrivait même pas à passer le cadre de porte.  Misèèèère!!!   Là je pense rien qu’à ça.  Je sais qu’il va rappeler.  Je sais qu’on va se revoir.  J’ai le goût de le revoir mais…….Pffff!   Je suis épouvantable. 

Nitouchka:  Loulou rassure-toi.   Je te comprends tellement.  Mais TELLEMENT!!  Ça fait toujours mal de devoir dévoiler notre petit secret!  Ça coûte cher.  Je le sais, tu le sais!  C’est comme se lancer d’un avion, sans parachute, en sachant que la seule chose qui peut atténuer la chute c’est un tas de marde!!  L’enfer mon p’tit minou!  N’importe qui hésiterait à sauter!  Par contre, dès que tu en as l’occasion, décharge toi de ton petit singe.  Plus tu attends pour lui dire, plus ce sera difficile.  Faut que tu lui dises!

Loulou:   Je sais.  Je le sais tellement.  Mais avec déjà deux strikes, j’ai l’impression que le bout de la manche vient de me pogner dans l’engrenage mortel du scénario d’horreur!

Mon amie Loulou et moi on s’est fait un petit peptalk mutuel pour l’aider à plonger la prochaine fois que Monsieur Gentleman lui ferait signe.  D’une part, on s’est entendues sur le fait que c’est bien pire d’être pris avec son secret que de le partager.  Et plus on attend, pire c’est.  Une rage de dent multipliée par 10 chaque fois qu’on remet ça à plus tard.  Un court bilan de toutes les fois où on a eu à le dire a suffit pour conclure qu’on se sent tellement plus légère après. 

D’autre part, M. Gentleman, on en était convaincues, n’était pas pour  lui faire une scène et la traiter de tous les noms.  Pas un gars qui te coule un café et te grille deux aspirines le lendemain de ce qui a tous les traits d’un one night. 

Monsieur Gentleman a rappelé.  Loulou avait eu le temps de mémoriser la Bible, de solidifier son courage et de faire la preuve qu’il ne sert absolument à rien de cacher quoi que ce soit à ses amies.  L’union fait la force qu’ils disaient et c’est tellement vrai. 

Devant une tasse de thé Loulou a dévoilé son secret comme on régurgite une livre de clous.  Ça faisait mal et elle lui a dit. Monsieur Gentleman a été surpris bien entendu mais fidèle à ce qu’on attendait de lui.  Il a posé des questions et cherché à comprendre ce qui lui était inconnu.  Il a remercié Loulou de sa franchise, l’a saluée pour son courage et a reçu sa vulnérabilité comme une marque de confiance.

 Ils ont eu une conversation très sincère, une conversation qui dépassait le niveau superficiel, comme rarement on peut en avoir avec des gens qu’on connait si peu.  Loulou lui a dit que c’était sa réalité, qu’elle vivait relativement bien avec mais que le choix de l’accepter ou non, lui revenait à lui et qu’elle le respecterait, quel qu’il soit.  M. Gentleman a été soulagé, elle l’a bien vu. 

Même si elle aimerait bien qu’il le fasse, Loulou ne s’attend pas à ce qu’il rappelle.   Elle le sait.  Ça se sent ce genre de truc.   Monsieur Gentleman, c’était implicitement clair depuis le début, ne cherchait pas une relation sérieuse. 

Mais ce qui est bien dans cette histoire c’est que Loulou a réalisé que, quoi qu’il puisse décider, Monsieur Gentleman n’a pas le pouvoir de la rejeter.  Quoi qu’il arrive, son choix se limite à accepter ou non l’herpès.  Il n’a pas le pouvoir de changer qui elle est et ce qu’elle vaut.  Ce choix, lui appartient à elle.

Et j’ai pensé à cette citation d’Eleanor Roosevelt et je me suis presque réconciliée avec l’herpès:   “No one can make you feel inferior without your consent.”

Je roule sur St-Urbain direction sud (pas encore les couilles ou la bêtise pour rouler vers le nord!).  Je vais rejoindre Amétys pour un petit 5 à 7 chez BU.  Je suis au téléphone avec Bobette (oui j’ai un main libre) et je peste contre l’herpès parce que oui, encore, l’herpès me fait chier.

Nitouchka:   Rien à faire, ça ne passe pas.  Je hais l’herpès.  Comme chaque fois que je dois le dévoiler à quelqu’un et que je peine à rassembler le courage pour le faire.  Je hais le mec qui me l’a donné.  Je hais la judéo-chrétienneté qui fait de ce petit bouton qui a eu le malheur de choisir un endroit gênant pour s’épanouir, un tabou de notre société.  Je hais que cette teigne ait choisi d’élire domicile dans ma culotte. 

Bobette:  Je me joins à toi pour l’haïr alors.  On hait toujours mieux à deux.

Nitouchka:  Ben kin!  Pour qui il se prend au juste?   Non mais réfléchis la chose 30 secondes.  Y’existe ben  plus dramatique que ça!  Sans blague écoute!  Le weekend passé j’ai eu mal au dos.  Solide!  Ben criss, c’est ben plus d’ouvrage avoir mal dans le dos qu’avoir l’herpès.  Fait qui peut ben se prendre pour qui il veut le coloc mais je te jure que j’aime mieux avoir l’herpès qu’avoir mal au dos. 

Bobette: C’est vrai à qui le dis-tu!  Avoir mal dans le dos ça handicape en sale!  C’est comme les migraines chroniques.  Moi j’ai connu une fille qui avait ça.  Elle pouvait arrêter de vivre pendant une semaine quand elle avait mal à la tête.

Nitouchka:  Mets-en!  Couchée au lit pus de vie! Au yable la job, la vie sociale!  Et le sexe?  Penses-y même pus!!  T’es un petit légume avec une tête d’une tonne et quart.  On s’entend-tu que l’herpès ça empêche pas de fonctionner?

 Bobette: En effet!  J’abonde!  Le coloc est moins incommodant qu’un mal de dos ou un mal de tête.  Bon…. un peu incommodant parfois mais quand même.  C’est mieux que….. souffrir d’emphysème genre!! 

Nitouchka:  My god!!  Vas demander au gars qui traine sa bonbonne d’oxygène si y’aimerait pas mieux avoir un petit bouton à la place!!  La question se pose pas me semble!!

Bobette: C’est vrai qu’y'a des tares ben pire.  Imagine que t’as une grosse tache de vin dans le visage?  Une qui te mange la moitié de la face!!  Ouuuuuu!!  J’pense que j’aime mieux l’herpès.

Nitouchka:  Rire.  You bet!!    Ou t’être fait amputer un sein après un cancer genre!  Me semble que c’est ben pire pour l’estime que le coloc non?!  Ça vient te charcuter la féminité bien plus sauvagement que notre tit ami.

Bobette: Ou ben être né avec juste trois vertèbres ou pas de bras ou pas de  jambe!

Nitouchka:  Ou le sida!!  Moi quand l’herpès me fait ben chier, je me dis que j’aurais pu pogner le sida!

Bobette: Ça c’est clair.  Je pense qu’on a tous pensé à ça.

Nitouchka:  Mouais.

Bobette: ……

Nitouchka:  Tsé l’eczéma c’est une forme d’herpès.  C’est pourtant socialement plus acceptable d’avoir de l’eczéma que d’avoir l’herpès.

Bobette: Ouais.  Socialement peut-être mais esthétiquement par contre……..

Nitouchka:  Hiiiiiii!!!  Ouais!  Pas joli joli!!  Imagine avoir les jambes arquées.  Tsé comme la fille dans Cruising Bar!!

Bobette: Ouiiiiiiii!!!  J’échangerais jamais mon herpès contre une obésité morbide genre!!

Nitouchka:  Ou être ben laid!!

Bobette: C’est comme pour un homme!  Imagine:  t’as pas l’herpès et tu as le choix entre un gentil monsieur avec un ti ti ti  pénis ou un gentil monsieur avec une belle grosse queue……….et l’herpès!!!

Nitouchka:  Hiiiii!!  My god!  J’avoue que j’aurais eu un méchant meeting avec ma conscience!!

Bobette: C’est comme un gars stomisé!!  Ou pire!!!  Être soi-même stomisée!!  Never in a life time!!

Nitouchka:  Stomisé?  C’est quoi ça?

Bobette: Tsé quand t’es pogné avec un sac?

Nitouchka:  Ouuuuuffff!!  METS-EN!!!!  Je prendrais la totale anytime!  Herpès bucal, génital, oculaire, nasal, name it mais, oh my god, laissez-moi chier dans les toilettes svp!!!

Bobette: Ouais.  Ça c’est pas drôle.

Nitouchka:  Ouais.

Bobette: On est chanceuses dans le fond.

Nitouchka:  Ouais.  Imagine que t’aies des jambes de cowboy, une stomie et qu’en plus, t’as l’herpès.

Bobette: Hiiiiii!!!  Ça c’est gagné à la loterie du looser!  C’est clair.

Nitouchka:  Mouais…..

Bobette: ……..

Nitouchka:  …….

Bobette: Ouais.  Y’a quand même du monde qui ont des jambes de déesse, pas de stomie, ni de cancer, ni d’emphysème pis…….. pas d’herpès non plus.

Nitouchka:  Ouin.  Pis qui sont ni grosses, ni laides.

Bobette soupirant: Ouin.

Nitouchka soupirant itoo :  Ouais ben….. quand on se compare ou bedon on se console, ou bedon on se désole.

Bobette: Ouais!  Qui  disent…….

Nitouchka:  Fait que, toi aussi t’es célibataire maintenant.

Bobette: Mouais.

Nitouchka:  Fait que toi aussi………

Bobette: J’vais devoir annoncé que j’ai……..

Nitouchka:  Ouin ben!  Re-bienvenue!

Bobette: Misère!  ……….. tu fais quoi là?

Nitouchka:  Je m’en vais prendre un verre avec Amétys.  Tu viens?

Bobette: J’irais bien mais… j’ai mal dans le dos!

Trouvé au hasard de mes promenades sur le web, ce formulaire tout fait qu’il suffit de compléter au besoin:

desole

Messieurs, me prend l’envie aujourd’hui de réaliser un de vos fantasmes.  Calmez-vous et rangez votre gallon de KY et vos Kleenex, je ne vous ferai pas cadeau d’une histoire de trip à trois ou tout autre récit scabreux.  Je vais plutôt vous offrir l’accès à un territoire interdit, une chasse farouchement gardée qui vous est de tout temps interdite. 

Je ne sais vraiment pas ce qui me prends aujourd’hui mais, pour un court moment et un tout petit extrait, je vais vous donner accès au sacro-saint temple de ……… La Conversation Féminine! 

Oui messieurs, on le sait que vous avez tous un jour ou l’autre rêvez d’être un petit oiseau pour venir écouter ce que ça se racontent des filles quand elles sont entre elles.  Vous faites bien parce que c’est sacrément édifiant. 

Les sujets sont variés mais comme nous connaissons vos limites centres d’intérêts, j’ai sélectionné parmi vos préférences.  Vous ne pourrez pas dire que nous n’avons pas à coeur votre plaisir.

Dans l’extrait qui suit, les noms ont été changés afin de préserver l’anonymat des protagonistes.  Les ils, comme les elles. 

INTÉRIEUR.  SOIR.  Le Salon

Mimi, Sissi et Lili discutent bout de gras.  La télévision fonctionne en sourdine.  La bouteille en est à ses dernières gouttes.  Il s’agit peut-être de la deuxième.  Voire même de la troisième.

Lili :  Bla bla bla bla……..

Sissi : Bla bli bli bli…. Ah! Ah! Ah!

Mimi regarde le fond de son verre approcher dangeureusement:   Ça me fait d’ailleurs penser…….. Ça faisait un méchant bail que c’était pas arrivé mais cette semaine j’ai fait une pipe de la mort.    Osti que c’était bon!   Je sais pas vous autres mais dans mon palmarès des actes sexuels, la pipe se situe dans le top trois.  Sérieux, quand t’as le goût et quand elle est reçue avec délectation, une pipe c’est méga turn on.

Sissi:   Mmmmmm!  Ouiii! Ouiiii!  J’en veux!  J’en veux!

Lili:  Moi j’ai développé une technique infaillible pour la pipe. 

Sissi et Mimi:   Raconte.

Lili joignant le geste à l’explication:  J’utilise ma main comme une extension de ma bouche.  Vous voyez, même lorsque ma bouche ne touche plus sa queue, la sensation demeure et l’heureux ne se rend même pas compte de ce qui lui arrive.  Il a l’impression de se faire bouffer par deux grosses lèvres géantes.

Mimi:  Le summum en effet.  J’emploie une technique similaire.  Il faut mettre ben de la salive pour que tout se lie dans un ensemble juteux et chaud.

Lili:  Exact!  Ben de la salive pour que la main glisse comme une grosse paire de lèvres supplémentaires. Succès garanti.  Pis en plus, l’astuce avec cette technique c’est que lorsqu’il vient, tu peux recracher discrètement le sperme dans ta main sans que monsieur n’y voit rien.

Sissi :  Ah ouin?  Mais tu fais quoi avec après?

Lili :  Je le mets dans un Kleenex.

Mimi :  Ah! …… Moi j’avale. 

Lili : J’pas capable.  Y’a rien à faire ça me lève le cœur.

Sissi :  Non non!  Moi aussi j’avale.  C’est ben moins dégueux à part ça.  Quand tu le recraches le goût te reste dans la bouche forever.  C’est ben pire. 

Lili : Ah non!  J’pas capable.

Sissi :  Le truc c’est de t’arranger pour qu’il te vienne loin dans la bouche, pratiquement dans la gorge.  Une p’tite gorgée pis t’as rien senti, rien vu, rien gouté.    Quand tu le recraches ça se ramasse sur tout ce que t’as de papilles gustatives pis on s’entend tu que c’est pas bon!?  Mettons qu’y’en a qui goûte moins que d’autres mais quand même, c’est pas bon!

Lili et Mimi :  Ouais! Ouais! En effet.  Pas la haute gastronomie.

Sissi :  Remarque que ça doit pas être meilleur pour eux-autres….

Mimi :  Non!  J’pas d’accord.  J’dis pas qu’on goûte la tire d’érable mais quand même, on goûte 100 fois meilleur qu’eux.

Sissi :  beeeen…… y’en a qui sont amères chus sure!

Mimi :  Oui c’est vrai que des fois c’est plus tough que d’autre.  Mais avoue que lui faire une pipe quand il vient juste de te pénétrer et que t’étais toute mouillée ça se compare en rien à avaler un load de sperme amer.

Sissi :  Ah oui!  Ça c’est cochon manger une queue qui vient de te ramoner!

Mimi :  Ouiiii!  Surtout lorsque  c’est langoureux et pas trop rapide.

Lili :  Ah oui!  Y’a tu d’quoi de plus plate que de faire une pipe à vitesse grand V.  (mimant la pipe à haute vitesse) Ah Ah Ah Ah Ah!  C’est ben juste si t’as l’impression de la sentir passer dans ta bouche!  Les dents accrochent partout!  Ah s’ti qu’j’hais ça!   Avec Coco c’était d’même!  Ça m’énarvait!

Mimi :  Moi non plus j’aime pas ça.  J’aime ça langoureux.  Jusqu’à  la fin.  D’ailleurs avec Roro cette semaine, c’était de même.  Quand il m’a gémi  “ouiii!  Comme ça” c’était le rythme parfait!  Juste assez lent, juste assez vite.  Le summum de la pipe!

Sissi :  Exactement!  C’est comme pour le cunnilingus!  Y’a tu d’quoi de plus énervant que de se faire manger et là, quand le gars a finalement  le tempo parfait, la langue à la bonne place et que tu lui fais savoir qu’y'est right on the spot……………. y se met à s’énerver pis y te lèche comme si sa vie en dépendait.  Relaxe ciboire!!  J’viens de te dire que c’était ça mon homme!  Pourquoi tu passes en cinquième vitesse?

Mimi :  Ouiiiiiii!  S’ti que c’est vrai!

Sissi :  Non mais c’est quoi l’affaire. Si je te dis  “Oui! Oui! Comme ça!  C’est bon!”  C’est parce que j’aime ce que tu me fais dret là.  C’est bon ça veut pas dire plus vite me semble!  Accèlere pas ciboire!  Tout est à recommencer après.  Retour case départ!

Mimi :  JE SUIS PAREILLE!!!  Autant j’hais donner des pipes bioniques, autant j’hais recevoir des cunni de lapin!  Momo y’était de même quand ça lui tentait pas de baiser.  Il me faisait des cunni express pour se débarasser de moi.  Cibole, oublie ça.  Quand je me fais lécher comme une crème glacée qui fond, ça me turn off ben raide! 

Sissi : Prends ton temps chéri!  De toute façon,  une fois que je suis venue, c’est pas une raison pour arrêter.  Je vais revenir encore!

Mimi :  ah ouin?  Chanceuse!  Arrives-tu à éja……..

Lili pointant la télé :  Check c’est chose là!

Sissi :  Ah oui!  C’est quoi son nom déjà?

Mimi :  Ouiiii!  Le gars qui bla bla bla

Lili :  Bli bli bli

Sissi :  Ah! Ah! Ah!  Blo blo blo……………

 Ainsi va la vie et ses petits moments impromptus.  Messieurs ne me remerciez pas pour cet extrait du monde interdit.  Ne faites que parfaire votre technique du cunnilingus et on vous en sera éternellement reconnaissantes!  À bon entendeur………

Je vous avais promis une histoire de sexe.  C’était pour vous apâter.  En fait, c’est une histoire de haine et d’amour.  De haine envers le grand H.  D’amour envers le grand A.

Il est cher à mon coeur depuis longtemps.  Très très longtemps.  Bien avant que je ne rencontre le coloc.  Bien avant que la vie ne me balance son lot d’expériences et quelques rides.

Et le revoilà.  Il est marié.  Rien n’est parfait dans ce bas monde.

Il est venu chez moi, une première fois.  Chastement.  Mais lorsque sa tête s’est nichée sur mon épaule et que nos corps se sont accrochés l’un à l’autre dans un aurevoir, j’ai senti la muraille trembler.

Puis une deuxième fois.  Moins chastement.  Sur le pas de la porte, nos lèvres se sont reconnues.  C’était comme si les vannes d’un vieux barrage cédaient.  J’ai su que le torrent ratisserait large si je n’endiguais pas immédiatement ce flot violent.

Mais il est revenu une troisième fois.  Et j’ai sombré dans les abysses du désir.  Aucune digue ne pouvait plus retenir ces eaux dormantes soudainement libérées.  Ma volonté et mes principes ont été emportés.

Bien entendu, mon petit coloc me regardait, amusé:  “Et dis-moi Nitouche, tu fais quoi maintenant?”

Moi:    J’ai la situation bien en main t’inquiète.

Coloc:   C’est évident.  Une fille nue dans un bain avec un homme, tout aussi nu, c’est l’image parfaite du contrôle.

Moi:  Ta gueule!

Je ressemblais à une Nitouche qui n’a rien de sainte.  Nue, me noyant dans la mousse et le vin et l’assurant que je ne coucherais pas avec lui.  Pitoyable.

Mais Lui: Ça me convient parfaitement.  Je ne suis pas pressé.  Aujourd’hui, demain, à l’Halloween, ça se présentera c’est tout.

Et il m’a attirée à lui, lovant mon corps au sien.  Devant ma résistance à l’abandon il a rigolé:

Relaxe Nitouche.  Tu sais que si tu veux me parler de ta Chlamydia je vais comprendre.

J’ai ri juste un peu trop fort.  Juste une seconde trop longtemps.

Nous avons noyé nos corps et leurs plaisirs sans jamais toutefois mélanger nos fluides.  C’était divin.  C’était souffrant.

Lorsqu’il a quitté je savais qu’il me fallait sauter du navire mais ma volonté était une guimauve grillée.  J’ai passé en revue mes beaux principes sur les hommes mariés mais je savais pertinemment que si ça n’avait été du coloc, j’aurais plongé à corps perdu dans sa galère.

C’est là qu’Ametys m’a ramenée à la raison.

Puis il est revenu.  Une quatrième fois.

C’était contre toute raison mais juste une fois, une seule fois, je souhaitais m’y laisser couler.

Je me devais de l’introduire au coloc.

J’en ai été incapable.  Parce que de tous les rejets, le sien aurait été trop douloureux.  Je n’ai pas su assumer.

C’est là que je l’ai détesté.

Je me suis cachée derrière mes principes, prétextant que cette situation risquait d’être trop douloureuse, que mes attentes surpassaient les siennes.  Que je l’attendais depuis si longtemps que je ne pourrais jamais me résoudre à une si infime partie de lui.

Le pire c’est que c’est vrai.

Mais l’encore plus pire si ça se trouve, c’est que je sais pertinemment que sans l’herpès, j’aurais sauté dans cette galère malgré la certitude de m’y fendre le coeur.

L’herpès a fait ce qui se devait.

Je devrais lui dire merci sans doute.  Mais je ne l’aimerai jamais pour autant.

Certaines le font avec un shortcake aux fraises alors que d’autres choisissent la méthode plus directe:

sorry-about-the-herpes

 Isn’t it sweet!?

Toutes les façons sont bonnes pour annoncer l’herpès et les filles de MPB sont entrain de vous concocter une petite bible sur les meilleurs moyens de l’annoncer! 

 À l’affiche bientôt sur votre blog préféré!!

Il n’y pas très longtemps, on vous parlait d’un copain de MPB qui a fondé un site de rencontres en ligne entièrement québécois pour gens vivant avec une its.  C’est en faisant lui-même la connaissance avec le coloc que l’idée lui est venue. 

On parle maintenant de lui dans les médias.  Et surtout de son site.  Vous pouvez le lire sur Rue Frontenac et l’entendre sur Dutrizac.

Chapeau Guy, pour cette merveilleuse initiative et pour le courage de t’afficher ouvertement avec ton coloc.  On te salue bien bas!

On est sage hein !?  Je ne sais pas pour mes collègues mais moi, je vais vous le dire pourquoi je me tiens bien peinarde ces derniers temps.   Je le sais elles vont peut-être m’en vouloir un peu parce que le but ici, c’est de dédramatiser l’herpès et non pas d’en faire un plat. 

Mais je vais vous dire un truc pour vous rassurer, vous qui vous morfondez de devoir vivre avec ce petit parasite et qui vous demandez comment je peux sembler si sereine avec mon petit ami :  Je ne vis pas en harmonie avec l’herpès.  Il me fait chier et je l’endure parce que vous savez quoi?   JE N’AI PAS LE CHOIX.  

Oui oui !  Vous avez bien lu.  Le coloc me fait royalement chier et si j’avais le choix, j’aimerais mieux vivre sans.   

Voilà c’est dit.  C’est affirmé.  Maintenant vous savez qu’à quelque part, derrière mon image de stilleto, je suis de nature plutôt humaine.  Et putain que ça fait du bien.  Tiens je vais même m’en permettre une autre :   MANGE DE LA MARDE MAUDIT HERPÈS !!!  Un peu puéril j’en conviens mais vous ne me l’enlèverez pas.  Je le garde tel quel en grosses lettres « capitales » ! 

Quoi ?  Je ne vous apprends rien ?  Vous aviez vu à travers mon jeu lorsque je vous laissais sous-entendre que l’herpès avait pratiquement été une bénédiction du ciel ?  Vous avez bien fait de ne pas y croire.  C’était faux.  L’herpès c’est une merde qui se loge d’abord dans la culotte pour après vous beurrer de brun jusqu’au fond de l’âme !   

Mais pour rassurer les copines, qui doivent à ce moment ci de leur lecture avoir envie de me crucifier pour avoir écrit un texte si noir – et parce que c’est vrai auss – les coups de gueule et les coups de cafard provoqués par notre petit ami, comme la majorité des autres coups d’ailleurs, on s’en remet.  Toujours.  Ça passe.  J’avais juste pas envie de le garder pour moi celui là.   

Si vous êtes bien gentils (mais vous l’êtes toujours !) et que j’arrive à trouver les mots justes, je vous raconterai la raison de mon coup de gueule.  Puéril aussi bien entendu.  Mais je parie que vous le savez déjà.  Parce qu’en final, le coloc n’a de pouvoir qu’à un seul et unique endroit :  dans la culotte !!  

Alors ma gang de chanceux, vous allez avoir le droit à une autre histoire de sexe !!  Encore !  

V’voyez !!  Ça va déjà mieux !  Ah si je ne vous avais pas !!

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

Première visite?

Tout d'abord bienvenue chez MPB! Afin de vous aider à nous connaître un peu et à en comprendre d’avantage sur notre situation, nous vous invitons à commencer la lecture de notre blogue par l'onglet «Billets choisis». Bonne visite!

Suivez-nous sur Twitter!

Archives

Blog Stats

  • 26,742 hits