L’autre jour je fus charmée par un prospect venu d’un site de rencontre pour personnes à culottes squattées.  Après quelques échanges, nous décidons de profiter d’une occasion où nous sommes à proximité afin de se rencontrer.

Je ne suis pas déçue. La photo, préambule inévitable à ce genre de drague, était bien honnête: je reconnaissais le beau p’tit pétard que j’avais évalué.

Il est tout souriant et semble aussi bien heureux de la matérialisation de mon image!

Wow! C’est une belle rencontre!

Plus nous jasons, plus ma balloune gonfle!

Nous rions, commandons un autre bière et elle gonfle et gonfle et gonfle encore d’avantage jusqu’à ce que qu’il ne reste que de l’espace pour lui et moi.

Ses yeux magnifiques se mirent aux miens… J’ai chaud et je sais que la chope que je viens de recevoir n’assouvira pas ma soif.

Rien pour assombrir le paysage hormis le passage en éclair de l’ombre d’une cigogne au bec bien acéré:

- Je cherche une femme pour fonder une famille. Je veux des enfants!

Pssshhiiii!!! et elle dégonfle

- Heu, j’ai déjà donné merci! Impossible pour moi!

- Mais au fait j’y pense! Comme tu es pas mal impliquée dans le milieu, tu dois bien connaître des filles qui ont l’herpès et qui veulent des enfants?

Pssshhiiii!!!

- Oui. J’en connais…

__________

- Allo?

- Lulu! C’est Bobette! J’ai un super mec à te présenter. Belle gueule, cherche femme avec coloc pour fonder une famille et être heureux jusqu’à la fin des temps.

- Hein? C’est vrai! Wow c’est donc bien hot!

- Je t’envoie la photo, dis moi ce que tu en penses!

Quelques secondes passent, Lulu me rappelle pour me dire, qu’en plus de le trouver super mignon, elle fait tout-à-fait confiance à mon jugement et est prête pour la suite.

Nous raccrochons et Lulu est tellement excitée à l’idée de rencontrer le futur père de ses enfants qu’elle s’empresse à en parler à une collègue de bureau:

- Ma t’chum va me présenter LE prince charmant…. Elle pense qu’on va faire un super bon match! J’me peux plus et il est tellement cute!

Tiens! J’te montre la photo!

-…

-??

-…

- Bien quoi????

- C’est mon ex!

- Tabarnak!

- Mets-en! Tu sais c’est lui l’Ostie de chien sale dont je te parle depuis des mois!

- Nooooooooooooooooooon!

- Ouais, celui qui a préféré de loin ses maudits problèmes de jeux au bel amour qu’on vivait ensemble…. J’ai été vraiment écorchée dans cette histoire là en essayant le sauver de son vice en plus d’avoir presque tout vidé mon compte en banque pour l’aider!

- Ah l’Ostie…

- Ouais…

Pssshhiiii!!!

* Quelques faits ont été modifiés afin de conserver l'anonymat des acteurs.

J’en avais marre.  C’est demandant annoncer l’herpès.  C’est demandant de s’investir dans une relation.   Et échouer.

Alors on cherche des voies plus faciles.   Moins souffrantes.  Juste pour ne pas être seule.

J’ai ouvert une fiche sur un site de rencontre.  Droit au but.  J’ai l’herpès.  Que ça vous plaise – laissez-moi un message - ou non - passez votre chemin.

Il a écrit.  Il aimait la différence, le courage et était curieux j’imagine.  Il ne m’a pas particulièrement plu au premier contact.  Arrogant.  Suffisant.

Par un soir de déprime, de manque, je me suis dit pourquoi pas.  Il sait, il veut me voir.  S’il m’en donne le goût, let’s go.  Qu’est-ce qu’une fille ne ferait pas lorsque les hormones et la solitude la mettent au supplice.

On se donne rendez-vous dans un petit bar.  Il est beau comme un coeur, plutôt charmant.  Superficiel.  Mais who cares, le calvaire du dévoilement est évité et à ce moment, ça n’avait pas de prix.

Durant une semaine et quelques une de trop, je me suis rendue chez lui oublier un paquet de choses dans ses bras.  Et on oublie, pour un moment. 

On oublie qu’on a l’herpès.  On oublie qu’on se vend à rabais à cause de lui.  On oublie qu’on s’est déjà vendue pour plein d’autres raisons.

Mais la réalité, cette ratoureuse, nous débusque toujours.  Où qu’on se rende.   Se renier pour ne pas affronter la souffrance du dévoilement, ça a un prix.  La souffrance.

Celle de réaliser qu’on se désavoue.  Qu’on se négocie à la baisse.  Et c’est vachement plus souffrant que de dévoiler notre coloc. 

Et on se rend à l’évidence:  le bonheur de se choisir vaut bien la souffrance du dévoilement. 

Pour un rien, je croirais que j’ai hâte à la prochaine fois. 

Juste pour être fière.

Celle-là m’a bien fait rire…

Il s’agit du auvent du restaurant Heroes Sandwich Bar à Oxford en Angleterre.

Imaginez! Un seul coup de crayon, le mot Heroes devient Herpes!

Je n’y aurais même pas pensé moi-même et du coup j’ai mis un marqueur dans ma sacoche juste au cas où je croiserais un Heroes sur ma route!

C’est encore mieux que de dessiner une moustache sur une affiche et……… Hop! Un coup de crayon! Une nouvelle œuvre des Herpes Angels!

Et dites donc! Croyez-vous qu’ils servent cette marque de bière au Herpes Sandwich Club ?



Never mind buying souvenirs

You’re taking home HERPES!

Life sucks, have a pint…

;-)

 

 

 

 

 

 

Des fois, je me sens comme une vraie sainte qui se baigne dans l’eau bénite mettant toujours à nu son p’tit coloc avant de se déshabiller elle-même! Oui, oui…. Vraiment! J’ai toujours dit aux intéressés qu’un câlisse de squatteur est bien encré au fond de ma petite culotte!

Mais parfois, le petit diable en moi a juste envie de dire FUCK IT! Fais toi baiser pis ferme ta grande gueule!

Il va sans dire que, sans y consentir, l’idée me turlupine royalement! Je suis en manque flagrant!

Ce qui fait que l’autre jour, j’ai voulu savoir si vous êtiez tous aussi honnêtes que bibi…

Ouais…

Alors j’ai fait un petit sondage auquel vous avez bien voulu répondre. Je vous en remercie et je suis fin prête à vous dévoiler les résultats!

Bien que rien ne soit vraiment scientifique autant dans le processus que dans l’échantillonnage, j’ai réalisé qu’il n’y a pas de quoi se péter les bretelles avec l’honnêteté de notre classe sociale.

La question était simple : Et vous, si vous aviez l’herpès, seriez-vous aussi honnête?

J’avais divisé chacune des situations selon deux possibilités :

1) Vous avez l’herpès génital avec symptômes, vous avez donc des crises évidentes de temps à autre.

2) Vous êtes porteur sans symptôme (chanceux), donc asymptomatique.

 

Voici les résultats :

Dans le cas «Le diriez-vous lors d’une baise One night?»

50% de ceux qui font crises le diraient alors que seulement 17% des asymptomatiques s’en donneraient la peine!

Là, les résultats ne m’étonnent pas trop sauf qu’en ce qui me concerne, j’ai toujours cru bon de le dire au cas où la relation irait plus loin. Mais ça, c’est mon petit côté sainteté-martyr-bienheureuse… Passons!

Dans le cas «Le diriez-vous à une personne avec qui vous croyez pouvoir établir une relation stable

92% de ceux qui font crises le diraient contre 46% chez les asymptomatiques!

Du côté des gens qui font des crises il me semble qu’une note parfaite serait préférable mais là où ça me dépasse royalement c’est que la moitié des asymptomatiques ne le diraient même pas…. Oufff!

Comment ne peut-on ne pas le dire en connaissant les conséquences de la chose?

 

Et qu’en est-il des gens qui font des feux sauvages ?

Et bien selon mes résultats… Une personne sur trois aborderait le sujet avec un partenaire potentiel.

Wow! J’avoue que la réponse m’a agréablement surprise parce que je m’attendais à moins quoi qu’après mûre réflexion  je me suis dit que le mot aborder ne veut peut-être pas dire grand chose si on ne fait que dire sans aucun détail: «Ah, en passant, j’ai déjà eu un feu sauvage!».

Bref, de mon questionnaire non scientifique, une conclusion bien sage s’impose:

Protégez-vous et ne croyez pas tout ce qu’on vous dit parce que les gens de ma catégorie ne sont pas tous des saints!

Vous vous demandez de quoi trois filles célibataires avec l’herpès ça peut bien avoir l’air?

Et bien, on vous en a tracé le profil. Ces trois filles là, c’est nous!

Je suis célibataire.  Le saviez-vous?  Si vous ne le saviez pas, de deux choses l’une:  ou vous faites semblant de lire, ou vous en êtes à votre première visite.  Un ou l’autre, ce n’est pas grave.  Je vous pardonne.  Parce que ce texte, je l’écris pour moi, pour m’encourager sans doute.  Dans mes jours plus sombres.  Une petite thérapie à prix modique.

Pour mon plaisir, j’ai dressé la liste de toutes les relations amoureuses /sexuelles que j’aie entretenues depuis la rencontre.  Ce jour où on m’a fait le petit cadeau qui allait me donner l’incommensurable chance de vous entretenir de mes états d’âme.  Et de ma vie sexuelle débridée.

Il y a d’abord eu cette première rencontre.  Déterminante.  Positive.  J’ai cru naïvement qu’après une si belle expérience, annoncer l’herpès me serait plus facile.  Parce que peu importe la réaction à laquelle j’aurais à faire face, je saurais que rencontrer des hommes qui acceptent ma situation serait possible.  Et c’est vrai, c’est possible.   Par contre, j’attends toujours que l’annonce de l’herpès devienne plus facile et force m’est de constater que je vais attendre encore longtemps.

D’ailleurs, n’arrivant pas à m’infliger encore une fois cette épreuve, j’ai fait ce faux pas.  Ne rien dire pouvait sembler facile comme solution mais quand comme moi, on succombe facilement au poids de la culpabilité,  le secret devient vite trop lourd à porter. Exit la tranquilité d’esprit, bonjour les nuits blanches.

Entre l’angoisse de l’annoncer et celle de ne rien dire, j’ai cherché d’autres avenues.  Je me suis dit que ce serait plus facile de rencontrer quelqu’un de mon select club.  C’est émotivement moins éprouvant en effet,  mais partager l’herpès n’est pas une raison pour demeurer avec quelqu’un.  Dommage par contre parce que c’est franchement plus facile.  À tout point de vue.

J’ai tenté une variante de mon expérience précédente afin, encore une fois, de ne pas avoir à affronter la terrible annonce.  Oui c’est moins souffrant lorsque l’autre vous aborde en “sachant” .  Mais ils ne sont pas légion à écumer les sites de rencontres à la recherche d’une Juliette-à-coloc et ils ne sont pas forcément compatibles.  Ne cherchez pas.  Je ne vous ai pas encore raconté cette histoire.  Mais pour vous faire patienter jusqu’à ce que je vous la raconte, je dirais qu’elle ressemble étrangement à cette histoire.  Mais avec une fin moins idylique.

Alors  j’ai affronté ma grande angoisse et je l’ai annoncé,  encore et encore , toujours avec des résultats qui m’ont remplie d’amour et de confiance envers la vie et la nature humaine.  Mais qui n’ont jamais réussi à adoucir la violence de cette épreuve.  Rien n’y fait:  Çafamal!!!!

Pourtant, à la lumière de toutes ces expériences, je réalise que l’herpès n’a jamais été un facteur d’échec.  Jamais.  Le plus pénible en fait pour moi, vous l’aurez compris, c’est de le dévoiler.  Me montrer dans toute ma vulnérabilité est mon pire supplice.  Encore aujourd’hui.  Et tant que je n’ai pas franchi ce pas, je me sens comme une imposteure.

Parce qu’une fois traversée cette épreuve, jamais l’herpès n’a été un obstacle dans les relations que j’ai entretenues.  Je n’ai jamais failli à la promesse que je m’étais faite de ne jamais accepter d’être considérée comme un bouton ou de me considérer moi-même comme tel et de ce fait, faire quelque compromis que ce soit sur ma sexualité ou sur mes choix amoureux.

En fait, ce que l’herpès a modifié, c’est ma façon d’aborder les rencontres amoureuses.  J’ai perdu mon insouciance.  Je n’ai plus la confiance de me lancer dans une expérience amoureuse juste en me disant “have fun et pour le reste, on verra”.  Il y a toujours le spectre de devoir annoncer l’herpès, la peur du rejet,  qui plane et qui influence mes choix et mes décisions.

Mais ce n’est pas sans être positif à certains égards.   Parce que si  ce n’était de l’herpès, sans doute que mon palmarès comporterait un nombre de prétendants un peu trop gênant pour en faire la nomenclature exhaustive.

Dois-je encore conclure que malgré mon aigreur à son endroit, mon petit coloc persévère à me montrer son côté positif?  C’est qu’il est tenace à se faire apprécier!! 

Va-t-il y arriver?  Hummm……. j’en doute!!  Mais quoi qu’il en soit, s’il m’envoie mon Jules, je serai peut-être prête à revoir ma position à son égard.   Et ne vous avisez surtout pas de me souhaiter le contraire juste pour pouvoir continuer à vous marrer sur le pathétisme de ma vie sexuelle.  Je ne saurais vivre en vous sachant si mesquins!!! ;-)    Allez!  Sans rancune!!

petitevite

Ça c’est le genre de truc qui pourrait bien m’arriver… Misère ! :-(

 

Traduction libre :

(Hostie qu’il est pourri au lit, lui… Vite, vite faut que je trouve un moyen de m’en débarrasser…)

- Faut j’te dise : J’ai l’herpès!

- Cool… Moi aussi!

- …

J’ai tout-un-homme dans la mire.  Je vous en reparlerai plus tard (promis) mais ce qui avait commencé comme des blagues lubriques devient dangereusement réel et je me projette déjà au moment où je devrai lâcher la Bombe H.  Juste à y penser, je fais de l’insomnie et pour m’aider dans ma démarche, je relis La bible mais je ne trouve malheureusement pas de méthode qui me plaise.

Il a été question, avec les copines, de la possibilité de ne pas lui dire et de me payer un bon trip mais ceci a été écarté, considérant ma faiblesse à être délinquante.  Donc, durant ces longues heures passées à ne pas dormir, j’ai mis sur pied une nouvelle technique.  Une méthode révolutionnaire qui, grâce à une série de règles complexes, nous permet d’annoncer la nouvelle sans avoir à prononcer ces horribles mots: herpès génital.  Et j’ai nommé: Quizz-me Chéri!

Je vous résume l’idée.  Il faut d’abord choisir le bon moment de la relation, entre le salon et le lit et dire au partenaire les phrases suivantes:  Chéri, j’ai beaucoup de respect pour toi et avant d’aller plus loin, j’ai quelque chose d’important à te communiquer.  Mais voilà, au lieu de t’annoncer cette grande nouvelle à-la-va-comme-je-te-pousse, j’ai pensé plutôt jouer à un petit jeu, histoire de conserver la magie dans notre couple.  Alors, à toi de découvrir!  Pose-moi des questions qui se répondent par oui ou par non.

Chéri: Euhhhh, ché pas moi!

Ici, ne pas sous-estimer Chéri, il posera la première, et la seule question qui lui vient en tête.

Chéri: Ça as-tu rapport avec le sexe?

Nous: Ouiiiii…

Chéri: C’est-tu une bonne nouvelle?

Nous: Nooooon…

Chéri: t’as les 2?

Nous: Ben non!

Chéri: Tu peux pas ce soir, t’as la visite de Tante Rouge?

Nous: Ben non, c’est plutôt du genre temporaire.

Chéri: T’es nymphomane?

Nous: J’ai dit que c’est pas positif…

Chéri, essayant d’être convaincant: T’avale pas…. tu sais, je peux essayer de vivre sans si c’est ça!

Nous: Non non, c’est pas ça!

Chéri, soulagé: T’es pas un gars toujours ben?

Nous: Ben non! Franchement! Pense un peu!

Chéri: Bon, ça as-tu rapport avec une its?

Nous: Tu chauffe!

Lui: T’as la pisse-chaude?  Pas le sida quand même!

Nous, y mettant tout notre coeur: Ben non, c’est pas si pire que ça!

Lui, éventuellement: Pas l’affaire là… l’herpès génital?

Et voilà, c’est fait et c’est lui qui a fait tout le travail.  Ingénieux non!

Et le prix?  Ça reste à voir s’il la joue quitte ou double.

Ma copine Loulou m’appelle pratiquement tous les matins.  On se raconte tout et rien et on partage nos idées sur la vie.  Il arrive parfois qu’une de nous deux ait un fait marquant à raconter.   Ce matin là, Loulou n’en pouvait plus de ne pas me dire.

Loulou dans un souffle:   Aaaaaaah!  Faut que je te dise.

Nitouchka sentant le potin croustillant:   Raconte!

Loulou embarrassée:  Ben……. j’voulais pas te le dire………  J’ai hooooonte

Nitouchka assurée d’un potin croustillant:  BEN LÀ!!!  Raconte!!

Loulou:  J’ai un amant!

Nitouchka:  Oh!  Ça on aime ça!  Je suis toute ouïe!

Loulou:  Il y a un mois,  j’ai eu une soirée avec ma gang de ….  J’avais du fun, le vin coulait pis toute la soirée, ce gars là tournait autour mais rien ne semblait vouloir vraiment se dessiner.  J’avais aucune attente d’ailleurs.  Je prévoyais rentrer sagement chez moi.  Au moment de partir, il m’a offert de partager un taxi.  Premier arrêt chez lui.  Deuxième chez moi.

Nitouchka:  Et? 

Loulou:  Je ne me suis jamais rendue chez moi.

Nitouchka:  Ohhhh!!  T’as couché avec? 

Loulou:  Beeeen…… oui!

Nitouchka:  Et………….?  Tu lui as dit?

Loulou:  Ben……… Noooon!

Nitouchka:  Condom?

Loulou:  Ben là!  Franchement………

Nitouchka:  J’sais ben mais tsé comment chus mère poule!  Ça valait la peine au moins?

Loulou:  Franchement?  Super!!  Gentleman le monsieur.  J’ai rien à dire!  Il m’a collée toute la nuit, m’a fait le café le matin, a soigné ma gueule de bois aux aspirin et est venu me reconduire chez moi.   C’était cool, relax et je suis rentrée chez moi prête à ranger ce moment dans le tiroir des bons souvenirs.

Nitouchka:  Cool.  Mais pourquoi t’as honte?

Loulou:  Ben……… j’y ai pas dit.

Nitouchka:  Ben là!!!  Penses-tu franchement que je te jugerais là-dessus.  Tu as fait ce que tu devais faire:  t’as mis un condom, tu n’étais pas en crise, tu prends du Valtrex et en plus, il est un homme (il faut savoir que le risque de transmission de la femme vers l’homme est beaucoup plus faible que l’inverse).  Tu connais ma position là-dessus!  Il a plus de chance de gagner au 6/49 que d’avoir attraper l’herpès.  Vous étiez chauds, c’est sans lendemain.  Des risques tu en cours autant que lui.  Voilà!  No reason to be ashamed!

Loulou:  Je le sais et je partage ton opinion aussi.  Mais l’affaire c’est que je ne pensais pas qu’il me rappellerait.  Mais il l’a fait.  Et j’avais envie de le revoir.  Et on s’est revu.  Hier.

Nitouchka:  oh!?…….

Loulou:  ……….

Nitouchka:  Tu as recouché avec sans lui dire.

Loulou piteuse:  Hum! hum!  ……… J’ai ben essayé de lui dire.  Je passais mon temps à aller au toilette pour me faire des meetings de motivation mais chaque fois que je sortais de la salle de bain, le  courage que je pensais avoir rassemblé arrivait même pas à passer le cadre de porte.  Misèèèère!!!   Là je pense rien qu’à ça.  Je sais qu’il va rappeler.  Je sais qu’on va se revoir.  J’ai le goût de le revoir mais…….Pffff!   Je suis épouvantable. 

Nitouchka:  Loulou rassure-toi.   Je te comprends tellement.  Mais TELLEMENT!!  Ça fait toujours mal de devoir dévoiler notre petit secret!  Ça coûte cher.  Je le sais, tu le sais!  C’est comme se lancer d’un avion, sans parachute, en sachant que la seule chose qui peut atténuer la chute c’est un tas de marde!!  L’enfer mon p’tit minou!  N’importe qui hésiterait à sauter!  Par contre, dès que tu en as l’occasion, décharge toi de ton petit singe.  Plus tu attends pour lui dire, plus ce sera difficile.  Faut que tu lui dises!

Loulou:   Je sais.  Je le sais tellement.  Mais avec déjà deux strikes, j’ai l’impression que le bout de la manche vient de me pogner dans l’engrenage mortel du scénario d’horreur!

Mon amie Loulou et moi on s’est fait un petit peptalk mutuel pour l’aider à plonger la prochaine fois que Monsieur Gentleman lui ferait signe.  D’une part, on s’est entendues sur le fait que c’est bien pire d’être pris avec son secret que de le partager.  Et plus on attend, pire c’est.  Une rage de dent multipliée par 10 chaque fois qu’on remet ça à plus tard.  Un court bilan de toutes les fois où on a eu à le dire a suffit pour conclure qu’on se sent tellement plus légère après. 

D’autre part, M. Gentleman, on en était convaincues, n’était pas pour  lui faire une scène et la traiter de tous les noms.  Pas un gars qui te coule un café et te grille deux aspirines le lendemain de ce qui a tous les traits d’un one night. 

Monsieur Gentleman a rappelé.  Loulou avait eu le temps de mémoriser la Bible, de solidifier son courage et de faire la preuve qu’il ne sert absolument à rien de cacher quoi que ce soit à ses amies.  L’union fait la force qu’ils disaient et c’est tellement vrai. 

Devant une tasse de thé Loulou a dévoilé son secret comme on régurgite une livre de clous.  Ça faisait mal et elle lui a dit. Monsieur Gentleman a été surpris bien entendu mais fidèle à ce qu’on attendait de lui.  Il a posé des questions et cherché à comprendre ce qui lui était inconnu.  Il a remercié Loulou de sa franchise, l’a saluée pour son courage et a reçu sa vulnérabilité comme une marque de confiance.

 Ils ont eu une conversation très sincère, une conversation qui dépassait le niveau superficiel, comme rarement on peut en avoir avec des gens qu’on connait si peu.  Loulou lui a dit que c’était sa réalité, qu’elle vivait relativement bien avec mais que le choix de l’accepter ou non, lui revenait à lui et qu’elle le respecterait, quel qu’il soit.  M. Gentleman a été soulagé, elle l’a bien vu. 

Même si elle aimerait bien qu’il le fasse, Loulou ne s’attend pas à ce qu’il rappelle.   Elle le sait.  Ça se sent ce genre de truc.   Monsieur Gentleman, c’était implicitement clair depuis le début, ne cherchait pas une relation sérieuse. 

Mais ce qui est bien dans cette histoire c’est que Loulou a réalisé que, quoi qu’il puisse décider, Monsieur Gentleman n’a pas le pouvoir de la rejeter.  Quoi qu’il arrive, son choix se limite à accepter ou non l’herpès.  Il n’a pas le pouvoir de changer qui elle est et ce qu’elle vaut.  Ce choix, lui appartient à elle.

Et j’ai pensé à cette citation d’Eleanor Roosevelt et je me suis presque réconciliée avec l’herpès:   “No one can make you feel inferior without your consent.”

Je roule sur St-Urbain direction sud (pas encore les couilles ou la bêtise pour rouler vers le nord!).  Je vais rejoindre Amétys pour un petit 5 à 7 chez BU.  Je suis au téléphone avec Bobette (oui j’ai un main libre) et je peste contre l’herpès parce que oui, encore, l’herpès me fait chier.

Nitouchka:   Rien à faire, ça ne passe pas.  Je hais l’herpès.  Comme chaque fois que je dois le dévoiler à quelqu’un et que je peine à rassembler le courage pour le faire.  Je hais le mec qui me l’a donné.  Je hais la judéo-chrétienneté qui fait de ce petit bouton qui a eu le malheur de choisir un endroit gênant pour s’épanouir, un tabou de notre société.  Je hais que cette teigne ait choisi d’élire domicile dans ma culotte. 

Bobette:  Je me joins à toi pour l’haïr alors.  On hait toujours mieux à deux.

Nitouchka:  Ben kin!  Pour qui il se prend au juste?   Non mais réfléchis la chose 30 secondes.  Y’existe ben  plus dramatique que ça!  Sans blague écoute!  Le weekend passé j’ai eu mal au dos.  Solide!  Ben criss, c’est ben plus d’ouvrage avoir mal dans le dos qu’avoir l’herpès.  Fait qui peut ben se prendre pour qui il veut le coloc mais je te jure que j’aime mieux avoir l’herpès qu’avoir mal au dos. 

Bobette: C’est vrai à qui le dis-tu!  Avoir mal dans le dos ça handicape en sale!  C’est comme les migraines chroniques.  Moi j’ai connu une fille qui avait ça.  Elle pouvait arrêter de vivre pendant une semaine quand elle avait mal à la tête.

Nitouchka:  Mets-en!  Couchée au lit pus de vie! Au yable la job, la vie sociale!  Et le sexe?  Penses-y même pus!!  T’es un petit légume avec une tête d’une tonne et quart.  On s’entend-tu que l’herpès ça empêche pas de fonctionner?

 Bobette: En effet!  J’abonde!  Le coloc est moins incommodant qu’un mal de dos ou un mal de tête.  Bon…. un peu incommodant parfois mais quand même.  C’est mieux que….. souffrir d’emphysème genre!! 

Nitouchka:  My god!!  Vas demander au gars qui traine sa bonbonne d’oxygène si y’aimerait pas mieux avoir un petit bouton à la place!!  La question se pose pas me semble!!

Bobette: C’est vrai qu’y'a des tares ben pire.  Imagine que t’as une grosse tache de vin dans le visage?  Une qui te mange la moitié de la face!!  Ouuuuuu!!  J’pense que j’aime mieux l’herpès.

Nitouchka:  Rire.  You bet!!    Ou t’être fait amputer un sein après un cancer genre!  Me semble que c’est ben pire pour l’estime que le coloc non?!  Ça vient te charcuter la féminité bien plus sauvagement que notre tit ami.

Bobette: Ou ben être né avec juste trois vertèbres ou pas de bras ou pas de  jambe!

Nitouchka:  Ou le sida!!  Moi quand l’herpès me fait ben chier, je me dis que j’aurais pu pogner le sida!

Bobette: Ça c’est clair.  Je pense qu’on a tous pensé à ça.

Nitouchka:  Mouais.

Bobette: ……

Nitouchka:  Tsé l’eczéma c’est une forme d’herpès.  C’est pourtant socialement plus acceptable d’avoir de l’eczéma que d’avoir l’herpès.

Bobette: Ouais.  Socialement peut-être mais esthétiquement par contre……..

Nitouchka:  Hiiiiiii!!!  Ouais!  Pas joli joli!!  Imagine avoir les jambes arquées.  Tsé comme la fille dans Cruising Bar!!

Bobette: Ouiiiiiiii!!!  J’échangerais jamais mon herpès contre une obésité morbide genre!!

Nitouchka:  Ou être ben laid!!

Bobette: C’est comme pour un homme!  Imagine:  t’as pas l’herpès et tu as le choix entre un gentil monsieur avec un ti ti ti  pénis ou un gentil monsieur avec une belle grosse queue……….et l’herpès!!!

Nitouchka:  Hiiiii!!  My god!  J’avoue que j’aurais eu un méchant meeting avec ma conscience!!

Bobette: C’est comme un gars stomisé!!  Ou pire!!!  Être soi-même stomisée!!  Never in a life time!!

Nitouchka:  Stomisé?  C’est quoi ça?

Bobette: Tsé quand t’es pogné avec un sac?

Nitouchka:  Ouuuuuffff!!  METS-EN!!!!  Je prendrais la totale anytime!  Herpès bucal, génital, oculaire, nasal, name it mais, oh my god, laissez-moi chier dans les toilettes svp!!!

Bobette: Ouais.  Ça c’est pas drôle.

Nitouchka:  Ouais.

Bobette: On est chanceuses dans le fond.

Nitouchka:  Ouais.  Imagine que t’aies des jambes de cowboy, une stomie et qu’en plus, t’as l’herpès.

Bobette: Hiiiiii!!!  Ça c’est gagné à la loterie du looser!  C’est clair.

Nitouchka:  Mouais…..

Bobette: ……..

Nitouchka:  …….

Bobette: Ouais.  Y’a quand même du monde qui ont des jambes de déesse, pas de stomie, ni de cancer, ni d’emphysème pis…….. pas d’herpès non plus.

Nitouchka:  Ouin.  Pis qui sont ni grosses, ni laides.

Bobette soupirant: Ouin.

Nitouchka soupirant itoo :  Ouais ben….. quand on se compare ou bedon on se console, ou bedon on se désole.

Bobette: Ouais!  Qui  disent…….

Nitouchka:  Fait que, toi aussi t’es célibataire maintenant.

Bobette: Mouais.

Nitouchka:  Fait que toi aussi………

Bobette: J’vais devoir annoncé que j’ai……..

Nitouchka:  Ouin ben!  Re-bienvenue!

Bobette: Misère!  ……….. tu fais quoi là?

Nitouchka:  Je m’en vais prendre un verre avec Amétys.  Tu viens?

Bobette: J’irais bien mais… j’ai mal dans le dos!

Mon petit bobo…

Le blogue de trois filles bien sympathiques, Amétys, Bobette et Nitouchka, vivant chacune avec un petit coloc dans la culotte!

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Tout d'abord bienvenue chez MPB! Afin de vous aider à nous connaître un peu et à en comprendre d’avantage sur notre situation, nous vous invitons à commencer la lecture de notre blogue par l'onglet «Billets choisis». Bonne visite!

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